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« Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 16-20)

AllezDonc

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu, chapitre 28, 16-20

En ce temps-là,
les onze disciples s’en allèrent en Galilée,
à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples :
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
apprenez-leur à observer
tout ce que je vous ai commandé.
Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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Ce passage des évangiles sera lu dans deux semaines à l’église. Écrire quelques mots ou plus à l’écoute de cette parole et envoyer le tout au plus tard ce dimanche, 24 mai 2015 à midi à :

participer@alecoutedesevangiles.mobi

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COMMENTAIRES

« Tout pouvoir m’a été donné. »

Le pouvoir d’aimer.
Et pour y parvenir,  tu es avec moi, Jésus, pour toujours.
Au coeur de ma réalité quotidienne, au coeur de mes relations en l’Église et dans le monde.
Tu es ce souffle qui habite mon coeur et qui me donne d’aimer jusqu’à l’extrême, comme toi.

Fernande

« Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. » 

discipleJésus s’approche aujourd’hui même de toi, de moi, de nous… Par des moyens précis et concrets, Il nous ouvre une Voie de Communion qui traverse les époques: un chemin d’Annonce qui passe par « le retrait à la montagne » et les doutes passagers…

Car il est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde…

En effet, au coeur de toute posture, son Allez ! retentit et c’est bien vers un monde ouvert qu’Il nous envoie: De toutes les nations faites des disciples…

Marie-Hélène 

jesusCe qui me touche, encore et toujours, en lisant ces lignes, c’est: « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » 

C’est si facile de l’oublier, et de ne voir que l’ampleur de la tâche à laquelle tu nous appelles !

Pas facile, de nos jours, de dire qu’on est tes disciples.

Je n’ose pas trop parler de Toi, te faire connaître. Surtout à tant de personnes, partout, que je sens allergiques à l’Église et à la religion catholique. Comme si les erreurs et les blessures du passé est tout ce qui reste…

Je ne suis pas très vendeuse. C’est drôle, j’ai plus l’intuition et surtout l’espoir que ma foi en Toi, Seigneur, transparaîtra à travers mes actes, à travers toute ma Vie, et saura donner aux gens que je rencontre le goût de Te connaître. Mais j’ai tellement envie que les gens puissent sentir la grandeur de Ton Amour, et leur donner le goût de Te rencontrer !

Merci, Seigneur, d’être avec nous, d’être avec moi. Je veux te remettre chaque personne que je rencontre. Je veux t’offrir mes mains, mon corps, mon cœur. Que tout mon être soit ton instrument, pour participer à faire, de toutes les nations, des disciples. Je ne peux rien seule. Dieu des impossibles, merci d’œuvrer en moi, et à travers moi. Amen.

Solane

« Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

soleilJésus nous est présent par son Esprit qu’il partage avec le Père et qu’il nous envoie abondamment, nous intégrant ainsi dans la Vie, l’Amour et la Lumière de la Sainte Trinité, mais il nous est présent aussi par tout son être en son Corps ressuscité.

Dans ce monde d’exil, d’absence et de division, Jésus nous ouvre à sa présence réelle en son Corps qui nous rassemble en un seul corps, en des membres vivants, à la fois uniques et unis, respirant le même Esprit, nourris du même Sang, partageant la même Chair, œuvrant du même Amour qui en réunissant toutes les nations… réunit aussi le ciel et la terre.

Dans le mystère de la Croix, Jésus est Présence-Lumière au cœur des ténèbres, Présence-Amour là où frappe la haine, Présence-Joie là où domine toute souffrance, Présence-Vie là où règne la mort.

Avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde, Jésus nous est présence pour l’Éternité… car c’est en Lui, par Lui et avec Lui que nous renaissons de l’eau et de l’Esprit pour entrer dans la Royaume de Dieu.

Michaël

« Je suis invitée à aller vers la montagne », là où le silence me permet d’entendre battre le cœur  de Jésus.

etoilesIl m’attend avec mes hésitations et veut me rassurer en me certifiant qu’Il est avec moi tous les jours et ça jusqu’à ma fin de vie. Physiquement il m’invite à m’élever du sol, pour aller vers le détachement de tout ce qui me retient à la terre, pour explorer la richesse de l’élévation  spirituelle de mon âme dans la joie de découvertes nouvelles et mystérieuses qu’il me réserve dans l’attente de mon « oui ».

Il me dit : Va, et sois un disciple sur qui je peux compter. Il y aura des obstacles, mais l’amour que je  porterai à tous ceux qui m’accompagnent rendra plus intense  ma décision et me rendra plus fort. SEIGNEUR, dans les hauteurs le vertige s’empare de moi et mes pas sont chancelants, incertains, viens rassurer ma montée vers Toi en me tenant la main près de ton coeur pour que je puisse T’entendre.

Mariette  

pere

Voici des siècles, Seigneur, que tes disciples furent soulevés par la confiance et le zèle en entendant cette injonction venant de ta bouche : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. »
Les doutes quant à ta résurrection s’effacèrent et, depuis ce jour, une multitude d’enfants, d’hommes, de femmes sont venus à toi pour aller ensuite à leurs frères, jusqu’au chaos idéologique d’aujourd’hui. Au sein des cris de colère, lamentations, hypocrisies, jalousies, faux témoignages, mensonges, tes envoyés nous font entendre et reconnaître ta voix, celle qui, inscrite au foyer vivant de nos coeurs, fut un jour priée de se taire et s’est tue. C’est ainsi que :

Chaque jour tu te tais, par amour et pour que nous usions de la liberté dont le Père nous a dotés.
Chaque jour, par la bouche de tes fidèles tu brises le silence.
Chaque jour une multitude accourt vers toi.
Chaque jour tu les renvoies vers toutes les « nations » :  Allez !

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.»
Heureux sommes-nous lorsque, sous ton regard, est défait le personnage fabriqué par les contingences mondaines et, entre tes mains, est construite la personne humaine librement soumise à l’ordre divin.

Tous nous t’appelons, même en te niant, même en te tournant le dos et plus encore lorsque nous t’ignorons, privés de toute espérance.

Pierrette

Seigneur, en ce temps de disgrâce et de violence, j’ai du mal à penser l’universel sans avoir à l’esprit ces images de déchirures entre les humains. Cela me retient, m’empêche de bouger, me justifie parfois de ne rien faire pour changer les choses. J’attends… Je me replie sur mes terres.

disciplesOr toi tu nous dis une parole toute simple : Allez donc! Sortez de la panique, de la peur qui vous retient. Coupez la distance qui vous sépare les uns des autres et faites le pas, le premier pas. Ce sera la voie pour guérir des mouvements intérieurs qui évitent et retardent la rencontre.

Allez… je suis avec vous… Je voudrais pouvoir dire avec les saintes et les saints : avec Toi, avec ta force, je peux tout, comme l’apôtre Paul a dit : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ». En fait tu n’as pas besoin de ma force, tu veux seulement compter sur ma foi en ton élan. Alors dépouille-moi de ce désir d’être forte pour que je me laisse conduire par ton Souffle.

Allez… faites des disciples… Alors je pourrai peut-être rendre compte du travail de ton Souffle et inciter les autres à s’exposer à ce même Souffle. Donne-moi les mots pour dire comment tu travailles en nous et avec nous. Après tout, nous avons tous le même défi : devenir plus humains, reflets de la bonté, de l’amour divin qui libère des chaînes et rend possible la construction d’une communauté.

Beaucoup reconnaissent que Jésus de Nazareth était un être exceptionnel, mais cela ne suffit pas, il faut faire un pas de plus et se mettre à son école, devenir disciple et consentir à apprendre de Lui comment sauver ce monde de ses terrifiantes divisions.

Lucie

Il m’a envoyé !

Il m’a dit : « Va ! »

mains

Et je suis parti, malgré mes peurs et doutes.

J’ai quitté parents, amis et pays, et je vais seul sur les routes.

Seul ? Juste en apparence.

Tel qu’il me l’a promis, Il est avec moi, tous les jours.

Il m’a donné pour frère et sœur chaque personne que je rencontre.

Ainsi je vais, tout joyeux, par monts et par vaux, de ville en village.

Et, chacun s’étonne en se demandant d’où me vient cette joie !

C est la joie de l’apôtre, c’est la joie du disciple, c’est la joie de la brebis du Seigneur !

Inexplicable !

Nénuphar

jesus-discipleJésus  envoie ses disciples en mission avec Lui. Il les a chargés d’aller de par le monde entier pour annoncer l’Évangile de l’amour et de paix afin de gagner le cœur du monde et d’en faire des disciples. Il leur a donné le pouvoir de baptiser les nouveaux disciples dans la trinité qui est Père, Fils et Esprit. Jésus demande à ses disciples de garder cette communion trinitaire pour la mission de l’Église et de vivre cette communion entre nous qui sommes des frères et sœurs dans le Christ. Nous formons un seul corps dans l’Église et nous devons observer son commandement qui est de nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés avec un regard de tendresse, de compassion et de miséricorde. Jésus est avec nous tous les jours et ce jusqu’à la fin du monde. Quelle  belle promesse pour nous qui avons tant besoin de  nous dépouiller du vieil homme afin de servir comme Lui et de faire advenir son royaume de justice et de paix.

