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« Talitha koum » (Mc 5, 21-43)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 5, 21-43

En ce temps-là,
Jésus regagna en barque l’autre rive,
et une grande foule s’assembla autour de lui.
Il était au bord de la mer.
Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre.
Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment :
« Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité.
Viens lui imposer les mains
pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
Jésus partit avec lui,
et la foule qui le suivait
était si nombreuse qu’elle l’écrasait.

Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans…
– elle avait beaucoup souffert
du traitement de nombreux médecins,
et elle avait dépensé tous ses biens
sans avoir la moindre amélioration ;
au contraire, son état avait plutôt empiré –
… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus,
vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.
Elle se disait en effet :
« Si je parviens à toucher seulement son vêtement,
je serai sauvée. »
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta,
et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui.
Il se retourna dans la foule, et il demandait :
« Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondirent :
« Tu vois bien la foule qui t’écrase,
et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
Mais lui regardait tout autour
pour voir celle qui avait fait cela.
Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante,
sachant ce qui lui était arrivé,
vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
Jésus lui dit alors :
« Ma fille, ta foi t’a sauvée.
Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre,
le chef de synagogue, pour dire à celui-ci :
« Ta fille vient de mourir.
À quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots,
dit au chef de synagogue :
« Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l’accompagner,
sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue.
Jésus voit l’agitation,
et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit :
« Pourquoi cette agitation et ces pleurs ?
L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui.
Alors il met tout le monde dehors,
prend avec lui le père et la mère de l’enfant,
et ceux qui étaient avec lui ;
puis il pénètre là où reposait l’enfant.
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit :
« Talitha koum »,
ce qui signifie :
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher
– elle avait en effet douze ans.
Ils furent frappés d’une grande stupeur.
Et Jésus leur ordonna fermement
de ne le faire savoir à personne ;
puis il leur dit de la faire manger.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

______

COMMENTAIRES

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Dimanche dernier, Jésus disait: « Passons sur l’autre rive. »
Ce dimanche, il regagne en barque l’autre rive.

Quelles sont ces rives devant lesquelles je me retrouve?
Celles que ma réalité m’invite à franchir?

Pourquoi?
Pour entendre une parole de vie.
Accueillir un geste qui relève.
Et  la barque?  Quelle est celle qui m’y conduira?

Fernande

…           

Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans…
cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus,
vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.

Comme j’aimerais avoir la foi de cette femme ! Et dire comme elle: « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »

Car même si au plus profond de mon être, je sais que mon Dieu peut tout, que rien ne Lui est impossible, reste que toujours, ce doute m’habite. Comme un brouillard qui fait écran, et alourdit tout mon être, le gardant plongé dans une torpeur, dans ses souffrances. Et me fait oublier Sa présence. Et tout ce qui, en moi, a si soif de légèreté, de communion, de don (même au cœur et avec mes souffrances)… et de guérison!

Donne-moi, Seigneur, donne-nous cette foi ! Donne-nous d’oser croire que c’est en touchant le vêtement de son prochain, spécialement de celui qui nous irrite, qui est si différent de nous et de qui on a juste envie de s’éloigner, que c’est en s’offrant à lui que l’on touchera Ton vêtement.

Et que c’est à cet instant que l’hémorragie s’arrêtera, et que nous ressentirons dans nos corps la guérison.

Et ainsi, il sera possible d’entendre :
« Ma fille, ta foi t’a sauvée.
Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Solane

« Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » Si je pouvais aussi toucher, frôler ses vêtements je serais aussi guérie… Comment j’aimerais qu’il soit là pour avoir l’espoir de guérir, pour libérer mon corps de ce qui l’opprime, pour libérer la tête de toutes ses conversations ridicules qui n’ont jamais eu lieu que là, dans la tête. Je sais que la prière est magique, mais peut-être je ne prie pas de la bonne manière car toute une vie malade fini par tuer la magie. Mon Dieu, dit un seul mot et je serais guérie.

Rosa

 » ELLE DORT « , merci Seigneur de ton indulgence à mon égard. Tu me considères comme étant encore capable de poursuivre mon chemin en ta présence. Tu m’as émerveillé par ta compassion à l’égard de tous ces malheureux qui se sont tournés vers Toi pour apaiser leurs détresses.

main-1Oui  je dors sur ma nouvelle façon de faire face à la vie, il y certaines attitudes difficiles à mettre de coté, perdre les quelques  petits projets qui me tenaient à cœur, pas de grands chefs-d’œuvre, mais de quoi nourrir le temps et mon âme par ricochet. Je remarque que la dame qui T’as touché était très confiante et sereine, mais elle n’a pas dormi sur sa condition elle s’est rendue vers Toi, a posé le geste de foi , et le résultat est convainquant pour moi, Jésus…  tu l’as guéri.  Dans ce récit du livre de la Parole, cette semaine Jésus m’invite fortement à lui faire confiance par la révélation de ces guérisons, la mort et  la vie se sont confrontées autant chez la petite fille que chez la femme. Seigneur Jésus, tiens mon cœur en éveil à toutes ces petites joies que le vie me présente…

Mariette

J’ai toujours été frappé par l’union de ces deux histoires, dont l’une est intercalée dans l’autre, en me disant que ce n’est pas pour rien… puis par le fait que la femme avait des pertes de sang depuis 12 ans, et au moment de sa guérison, on vient annoncer que la fille de Jaïre vient de mourir… et elle a 12 ans. Sans prétendre en trouver le sens profond, s’il y en a un, cette association résonne en moi comme un passage d’un cycle naturel à une vie que l’on pourrait appeler de surnaturelle, transcendant la nature tout en l’intégrant.

