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« Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. » (Jn 15, 1-8)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 15, 1-8

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne,
et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit,
mon Père l’enlève ;
tout sarment qui porte du fruit,
il le purifie en le taillant,
pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment
ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus,
si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne,
et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi
et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
il est, comme le sarment, jeté dehors,
et il se dessèche.
Les sarments secs, on les ramasse,
on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père,
c’est que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous soyez pour moi des disciples. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

sarment-1

Le printemps nous rappelle l’unique condition pour que les bourgeons éclatent : demeurer sur la branche.

Cette branche, ô Jésus, c’est toi, le vivant, le Christ au cœur de mon cœur, mystère d’intimité et de communion d’où jaillit le don de ma vie pour les autres.

Fernande

À vrai dire je ne peux rien sans Lui.

Et je ne suis rien sans Lui.

C’est Lui qui me donne vie, qui me ranime, qui me vivifie, qui me nourrit, qui me donne la direction, c’est Lui qui m’insuffle compassion et miséricorde, et surtout c’est par Lui et seulement par Lui que j’aime.

Enfin, c’est uniquement en Lui, avec Lui et pour Lui que le fruit prend forme.

Signé : un tout petit sarment de la Vigne du Seigneur

Nénuphar

Seigneur, je reconnais que je suis comme un sarment qui ne peut vivre s’il n’est solidement branché à ta vigne, à ton corps…

Je reconnais que je ne peux  porter du fruit par moi-même, mais seulement s’il vient de ta vie qui circule en chacun de nous…

Je reconnais pleinement que je me dessèche aussitôt que je me ferme à toi…

Alors je t’en prie, du fond du cœur je te le demande, garde-nous bien branchés à ton corps, ouverts à la circulation de ton sang, et s’il te plait que nous portions ton fruit, fais- nous œuvrer à ton œuvre!

Amen

Michaël

« … tout sarment qui porte du fruit,

il le purifie en le taillant pour qu’il en porte davantage… »

Purifier, c’est enlever tout ce qui n’est pas essentiel…

« Purifier en taillant », c’est séparer l’humain d’avec l’image qu’il a de lui-même, afin qu’en jaillisse une vérité tout autre que celle qu’il pourrait concevoir.

Le Fils de la Vie est un orfèvre, il taille jusqu’à la fine pointe l’âme disponible et ouverte, afin de la rendre semblable à Lui, et qu’elle porte « un fruit qui demeure ».

Les martyrs de tout temps ne vivent-ils pas « en accéléré » ce processus se déroulant au fil des jours et des années dans un cœur qui se laisse transformer?

Marie-Hélène 

sarment-2Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.

Tellement pas facile de demeurer en Toi Seigneur !

Toujours, à chaque instant, un tourbillon nous attend au détour : préoccupations, idées, liste de choses à faire, toutes les plus importantes et les plus pressantes les unes que les autres ! Ce tourbillon balaie tout au passage, même Tes paroles, que j’aimerais bien garder en moi.

Comment demeurer dans Ta paix, et la rayonner, même au cœur de la tourmente ?

Stp Seigneur, donne-moi, donne-nous de demeurer en toi et de porter beaucoup de fruits !

Et d’être tes disciples.

Solane

 » CE QUI FAIT LA GLOIRE DE MON PÈRE, C’EST QUE VOUS DONNIEZ BEAUCOUP DE FRUITS  »

jesus-mainOn prend une vigne en exemple à cause de son fruit, symbole de ce qui s’en vient en vue du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Pour donner beaucoup de fruits une vigne à besoin de prendre solidement pied pour se tenir debout .Si on jette un regard sur la vie de Jésus, on voit bien que ses pieds sont de toute évidence ce qui l’a conduit d’un village à l’autre;  déjà il laissait la trace d’une vigne à surveiller pour en attendre les fruits. En route parfois Il secouait ses pieds, sûrement pour ne pas transporter inutilement une lourdeur. Il me fait comprendre que les pieds doivent être libres pour travailler à sa  vigne et être branchés à Lui.

On se rappelle le lavement des pieds de ses apôtres, quelle délicatesse pour confirmer leur mission : « Tout sarment qui donne du fruit, Il le nettoie pour qu’il en donne davantage. » Tu me dis que les sarments secs sont jetés dehors et on les brûle. Oui, Seigneur, il y a de la sécheresse dans ma vigne, les feuilles tombent comme  l’aridité de mes prières… J’aimerais tellement te servir mon nouveau vin dans la joie, l’amour et le partage.

MES PIEDS LAISSERONT-ILS UNE TRACE ?…. ME RECONNAITRONT-ILS COMME DISCIPLES DE LA VIGNE DE JÉSUS  …….