Ô Dieu Père, Fils et Esprit
Donne-nous la grâce de vivre la communion trinitaire et cosmique
Afin que nous puissions Te servir dans nos frères et sœurs.

Ô Dieu Père, Fils et Esprit
Fais de nous des disciples qui voient en chacun, chacune
Un frère, une sœur afin de rendre vivant la communion fraternelle.

Ô Dieu Père, Fils et Esprit
Marche avec nous et fais de nous
Des témoins de ta paix et de ton amour.
Garde-nous humbles et tout petits pour la mission de l’Église.

Karine

Commentaire des Illustrateurs

Comment illustrer ce passage de l’Évangile de Matthieu dans lequel Jésus ressuscité envoie les onze disciples dans toutes les nations ? Nous nous sommes inspirés de deux phrases que Jésus prononce à cette occasion.

La première phrase : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » s’est avérée comme étant tout un défi à mettre en images.

Nous avons choisi de prendre une approche plus symbolique, utilisée dans les premiers temps de la chrétienté ainsi que dans les enluminures médiévales. Le Christ est représenté dans sa dimension universelle, à titre de fils de Dieu et transcendant le monde des apparences. Apparaissant à la fois sur terre et dans le ciel, Jésus incarne le lien retrouvé entre le Père céleste et les hommes.

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Ainsi, la tête de Jésus rayonne dans les cieux et son corps touche pied sur notre terre. Ses bras supportent concrètement la communauté des disciples en lesquels son action salvatrice se prolonge, faisant de la communauté et de l’Église, son propre corps offert à l’ensemble de l’humanité.

La deuxième phrase  « Et moi, je suis avec vous tous les jours » est illustrée par cette présence permanente du Seigneur auprès de ses disciples, par cette perpétuelle communion entre Jésus-Christ et son Église.

Le Père tout puissant, par lequel  le « tout pouvoir » a été accordé à Jésus, apparait comme étant à l’origine à la fois du monde et du salut offert par le Christ. C’est le Père qui dans son incommensurable amour, et du même geste avec lequel Jésus envoie les disciples dans le monde, envoie Lui-même son Fils auprès de l’humanité déchue. Le Père et le Fils ne font alors qu’un, l’Un étant en l’Autre et l’Autre étant en l’Un, leur action commune se manifestant dans la signification du nom de Jésus : « Dieu sauve ».

C’est aussi du Père que découlent les cieux et la terre, ce qui est représenté par les cheveux du Père qui survolent les « eaux du ciel »,  le firmament étoilé, et par sa barbe qui descend en cascade  pour devenir les « eaux de la terre ». Jésus descend lui-même ce flot de vie, montrant qu’il vient du Père pour tendre la main à notre monde.

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La multitude de couleurs des vêtements des disciples préfigure les multiples nations auprès desquelles ceux-ci sont envoyés.

 …

Un dernier « commentaire », visuel cette fois-ci, nous est offert par Coralie, 8 ans, qui a signé son propre coloriage du même dessin. Merci Coralie!

coloriage-coralie

 

C’est à moi que vous l’avez fait

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Nous continuons de réaliser certaines des illustrations à l’intention des enfants afin de les faire participer plus directement au sens de la parole et des paraboles. Imprimez le dessin à copier, tracer ou colorier à la fin de l’article.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,31-46. 
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! ‘
Alors les justes lui répondront : ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…  ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? ‘
Et le Roi leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. ‘
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. ‘
Alors ils répondront, eux aussi : ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? ‘
Il leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. ‘
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

10-visage-de-dieu

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Matthieu 25,31-46.

Lorsque j’accueille et je nomme tout ce que l’on a fait depuis ma naissance pour m’aider à devenir autonome et porter du fruit, mon cœur est tout rempli de gratitude envers ces personnes qui sont le cœur de Dieu même…

Et puis j’ai grandi en humanité et spirituellement grâce aux personnes rencontrées dans l’Amitié, l’Amour et le Service. C’est très réel que le Visage de Dieu se donne volontiers dans la Sœur, dans le Frère… ChacunE en de multiples facettes qui édifient le Corps tout entier du monde présent.

Ainsi ne sommes-nous pas appelés chacunE d’une façon unique, à devenir sur terre le Cœur de Dieu?

Marie-Hélène

Seigneur Jésus, une seule chose aujourd’hui : je suis tellement, tellement heureux que tu te laisses rencontrer au travers de l’un de ces « petits » qui sont tes frères. Je ne suis pas très doué pour t’entendre en Esprit (veuille m’assister en ce sens), mais le fait que je puisse te rencontrer en l’autre me sauve d’ici à ce que je puisse entièrement te reconnaître, et te parler dans un « face à face » intérieur, comme toi tu avais coutume de le faire avec ton Père.

Nénuphar

 »  COMME LE BERGER SÉPARE LES BREBIS DES CHÈVRES  » Seigneur je ne veux pas être la chèvre de ma famille ni de ma communauté en ruminant ma vie, et être écarté des autres hommes. Accorde moi la douceur de la brebis, celle qui me porte à croire que ma vie coulera avec plus de liberté et me faire comprendre que tout ce qui est important c’est de prendre soin de mes frères souffrants. Les occasions sont nombreuses d’apporter un peu d’amour à celui qui n’attend que ce geste pour retrouver sa dignité et participer à ta création. SEIGNEUR QUAND EST-CE QUE JE TAI VU ?  À ma naissance, Tu étais présent dans mon baptême, dans la tendresse de mes parents, dans les services échangés entre sœurs et frères, je t’ai vu dans mon époux, mes enfants, mes amis, et tous les évènements de ma vie, je t’ai vu dans l’accompagnement de fin de vie de ceux que j’aimais, mais Seigneur je ne t’ai pas toujours RECONNU … Père, pardon pour tout ces moments d’aveuglement, j’espère que Tu me trouveras parmi les brebis…..

 Mariette

Ce riche passage comporte tellement d’éléments!

Et c’est toujours la division qui me saute d’abord aux yeux dans cet extrait de la parole.

La séparation des chèvres et des brebis, qui seront envoyés ou au châtiment ou à la vie éternelle me donne encore froid dans le dos aujourd’hui. Dur, venant de notre Seigneur, qui nous a aussi déjà invités à ne pas séparer l’ivraie du bon grain.

Pourtant, je me sens tellement touchée par l’invitation à Le servir, et à L’aimer, dans le plus petit et le plus vulnérable! Et combien de fois me suis-je dit que je ne suis pas capable, moi, de le servir dans le plus petit, qui sont mes sœurs, qui sont mes frères. Et même dans la partie que je considère la plus faible ou vulnérable en moi, me voyant écarter ou fuir mes côtés plus instinctif, sensible, maternant, compatissant, vulnérable, doux, mystérieux ou sacré, pour laisser toute la place à mes côtés plus logique, rationnel, fort, « sage »…

En écrivant ces lignes, je me rends compte que je coupe moi-même les ailes à la vie chaque fois que je juge, et n’ose pas servir.

En fait, et si c’était nous qui nous éloignions de la vie éternelle?

Seigneur, stp donne-moi, donne-nous de dépasser nos peurs et de te nourrir, de t’accueillir, de t’habiller et de te visiter, quelle que soit notre condition !

Solane

Chaque fois que ce texte revient sous mes yeux, je me range du côté des chèvres bien que ce soit la forme d’orgueil de celui qui n’a pas l’humilité d’attendre le jugement divin. Néanmoins, combien de fois ai-je baissé les bras, laissé mes pieds au repos et même omis de prier lorsque la misère du prochain étais mise devant mes yeux, dite à mon oreille ? Tant de possibilités s’offrent à moi pour oublier, pour couvrir la conscience alarmée sous le semblant de bonne conscience qu’est la justification, ou simplement sous le divertissement. C’est vertigineux, aveuglant et inguérissable tant que la conscience alarmée, (prenons garde au mot « larmes » ici contenu), n’est pas conduite par la charité et la miséricorde du Seigneur.

Car nous avons été avertis : les actions les meilleures ne sont rien si elles ne sont pas le fruit de la charité, et la charité est le fruit de l’action du Seigneur en nous.
Me voilà revenue à l’état de « mendiant ».

Pierrette

10-sauve-nous

Seigneur, je me reconnais malheureusement dans ceux qui ne t’ont pas donné à manger et à boire au travers de ces petits qui ont faim et soif, ne t’ont pas accueilli en l’étranger, ne t’ont pas  vêtu en ceux qui sont nus, et ne t’ont pas visité parmi les malades et les prisonniers…

Pour nous tous qui sommes à ta gauche, j’en appelle à ta miséricorde, toi qui es venu pour sauver ceux qui étaient perdus, malades, pécheurs…

Je ne te demande pas de nous justifier ou de nous excuser, de nous agréer dans notre indifférence et notre égocentrisme… car ton Amour ne pourrait s’accommoder de nous garder  malades, et plutôt morts que vivants. Bien au contraire, tu nous appelles sans cesse à nous brancher à ta vigne, afin d’être libérés de l’enfer de notre enfermement, nourris de ta vie et ainsi porter les fruits de ton Amour…

Et s’il est légitime pour le roi de faire jeter au feu tous les sarments desséchés qui sont devenus vides de toute vie, il est aussi légitime d’en appeler à la miséricorde du roi pour tout ce qui peut encore être sauvé…

Alors je t’en prie, sauve-nous de nous-mêmes, nous qui sommes prisonniers de  nos propres murs de protection, malades de nos déviations, affamés de nos désirs, assoiffées de vie, nus de ton Amour, étrangers les uns des autres à force de choisir l’esprit qui divise plutôt que l’Esprit qui réunit…

Je t’en supplie, souffle ton Esprit Saint sur nous, exclus parmi les exilés, afin que du fond de nos prisons, creusés par la souffrance, le froid, la faim et la soif, nous puissions ouvrir notre cœur à tous ces autres égarés de la vie. Et si nos murs nous retiennent encore de tendre la main… ouvre-nous les portes de ton royaume intérieur afin que, là, nous puissions veiller et prier comme tu nous l’as si souvent demandé, avec cette Foi qui fait tomber les murs, cette Espérance qui transcende nos ténèbres pétrifiantes, cet Amour qui guérit, accueille, vêtit, nourrit et désaltère.

