Si je ne te lave pas…

lavement-pieds

Illustration inspirée d’une peinture de Giotto

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 13, de 1 à 9

Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin.
Au cours du repas, alors que déjà le diable avait mis dans le cœur de Judas, fils de Simon Iscariote, le dessein de le livrer,
Jésus, qui savait que son Père avait remis toutes choses entre ses mains, et qu’il était sorti de Dieu et s’en allait à Dieu,
se leva de table, posa son manteau, et ayant pris un linge, il s’en ceignit.
Puis il versa de l’eau dans un bassin et se mit à laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
Il vint donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « Seigneur, toi, me laver les pieds? »
Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt. »
Pierre lui dit : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête! »

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Commentaires

« Ce que je fais tu ne la sais pas maintenant, mais tu comprendras bientôt » Oui c’est vrai souvent je ne comprends pas ce que tu fais Jésus, et j’essaie de me laver les pieds toute seule car je suis empressée de connaitre le résultat de ma demande qui tarde à venir. Les pieds peuvent ralentir d’aller de l’avant lorsque le mal se présente. Seigneur enlève les cellules mortes qui font souffrir, afin que je comprenne là ou tu veux m’amener.

Mariette 

Dieu est descendu sur terre pour laver nos pieds, ceux-ci ayant été salis à force d’errance et d’égarements sur les chemins d’ici bas. Alléluia, Dieu est grand et sait se faire petit!

Nénuphar

« Seigneur, toi, me laver les pieds? » Oui, Seigneur, j’en ai tant besoin! Et j’ai tout autant besoin de laver aussi les pieds de celles et de ceux qui croisent ma route, au quotidien. Merci de me donner l’humilité de m’agenouiller devant l’autre, en qui Tu demeures (je l’oublie tout le temps!). Oui, s’il-t-plaît donne-moi de t’aimer et de te servir en l’autre, en cet autre qui est rejeté, souffrant, différent. Cet autre qui est jugé, et qui est pourtant le reflet de ce qui, en moi, est mal-aimé, bafoué… et qui est devenu paralysé.

Solane

Avant de partir de ce monde, Jésus se lève de table et  dépose son manteau… comme s’il dépose le vêtement qui lui donne son identité ou son rôle de maître… pour se faire le serviteur de tous dans le service le plus humble, laver les pieds… et les pieds de ses propres serviteurs, les pieds qui sont sans cesse en contact direct avec le sol et portent donc les traces de la poussière du chemin, la marque de ce qui est le plus bas, le plus rejeté. Mais les pieds sont aussi la partie du corps sur laquelle se forme de la corne, un genre d’écorce de protection. En les lavant, Jésus les lave non seulement de ce qu’ils ont récolté sur les chemins, mais il les lave aussi de leur dureté, de ce qui pourrait faire obstruction à l’enracinement à Sa Vigne… comme autant de pieds de sarment qui, pour se greffer à la vigne et ainsi bénéficier de la circulation de la sève, doivent d’abord être lavés de leurs écorces, ouverts…

Michaël

Si Je ne te lave pas tu n’auras, point de part avec moi

Jésus sachant que son heure était venue les aima jusqu’à la fin. Le simple geste du lavement des pieds vient révolutionner toute une mentalité chez les disciples de Jésus : « Seigneur, toi me laver les pieds? », « Non, jamais tu ne me laveras les pieds! ». N’est-ce pas là une fermeture d’esprit et de cœur? En d’autre mots, toi le maître et Seigneur, le supérieur qui s’abaisse pour me laver les pieds? C’est impossible! Je ne suis pas digne d’être aimé à ce point.

La réponse de Jésus vient nous interpeller : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. »  Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part à cet héritage spirituel, à cet héritage d’amour que je vais vous léguer. Jésus fait les choses autrement parce qu’Il veut guider ses disciples sur la voie de l’amour.  Pour prendre part à cet héritage nous devons être disponibles, ouvert pour accueillir l’amour inconditionnel de Jésus qui nous élève à son esprit et nous purifie de l’intérieur. Jésus, par le lavement des pieds, a changé le regard vertical de ses disciples en un regard horizontal, fraternel et communautaire. Jésus nous invite encore, aujourd’hui,  à changer notre regard sur les autres et sur le monde.

Karine

Contempler en soi la scène ici décrite fait entrer dans un silencieux mouvement d’infinie tendresse qui scelle à jamais la communion entre Jésus et ses disciples et, dans ce mouvement, nous sommes appelés à entrer nous-mêmes tandis que toute tendance diabolique est mise au loin, hors de portée, anéantie  :  là où l’autorité est confondue avec l’amour, la corruption n’a plus de prise et un verbe inattendu, renouvelé, demande à se faire entendre. Le vieil  ordre des choses tombe en ruines. La raideur fait place à la souplesse et la peur à la joie.

Pierrette

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