Sur le thème de la Passion – participation

Nos présentons une série d’images et de témoignages de personnes qui ont répondu à notre invitation de partager leurs réflexions sur le thème de la passion – voir l’article :
https://alecoutedesevangiles.mobi/2021/03/29/incarner-la-parole-au-travers-de-limage-et-du-temoignage/

Entrée de Jésus à Jérusalem

Illustrations inspirées de peintures traditionnelles de Giotto et de Lorenzetti.

En ce temps de confinement, tout rassemblement fait rêver.
Mais qui est cette foule colorée, apparemment solidaire, capable de donner son manteau à celui qui n’en a pas?
Une fois passé le moment de se serrer les coudes, qu’adviendra-t-il?

Jésus accueille cette foule versatile. Il le sait, aujourd’hui c’est lui qu’elle acclame, demain elle suivra d’autres leaders qui sollicitent l’attention.

Les disciples qui entrent avec Jésus dans la ville partagent l’enthousiasme populaire; ils ne sauront pas tenir lorsque leur Maître sera convoqué en justice comme un criminel.
Eux aussi feront l’expérience d’un coeur inconstant.  Et ils pleureront.

Le récit de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem interroge mon désir de le suivre. Tant que l’enthousiasme est au rendez-vous, c’est facile de marcher d’un bon pas, de joindre les rangs. Viennent les obstacles, saurais-je continuer à  marcher jusqu’au bout du chemin? avec Lui?

Ce temps de confinement interroge nos convictions, nos pratiques et nos solidarités. Comment faire pour qu’il ne soit pas seulement un autre exercice de performance, mais plutôt un approfondissement de nos choix?

 Monique

Le lavement des pieds

Tracé d’après une peinture de Ford Madox Brown

L’image de Jésus qui lave les pieds de ses disciples est pour moi une illustration de son amour profond pour l’humanité, mais aussi une signe que sa vie est remise totalement au mystère du Père.

Il se livre totalement, corps, cœur et âme, pour nous, dans une intimité et une simplicité qui sert de modèle pour nos propres vies chrétiennes.

Colette

Aquarelles de Eda, réalisées en s’inspirant de représentations traditionnelles de l’art chrétien.

Crucifixion

Invitée à dessiner d’après une icône sur le thème de Pâques (dans le cadre de À l’écoute des Évangiles), j’aurais plutôt choisi une scène de la Résurrection.

Je me suis cependant confrontée à mes limites face à la complexités des modèles je choisissais.

Dans le lot des icônes traditionnelles dont j’avais les images, une seule était assez simple et claire pour pouvoir me servir comme modèle : une petite représentation de Jésus sur la croix, seul, dessiné très simplement, et pas du tout conventionnel du fait qu’il est revêtu d’une robe rouge, elle aussi toute simple, ce qui facilitait grandement mon dessin.

Je me suis donc mise à l’œuvre de copier cette crucifixion en me disant que c’était peut-être une bonne occasion d’accueillir en moi toute cette souffrance accepté par Jésus, cloué dans notre mort, pour nous retourner en Sa Vie Éternelle.

Mais voilà qu’en dessinant Jésus sur la croix, ce n’est pas moi qui l’accueillait, mais c’est au contraire lui qui m’accueillait, les bras grands ouverts.

Tout au long de mon dessin et de son montage (pour en faire un petit diaporama), je me retrouvais face à ses bras grands ouverts, et je ne voyais plus qu’eux… et sa robe rouge s’imposait de plus en plus en moi comme la manifestation de Son Amour, un amour inconcevable qui était devenu son seul vêtement.

Il se détachait ainsi de la croix en laquelle il avait relié ciel et terre, non seulement pour redonner Vie à ce qui était mort, mais pour venir nous assurer de Sa Présence, non pas seulement en esprit, mais en chair et en os.

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28, 20)

Amour incarné, transfigurateur, rédempteur… toujours vivant, à l’œuvre encore et en corps, en nous mettant nous-mêmes à l’œuvre en Son Œuvre.

« Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » (Jean 5, 17)

Laïla

Jésus brise les portes des enfers

En général, lorsque la liturgie emploie le vocabulaire de la toute-puissance de Dieu, de son pouvoir royal, j’éprouve un malaise. Un Dieu qui s’est fait le « très-bas », en Jésus, qui se dépouilla de sa divinité pour revêtir notre humanité, ne réclame pas sa puissance.

Par contre, à mesure que je me suis approchée du Christ dans cette représentation de l’ANASTASIS, en coloriant le croquis offert sur le site, j’ai mieux perçu à la fois la joyeuse légèreté du Ressuscité et la force qui émane de Lui, une force qui le rend capable de « tirer » du monde d’en-bas, des enfers, celles et ceux qui y sont – y étaient – enfermés. L’ampleur de cette force est à la mesure de sa volonté de vraiment « sauver » notre humanité, et chacun des humains qui ne pouvaient à l’avance le connaître, ni les humains qui ne l’auront pas reconnu au cours des siècles.

Si telle est la force du Ressuscité, une force animée par l’amour, oui je veux bien qu’on parle du Dieu tout-puissant qui a créé ce mouvement irrépressible de salut.

Monique

Réflexions en copiant l’image de Jésus qui brise les portes des enfers

Dans le cas du dessin de la Résurrection, j’ai rencontré les personnages au fur et à mesure qu’ils se présentaient à moi. Quand je sentais que le personnage résonnait en moi avec sa demande intérieure envers Jésus, je rangeais ma gomme à effacer et je mettais de la couleur.

Par contre, le visage de Jésus reste une sorte d’énigme pour moi. Cependant, je peux dire qu’IL est tellement au centre de Lui-même et connecté à son Père qu’il ne manifeste pas d’émotion, malgré le fait que son visage me parait très doux.

J’aime l’effort que je sens dans ses bras pour sortir Adam et Eve de leur tombeau. Pour Adam, il tire directement, mais pour sortir Eve, c’est comme s’il ramenait son bras vers lui-même, dans un geste différent pour la sortir de là. Son corps en entier participe du geste de tirer Adam et Eve de l’enfer. Il est à la fois très ‘silencieux’ et paisible mais tout à fait dynamique.

Dans le thème de la Résurrection, ce qui m’est le plus cher, c’est le moment où Jésus vient libérer les morts des enfers.

Pour moi, rien n’est plus porteur de joie et d’espérance que le fait de savoir que nous ne devons pas désespérer, même pris dans la plus grande prison, quelle qu’elle soit. En nous en remettant à Jésus Christ, nous pouvons tous être sauvés.

Marie-Claude

Un avis sur « Sur le thème de la Passion – participation »

  1. Bravo. Je suis très touchée de lire la relecture que les personnes ont faîte dans ce processus qui en est un de communion. C’est cela l’art sacré…et une pastorale par l’image
    Anne Marie Forest

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