Amen

Michaël

10-paroles-de-vie

Ce passage d’évangile est très beau et très profond. Il nous dit pour qui, pourquoi, et comment donner un sens à notre existence. Jésus nous fait part d’une belle  promesse : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siègera sur son trône de gloire… Le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. » Pour avoir part à cet héritage, il nous faut rencontrer le Christ-Jésus dans les plus petits, les exclus de la société et les plus vulnérables parce que Dieu regarde le cœur en action. Notre agir peut se situer au niveau de l’être ou de l’avoir. Les deux niveaux sont interreliés et complémentaires.  Comment rencontrer Jésus dans les plus petits? C’est très simple.  Nous avons à réveiller notre conscience cosmique et christique pour honorer le divin en chacun, chacune et reconnaître que notre prochain est un frère, une sœur dans le Christ. Jésus nous montre la voie à suivre pour Le rencontrer :

  • Donner à manger et à boire à ceux qui ont faim et soif: Il y a la faim et la soif profonde de tout être humain d’être aimé et reconnu dans sa valeur propre, dans sa dignité. Alors si notre agir se situe au niveau de l’être nous allons partager notre foi, notre sourire, notre temps, notre amitié, nos talents  avec les plus pauvres. Si notre agir se situe au niveau de l’avoir nous aurons tendance à donner de la nourriture ou de l’argent aux pauvres, à faire des dons dans les organismes de charité ou d’être un membre actif dans des organismes qui luttent pour changer le système d’exclusion et d’injustice sociale.
  • Accueillir l’étranger : Dans les épreuves difficiles, les gens ont besoin d’être entouré. Si notre agir se situe au niveau de l’être, nous allons accueillir l’étranger dans sa détresse, l’écouter dans sa demande en ayant une attitude d’ouverture, d’accueil et d’écoute profonde. Nous serons présents pour donner du support et notre amitié. Si notre agir se situe au niveau de l’avoir nous aurons tendance à héberger les personnes qui vivent de grandes détresses ou de travailler dans les organismes qui œuvrent pour que les réfugiés aient un toit sur la tête et des soins adéquats qui les aident dans leur croissance spirituelle et humaine.
  • Vêtir ceux qui sont nus : Nous pouvons avoir une attitude, un regard qui déshabille notre prochain et qui le réduit à un objet méprisable et indésirable. Si notre agir se situe au niveau de l’être nous aurons tendance à habiller du regard ceux et celles qui ont perdu leur dignité, leur réputation et leur estime de soi. Nous serons touchés par leur nudité, leurs malheurs et nous serons présents pour les couvrir de compassion, d’amour et de tendresse. Si notre agir se situe au niveau de l’avoir nous ferons tout pour donner des vêtements dans les refuges et travaillerons dans des organismes qui œuvrent pour redonner une dignité aux sans-abris.
  • Visiter les malades et les prisonniers : Les gens malades et les prisonniers reçoivent peu de visite. Si notre agir se situe au niveau de l’être nous n’allons pas nous dérober devant la souffrance de ces personnes et les fuir comme la peste. Au contraire, nous allons prendre le temps pour aller les visiter, les écouter dans leur souffrance et simplement être là pour offrir une présence de qualité faite de non jugement. Si notre agir se situe au niveau de l’avoir nous allons travailler pour améliorer le système de santé et carcéral pour que les gens puissent vivre dans la dignité comme des fils et filles bien-aimés de Dieu.

Jésus nous a fait une belle promesse. Pour avoir part à l’héritage de son Père, il faut donner un peu de soi-même et de son cœur.  La transformation du cœur passe par notre agir. Jésus veut que notre agir corresponde à la grandeur de son cœur. Par notre option pour les plus pauvres, les plus démunis nous entrons en relation avec Jésus, notre frère. Jésus demande à chacun, chacune  de partager avec l’affamé, de donner la vie à ceux qui ont soif,  d’accueillir l’étranger, de revêtir ceux qui sont nus, de visiter les malades et les prisonniers. À  chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères c’est à moi que vous l’avez fait, nous dit-Il. Allons, crions de joie pour le Seigneur et partageons  la bonne nouvelle aux quatre coins du monde.

Ô Jésus, Toi, notre frère, notre ami,
Aide-nous à entrer dans cette belle promesse du Royaume.
Donne-nous ton regard d’amour qui redonne la dignité à ceux qui sont nus.
Mets en nos cœurs les paroles de Vie qui désaltèrent et comblent l’affamé.
Fais tomber nos œillères qui ferment la porte de notre cœur aux étrangers.
Remplis nous de ta Présence qui allège la souffrance des malades et des prisonniers.
Envois-nous ton Esprit-Saint qui fait de nous des êtres de lumière et de compassion.

Karine

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Dessin à copier, à tracer ou à colorier

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Tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,14-30. 

Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. 
A l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. 
Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s’occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. 
De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. 
Mais celui qui n’en avait reçu qu’un creusa la terre et enfouit l’argent de son maître. 
Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. 
Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança en apportant cinq autres talents et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres. –
Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. ‘
Celui qui avait reçu deux talents s’avança ensuite et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres. –
Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. ‘
Celui qui avait reçu un seul talent s’avança ensuite et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. 
J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient. ‘
Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. 
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. 
Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. 
Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. 
Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents ! ‘

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Avant de commencer, nous vous partageons un commentaire écrit en réponse au dernier partage de témoignages (à propos du passage  Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic) :

« Mon Dieu quelle richesse, quelle authenticité: l’Esprit me rejoint, me travaille et m’apaise à travers la méditation des résonances partagées en écho à la Parole.
Il y a de ces commentaires où je ferais un « copier/coller » tant je suis rejointe, travaillée, apaisée et retournée à vivre le cœur en louange.
Merci car je veux me laisser libérer par le regard bienveillant de Jésus dans sa Passion de faire de nous des êtres libres et engagés, fortifiés par son infinie douceur pour aller de l’avant dans « l’être-avec » en toute confiance. »
Marie-Hélène

Nous sommes totalement d’accord avec vous Marie-Hélène, merci d’avoir mis des mots sur notre propre perception. Oui, quelle richesse et quelle authenticité fleurissent à l’écoute intérieure de la Parole! Celle-ci fait littéralement des miracles si on l’accueille en notre cœur, inspirés par l’Esprit. Nous en profitons pour remercier une fois de plus chaque personne qui en participant à ce partage nous éclaire de sa précieuse et unique contribution!

L’équipe

Voici les commentaires reçus cette semaine :

9-aide-nous-a-reconnaitre

« Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. »

Seigneur, tu es cet homme. Tes biens, tu nous les confie.  Or, ton bien le plus précieux,  n’est-ce pas ton immense amour pour nous?  Alors, dans le respect des capacités de chacun, tu donnes des talents pour que ton amour puisse fructifier en gestes de patience, de bonté, de service, de justice, de compassion, de tendresse, de joie.  Aide-nous à reconnaître ce que tu nous donnes et le courage de le redonner à travers la simplicité de nos gestes quotidiens.

Fernande

« TU MOISSONNE LA OU TU N’AS PAS SEMÉ, TU RAMASSES LA OU TU N’AS PAS RÉPANDU LE GRAIN  » Mais qu’elle est grande ton espérance Seigneur, à imaginer une récolte sur ma terre aride! Tu trouves le moyen de ramasser quand même le grain qui a refusé de produire, c’est comme s’il avait semblé vouloir nous laisser dans l’attente d’une future récolte. Père, tu vois bien que mes sillons sont à refaire pour que je puisse ramasser assez d’amour pour le prochain ensemencement, mais je te dis : ne désespère pas, ensemble nous engrangerons en vue d’une utilisation future. Heureux le serviteur fidèle, Dieu lui confie sa moisson  et lui dit, ENTRE dans la joie de ton maitre peu importe les talents reçus.

Mariette    

9-quel-est-mon-savoir

Celui qui avait reçu un seul talent s’avança ensuite et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient. ‘

Quel est mon savoir en face du Seigneur?
Est-ce que je l’enferme dans ce que je pense de Lui?
Ou est-ce que je lui donne la possibilité de se faire connaître à moi?

Sylvie

Je me sens comme celui qui a peur, et la réaction du maitre m’a paru dure…j’aurais préféré le pardon.

