Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu

rendez-a cesar-coul

Illustration d’après une œuvre de James Tissot

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,15-21.

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens.
Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »
Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent.
Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ?
– De l’empereur César », répondirent-ils. Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 ______

COMMENTAIRES

« Montrez-moi la monnaie de l’impôt. Ils lui présentèrent une pièce d’argent.  »
Jésus est aussi très pragmatique…Il revient aux choses même : quel chemin de sagesse pour dénouer les impasses de tous ordres!

Marie-Hélène

Quel beau portrait de Jésus:  « Tu es toujours vrai;  tu enseignes le vrai chemin de Dieu;  tu ne te laisses influencer par personne;  tu ne fais pas de différence entre les gens. » Seigneur Jésus, donne-nous de te regarder longuement dans ta transparence pour pouvoir nous maintenir, dans une harmonie créative, entre nos devoirs envers l’État et envers Dieu.

Fernande

5-avons-besoin-de-toi

Que répondre à des gens qui cherchent à vous prendre au piège? Jésus respecte la réalité de la situation mais surtout il lit dans les cœurs.

Cœur de Jésus, vous voyez le cœur de chacun, avec douceur et dans la vérité. Vous reconnaissez nos échappatoires, notre besoin de manipuler pour nous rassurer, mais vous savez aussi notre besoin d’être libérés de toutes ces attaches qui retiennent l’élan de la vie. Vous êtes toujours branché sur notre soif de vivre plus librement. C’est ainsi que vous touchez les cœurs. Vous leur faites entrevoir que la bonté est plus efficace que le calcul, la vérité plus libératrice que le mensonge, et le geste fraternel plus fécond que la rigueur et l’intolérance.

Gisèle

 » Est-il permis oui ou non  »  Je ne veux pas le mettre à l’épreuve mais il m’arrive souvent  de dire au Seigneur, montrez-moi donc la pièce de monnaie qui intriguait les pharisiens du temps, en d’autres mots montrez-moi donc la parole de la bible qui correspond à mon inquiétude et m’indique la marche à suivre  devant un événement. Il y a tellement de paroles à monnayer dans la vie courante, je me dois de te consulter pour être à l’affût des échanges en vivant connecté à ta source inépuisable . Seigneur je ne veux pas t’imposer mon manque de confiance, mais dans ta grande générosité accorde moi les grâces nécessaires afin de parvenir à l’effigie de la « monnaie » que tu attends de moi…

Mariette 

5-question-des-deux-maitres

Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

C’est très bien dit et c’est très clair, sauf que… ce n’est pas si évident de le mettre en pratique dans la vie de tous les jours.

Dans les grandes lignes, je m’y retrouve plus ou moins. Oui je peux payer mes impôts…

Mais dans les petites lignes, comment  faire la part des choses? Qu’est-ce qui est à César et qu’est-ce qui est à Dieu? À priori tout est à Dieu… sauf que Dieu Lui-même nous donne cette liberté de Le rejeter en dehors de nous-même et même de Le nier… jusqu’à se croire Dieu à la place de Dieu. Et c’est la chute dans l’inversion. Et c’est la création d’un monde dont l’esprit n’est pas l’Esprit de Dieu.

Cela repose la question des deux maîtres : à qui est-ce que j’obéis? À Dieu ou à César? De qui est-ce que je me reconnais : de l’Esprit de Dieu ou de l’esprit du monde qui se veut pour lui-même?

Quelle est la part de mon être qui se laisse séduire par l’esprit du monde? Cet esprit du monde qui en se voulant libre de Dieu devient esclave d’idoles en tout genre… que ce soit une idée, un idéal ou une idéologie, un individu ou un groupe à qui l’on s’identifie, une pensée, un sentiment, une émotion ou une passion, les grandes causes, la santé, la sagesse, la science, l’art pour l’art, le plaisir d’un désir, etc.

