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« Silence, tais-toi ! » (Mc 4, 35-41)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre  4, 35-41

Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule.
Le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

______

COMMENTAIRES

Pourquoi êtes- vous si craintifs, n’avez-vous pas la foi?  Seigneur, nous manquons vraiment de foi, nous sommes si pleins de crainte, aide-nous.

Sylvie

Passons sur l’autre rive, sans crainte.
Telles sont nos vies.  Des passages.
De nos façons de penser, de voir, de faire.

De nos certitudes, de nos acquisitions.
Du dehors au dedans.

Passons sur l’autre rive ne sachant pas ce qui nous attend
sauf la certitude qu’il faut passer.
Et un jour, sur l’autre rive,
mes yeux verront le Christ,
Celui que j’ai cherché dans le soir et sur les vagues du temps.

Fernande

Jésus encore nous invite :
« Passons sur l’autre rive. »

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Pour cela, quitter la cohue, se retrouver avec Jésus dans la nuit alors que « survient une violente tempête » et nous, bousculés de toutes parts… Lui « dort sur le coussin à l’arrière »…

Ça brasse vraiment dans le bateau/monde. Et puis? Lui parler, garder le contact: « nous sommes perdus; cela ne te fait rien ? »

Lui, réveillé, menaçant le vent, dira à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tombe, voilà un grand calme. Puis Jésus de me/nous dire :

« Pourquoi être si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Jésus dans la foi, Présence Absolue, immédiate: « même le vent et la mer lui obéissent  »

Jésus, Présence Réelle dans la foi, donne-nous de nous recentrer sans cesse en Toi, de quitter la cohue des inquiétudes pour trouver en Toi ce « grand calme » créateur, source de notre juste place parmi les tiens!

Marie-Hélène

Je suis le vent qui rugit.
Je suis la mer qui se déchaîne.

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Nous sommes les éléments de la nature indomptables, incontrôlables pour l’homme.
Mais quand le Fils de l’homme se dresse entre ciel et terre sur la barque, il nous rend dociles au moyen d’une seule parole.

Par quel miracle ce Jésus parvient-il à nous soumettre, nous les indociles?

Parce qu’il est lui-même soumis à son Père, le Créateur de toute vie.

Nénuphar

… 

jesus« Silence, tais-toi. »   C’est ce que je voudrais entendre dire de Toi, Seigneur. Viens calmer toutes les peurs qui me jettent hors du navire par des vagues énormes. Je me sens secouée en tous sens, je perds ma direction, ordonne-leur le silence, ça fait mal dans tout mon être.

Oui, je me reconnais dans ces quelques mots « femme de peu de foi ». C’est Toi qui peux tout, pas moi. Ce n’est sûrement pas ce que tu attends de moi, vivre dans un tourbillon d’illusions, mais accorde-moi la grâce de Te reconnaitre dans cette barque où Tu dors en attendant que je te réveille. « Il se fit un grand calme.» La moitié de l’année est derrière moi, plusieurs vagues m’ont poussée à me dépasser, à risquer.

Seigneur je te rends grâce de surveiller ma barque à présent que je t’ai réveillé.

Mariette

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »

Question cruciale pour mesurer ma foi véritable. Ma confiance en Dieu est inconditionnelle et entière ou elle n’est pas. Je ne peux pas avoir confiance à moitié, ni même à 99%, car s’il y a une petite faille dans la confiance que je Lui donne, la foi ne peut être agissante. S’il y a un tout petit manque d’adhésion, un petit doute ou une petite résistance, c’est comme vouloir de tout mon cœur donner la main… mais ne pas le faire à cause d’un petit 1% d’hésitation. Le 1% est alors plus fort que le 99% parce que le résultat est que je ne donne pas la main. Que ce soit une grosse chaine ou un fil de soie qui me retient, le résultat est le même.

Seigneur, je crois… mais viens au secours de mon manque de foi, je t’en prie! Je ne peux rien sans toi.