Mais si on ne sème pas à notre tour, ce qui nous est donné, ça ne peut effectivement pas se multiplier, alors, essaye-t-il de nous enseigner qu’on doit, par amour, prendre des risques?

victoria

« Celui qui avait reçu un seul talent s’avança ensuite et dit : ‘Seigneur, …..j’ai eu peur! »

Combien de « Mozart » apeurés et « enfouis » autour de nous….

Et si celui qui n’avait reçu qu’un seul talent avait été rencontré dans son unicité, puis éveillé au meilleur de sa personne… Sans doute que la peur l’aurait quitté.

Au cœur du notre monde actuel, bon nombre d’éveilleurEs et de sourcierEs anonymes sont à l’œuvre.

Non pas des « passé-date » et qui pleurent sur ce qui fut « bien meilleur avant », mais plutôt des cœurs-bienveillants-dépisteurs de brebis-au-talent-unique…

La Parole nous rappelle par ailleurs que pour un seul talent éveillé, orienté et « projeté », celui-ci produit du « cent pour un »!!

Ça vous renouvelle toute une province, un pays et pourquoi pas, la face de la terre….

Marie-Hélène

9-agissons-dans-la-confiance

Dieu nous offre tout et il s’attend en échange que nous en faisions une bonne utilisation. Il ne veut pas qu’on ait peur de lui. Je crois qu’il préfère l’échec si la personne a agit de bonne foi, qu’à l’inertie causée par la peur. Agissons dans la confiance que Dieu est toujours là avec nous, tel un père, plutôt que de nous cacher dans nos peurs et d’aller nous coucher en attendant que ça passe!

Rosa

9-dire-au-seigneur

La Parole de Dieu de ce matin nous invite à utiliser le mieux possible, au bénéfice des gens autour de nous, les talents que nous avons reçus, Il ne faudrait pas arriver à la fin de notre vie et dire au Seigneur : « Voilà je te remets le cœur que tu m’as donné, je l’ai très peu utilisé afin
de ne pas faire d’erreur. La fantaisie que tu m’as confiée, je te la rends comme tu
me l’as donnée. Elle est presque neuve, elle n’a jamais servi »
. Le jugement portera
sur les fruits que nous aurons produits : «Je vous ai choisis pour que vous
produisiez du fruit et que votre fruit demeure».
Dans la vie, il nous faut avoir le courage de prendre des risques. Jésus a été très dur
pour les pharisiens qui empêchaient tout changement et qui voulaient «ériger une
clôture autour de la Loi et des traditions d’Israël» afin de les protéger.

Laurette

Un serviteur ne doit-il pas servir son maître le mieux possible, quel que soit le caractère de ce maître, ou renoncer à sa charge?
Suis-je un serviteur si je ne cherche pas à entendre mon maître si bien qu’en exécutant ses désirs nous trouvions l’un et l’autre satisfaction, joie ? Tant que la relation n’est pas une relation d’amour, de cœur à cœur, il y a place pour l’insatisfaction.

Je suis dans le cas du troisième serviteur si je demeure dans la relation du jugement et de la crainte. En disant « Mon maître est dur », (sans l’aimer tel quel), j’ouvre la porte à la peur, je suis extrait de la relation d’amour, de l’inspiration qu’il ne cesse d’offrir, de la confiance et de la capacité d’agir lorsque le maître s’absente. Ce que je n' »ai » pas, est-ce la foi, et la charité dont parle Saint -Paul ?
Ce qui me « sera enlevé », la vie ?
Les pleurs et les grincements de dent (image traînée dans mes bagages depuis l’enfance), pour le juge inique?

L’état de serviteur véritable est un état de grâce. Qu’il soit donné à ceux qui le cherchent.

Pierrette

L’attitude du maître face à ce serviteur qui avait reçu un seul talent et qui est allé l’enfouir dans la terre par peur de décevoir son maître vient nous tirer de notre sommeil. Par cette parabole, Jésus utilise la monnaie pour faire comprendre à ses disciples que nos talents et nos dons  nous sont donnés et ils ne nous appartiennent pas.  Il nous fait prendre conscience que nous avons le devoir de faire fructifier nos talents et qu’il n’y a pas d’excuse pour justifier notre paresse. Dans notre société moderne, nous assistons au phénomène du vedettariat. Nombreux sont ceux et celles qui ont du talent à revendre et qui font tout pour se retrouver sous les feux des projecteurs. Nombreux sont aussi ceux et celles qui ont  reçu un seul talent et  qui se comparent aux autres ou qui envient le talent des autres jusqu’à enterrer le leur. Certains vont jusqu’à se créer un personnage pour atteindre une reconnaissance instantanée par la négative sur les réseaux sociaux ou en posant un acte criminel.  La peur de ne pas être  reconnu, ou d’être rejeté par les commentaires des autres les entraîne dans un monde de ténèbres parce qu’ils ne  laissent pas passer leur petite  lumière intérieure. Ils ne font pas fructifier leur talent parce qu’ils sont paralysé par la peur.

Aujourd’hui encore, Jésus nous interpelle et nous demande de faire valoir nos talents.  Il nous faut les faire fructifier pour en recevoir davantage. Ce n’est pas nécessaire d’être une vedette pour faire valoir nos talents ou de les monnayer  pour entrer dans la joie de Dieu. L’essentiel, c’est de ne pas laisser mourir notre feu intérieur. Jésus nous invite à être généreux avec le talent qu’on a reçu selon notre capacité. Il n’est pas à nous puisqu’il doit être donné à cœur joie pour le bien de la communauté et de la société. Soyons généreux avec nos talents pour goûter la joie de donner et de recevoir en abondance. Tendons la main aux petits du royaume qui ont de la difficulté à laisser briller leur lumière intérieure et transmettons nos connaissances,  notre savoir-faire, nos dons à d’autres afin de demeurer dans la joie de notre Seigneur.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Merci de donner à chacun, chacune des dons selon ses capacités.
Apprends-moi  à valoriser mon talent et à le faire fructifier.
Aide-moi à célébrer l’unicité de chacun, chacune et
Ne permets pas que l’envie et la peur entrent dans mon cœur.
Ramène-moi à Toi quand la reconnaissance des pairs n’est pas au rendez-vous.

Karine

Dès la toute première fois que j’ai lu ou entendu cette parabole, je me suis identifié avec le serviteur qui enterrait l’argent de son maitre : non seulement il était clair pour moi que c’est ce que j’aurais fait… mais en plus je trouvais sa réaction parfaitement justifiée de vouloir protéger ce qui lui était confié, et ainsi être bien certain que le maitre retrouve son bien dans le même état qu’il était au moment où il l’a donné. Pas un instant il me serait venu à l’idée de faire fructifier un bien sans un ordre précis de son propriétaire.

Longtemps je restai perplexe devant cette parabole, d’autant plus que le monde des investissements financiers m’était perçu de façon plutôt péjorative.

Si par contre je me limite à « entendre » le mot « talent » de cette parabole dans le sens d’un don, d’une qualité ou aptitude à faire fructifier, je cesse de me reconnaitre en  ce serviteur « mauvais et paresseux »… ce qui ne m’empêche malheureusement pas de rester comme lui prisonnier de son impuissance à faire fructifier son talent.

Je reconnais pourtant que dans tous les domaines (même financier) « …celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. »

Je reconnais aussi que ce qui nous est donné est à donner… et ce qui est thésaurisé, enterré, retenu, devient ce qui coupe la circulation du don d’amour et donc nous exclut, nous jette en dehors… dans les ténèbres.

En ce sens, celui qui ne fait rien pour faire fructifier et transmettre le don reçu – même s’il ne fait rien de « mal »  – tombe dans le péché par omission, péché dans son sens premier de manquer la cible, d’égarement, de détournement, d’éloignement de Dieu, de non réalisation du potentiel…

Je continue cependant à trouver mystérieuse cette réponse du maître :

Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. 
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. 

Quel est ce Seigneur qui affirme moissonner là où il n’a pas semé… alors que toute semence vivante vient de ce seul et unique Seigneur?

Est-ce l’affirmation que l’être humain – par le don du Fils – contient en lui-même cette force créatrice qui attend patiemment d’être actualisée en l’Esprit Saint, mais aussi cette totale liberté de pouvoir refuser le don, refuser d’être uni au Verbe Créateur?
En ce sens, le don du Fils est offert comme une semence potentielle, et c’est à l’homme de l’actualiser…  et donc la moisson n’est pas acquise. Et si le grain-individu ne se donne librement, volontairement, pas de grains à ramasser.

Quoique le « il fallait placer mon argent à la banque » ne me parait pas particulièrement créatif… à moins que cette banque soit précisément l’Esprit Saint sans lequel rien ne peut véritablement fructifier?

Malgré tout je continue  à me sentir en âme sœur avec le serviteur « bon à rien » qui n’a pas la présence d’esprit de la fructification, non pas seulement par esprit de paresse, mais aussi et surtout par esprit craintif :

« J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient. »

Au lieu du grain qui meurt dans la terre pour donner du bon grain en quantité, c’est le talent qui est enfoui dans la terre de ce qui refuse de se donner, car l’esprit craintif est un esprit replié sur lui-même, malade… coupé de l’Amour Vivant.

Ô Seigneur, toi qui n’es pas venu pour les bien-portants… mais pour les malades et les pécheurs, j’en appelle à ta miséricorde pour tous les timorés et autres repliés de ce monde. Je t’en prie, envoie Ton Esprit Saint!