Mariette

sarmentsCe passage de l’évangile de Jean nous révèle le degré d’intimité que Jésus veut avoir avec chacun de ses disciples. Jésus invite ses disciples à entrer en communion avec Lui, à demeurer en Lui pour porter beaucoup de fruit.  Il  leur dit: « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments… Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche.» Dans la logique du monde moderne, l’être humain doit être laissé à lui-même pour gérer tout seul sa vie en dehors du plan divin. En atrophiant l’être spirituel, les hommes et les femmes de notre temps se créent un grand vide intérieur et se dessèchent parce qu’ils pensent assouvir leur soif de bonheur que par des besoins terrestres. En dehors du Dieu de la Vie nous sommes comme les sarments qui ne portent pas de fruit parce que nous sommes  coupés de la Source qui donne Vie à toute chose. Sommes-nous branchés à la vraie source de vie? Dans le langage techno, les jeunes se disent branchés 24h/24 parce qu’ils dorment avec leur gadget. En informatique nous  savons que si nous ne sommes pas branchés sur le bon serveur nous ne pouvons pas accéder à aucune information pour bien gérer nos fichiers. Il en est de même pour nous chrétiens dans le domaine spirituel. Si nous embrassons la logique du monde et si nous ne sommes pas branchés 24h/24 sur Jésus qui est la Source de vie, nous devenons comme une terre asséchée et aride. En suivant la logique du monde nous nous enlisons dans nos divisions et nos laideurs qui entrainent la mort sur notre passage. Par contre si nous suivons la logique de Dieu qui est Amour et qui donne le vrai bonheur à ses enfants,  notre aveuglement s’estompe. Si nous restons  branchés sur Jésus qui nous a rachetés de la mort spirituelle et qui nous donne sa paix et sa joie et si nous faisons confiance à l’Esprit-Saint qui éclaire nos chemins ténébreux, notre âme s’élèvera à la grandeur du cœur de Dieu pour donner la vie en abondance.

Seigneur Jésus, Toi la source de vie,
Saisis-nous de Ta lumière.
Ne permets pas que les escadrons de la mort
Nous entrainent dans notre laideur.
Aide-nous à demeurer en ton Amour.

Seigneur Jésus, Toi, notre arbre de vie,
Garde-nous branchés à l’Esprit créateur de l’univers.
Fais que cette énergie d’amour,  de paix et de miséricorde
Nous propulse vers nos frères et sœurs afin de faire advenir
Ton règne de justice et de vie abondante.

Karine

jesus-visageSeigneur, si tu ne demeurais pas déjà en moi, le désir de ta compagnie pourrait-il m’habiter sans cesse tandis que, discrètement, sans dire un mot, tu observes mes allées et venues hors de ta demeure ? Combien de fois encore, irai-je te chercher où tu n’es pas, sans que s’épuise ta patience ni ton respect de la liberté accordée aux hommes ?

« Demeurez en moi, comme moi en vous. » Je te prie, Seigneur de graver en mon cœur ce commandement à fin qu’aucun de mes prétendants au pouvoir ne puisse me convaincre de non-obéissance. Hors de toi toute vertu se pervertit, délivre-moi de toute volonté qui ne soit pas la tienne. Hors de toi, tristesse et stérilité sans fin, mais n’est-ce pas toi qui crée la nostalgie du Royaume céleste dès que le temps est venu pour qu’elle soit bénéfique ?

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples », Fait donc de nous tes disciples, ceux qui ne parlent et n’agissent qu’en Ton Nom, ceux qui ne voient rien nulle part sauf Dieu dans tous les états qu’Il Lui plaît de nous montrer. Fait de nous tes messagers du fol Amour, ceux qui ne craignent ni les larmes, ni la joie, ni le silence.

Pierrette

 

 

« Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11-18))

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Illustration inspirée de peintures traditionnelles

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 10, 11-18

En ce temps-là,
Jésus déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même. »

Quelle liberté infinie sans cesse à l’œuvre chez le Fils de la Vie… Liberté à l’œuvre aussi chez toute personne qui devient brebis du Bon Pasteur… Lui dont nul ne prend la vie puisqu’Il l’a donnée de lui-même: Il nous invite à Le suivre sur ce chemin du Don qui rend libre et que nul ne peut nous enlever.

Marie-Hélène 

Plusieurs choses m’interpellent dans ce passage.

D’abord, c’est si bon de relire qu’aucun loup (donc aucune épreuve, blessure, tempête ou faute) ne pourra faire peur à mon berger !

Ça me touche que mon berger donne sa vie pour moi, sa petite brebis fragile.

Me frappe aussi aujourd’hui : « je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau ».

brebis-2C’est tellement mystérieux, pour nous, à cette époque, comment le don total de soi peut conduire autre part qu’à la mort (à tout le moins celle de l’ego)! Ce que Tu nous enseignes, Seigneur, par le don de Ta vie, est tellement révolutionnaire, et vient complètement chambouler toute logique: c’est en donnant, et même en se donnant qu’on reçoit! Ça me rappelle la prière de saint François d’Assise.