Michaël

C’est dans la joie et la confiance que nous nous embarquons « avec Jésus » pour atteindre l’autre rive. Nous ne voulons plus quitter cet homme qui nous parle de son Père, qui nous décrit son royaume, qui nous prie de faire nôtre ce royaume, avec lui, en lui. Nourris par sa Parole, toute autre nourriture nous laisse affamés.

barqueToutefois, tant qu’Il est parmi nous, qu’il mange avec nous, qu’il dort à nos côtés, nous demeurons enfantins. Que survienne, tandis que Jésus dort à l’arrière, le déchainement des éléments, le cri et la plainte du vent, le soulèvement agressif des vagues de la mer, aussitôt l’effroi nous brise, nos corps tremblent, nous sommes perdus dans un océan de ténébreuses images d’à venir qui oblitèrent notre foi naissante tant que, sous le bruit de notre imploration, le Fils ne sort pas de son paisible sommeil et ne prononce pas, devant la mer et pour toute agitation, sa parole pacifiante : « Silence, tais-toi ! » et son interrogation étonnée : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Il faudra la Crucifixion, la Résurrection et la Pentecôte avant que la foi et l’amour du Fils nous soient intimement offerts et que nous puissions témoigner, de génération en génération, de la Vérité qui ne tombe pas sous le sens commun.

« Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Pierrette


vagues-5Flots agités, reflets des préoccupations qui me prennent d’assaut lorsque je veux me mettre en prière, vous êtes si révélateurs de la place que je prends, au lieu de me centrer sur Celui qui est le maître à bord.

Ce même jour où nous lisons ce récit de Marc, saint Paul dit que le « Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour tous ».

Comme les disciples qui n’avaient pas encore compris quel maître les avait appelés, je suis retenue captive de mon enclos intérieur. Je tremble en pensant à ce que je pourrais perdre alors que je suis aux côtés de Celui à qui le Père a tout confié. Je ne le vois pas parce que je suis prise dans mon petit monde qui manque d’ouverture, en proie aux ombres menaçantes de la mort. Comme les disciples, je crie : aie pitié de moi qui suis en danger de périr!

Collectivement, nous sommes captifs des craintes qui naissent de nos appétits indomptés, qui créent tant d’inégalités et de remous sur la surface de la terre et tant d’agitation sur les mers. Si nous voulons que personne ne soit rejeté à la mer par manque de compassion – comme cela arrive à tant de migrants –  il nous faut ensemble tourner nos regards vers le Christ ami des humains, qui nous a laissé son Esprit et révélé à quel point le Père veut le salut de toutes et tous.

Christ, apprends-nous en te regardant comment apaiser les flots agités de nos passions, pour que la traversée d’une rive à l’autre soit un chemin de vie et non de mort.

Gisèle

….

vagues-1Fatigué après avoir parlé à la foule toute la journée, Jésus dit à ses disciples le soir venu : « Passons sur l’autre rive. »  Au lieu de trouver repos dans leur barque, voilà qu’une nouvelle réalité leur fait face. La mer commence à s’agiter, la barque se remplit d’eau, une tempête violente vient ébranler la foi des disciples pendant que Jésus était assoupi. Ayant pris peur, les disciples réveillent Jésus en lui disant : « Maître, nous sommes perdus; cela ne te fait rien? » Dans leur désarroi, Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs? N’avez-vous pas encore la foi? » Avec son calme habituel, Jésus parla au vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi! » Jésus parle avec autorité. Une autorité qui apaise, qui libère de la peur et de la crainte. Surpris de voir que même le vent et  la mer lui obéissent, les disciples se demandaient entre eux mais « qui est-il donc celui-ci? »

En faisant la relecture de notre histoire de vie, nous pouvons marquer le temps où Jésus nous a demandé de passer sur l’autre rive. En faisant le grand saut dans le vide, la tempête nous fait peur et ébranle notre foi. Comme Jésus est bien présent dans nos vies, nous allons à Lui en disant comme les premiers disciples : « Seigneur, nous sommes perdus; cela ne te fait rien? » C’est dans ce cœur à cœur avec Jésus où nous lui avouons notre peur, nos incertitudes, nos doutes et notre découragement que Jésus se fait le plus proche de nous pour nous rassurer en nous disant : « Pourquoi êtes-vous si craintifs? N’avez-vous pas encore la foi? »