Amen

Michaël

Il y a des paroles dans les Évangiles qui peuvent sembler tellement dures, en regard de tout l’amour, la tendresse, la miséricorde et le pardon dont d’autres passages témoignent.

C’est là que, en tant qu’enfants de Dieu, notre foi est mise à l’épreuve. Nous savons que Dieu est bon et aimant, infiniment miséricordieux. Alors que se passe-t-il lorsque que, pour un oui ou un non, il semble si facilement envoyer un pauvre pécheur en enfer ou dans les ténèbres?

N’est-il pas précisément venu pour les pécheurs et non pour les justes, pour les pauvres et non pour les riches? Alors pourquoi, dans ce passage des évangiles, il jette dehors précisément le plus démuni, celui à qui il n’avait déjà été donné que peu, celui qui, entrainé par le péché,  a été méfiant?

Et que vient faire toute cette histoire d’argent et d’intérêts? N’est-il pas dit : « Tu ne feras à ton frère aucun prêt à intérêt »? N’avons-nous pas à rendre l’argent à César et non à Dieu?

De plus, est-ce que cette parole ne justifie-t-elle pas tous les patrons de ce monde de jeter dehors toutes les personnes moins performantes, dont le rendement serait insuffisant?

Pour mieux comprendre la raison pour laquelle Jésus a utilisé cette parabole intransigeante, il est sans doute utile de jeter un coup d’œil sur l’ensemble du passage des Évangiles auquel elle appartient. En fait cette parabole a été présentée par le Christ pour mieux faire comprendre la parabole précédente (celle des dix jeunes filles invitées aux noces dans Matthieu 25). E ces deux paraboles appartiennent à toute une série de mises en garde que Jésus donne à ses disciples à propos de la destruction du temple, de la fin du monde et de la venue du Fils de L’homme.

Dans tous les cas, les paraboles utilisées donnent le même avertissement, à propos de l’extrême difficulté pour les hommes de se retourner vers Dieu, et de la nécessité de veiller, de se tenir prêt et de pratiquer la charité, sans quoi les hommes risquent de se retrouver dans un espace obscur dans lequel il y aura des pleurs et des grincements de dents.

D’accord, mais où trouver dans, cette parabole, l’amour et l’immense miséricorde du Père?

Retournons dans notre vécu de petits enfants face à nos parents. Combien de fois leur colère, leurs mises en garde et leurs punitions nous sont apparues comme étant sans cœur, illégitimes et injustifiées? Et pourtant nous avons découvert par la suite que dans la majeure partie des cas c’est par amour et par souci de notre bien-être  que nos parents ont du parfois se montrer sévères et intransigeants.

Au plus simple, une chose est certaine, si le fils prodigue, qui a tout reçu du Père, continue à dilapider son bien et à tourner le dos à la demeure paternelle, il risque fort d’expérimenter beaucoup de solitude et de détresse,  une grande pauvreté et bien des souffrances.

Et à la fin des temps, il n’y aura plus une éternité devant soi pour profiter à loisir de la liberté qu’il nous a été donné de dire oui ou non à Dieu.

Comme le fils prodigue, nous avons tout reçu du Père, la vie, la conscience, la raison, le libre choix, la nourriture,  l’amour ainsi que certains habiletés et talents personnels. Pour être éternellement à ses côtés, il nous faut retrouver notre véritable nature qui n’est rien d’autre que la sienne : celle du don de soi. Celui qui ne met pas à profit ses compétences et tout ce qu’il a reçu est comme celui qui enterre son talent, jusqu’à en oublier son existence, expulsé de sa vie en même temps que sa relation à Dieu.

Cette personne qui ne met pas à profit ce qu’elle a reçu de Dieu tombe dès lors dans cette « pauvreté spirituelle » dont Mère Teresa parle comme étant une pauvreté faite de solitude, de découragement et d’absence de sens qui débouchent tôt ou tard sur l’amertume, la colère et l’isolement, là même où il y a des pleurs et des grincements de dents.

Il y aurait tellement à dire sur ce sujet. Peut-on en vouloir à Jésus, en bon parent aimant et attentif, de chercher à nous prévenir de ce danger et de cette souffrance, même si pour cela il l’illustre au moyen d’une parabole qui nous apparaît comme étant plus conditionnelle. Il y a effectivement des conditions au salut, à commencer par notre oui puisque Dieu nous a gratifié du libre choix, mais ces conditions n’enlèvent en rien au fait que l’amour que le Père et le Fils nous offrent demeure inconditionnel, comme l’amour de tout bon parent!

Nénuphar

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Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur…

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Comment illustrer le double commandement d’amour de Jésus? Nous avons tenté de créer un dessin dans le style des anciennes enluminures, assez simple pour que les enfants puissent le comprendre et le colorier (Utiliser le fichier à imprimer à la fin de cet article)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,34-40.

Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent,
et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve :
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu’il y a dans l’Écriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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 COMMENTAIRES

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Aimer les autres comme soi même… Il y a des autres pour qui cette parole me demande plus d’effort. Seigneur aide-moi à aimer cet autre comme moi.

Marcel

Quel est le plus grand des commandements?  Jésus pour répondre, prend ceux qui résument, et qui redonnent l’ordre vers lequel diriger nos efforts.  La grandeur n’est pas tant la lettre de la loi, mais a ceux à qui cela sert.  L’Amour de Dieu pardessus tout, et du prochain comme pour soi.

Sylvie

Ce sont des préceptes admirables. Pas faciles à mettre en pratique. Pourtant principes d’une paix sociale extraordinaire si on réussissait à les vivre. Et dire que le Christ va encore plus loin, (aimer ses ennemis)  … à partir de cette base qu’il est déjà difficile d’appliquer dans la société en bloc. Cela peut se mettre en pratique dans une cellule réduite. Pourtant, il doit exister des exemples vécus où ces principes de l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont exemplaires.

Gilles

 » MAITRE, QUEL EST LE PLUS GRAND COMMANDEMENT  » le Seigneur s’adresse à mon cœur, mon âme et mon esprit. L’amour fait toujours appel  au cœur et l’expression qui dit :  « cette personne à le cœur sur la main »  veut dire aimer  s’occuper  de son entourage,  et reconnaitre  Dieu dans toute les personnes que je côtoie. Mon âme se repose dans l’action qui fait suite et en m’associant à l’amour de Dieu, je partage ce désir qui m’est suggéré pour la plus grande gloire du Seigneur. Comme c’est un idéal à atteindre d’aimer Dieu et mon prochain, je demande à l’Esprit Saint de commencer  par découvrir l’amour qui m’habite,  ensuite je pourrai découvrir que tout le reste me sera donné de surcroit. Père au nom de ton Fils Jésus, regarde avec amour tous les gestes qui se font dans le monde pour te reconnaitre dans l’humain, mon voisin…

Mariette  

6-amour-si-grand

Pendant longtemps, chaque fois que j’entendais ou que je lisais ce passage, ça sonnait dur à mon oreille : trop loin de ce que je suis, je me sens un peu comme si c’est pour moi inaccessible, comme si je devais performer, être comme Jésus, alors que je suis si loin!! Pourtant, ce commandement reflète tout ce à quoi j’ai toujours aspiré, du plus profond de mon cœur !

Mais en fait, n’était-ce pas notre nature profonde, à chacun?

Si cet amour si  grand, si total, de notre Seigneur, et de nos frères et sœurs était la clé de notre bonheur,  plutôt qu’un commandement qui vise à juger et faire peur?

Seigneur, merci d’avoir déposé en moi et en chacun, les germes de cet Amour, même si on peut mettre une vie entière à le découvrir ! Merci de nous donner ce commandement comme lampe, pour éclairer notre route !

Oui, merci de nous rappeler avec ce commandement que c’est LE chemin qui conduit au Bonheur dans sa plénitude !

Solane

À ceux qui veulent le mettre à l’épreuve, à tous ceux qui veulent le prendre en défaut, aux docteurs de la loi qui rusent en quête de la faille pécheresse, Jésus répond avec cette parole centrale et incontournable, pierre d’angle sur laquelle reposent toutes les écritures et révélations. Le double commandement se résume en un seul, en un seul et unique verbe : Aime! Verbe que Jésus incarne intégralement pour nous, sans le moindre écart, du début à la fin!

Plus rien à dire. Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, il boucle la boucle, et la ferme aux vaines discussions de l’ensemble des pharisiens du monde, aussi présents autour de nous qu’à l’intérieur de nous. Les pensées sont traversées d’une flèche de lumière et d’amour, la langue est désarçonnée, et moi-même je ne peux plus que me taire.

Amen

Nénuphar

6-jesus-effraie

Comme il est difficile à l’âme pharisienne de concevoir que la loi tombe en poussière, inutile, là où l’amour s’incarne, se fait entendre, voir et obéir ! Le moraliste et le légaliste en nous, s’insurgent contre cette vérité, faute de l’avoir approchée suffisamment pour connaître la magnifique et libre exigence qu’elle demande. Jésus effraie celui qui trouve sa place dans le cadre rigide de la loi, autant que celui qui la transgresse. Les premiers par attachement à l’ordre établi, les seconds séduits et esclaves de la loi du plus fort, des rivalités et des plaisirs jamais satisfaits.
Dans ce passage de l’évangile de Saint Mathieu, les pharisiens, que l’attitude de Jésus empêche sans doute de dormir en paix, tentent de nouveau de le prendre en défaut publiquement ou de le faire entrer dans leur cadre.