De tout cœur, merci Seigneur d’être mon berger! Stp, donne-moi le courage et la force de me donner sans compter, confiante que c’est le chemin vers la Vie en abondance !

Solane

« S’IL VOIT VENIR LE LOUP, IL ABANDONNE LES BREBIS ET S’ENFUIT; LE LOUP S’EN EMPARE ET LES DISPERSE. »

Bien moi, j’ai peur des loups. À ce qu’on dit ce sont des carnivores, ils aiment la chair et abattent leurs proies pour se nourrir.

Mais le loup mentionné dans cette lecture peut être vu différemment et être aussi dangereux. Il y a mes loups intérieurs, ceux qui mangent toutes les connaissances que j’ai acquises sur la vie de Jésus en semant le doute; il y a le loup du jugement qui est nourri par ce que je lui mets sous la dent –  « le petit chaperon rouge »  rougirait de sa galette. Le loup de la culpabilité vient saboter tout ce que j’avais acquis de paix, de joie, dans mon quotidien. Et encore le loup de la comparaison qui m’amène beaucoup de déceptions et me rend envieuse, et alors j’hésite à pousser mes énergies à sauver mes brebis.

Cependant je pense bien que mes brebis ont encore confiance en moi, elles voient ma faiblesse, mais aussi ma grande générosité. Elles aussi se permettent de sortir pour vérifier leur sécurité, elles m’aident à partager la confiance et se voient dignes de  revenir débordantes  de désirs, de projets et de confiance. Seigneur, prends mes brebis sur tes épaules, console-les et fortifie-les par l’assurance que TU ES LE BON PASTEUR ….

Mariette

Seigneur, je t’en prie, toi notre bon pasteur, notre vrai berger…

Conduis-nous toujours toi-même, et ne nous  laisse pas suivre un faux berger.

Fais-toi connaitre et reconnaître malgré notre aveuglement.

Fais-nous entendre et écouter ta voix malgré notre surdité.

Et par la vie que tu donnes pour nous, donne-nous de nous donner entièrement par toi, avec toi et en toi.

Amen

Michaël

….

brebis-jesusJésus est le bon berger, le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Il connait ses brebis et ses brebis Le connaissent comme lui connait le Père et le Père le connait. Ses brebis savent qu’Il est dans le Père et le Père est en Lui et qu’Il est Amour et miséricordieux. Elles reconnaissent sa voix et Le suivent par amour. Les brebis font confiance au bon berger parce qu’elles savent qu’Il part à leur recherche et sera toujours là pour les accueillir après avoir fait fausse route dans les vallées de la mort. De plus, Jésus donne sa vie pour les autres brebis qui sont en dehors de son enclos parce qu’Il veut aussi les sauver de la mort. Il veut les sauver de tout ce qui enferme l’homme et la femme dans un carcan, dans une spirale de mort qui empêche l’être humain de resplendir dans sa dignité de fils et fille de Dieu. Jésus a la certitude que les brebis qui sont en recherche de leur route et qui ont soif d’amour, de justice et de paix écouteront sa voix qui ne rejoint que le cœur. Ce passage de Jean remet l’être humain au centre de la mission de Jésus. Il est envoyé par son Père pour nous faire goûter l’amour incommensurable de Dieu et sa miséricorde. Jésus est inclusif parce qu’Il veut que tous aient la vie en abondance comme l’a voulu son Père, notre Père. Il va jusqu’au bout de l’Amour pour nous rassembler en un seul corps et un seul esprit. Jésus entre dans la logique du Père qui ne veut perdre aucun de ses enfants parce qu’il y a un seul troupeau et un seul pasteur. Tous ceux et celles qui reconnaissent en Jésus le Fils de Dieu et qui écoutent sa voix entrent en communion avec le Père, le Fils et l’Esprit. Ceux et celles qui ont fait une expérience avec le Christ ressuscité connaissent le Père pour sa bonté divine et Le remercient d’avoir envoyé son Fils pour nous délivrer de la mort spirituelle qui n’est autre qu’une rupture du lien d’amour qui nous unit au Père et à  l’Univers visible et invisible.

Jésus, Toi le bon berger,
Tu as donné ta vie pour nous ramener au bercail de l’Amour.
Merci Jésus pour la gratuité de ton amour.
Ne permets pas que les mercenaires de notre monde viennent
Nous détourner de ton regard d’amour et miséricordieux.

Jésus, Toi le bon pasteur,
Ouvre grandes nos oreilles
Pour que nous puissions être à l’écoute de Ta Parole et
Reconnaître ta voix qui nous appelle à te suivre
Dans l’amour, la paix et la joie.