La Foi, oui, la foi, comme cette petite graine de moutarde qui nous fait soulever les montagnes de nos vies. Quand nous laissons Jésus prendre toute la place dans notre vie et nous lui faisons confiance, son Esprit vient toujours paver le chemin.  Dans un moment de grâce, Il vient nous apaiser même au milieu de la tempête. Il nous donne sa Parole qui nous libère de la peur et de la crainte. Si nous demeurons dans son amour et sa paix, nous voyons comme par enchantement qu’Il nous donne une force spirituelle, une grâce spéciale, pour lâcher prise sur nos situations chaotiques.

Sa Parole vient nous transformer de l’intérieur et changer notre perception de la réalité. D’un regard tout neuf, nous voyons que la tempête nous a apporté son lot de malheur et de bénédictions que nous embrassons à cœur joie. Surpris par notre attitude de paix intérieure, nous avons comme une certitude que Jésus était bien présent au milieu de nous. Il nous donne une assurance qu’Il sera toujours là dans les bons et les mauvais moments de notre vie. Il renouvelle notre foi en nous donnant une nouvelle espérance, une confiance dans l’avenir. Dans un éclat de joie et dans un élan d’amour nous nous demandons : « qui est-il donc ce Jésus qui a le pouvoir de transformer notre vie en une danse agréable à ses yeux? Oh, qu’il est bon notre Seigneur Jésus-Christ! En goûtant sa bonté dans nos vies  nous dansons de joie  en témoignant de ses merveilles.

Quand le vent souffle fort dans nos vies, Seigneur,
Nous crions vers Toi en toute humilité et tu viens à notre secours.
Merci, Seigneur, pour ta présence rassurante.

Quand nous faisons face au raz-de-marée, Seigneur,
Tu nous dis : « Soyez sans crainte. »
Merci, Seigneur, de nous porter dans tes bras avec amour.

Quand nous sommes ébranlés par la peur, Seigneur,
Tu nous ramènes à notre être intérieur où tu fais ta demeure.
Merci, Seigneur, de rallumer en nous la flamme de la foi.

Karine

Commentaire des illustrateurs

vagues-7Dans ce dessin, nous avons voulu illustrer la mer en furie soulevée par des vagues révoltées, enroulées et repliées sur elles-mêmes, à l’image de notre agitation mentale lorsque les pensées tourbillonnent dans leur propres obsessions. Sous l’ordre impératif de Jésus, les vagues se calment et accueillent la lumière pacifiante venant du ciel.

 

« Elle est la plus petite de toutes les semences » (Mc 4, 26-34)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre  4, 26-34

En ce temps-là,
parlant à la foule, Jésus disait :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme qui jette en terre la semence :
nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRESmain-oiseau-arbre

La plus petite de toute les semences quand elle est semée, la plus petite de nos préoccupations au début, mais quand on l’a semée, et qu’elle grandit, elle dépasse même nos soucis légitimes, jusqu’à nous apporter abris et secours pour nos âmes.

Sylvie

oiseau-arbre-5 « Le règne de Dieu ? la plus petite de toutes les semences…. Qui grandit, qui étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

Jusqu’où suis-je éveillée au « règne de Dieu », nichée à son ombre?

Marie-Hélène

oiseau-arbre-2Le règne de Dieu: une semence qui germe et grandit.  On ne sait comment. Une mystérieuse réalité, discrète, silencieuse, enfouie au plus intime de chaque cœur humain, et dont le fruit est l’amour.  Amour  avec Dieu et avec l’humanité.  Et le projet de Dieu s’accomplit: la communion.
Je suis venu pour rassembler dans l’unité une communion de vie.

Fernande

….

« LE RÈGNE DE DIEU EST COMME UNE GRAINE DE MOUTARDE »  à qui veut bien tracer le sillon pour la recueillir.

oiseau-arbre-1Seigneur, j’ai le pressentiment que je suis  la terre que Tu recherches pour semer l’amour, la paix, la réconciliation, la compréhension, le pardon, le souci de l’autre, pour grandir de la même dimension que l’aurait fait la moutarde.