À la question :   » Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement? »
La réponse de Jésus est ce double commandement d’amour qui n’en fait qu’un seul et qu’aucune flèche ne peut blesser ni amoindrir :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu’il y a dans l’Écriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. »

Obéir à ce commandement s’est être blessé de l’heureuse blessure, la blessure du grain qui meurt. Puisse-t-elle nous être infligée !

Pierrette 

6-mettre-a-epreuve

Encore et toujours vouloir mettre à l’épreuve Jésus… qui par le fait même nous révèle, non seulement qu’il a les paroles de la vie éternelle… mais aussi qu’il est lui-même Parole de Vie Éternelle.

Est-ce que moi aussi j’essaie encore et toujours de mettre Jésus à l’épreuve… en mettant en doute le fait qu’il est lui-même Verbe Incarné, que Sa Parole est  Vie, Voie et Vérité?

Est-ce que comme les pharisiens, je tends à réduire Jésus à ma propre dimension…  en me donnant le droit de l’évaluer selon mes petites mesures, non pour apprendre ou comprendre, mais pour me faire juge de celui qui seul peut pour juger de par sa démesure?

Et comment juger avec ma petite tête celui qui juge par le simple fait d’être lui-même l’Amour Incarné?

Et comment même songer à évaluer l’Amour avec un esprit qui ne peut saisir Son Esprit?

La réponse que Jésus donne au docteur de la Loi pour nous tous est pourtant la seule qui peut remettre sur la voie les petits esprits perdus dans les labyrinthes  des questions théoriques :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu’il y a dans l’Écriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. »

Michaël

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« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Ce commandement de Dieu semble si facile à mettre en pratique mais en réalité il est si complexe et si difficile parce que nous sommes des êtres blessés qui ont besoin d’aimé et d’être aimé en retour.  Comment aimer son prochain quand nous sommes habités par le « vieil homme », c’est-à-dire quand l’orgueil, la convoitise, la jalousie, la rivalité,  la colère, la haine, la vengeance… dictent notre comportement. Comment aimer son prochain quand nous avons été blessés au plus profond de notre être où le cœur a été déçu, bafoué, humilié, abusé, jugé, anéanti et que nous ne savons même plus comment nous aimer nous-mêmes sans nous détruire et sans étouffer l’autre. Comment vraiment aimer son prochain quand nous cherchons nos propres intérêts et quand il doit mériter notre amour. Comment vivre la gratuité de l’amour non seulement avec ceux et celles que nous aimons tout naturellement ou choisissons d’aimer mais  aussi avec ceux et celles que  nous avons la difficulté à aimer. Comment vivre la gratuité de l’amour si nous n’avons pas goûté l’Amour et le pardon de Dieu au plus profond de notre être.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » N’est-ce pas une grâce à demander au Seigneur? Jésus ne nous parle pas de l’amour humain qui se donne et se reprend mais bien de l’amour divin. Un amour gratuit qui se donne à cœur joie, qui ne connait pas de frontières et qui ne disparaît jamais. C’est si bon d’aimer le Seigneur de tout son cœur et d’aimer son prochain comme il nous a aimés mais c’est seulement avec  sa grâce qu’il est possible de vivre cet amour divin une journée à la fois. Nous n’avons rien fait pour mériter l’Amour de Dieu puisqu’Il nous accueille tels que nous sommes. Nous nous avons du prix à ses yeux et c’est merveilleux. Demandons au Seigneur de nous dépouiller du « vieil homme » pour que nous puissions l’aimer plus que tout et d’aimer nos prochains avec tendresse et compassion.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Viens guérir nos blessures intérieures, nos insécurités
Qui nous empêchent de t’aimer plus que tout.

Ô Jésus, Fils du Dieu vivant,
Donne-nous la grâce de l’Amour divin,
Ce regard divin qui ne connaît pas de frontières.

Ô Esprit du Dieu vivant,
Embrase-nous du feu sacré de ton amour et
Fais vibrer nos cœurs au rythme du cœur de Dieu.

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tu-aimeras

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Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu

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Illustration d’après une œuvre de James Tissot

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,15-21.

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens.
Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »
Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent.
Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ?
– De l’empereur César », répondirent-ils. Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Montrez-moi la monnaie de l’impôt. Ils lui présentèrent une pièce d’argent.  »
Jésus est aussi très pragmatique…Il revient aux choses même : quel chemin de sagesse pour dénouer les impasses de tous ordres!

Marie-Hélène

Quel beau portrait de Jésus:  « Tu es toujours vrai;  tu enseignes le vrai chemin de Dieu;  tu ne te laisses influencer par personne;  tu ne fais pas de différence entre les gens. » Seigneur Jésus, donne-nous de te regarder longuement dans ta transparence pour pouvoir nous maintenir, dans une harmonie créative, entre nos devoirs envers l’État et envers Dieu.

Fernande

5-avons-besoin-de-toi

Que répondre à des gens qui cherchent à vous prendre au piège? Jésus respecte la réalité de la situation mais surtout il lit dans les cœurs.

Cœur de Jésus, vous voyez le cœur de chacun, avec douceur et dans la vérité. Vous reconnaissez nos échappatoires, notre besoin de manipuler pour nous rassurer, mais vous savez aussi notre besoin d’être libérés de toutes ces attaches qui retiennent l’élan de la vie. Vous êtes toujours branché sur notre soif de vivre plus librement. C’est ainsi que vous touchez les cœurs. Vous leur faites entrevoir que la bonté est plus efficace que le calcul, la vérité plus libératrice que le mensonge, et le geste fraternel plus fécond que la rigueur et l’intolérance.

Gisèle

 » Est-il permis oui ou non  »  Je ne veux pas le mettre à l’épreuve mais il m’arrive souvent  de dire au Seigneur, montrez-moi donc la pièce de monnaie qui intriguait les pharisiens du temps, en d’autres mots montrez-moi donc la parole de la bible qui correspond à mon inquiétude et m’indique la marche à suivre  devant un événement. Il y a tellement de paroles à monnayer dans la vie courante, je me dois de te consulter pour être à l’affût des échanges en vivant connecté à ta source inépuisable . Seigneur je ne veux pas t’imposer mon manque de confiance, mais dans ta grande générosité accorde moi les grâces nécessaires afin de parvenir à l’effigie de la « monnaie » que tu attends de moi…

Mariette 

5-question-des-deux-maitres

Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

C’est très bien dit et c’est très clair, sauf que… ce n’est pas si évident de le mettre en pratique dans la vie de tous les jours.

Dans les grandes lignes, je m’y retrouve plus ou moins. Oui je peux payer mes impôts…

Mais dans les petites lignes, comment  faire la part des choses? Qu’est-ce qui est à César et qu’est-ce qui est à Dieu? À priori tout est à Dieu… sauf que Dieu Lui-même nous donne cette liberté de Le rejeter en dehors de nous-même et même de Le nier… jusqu’à se croire Dieu à la place de Dieu. Et c’est la chute dans l’inversion. Et c’est la création d’un monde dont l’esprit n’est pas l’Esprit de Dieu.

Cela repose la question des deux maîtres : à qui est-ce que j’obéis? À Dieu ou à César? De qui est-ce que je me reconnais : de l’Esprit de Dieu ou de l’esprit du monde qui se veut pour lui-même?

Quelle est la part de mon être qui se laisse séduire par l’esprit du monde? Cet esprit du monde qui en se voulant libre de Dieu devient esclave d’idoles en tout genre… que ce soit une idée, un idéal ou une idéologie, un individu ou un groupe à qui l’on s’identifie, une pensée, un sentiment, une émotion ou une passion, les grandes causes, la santé, la sagesse, la science, l’art pour l’art, le plaisir d’un désir, etc.

En fait, tout ce que j’ai acquis de par cet esprit du monde, je dois en payer le prix… ou le rendre : La gloire ou tout autre notoriété, ne fut-ce que celle de la gloire d’être pauvre et sans gloire; toute sagesse ou science qui se veut maître à bord ;  toute richesse qui n’est pas donnée et redonnée à Dieu et à mon prochain d’une manière ou d’une autre, que ce soit richesse de biens matérielles ou spirituelles, richesse de talents, de vertus ou autres valeurs.

Tout ce qui m’attache à l’esprit du monde et à sa lumière fait écran à L’Esprit de Dieu et à Sa Lumière.