En fait, tout ce que j’ai acquis de par cet esprit du monde, je dois en payer le prix… ou le rendre : La gloire ou tout autre notoriété, ne fut-ce que celle de la gloire d’être pauvre et sans gloire; toute sagesse ou science qui se veut maître à bord ;  toute richesse qui n’est pas donnée et redonnée à Dieu et à mon prochain d’une manière ou d’une autre, que ce soit richesse de biens matérielles ou spirituelles, richesse de talents, de vertus ou autres valeurs.

Tout ce qui m’attache à l’esprit du monde et à sa lumière fait écran à L’Esprit de Dieu et à Sa Lumière.

Et c’est de cet esprit du monde que…

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Michaël

5-avons-besoin-de-toi

« Rendez à César  ce qui est à César, et à Dieu  ce qui est à Dieu. » Deux plans d’un même monde : le plan matériel et le plan spirituel. À chaque plan sa mission.  Dieu est à l’origine du monde et Jésus par sa réponse vient nous concilier avec ces deux plans. Si nous restons au niveau de cette dualité nous passons à côté du message de Jésus. Nous sommes l’expression de la matière dans le monde physique. César représente ce monde par lequel l’homme et la femme sont responsables de son  devenir, du bien commun et Dieu représente la Source qui nourrit son  peuple tant au niveau physique que spirituel. Accepter le pouvoir de César, c’est reconnaître que nous sommes les bâtisseurs de ce monde. Accepter  le pouvoir de Dieu, c’est reconnaître que le monde est sacré. Cette réalité divine n’est pas divisible. Nous ne formons qu’un seul corps, un seul esprit avec Dieu, notre Créateur. Tout nous vient de Dieu. Tout fut créé par Lui et en Lui.  Il nous a remis le monde entre les mains pour bâtir son royaume de justice et de paix. Jésus est venu dans le monde pour nous révéler l’Amour de Dieu et nous montrer comment demeurer dans son amour. Il nous montre la voie à suivre pour transcender les lois injustes qui nous déshumanisent et qui nous empêchent à révéler notre humanité et  notre divinité.

Ô Toi, Source de paix et de joie,
Ouvre nos yeux à la dimension de Ton cœur.

Ô Toi, Source d’amour et de miséricorde
Viens étancher notre soif d’aimer et d’être aimé.

Ô Toi, Source de Lumière
Rempli-nous de ta lumière qui nous unifie au cosmos.

Ô Toi, Source de l’univers visible et invisible
Nous avons besoin de Toi.
Aide-nous à bâtir ton royaume de justice et de paix.

Karine

5-aimes-du-pere

Tenter de prendre en défaut celui dont la parole ébranle l’enceinte de « ma » petite cité est une réaction presqu’inconsciente parmi les hommes. Qui renonce facilement au monde qu’il s’est construit, au sein duquel il a pris ses habitudes de confort et les justifie ?

Les pharisiens et les partisans d’Hérode aimeraient bien, en accusant Jésus, soulager le malaise qu’Il provoque lorsqu’Il guérit les pêcheurs en leur révélant qu’ils sont aimés du Père, tout pécheurs qu’ils sont. Les pharisiens, ne reconnaissent que les commandements et les préceptes qui conditionnent la guérison de nos cœurs et de nos âmes. Le salut par la voie de l’amour les effraie, comme si l’amour manquait de direction, de sens. Quant aux partisans d’Hérode ils devinent bien que l’amour ordonné par Jésus n’autorise ni l’abus de pouvoir ni l’abus des plaisirs charnels, ni la fourberie, toutes attitudes qu’ils tentent de s’autoriser ou de justifier. Par contre celui qui, en larmes, se reconnait porteur de malheur pour soi et pour autrui, est pardonné, redressé, redirigé.

Où prendre pied face à Jésus ?

Les pharisiens tendent leur piège par la bouche de leurs disciples et, dans ce cas-ci au moins, avant de mettre Jésus sous la question, ils commencent par le flatter. En somme ils lui disent : toi qui est parfait , «  Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » D’après eux, s’il dit oui il se met en faute vis-à-vis des autorités juives et s’il dit non il se met sous le jugement de César.