Tu sais, ça fait plus d’une fois qu’on me bouleverse avec la charrue des épreuves autant physiques qu’émotionnelles.

Peu importe le grain semé et son allure; quand il grandit, il est celui qui a été choisi pour faire partie de la récolte de Dieu dès aujourd’hui et je sais que j’ai besoin de ce grain  pour évoluer dans ce que je suis et ça, sans comparaison. J’ai à l’occasion été chercher dans ma communauté les fertilisants propices pour le rendre à son maximum et recueillir enfin la récolte tant attendue et pouvoir dire « le vieux pressoir est presque plein », Seigneur.

Mariette 

…..

Je suis minuscule, la plus petite des semences.

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Si personne ne m’accueille, si personne ne me met en terre, je reste toute petite, n’ayant rien d’autre à offrir que ma petitesse.

Mais si quelqu’un me plante avec amour dans son propre jardin, alors je donne ce que jamais mes apparences d’insignifiante petitesse ne pouvaient laisser deviner. De ma minuscule semence s’élancent de longues branches qui vont jusque dans le ciel et les oiseaux y font leur nid!

Nénuphar

……

oiseau-arbre-6Comment ne pas endosser l’habit du rêveur ébloui lorsque Jésus nous parle de l’aventure de ces graines minuscules. Élargissant le récit, nous les voyons, offertes par le Ciel à la Terre, par brassées de tous les genres, descendre en riant vers les bras maternels. Douées de la confiance enfantine, elles se nichent, s’enracinent et se mettent à l’écoute : Quel est ce duo de la joie chanté : « Les enfants, dressez-vous maintenant, déployez, tissez entre Ciel et Terre les splendeurs attendues, laissez le vent jouer dans vos feuillages, entendez ce que vous n’avez pas encore entendu. »

Sorti de sa rêverie, le rêveur ébloui demande : « Y a-t-il là comme un écho du règne de Dieu ? » Il répond : oui tranquillement car ce qui est à corriger, sa Mère le lui dira, avec sa paisible rigueur.

Pierrette

….

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Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,

J’ai l’impression que les paraboles nous forcent à comprendre la Parole avec la vraie intelligence, celle du cœur, celle qui est ouverte à tous et n’a donc rien à voir avec l’âge ou un quotient intellectuel donné…

dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.

…dans la mesure, donc, de l’ouverture de notre cœur, seul capable d’entendre véritablement la Parole… et de la mettre en pratique en se retournant dans le Seigneur.

Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Lorsque détournés de nous-mêmes, donnés corps et âme au Seigneur, je crois bien que maintenant encore, Jésus nous explique tout en particulier, intimement en cœur à cœur… comme à ses disciples.

Michaël  

Comme une graine de moutarde

oiseau-arbre-4Infime semence jetée en terre par une main généreuse, tu sommeilles et te laisses transformer, absorbant rayons de lumière, eaux de pluie, vents et tempêtes. Tu grandis doucement, imperceptiblement sous l’œil attentif du jardinier qui attend, espère, croit. Tu te nourris des sucs de la terre où on t’a jetée : à flanc de montagne, au bord d’un puits, exposée aux bruits des autoroutes ou des canons, ou dans une bonne terre bien irriguée.

À peine semée tu te mets à grandir! Jusqu’à ce que le soleil ait fini de mûrir les épis que tu portes ou les branches solides qui s’allongent et verdissent à l’infini. Mystérieux enchantement de la vie, dans le silence d’une promesse.

À la surface du monde, j’ai peine à voir ce lent travail du règne de Dieu. Par une force d’attraction que j’appelle lucidité, j’ai tendance à voir d’abord et en plus gros le mal qui domine selon toute apparence : mesquineries, rivalités, duretés, corruption, recherche de son intérêt propre qui aboutit à des conflits à petite et grande échelle, jusqu’à des combats fratricides. Le visage de l’ennemi est légion, Jésus nous en a avertis.

Le visage de l’ennemi est multiple et si discret le chant de l’amour.

Pourtant le maître de la vie est à l’œuvre, ne le vois-tu pas qui fait des choses nouvelles?