Et c’est de cet esprit du monde que…

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Michaël

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« Rendez à César  ce qui est à César, et à Dieu  ce qui est à Dieu. » Deux plans d’un même monde : le plan matériel et le plan spirituel. À chaque plan sa mission.  Dieu est à l’origine du monde et Jésus par sa réponse vient nous concilier avec ces deux plans. Si nous restons au niveau de cette dualité nous passons à côté du message de Jésus. Nous sommes l’expression de la matière dans le monde physique. César représente ce monde par lequel l’homme et la femme sont responsables de son  devenir, du bien commun et Dieu représente la Source qui nourrit son  peuple tant au niveau physique que spirituel. Accepter le pouvoir de César, c’est reconnaître que nous sommes les bâtisseurs de ce monde. Accepter  le pouvoir de Dieu, c’est reconnaître que le monde est sacré. Cette réalité divine n’est pas divisible. Nous ne formons qu’un seul corps, un seul esprit avec Dieu, notre Créateur. Tout nous vient de Dieu. Tout fut créé par Lui et en Lui.  Il nous a remis le monde entre les mains pour bâtir son royaume de justice et de paix. Jésus est venu dans le monde pour nous révéler l’Amour de Dieu et nous montrer comment demeurer dans son amour. Il nous montre la voie à suivre pour transcender les lois injustes qui nous déshumanisent et qui nous empêchent à révéler notre humanité et  notre divinité.

Ô Toi, Source de paix et de joie,
Ouvre nos yeux à la dimension de Ton cœur.

Ô Toi, Source d’amour et de miséricorde
Viens étancher notre soif d’aimer et d’être aimé.

Ô Toi, Source de Lumière
Rempli-nous de ta lumière qui nous unifie au cosmos.

Ô Toi, Source de l’univers visible et invisible
Nous avons besoin de Toi.
Aide-nous à bâtir ton royaume de justice et de paix.

Karine

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Tenter de prendre en défaut celui dont la parole ébranle l’enceinte de « ma » petite cité est une réaction presqu’inconsciente parmi les hommes. Qui renonce facilement au monde qu’il s’est construit, au sein duquel il a pris ses habitudes de confort et les justifie ?

Les pharisiens et les partisans d’Hérode aimeraient bien, en accusant Jésus, soulager le malaise qu’Il provoque lorsqu’Il guérit les pêcheurs en leur révélant qu’ils sont aimés du Père, tout pécheurs qu’ils sont. Les pharisiens, ne reconnaissent que les commandements et les préceptes qui conditionnent la guérison de nos cœurs et de nos âmes. Le salut par la voie de l’amour les effraie, comme si l’amour manquait de direction, de sens. Quant aux partisans d’Hérode ils devinent bien que l’amour ordonné par Jésus n’autorise ni l’abus de pouvoir ni l’abus des plaisirs charnels, ni la fourberie, toutes attitudes qu’ils tentent de s’autoriser ou de justifier. Par contre celui qui, en larmes, se reconnait porteur de malheur pour soi et pour autrui, est pardonné, redressé, redirigé.

Où prendre pied face à Jésus ?

Les pharisiens tendent leur piège par la bouche de leurs disciples et, dans ce cas-ci au moins, avant de mettre Jésus sous la question, ils commencent par le flatter. En somme ils lui disent : toi qui est parfait , «  Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » D’après eux, s’il dit oui il se met en faute vis-à-vis des autorités juives et s’il dit non il se met sous le jugement de César.

La lumineuse réponse de Jésus nous aurait-elle été révélée sans cet acharnement, de la part des pharisiens et partisans d’Hérode, à le classer parmi les hors la loi ?
Notre discernement est éveillé, l’homme qui craint son Seigneur, et mieux encore celui qui L’aime, ne trouve nulle part la permission ni le désir d’être un citoyen tortueux.

Pierrette

Une autre parole de lumière et de vérité de Jésus-Christ, à la fois tranchante comme un couteau et tendre comme la main d’une mère! Devant ceux qui veulent le confondre, en réponse à ceux qui cherchent à semer la confusion pour édicter leurs propres lois et chemins, Jésus vient remettre chaque chose à sa place, clarifier ce qui était confondu, et ce au moyen de quelques simples mots.

Où se situe cette confusion en moi? Que je cherche à idéaliser ce qui ressort de ce monde, ou que je veuille « mondaniser » ce qui est du domaine de l’Esprit, c’est vrai qu’il m’est difficile de réellement distinguer ce qui appartient à Dieu et ce  qui appartient à « César ».

Les incessants questionnements en moi apparaissent souvent lorsque ces deux dimensions sont  mêlées, embrouillées, mélangées, et que je ne distingue plus l’appel de Dieu de ce qui m’apparait raisonnable et souhaitable dans le monde. Et manifestement les volontés de Dieu ne sont pas celles que j’aurais tendance à privilégier en fonction de mon propre confort ou « bien-être » selon mes perceptions d’ici bas.

Qui est ce « César » en moi? Certainement celui qui veut se bâtir un empire, même si cet « empire » se cantonne dans des proportions très modestes entre les frontières du fief de mes besoins personnels. Qu’il s’agisse du besoin de sécurité, du besoin d’être reconnu ou de celui de  performer selon mes propres valeurs et idéaux. Dès que je cherche à maîtriser une situation ou à dominer une impasse, ou même à rayonner dans mon entourage, l’aspirant empereur en moi pointe le bout de son nez. Et s’il parvient moindrement à consolider son empire, cela se fera inévitablement en bout de ligne au détriment des autres, en empiétant sur leur liberté et leurs biens. À ce que je sache, aucun empereur de ce monde n’a bâti sa domination en se dépossédant au service de son prochain.

Pour moi, bien avant la question de l’impôt à remettre ou à garder, le « rendre à César ou à Dieu ce qui lui appartient » m’invite à reconnaître en moi ce qui d’une part vient de l’Esprit, et d’autre part ce qui encore est sous l’emprise des peurs et des désirs, sous le contrôle de ce petit tyran égocentrique qui cherche à me dominer et à m’éloigner de la communion avec mon Seigneur.

N’est-ce pas là que le malin cherche encore à nous mettre à l’épreuve, en faisant en sorte que la démarcation entre nos intérêts personnels et ceux de Dieu devienne de plus en plus floue?

Ce qui m’émerveille au-delà de tout ça, c’est que ce qui s’oppose à Dieu, ce qui lui résiste et il lui tient tête, le fait (inconsciemment) en fin de compte pour la plus grande gloire de Dieu.

Le Fils bien aimé de Dieu n’est-il pas sorti entièrement glorifié de toutes les manigances de ceux qui s’opposaient à lui et cherchaient à le faire mourir?

L’empire de César et de Rome n’a-t-il pas ultimement servi à faire rayonner la chrétienté bien au-delà des murs de Jérusalem?

Et à plus petite échelle dans le passage des Évangiles qui nous intéresse, les pharisiens et partisans d’Hérode n’ont-ils pas involontairement suscité, en cherchant à mettre Jésus à l’épreuve, une de ses paroles les plus incontournables?

Nénuphar

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Tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce

parabole-invites-noces

Pour les enfants

Certaines paroisses impriment le dessin de la semaine et invitent les enfants à le colorier. Cette semaine, nous avons expressément créé un dessin à leur intention pour illustrer la parabole des invités à la noce. Utilisez le fichier pdf des contours en noir et blanc disponible à la fin de l’article pour l’imprimer.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,1-14. 

Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. 
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. 
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. ‘
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; 
les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. 
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. 
Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. 
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. ‘
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. 
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, 
et lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ‘ L’autre garda le silence. 
Alors le roi dit aux serviteurs : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. ‘
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Le Père nous invite au repas de noces, à cette intimité avec Jésus dont l’amour seul peut combler notre soif d’aimer. Qui que nous soyons, les mauvais comme les bons, l’AMOUR nous attend.  Et si notre vocation était d’aller aux croisées des chemins, rappeler à tous ceux que nous rencontrons, l’AMOUR qui les attend au dedans.

Fernande

Dans cette parabole des invités au repas de noces, la grande majorité d’entre nous avons été touchés, frappés, ou à tout le moins intrigués, par l’histoire de l’homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Les commentaires suivant livrent une belle réflexion de l’ensemble des participants sur le  même sujet.
À lire!

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…Et lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ‘ L’autre garda le silence.

Face à la demande d’amitié du Seigneur, qu’elle est ma réponse?  Es-ce que je garde le silence,  ou si je suis prêt à entrer en dialogue avec Lui?  Comment entrer dans la noce, sans nous laisser revêtir dans un cœur à cœur, sans communion, sans relation d’amitié avec Lui?

Sylvie

Ce texte aux premiers abords semble dur. Mais moi j’y vois là une incitation à revoir les manières dont je réponds à des invitations. Est-ce que j’y vais parce que je ne peux faire autrement? Est-ce que j’y vais sans me préparer pour (en guenilles) le cœur en lambeaux? Est-ce que j’ai à cœur de répondre à une invitation en tenant compte de la personne qui invite. En respectant sa culture, ses manières de faire, ses attentes  de m’avoir gentiment invitée?

Jocelyne

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   » Voila mon repas est prêt nous dit le roi  « les invitations se font mais personnes n’a le temps d’y aller. Moi aussi je suis  tellement occupé, que souvent je décline des invitations parce que ma salle intérieure est occupée avec des passants de rue, mauvais ou bons peu importe, ils s’en trouvent aussi qui ne sont pas digne…Mais moi, suis-je digne de m’approcher au repas offert par le Roi ? C’est évident qu’il n’y avait aucun d’entre eux vêtu convenablement pour le repas de noce, comment se fait-il que celui qui était sans vêtement de noce aie été sorti violemment? Est-ce de la même violence que nous  sortons  Jésus de notre vie, des salles publiques, sans égard à ce qu’il est?  J’ai vraiment  de la difficulté à comprendre le message, comment faut-il que je sois vêtu pour être admise à la noce, faut-il être dépouillé de tout…tout…tout, ai-je bien saisi? Seigneur donne- moi un vêtement qui t’appartient, je le porterai avec amour…!