La lumineuse réponse de Jésus nous aurait-elle été révélée sans cet acharnement, de la part des pharisiens et partisans d’Hérode, à le classer parmi les hors la loi ?
Notre discernement est éveillé, l’homme qui craint son Seigneur, et mieux encore celui qui L’aime, ne trouve nulle part la permission ni le désir d’être un citoyen tortueux.

Pierrette

Une autre parole de lumière et de vérité de Jésus-Christ, à la fois tranchante comme un couteau et tendre comme la main d’une mère! Devant ceux qui veulent le confondre, en réponse à ceux qui cherchent à semer la confusion pour édicter leurs propres lois et chemins, Jésus vient remettre chaque chose à sa place, clarifier ce qui était confondu, et ce au moyen de quelques simples mots.

Où se situe cette confusion en moi? Que je cherche à idéaliser ce qui ressort de ce monde, ou que je veuille « mondaniser » ce qui est du domaine de l’Esprit, c’est vrai qu’il m’est difficile de réellement distinguer ce qui appartient à Dieu et ce  qui appartient à « César ».

Les incessants questionnements en moi apparaissent souvent lorsque ces deux dimensions sont  mêlées, embrouillées, mélangées, et que je ne distingue plus l’appel de Dieu de ce qui m’apparait raisonnable et souhaitable dans le monde. Et manifestement les volontés de Dieu ne sont pas celles que j’aurais tendance à privilégier en fonction de mon propre confort ou « bien-être » selon mes perceptions d’ici bas.

Qui est ce « César » en moi? Certainement celui qui veut se bâtir un empire, même si cet « empire » se cantonne dans des proportions très modestes entre les frontières du fief de mes besoins personnels. Qu’il s’agisse du besoin de sécurité, du besoin d’être reconnu ou de celui de  performer selon mes propres valeurs et idéaux. Dès que je cherche à maîtriser une situation ou à dominer une impasse, ou même à rayonner dans mon entourage, l’aspirant empereur en moi pointe le bout de son nez. Et s’il parvient moindrement à consolider son empire, cela se fera inévitablement en bout de ligne au détriment des autres, en empiétant sur leur liberté et leurs biens. À ce que je sache, aucun empereur de ce monde n’a bâti sa domination en se dépossédant au service de son prochain.

Pour moi, bien avant la question de l’impôt à remettre ou à garder, le « rendre à César ou à Dieu ce qui lui appartient » m’invite à reconnaître en moi ce qui d’une part vient de l’Esprit, et d’autre part ce qui encore est sous l’emprise des peurs et des désirs, sous le contrôle de ce petit tyran égocentrique qui cherche à me dominer et à m’éloigner de la communion avec mon Seigneur.

N’est-ce pas là que le malin cherche encore à nous mettre à l’épreuve, en faisant en sorte que la démarcation entre nos intérêts personnels et ceux de Dieu devienne de plus en plus floue?

Ce qui m’émerveille au-delà de tout ça, c’est que ce qui s’oppose à Dieu, ce qui lui résiste et il lui tient tête, le fait (inconsciemment) en fin de compte pour la plus grande gloire de Dieu.

Le Fils bien aimé de Dieu n’est-il pas sorti entièrement glorifié de toutes les manigances de ceux qui s’opposaient à lui et cherchaient à le faire mourir?

L’empire de César et de Rome n’a-t-il pas ultimement servi à faire rayonner la chrétienté bien au-delà des murs de Jérusalem?

Et à plus petite échelle dans le passage des Évangiles qui nous intéresse, les pharisiens et partisans d’Hérode n’ont-ils pas involontairement suscité, en cherchant à mettre Jésus à l’épreuve, une de ses paroles les plus incontournables?

Nénuphar

________

Dessin à copier, à tracer ou à colorier

rendez-a cesar

(Cliquer pour agrandir et sauvegarder en jpg)

Cliquer ci-dessous pour sauvegarder et imprimer le dessin en fichier pdf :

rendez-a-cesar

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s