Me laisser évangéliser par la Parole c’est changer mon regard pour apercevoir les pousse vertes  du règne…. à l’intérieur, au-dedans… en train de faire émerger un monde animé du Souffle du Dieu vivant.

Marie, modèle de vie intérieure, disciple à l’écoute, apprends-moi à regarder ma vie, et le monde, comme une terre où la Parole de ton Fils sème à profusion, éveille les cœurs et engendre sans cesse un vrai désir de croissance et de communion. Façonne mon regard pour que je puisse témoigner de la vivifiante force de la graine qui tombe en terre et qui fait croître lentement le règne de Dieu.

Gisèle

….

jesus-semence-moutardeJésus compare le règne de Dieu à une graine de moutarde semée en terre. Elle est la plus petite de toutes les semences qui étonne le monde par son arbre gigantesque. L’enseignement de Jésus est fascinant parce qu’Il se réfère toujours au plus petit, au plus humble au plus pauvre pour nous faire comprendre son message. Dans ce passage d’évangile, Marc nous dit encore que Jésus compare le règne de Dieu à un homme qui jette la petite semence en terre sans trop se soucier du lendemain parce qu’il n’a aucun contrôle sur le développement de la graine enfouie dans la terre. Nuit et jour, qu’il dorme  ou qu’il se lève, la semence germe et grandit sans trop savoir comment. Et c’est de là que vient l’étonnement, l’émerveillement. Cet homme, dans sa simplicité, doit avoir un esprit d’humilité, d’abandon, de confiance, de foi en le Dieu de la Providence pour laisser germer et grandir cette petite graine tout naturellement. Il n’a aucun pouvoir sur elle pour la faire grandir. C’est la terre et son Créateur qui font tout le travail pour qu’elle devienne un arbre. Cet homme fait confiance en la divine providence et s’émerveille de jour en jour de voir cette petite graine grandir pour dépasser toutes les plantes potagères.

Il en est de même pour nous chrétiens avec Dieu, notre Père. Un Père miséricordieux et plein d’amour pour tous ses enfants.  Il a envoyé son fils Jésus dans le monde pour nous faire comprendre que nous sommes les héritiers du royaume.  Jésus, Lui, le Verbe incarné, l’Amour qui prend chair se fait tout proche, tout petit au milieu de nous. Il vient tout en douceur déposer en nos cœurs sa semence d’amour. Il enfouit dans nos cœurs une petite graine d’amour qui vient embraser tous ceux et celles qui se font proches de son cœur.

Pour les disciples du Christ, la graine de moutarde est comme la Parole de Dieu enfouie dans nos cœurs. Si nous gardons cette Parole en nos cœurs, nous la mettons en pratique et nous demeurons dans l’Amour de Dieu nous donnerons du fruit en abondance. Laissons Dieu être Dieu dans nos vies pour que son royaume d’amour prend racine au-dedans de nous et nous fasse grandir dans l’amour. Laissons-nous guider par la grâce de Dieu et par son Esprit de vie. Ayons foi en la divine Providence et sans trop savoir comment, nous serons en mesure de donner du fruit en abondance. Elle est vivante la Parole de Dieu en nos cœurs, c’est pourquoi elle nous pousse à étendre nos branches à toutes les nations afin de rassembler dans un même Esprit d’amour et de paix les enfants de Dieu dispersés dans le monde entier. Frères et sœurs dans le Christ prions les uns pour les autres pour que le règne de Dieu  grandisse en nos cœurs  et  dans notre monde.

Ô Jésus, Fils du Dieu vivant,
Ouvre nos oreilles et notre cœur à ta Parole de Vie et
Fais-nous demeurer dans ton amour et dans ta paix.

Ô Jésus, Fils du Dieu vivant,
Réveille la conscience de tous ceux et celles
Qui doivent faire fructifier les produits de la terre.
Ne permets pas que leur désir du profit
Continue de dénaturer les produits de ta création.
Donne-leur un esprit de révérence envers notre Terre et
Aide-les à respecter la nature et l’harmonie de ta création.