Mariette     

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!!! Le déroulement de cette parabole apparait clair et logique jusqu’à l’apparition de « l’homme qui ne portait pas le vêtement de noce » et qui, interrogé, garde le silence.
Qui est-il ? Il ne fait pas partie des nantis, premiers invités qui, attachés à leurs pouvoirs et à leurs biens, s’imaginent indépendants de leur roi; ni des envieux qui maltraitent les serviteurs, ni de la masse des derniers invités reconnaissants et vêtus de l’habit de noce.
Il est l’imposture qui a fait un pas de trop : dans le royaume ses proies sont hors de sa portée, elle ne fait plus illusion, « les pleurs et les grincements de dents » l’attendent ! ? Sous l’imposture démasquée, y a-t-il encore quelqu’un pour grincer des dents et pleurer ?

« Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » Est-ce dire que les volontaires sont peu nombreux ?

Pierrette

4-et-si-j-osais

Qui donc, n’aurait pas le goût d’aller au repas de noces ?

Sommes-nous à ce point préoccupé, et stressés et perdus dans nos préoccupations, nos peurs et nos pensées, que nous avons même oublié l’essentiel, et même le goût de joindre la fête, de participer à la Joie des époux ?

Comment puis-je passer tout à côté, perdue que je suis, hantée par mes pensées, peur et désirs, par le passé, le futur, et tout le brouhaha du quotidien ?

Et si je me réveille, et que je me rends à la noce, quel est ce vêtement que je n’ai pas revêtu ? Seraient-ce toutes ces préoccupations que j’ai emportées, incapable de m’en séparer le temps de la fête, par peur qu’elles ne disparaissent, qu’elles se résolvent d’elles-mêmes, à leur façon, ou simplement, par peur de perdre le contrôle ?

Et si j’osais le vêtement blanc tout simple ?  Si j’osais dire oui, Seigneur, je veux venir au repas de noces, et laisser à la porte tous mes bijoux, toutes ces parures qui m’encombrent tant, pour me revêtir de l’essentiel, et prendre part à Ta Joie, et la laisser m’emplir le cœur et me nourrir !

Merci Seigneur de m’aider à tout t’abandonner ce qui m’encombre et prendre part à ton festin.

Solane

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Comme dans cette parabole, je reconnais malheureusement que moi aussi je donne priorité à toutes sortes de choses qui m’empêchent trop souvent de répondre à l’invitation de participer aux noces divines.

Et lorsque j’y réponds, j’ai bien peur d’être comme l’homme qui ne porte pas l’habit de noce, en ce sens que je me retrouve là comme en étant ailleurs, ni vraiment présent, ni vraiment recueilli, vêtu de tous mes vieux vêtements habituels –  tissés de mes divisions – plutôt que du vêtement de noce de l’union avec le Fils, de la communion à Son Corps Glorieux.

Et que répondre à Celui qui m’appelle « mon ami » en me demandant  comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce?  …puisque n’étant à l’écoute que de moi-même, je ne L’entends tout simplement pas.

Alors oui, je me retrouve aussitôt pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres… non parce que Dieu me punit en me fermant sa porte, mais parce que moi-même je n’entre pas vraiment. Or il n’y a pas d’entre-deux : ou je lui donne mon cœur et ma vie et donc je suis enfin libéré, délié, paré de mon habit de noce pour m’unir à Lui, ou je ferme la porte à Son Amour… et à la vraie liberté. C’est l’un ou c’est l’autre!

Les noces se font en totale conscience, présence et liberté… ou ne se font pas. Je ne peux m’unir à Lui inconsciemment, comme malgré moi.

Ce n’est ni le mérite ni aucune autre de nos qualités qui font que nous sommes partie intégrante de la noce… mais c’est notre oui, entier, authentique et fidèle.

Il y a ceux qui refusent carrément l’invitation et il y a ceux qui, à la croisée des chemins, entrent dans la grâce de ce oui marial… mais pour celui qui dit oui à l’invitation, mais sans amour, c’est-à-dire sans son habit de noce, il ne peut rester dans l’intimité de l’intérieur, et se jette lui-même dans ce monde du dehors où il n’y a que « des pleurs et des grincements de dents ».

Michaël

Dans cette parabole, Jésus nous dit que le  royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. J’imagine que les premières invitations sont lancées d’abord à ceux qui partagent le même rang social que le roi. Ils ont refusé de venir au repas de noce. L’invitation du roi est lancée plusieurs fois mais les invités s’inventent toujours des excuses pour ne pas venir aux noces de son fils. Ils ne veulent tout simplement pas rencontrer le roi ni célébrer les noces.  Alors le roi demande à ses serviteurs d’inviter tous ceux qu’ils vont rencontrer sur leur chemin, les mauvais et les bons, pour le repas de noce. Ces personnes devraient être surprises d’une telle invitation et sont sûrement excités de rencontrer le roi. Ils ne vont pas manquer cette occasion unique de rencontrer le roi pour célébrer les noces de son fils. Ils sont invités au repas de noce et c’est tout un honneur d’être considéré digne de prendre part à cette fête.

Dire oui à cette invitation c’est d’abord accepter de s’habiller le cœur pour rencontrer le roi et son fils, communier à l’esprit des noces, partager et faire partie des convives qui seront là pour manger et  festoyer ensemble.  Les convives réunis, le roi entra pour les voir, les saluer à tour de rôle. Mais voilà qu’il rencontre un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : « Mais comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de noce mon ami? »

L’homme ne put répondre, il garda le silence. Cet homme m’intrigue parce qu’il me fait penser à Judas, le traitre. Il est là mais le cœur n’y est pas.  Cet intrus est peut-être là juste  pour se faire voir ou défendre ses intérêts, pour espionner ou médire du roi et de son fils. Il représente tous ceux et celles qui viennent au repas de noce pour des motifs autre que  la rencontre, le partage, la communion des cœurs. Dieu nous invite au repas de noce, est-ce que le cœur est au rendez-vous? N’avons-nous pas une obligation d’inviter tout le monde, sans exception, à ce repas de noce? Sommes-nous prêts à rencontrer le Roi et son Fils? Voulons-nous vivre la communion des cœurs, être une présence vivifiante pour partager ensemble ce repas de noce?

Père très bon,
Tu nous invites tous à Ta table.
Quelle bénédiction!
Revêt-nous du vêtement de noce
Qui habille nos cœurs pour aller à Ta Rencontre.

Père très bon,
Tu nous invites chaque jour au repas de noce.
Montre-nous le visage de ton fils Jésus et
Fais-nous communier à son esprit de partage et de paix.

Père très bon,
Tu nous connais et tu pénètres nos pensées.
Délivre-nous de tout mal et
Saisi-nous de ta Présence
Quand le cœur n’est  plus au  rendez-vous.

Karine

Que peut vouloir bien dire « porter le vêtement de noces »?

En écoutant à l’intérieur de moi, j’ai l’impression que porter le vêtement de noces, dans ce cas-ci, c’est de prendre entièrement part aux épousailles de son fils.

Il est dit au début de la parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. » Mais il ne nous est pas dit avec qui le fils se marie. Il est bien l’époux, mais qui est l’épouse?

Et si l’épouse, c’était moi, et aussi mon frère, ma sœur, mon prochain, toute l’assemblée des invités qui est conviée à reconnaître dans le Fils de Dieu l’époux? Alors la parabole prendrait un tout autre sens

Jésus ne se présente-t-il pas lui-même comme étant « l’époux », cet époux que l’on célèbre et en compagnie duquel ses amis n’ont point besoin de jeûner?

« Porter le vêtement de noces » signifierait dès lors beaucoup plus qu’assister aux noces de quelqu’un d’autre. Cela signifierait de participer aux repas des noces à part entière, c’est-à-dire en tant qu’épousée et à titre de premier invité au banquet de l’amour. Car quel serait le sens de ces noces et de ce banquet d’abondance si ce n’est pas pour y célébrer un grand mariage, par amour et pour l’amour? Par amour pour l’époux et par amour pour le Père, puisque come nous le dit son fils : « celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Quand est-ce que je ne porte pas l’habit de noces? Il me semble que c’est chaque fois que je me crois tout seul, étant dès lors convaincu que je ne peux compter que sur moi-même pour assurer ma propre survie.  Dès cet instant, je ne perçois plus que ma propre personne et mes propres intérêts. Je ne me reconnais plus comme invité au banquet. J’arrive presqu’en voleur à la table, remplissant mes bras de tout ce dont je peux m’emparer et puis je m’enfuis à toutes jambes.

Pour me rendre compte un jour que ces bras et ces jambes ne me servent plus à rien, qu’en dehors de la communion libératrice avec l’époux, je suis paralysé, les « pieds et poings liés » par mes propres peurs et convoitises. Dans la colère de me sentir pris à mon propre piège, je « grince des dents » et je pleure sur mon infortune.  Je suis comme un sarment qui voudrait ne vivre que par et pour lui-même, en dehors du Cep qui donne vie à l’ensemble de la vigne. Je me dessèche sans porter de fruits.

Nénuphar

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