Karine

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On sait que tout être humain porte en soi la crainte d’être abandonné. Heureusement, l’enfant qui reçoit les soins et l’affection dont il a besoin dès sa naissance peut bâtir assez de confiance en soi et en l’autre et s’affranchir du sentiment d’abandon.

brebis-1Pour nous dire à quel point il nous porte dans son cœur, Jésus se présente comme le bon pasteur qui n’abandonne jamais son troupeau.  À l’encontre du mercenaire prêt à s’enfuir devant le danger, le vrai berger reste au poste de garde, prêt à payer de sa propre vie pour sauver ses bêtes. Nous ne sommes jamais abandonnés. Quelle chance que les premiers disciples nous aient transmis ce visage de Jésus!

Il y a plus dans ce récit de Jean : Jésus « connaît » ses disciples comme le vrai berger connaît chacune de ses brebis. Qui n’aspire à être connu-e, compris-e de celui ou celle qu’on aime? C’est l’une des expériences humaines les plus comblantes d’être ainsi connu-e et reconnu-e pour qui je suis vraiment. Or les premières communautés qui se réunissaient au nom de Jésus attestent de cette parole fondatrice : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ».

J’entends aussi cette autre parole de Jésus : « Comme le Père me connaît et que je connais le Père… » Est-ce à dire que cette forme divine d’intimité, liée à la connaissance réciproque, serait aussi accessible entre Jésus et nous? Et accessible même à tous ceux et celles qui ne le connaissent pas encore, dont Jésus dit : « Il faut que les conduise… et elles écouteront ma voix »? Quelle perspective sans limite pour nourrir nos aspirations à l’amour et au don de soi dans la réciprocité!

Au-delà de toutes les voix qui sollicitent notre attention, arrêtons-nous en communauté pour mieux entendre et accueillir la voix du vrai Pasteur afin de mieux nous imprégner de sa connaissance et de son amour. Une écoute qui change la vie, sans doute, et nous rendra plus attentifs à celles et ceux qui, dans la vie ordinaire ou dans la détresse, espèrent être connus et reconnus à la manière du bon Pasteur.

Gisèle

….

Je sais que tu m’aimes. Moi qui était perdue, moi qui m’était complètement égarée sur des sentiers escarpés loin de tes chemins de berger, moi qui avait quitté depuis longtemps le troupeau, moi qui tremblante de peur me cachait dans les anfractuosités rocheuses, moi qui avait oublié jusqu’à ton existence.

Toi, tu t’es souvenu de moi, ou plutôt tu ne m’as jamais oubliée, me gardant sans cesse dans ton cœur. Tu n’as jamais cessé de me nourrir de ton amour, même si je me suis révoltée contre toi et tout le troupeau, voulant agir à ma guise et selon ma propre  boussole. Tu m’as tendrement laissé m’éloigner, respectueux de ma volonté, m’accordant toute la liberté que je réclamais. Plus encore, tu m’as accompagnée fidèlement sur les routes, veillant sur moi, prenant diverses formes pour me prévenir du danger, offrant la source à mon gosier desséché, la touffe d’herbe à mes entrailles affamées, et le répit lorsqu’à bout de force je m’écroulais sur le sol.

Mieux que quiconque, je sais la grandeur de ton amour. Dès le premier bêlement de détresse tu m’as entendue, tu as arrêté ton pas, tu as levé ton regard et tu as tendu l’oreille. Au second appel, tu t’es mis en marche. Et depuis tu n’as cessé de veiller, épiant le moindre signe de ma part, jusqu’à ce que tu me retrouves.

brebis-3Comment te dire l’immensité de ma reconnaissance ? En mon cœur je n’ai jamais cessé d’être la brebis qui tend de tout son être vers tes lèvres, vers le miel de ta parole, la frêle brebis qui repose sur ton propre cœur, à l’écoute de son battement réconfortant, ainsi que celle qui se repose sur ton épaule entre chaque gambade dans tes prés et pâturages.

Et pourtant je t’ai tenu tête comme un vieux bouc endurci, je t’ai délibérément tourné le dos, je t’ai trahi dans mes pensées et paroles, je me suis éloignée de toi et emprunté les sentiers de mort.

Dans ton océan d’amour, tu m’as déjà pardonné avant que je te le demande. Depuis je n’ose bouger, je garde ma tête dans la poussière à tes pieds, sachant que le loup n’est jamais loin, sachant que le mouton noir en moi n’attend qu’une seule pensée de ma part pour reprendre son bras de fer.

Quoi dire d’autre que je t’aime, …mais cela, c’est encore toi qui me l’as dit le premier!

Signé : ta brebis égarée

tel que rapporté par Nénuphar