Ô Jésus, Fils du Dieu vivant,
Tu es venu nous révéler le royaume de Dieu qui est Amour.
Un royaume qui se fait proche de nous en Ta personne et
Qui est au-dedans de nous.
Donne-nous la force d’aimer Dieu, notre Père, de tout notre cœur et
De t’aimer plus que tout afin que nous puissions
Aimer nos frères et sœurs comme Toi tu nous as aimés.
Renouvelle en nous ton esprit d’abandon et d’humilité
Pour que tu puisses illuminer nos chemins ténébreux.
Revêts-nous de ton humanité et de ta divinité
Afin que ton Amour miséricordieux puisse germer et grandir
En nos cœurs et dans le monde entier.

Karine

Commentaires des illustrateurs

Pour cette parabole, nous avons voulu illustrer que c’est par Jésus, entre ses mains, que la petite semence qui a été déposée en chacun de nous, germe, grandit, fleurit, et étend ses longues branches, si bien que les grâces du ciel y font leur nid.

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Va, ton enfant est plein de vie

Ci-dessous un nouvel extrait d’Évangile à écouter et commenter…

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 4, de 43 à 54

Après ces deux jours, Jésus partit de là pour se rendre en Galilée.

Car Jésus avait déclaré lui-même qu’un prophète n’est point honoré dans sa patrie.

Lorsqu’il fut arrivé en Galilée, les Galiléens l’accueillirent, ayant vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête;

Car eux aussi étaient allés à la fête. Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Or, il y avait un officier du roi dont le fils était malade à Capharnaüm.

Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre, pour guérir son fils qui était à la mort.

Jésus lui dit; « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point. »

L’officier du roi lui dit: « Seigneur, venez avant que mon enfant ne meure »

Va, lui répondit Jésus, ton enfant est plein de vie. » Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et partit.

Comme il s’en retournait, ses serviteurs vinrent à sa rencontre, et lui apprirent que son enfant vivait.

Il leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux, et ils lui dirent: « Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. »

Le père reconnut que c’était l’heure à laquelle Jésus lui avait dit: « Ton fils est plein de vie », et il crut, lui et toute sa maison.

Ce fut le second miracle que fit Jésus en revenant de Judée en Galilée.

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Nous avons reçu des réponses de Pierrette, Rosa, Michaël et Nénuphar à propos de ce dernier passage de l’Évangile selon St-Jean :

La foi qui sauve

Il nous est rapporté que les Galiléens, qui avaient vu Jésus grandir parmi eux, avaient de la peine à croire qu’il put être le Messie. Jésus revient cependant parmi eux, à Cana .

C’est là qu’en une prière et une réponse, toute l’autorité de la Parole émise par Jésus est de nouveau mise en lumière :

— « Seigneur, venez avant que mon enfant ne meure ».

— « Ton enfant est plein de vie ».

Aussitôt, pas le moindre doute ne peut entrer dans l’esprit de celui qui a prié, la réponse est vérité avant toute possibilité de la vérifier. Le prieur « sait » que ce qui est prononcé  par Jésus  « est » vérité . Une journée de marche le sépare cependant de sa demeure où l’enfant était mourant.

La foi ainsi semée va se répandre au loin. La foi qui sauve.

Pierrette

La force de la foi

Comment c’est merveilleux la force de la foi. C’est si dommage que nous en manquions. Nous disons: « j’ai la foi » mais dès que quelque chose que nous croyons « mauvais » arrive nous perdons la foi car nous tombons dans nos blessures et nous oublions que Dieu est parfait et que tout ce qui arrive est parfait.

Rosa

Va, répond Jésus, ton enfant est plein de vie

…Jésus avait déclaré lui-même qu’un prophète n’est point honoré dans sa patrie.

Sauf que nous sommes tous la patrie de Jésus… ce qui veut dire que souvent… trop souvent… Jésus n’est pas honoré en nous…

Et lorsque nous l’accueillons tout de même, ce n’est pas tant pour Lui-même que pour ce qu’il fait…

Lorsqu’il fut arrivé en Galilée, les Galiléens l’accueillirent, ayant vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête;

« Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point. »

Mais l’enfant se meurt… partout… si nous n’en appelons au Vivant qui seul donne et redonne vie véritable.

« Seigneur, viens avant que mon enfant ne meure »

Alors Jésus répond à cet appel… car il est venu pour donner Vie à ce qui se meurt.

« Va, répond Jésus, ton enfant est plein de vie. »

Michaël

Seigneur, viens avant que mon enfant ne meure!

En lisant ce nouveau passage de l’Évangile, c’est la parole qui m’interpelle le plus directement.

L’enfant sur terre, c’est la promesse, c’est le surgeon par lequel la vie se perpétue.

Aucune vie en ce monde sans l’enfant. Notre propre vie et force d’adulte ont fleuri aux racines de notre enfance. Or l’enfant est en danger :

Seigneur, viens avant que l’Enfant ne meure!

L’agneau de Dieu, l’Enfant de Vie né du Père en la Vierge, cet enfant est à chaque minute en danger d’être à nouveau nié, méprisé, persécuté et crucifié, à la fois à l’intérieur de nous et autour de nous.

Seigneur Dieu, viens avant que ton Enfant ne meure en moi!

Seigneur Dieu, viens avant que ton Enfant ne meure en moi, parce que je l’ai mis à l’écart, parce que je ne l’ai pas nourri, ni protégé, et encore moins aimé, parce que je l’ai tout simplement oublié, soumis aux bêtes féroces ou enterré vivant. Celui que tu m’as offert, cet Enfant en qui tu t’es toi-même entièrement donné dans la vulnérabilité, je ne l’ai pas reconnu, je ne l’ai pas accueilli.

En niant le droit à la vie à l’Enfant en moi, je le nie aussi à tous les enfants, car ceux-ci me dérangent dans mes propres aspirations, projets et plans.

L’officier du Roi qui vient requérir l’aide de Jésus est au service du puissant sur terre, et jouit tout probablement d’une certaine abondance et protection. L’enfant de l’officier n’est pas orphelin, il ne fait pas partie des plus démunis, il a à manger, à boire, et dort sous un toit.

Et pourtant le fils du fort est à la mort.

« Seigneur, viens avant que mon enfant ne meure! »

Ce à quoi Jésus nous répond :

« Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point. »

C’est comme si le Christ nous donnait la clé en en signifiant : si vous ne voyez des preuves extérieures, preuves visibles même en ce monde soumis à la mort, vous ne croyez pas à la vie sans limites, à la vie éternelle, parce que votre esprit lui-même est enchainé à ce monde dominé par le désir, la peur et la mort. Étant dominés par l’esprit du monde mortel, vous assistez impuissant à la fatalité de la mort.

Cela, il l’a dit pour nous tous, afin que nous l’entendions. L’officier du Roi était déjà dans l’espérance de vie, il avait déjà placé sa foi en Jésus, comme en témoigne la parole : « il alla vers lui, et le pria de descendre, pour guérir son fils qui était à la mort. »

Ce que l’on pourrait traduire par Il se tourna et s’éleva vers le fils bien aimé de Dieu, et le pria de « descendre » dans l’enfer du monde dominé par la mort, afin de le guérir, de libérer son fils, lui-même et toute sa famille du péché et de la non-communion avec Dieu.

Cette guérison se signe à l’instant même par la parole : « Va, ton enfant est plein de vie », parole qui, comme toutes les autres paroles de notre Sauveur, s’adressent à nous tous, et plus personnellement à chacun d’entre-nous!

Nénuphar

 

Je le suis, moi qui vous parle

Ci-dessous le troisième épisode le la Samaritaine, un autre extrait d’Évangile à écouter et commenter…

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 4, de 25 à 42

La femme lui répondit: « Je sais que le Messie (celui qu’on appelle Christ) va venir; lorsqu’il sera venu, il nous instruira de toutes choses. »

Jésus lui dit:  » Je le suis, moi qui vous parle. »

Et à ce moment arrivèrent ses disciples, et ils s’étonnèrent de ce qu’il parlait avec une femme;
néanmoins, aucun ne dit: « Que demandez-vous? » ou: « Pourquoi parlez-vous avec elle? »

La femme, alors, laissant là sa cruche, s’en alla dans la ville, et dit aux habitants:

« Venez voir un homme qui m’a dit ce que j’ai fait; ne serait-ce point le Christ? »

Ils sortirent de la ville, et vinrent à lui.

Pendant l’intervalle, ses disciples le pressaient, en disant: « Maître, mangez. »

Mais il leur dit: « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. »

Et les disciples se disaient les uns aux autres: « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger? »

Jésus leur dit: « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.

Ne dites-vous pas vous-mêmes: Encore quatre mois, et ce sera la moisson? Moi, je vous dis: Levez les yeux, et voyez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson.

Le moissonneur reçoit son salaire et recueille du fruit pour la vie éternelle, afin que le semeur et le moissonneur se réjouissent ensemble.

Car ici s’applique l’adage: Autre est le semeur et autre le moissonneur.

Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n’avez pas travaillé; d’autres ont travaillé et vous, vous êtes entrés dans leur travail. »

Or, beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus sur la parole de la femme qui avait rendu ce témoignage: « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »

Les Samaritains étant donc venus vers lui, le prièrent de rester chez eux, et il y demeura deux jours.

Et un plus grand nombre crurent en lui pour l’avoir entendu lui-même.

Et ils disaient à la femme: « Maintenant ce n’est plus à cause de ce que vous avez dit que nous croyons; car nous l’avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde. »

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Nous avons reçu trois réponses à propos de ce troisième passage de l’Évangile selon St-Jean :

Grâce à la foi de la Samaritaine…

…beaucoup de personnes à travers les siècles ont ouvert cœur à cette foi qui déplace les montagnes.

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En entendant cette incroyable parole : « Je le suis (le Messie), moi qui vous parle », la Samaritaine « laisse là sa cruche » et se précipite en ville pour que les habitants viennent voir Jésus :  Partageront-ils avec elle son émoi, la joyeuse espérance qui l’anime subitement ?

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Dans le prolongement de la réflexion amorcée la semaine dernière, je continue à m’émerveiller de la façon dont Jésus parle aux personnes qui l’accompagnent et l’entourent. Ce n’est pas un langage savant, un langage de spécialiste ou d’érudit, ni même d’enseignant. Aucun terme sophistiqué, aucun mot hermétique, aucune phrase complexe. Toute son expression est ramenée à l’essentiel et s’ancre dans les images les plus simples de la vie quotidienne.

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L’adorer en esprit et en vérité

Ci-dessous le deuxième épisode le la Samaritaine, un autre extrait d’Évangile à écouter et commenter…

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 4, de 15 à 24

La femme lui dit: « Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici. »

« Allez, lui dit Jésus, appelez votre mari, et venez ici. »

La femme répondit: « Je n’ai point de mari. » Jésus lui dit: « Vous avez raison de dire: Je n’ai point de mari;

Car vous avez eu cinq maris, et celui que vous avez maintenant n’est pas à vous; en cela, vous avez dit vrai. »

La femme dit: « Seigneur, je vois que vous êtes un prophète.

Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous dites que c’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut adorer. »

Jésus dit: « Femme, croyez-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni dans Jérusalem, que vous adorerez le Père.

Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

Mais l’heure approche, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; ce sont de tels adorateurs que le Père demande.

Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité. »

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Nous avons reçu trois réponses à propos de ce deuxième passage de l’Évangile selon St-Jean :

Ce qui me réjouit avec la Samaritaine (comme d’ailleurs avec Nicodème), c’est ce lien intime de personne à personne que Jésus établit avec elle…  (bien qu’elle ne fasse même pas partie – à priori – de « son monde »)

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Si le Père peut être adoré en d’autres lieux que sur la montagne ou dans Jérusalem, prenons garde de ne pas adorer une idole, un père qui ressemble au Père et n’est pas le Père.

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Ce qui continue à me frapper dans ce nouvel extrait de la Samaritaine, c’est la manière dont la parole de Dieu s’ancre dans la réalité de ce monde tout en présentant une nouvelle dimension, dimension qui reste invisible et difficile à saisir pour les yeux du monde.

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samaritaine-esquisseEsquisse de Jésus-Christ et de la Samaritaine
devant le puits, d’après une icône