C’est comme si l’enfant est liée à la perte de sang, née au début de l’hémorragie et morte lorsqu’elle cesse. Lorsque la femme est guérie, non pas naturellement mais surnaturellement, en se reliant à Jésus qui est la Vie, la Voie et la Vérité, l’enfant malade –  ce qui est lié au cycle naturel  –  meurt… ou plutôt « dort » comme l’affirme Jésus, afin de pouvoir être réveillée à la vraie Vie.

fille-jaireIl saisit la main de l’enfant, et lui dit :
« 
Talitha koum »,
ce qui signifie :
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi! »

Et ce n’est pas juste l’âme qui est rappelée à la vie, puisqu’il est précisé que Jésus demande qu’on lui donne à manger, confirmant ainsi que le corps est vivant, comme lors de sa propre résurrection et qu’il mange devant ses disciples pour confirmer la vie du corps.

C’est comme si pour guérir – corps, âme et esprit – en cette vie même, pour cesser l’hémorragie de notre humanité malade, il nous faut nous abandonner en Lui, par Lui, et  avec Lui.

Michaël

visage-jesusVoici un évangile qui est vraiment très riche. Le fait que la femme avait des hémorragies depuis 12 ans et que la jeune fille avait 12 ans ont certainement un sens symbolique qui m’échappe pour l’instant, à part certainement le fait que le 12 représente la fin d’un cycle, tel le cycle annuel ou les 12 mois de l’année, on parle de 12 apôtres, les 12 tribus d’Israel et plus. Mais mis à part cette dimension symbolique des nombres qui est certainement très parlante, je suis touchée par cet évangile d’une manière plus directe. Je me souviens du sentiment d’être une enfant et d’écouter ces évangiles ou histoires à l’église et de sentir une forme d’émerveillement devant tant de beauté, bonté ou magnanimité de la part de Jésus. Il est la bonté même, l’Amour même puisque la femme malade n’a eu qu’à toucher sa robe pour être guérie. Toucher à l’Amour divin ce n’est pas peu de choses. Je m’imagine en rêvant de toucher à Sa robe. Il lui dit que sa foi l’a sauvé. Quelle foi de la part de cette femme et quel Amour nous est offert. Ceci était vrai alors, ceci ne peut qu’être vrai maintenant. Je suis émerveillée par la force et la promesse de guérison de Son amour. Il nous dit que par la confiance absolue en son amour, nous sommes sauvés….guéris des maux qui affectent profondément l’humanité tels l’endormissement, la bêtise, la tiédeur, l’orgueil et j’en passe. Tout de suite je veux retirer de mon cœur les épines ou les armures qui empêchent, rendent péché ce manque de confiance absolue. Aussi, je suis touchée directement par le fait que même l’enfant qui n’est plus en vie, l’enfant pour qui il ne semble plus avoir d’espoir, la part de nous qui semble s’être endormie à jamais, et bien, demandons Lui de la soigner. Il court pour répondre à l’appel des parents qui pleurent. Jésus nous aime au-delà même de nos capacités à l’Aimer Lui, à Lui demander son aide. L’Amour de Dieu est vraiment si grand qu’il vient nous chercher même jusque dans la mort. Il peut tout, Il veut tout pour nous, vraiment tout. Et mon cœur d’enfant reste à jamais émerveillé devant cette certitude.

Mariette-Renée

À vrai dire, je n’étais plus de ce monde. Il me semble que j’étais en chemin vers un ailleurs quand je sentis une main aimante m’inviter tendrement à retourner d’où je venais. Il se passa quelque chose que je ne saurais décrire. C’est comme si une maison morte, désaffectée, vide  et abandonnée reprenait subitement vie. J’entendis une voix dire « Talitha koum », j’ouvris les yeux et je vis celui qui me prenait la main et m’invitait à me lever.

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Dès cet instant je sus définitivement et une fois pour toute que j’étais aimée, profondément aimée, comme jamais je n’aurais pu me l’imaginer.

Nénuphar, pour la jeune fille de 12 ans

….

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Dans cet évangile, Marc nous rapporte deux miracles de Jésus. Nous pouvons constater que la démarche de guérison ne vient pas de Jésus cette fois-ci mais bien des personnes concernées par la maladie. Jaïre prend l’initiative d’aller vers Jésus craignant de perdre sa fille malade et la femme en perte de sang prend elle aussi l’initiative de se faufiler à travers une grande foule pour toucher au moins le vêtement de Jésus pour trouver la guérison.  Une démarche de foi qui porte fruit dans les deux cas. Dans sa démarche de foi, Jaïre demande à Jésus d’imposer ses mains sur sa fille pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. Mais voilà que le drame survient, sa fille décède avant que Jésus la touche. C’est le désespoir chez les gens qui viennent annoncer la nouvelle à Jaïre, il n’y a plus rien à faire. Jésus redonne confiance à Jaïre en lui disant : « Ne crains pas, crois seulement. » Comme Jésus ne donnait pas un spectacle de magie pour montrer son pouvoir de guérison et son pouvoir de ressusciter les morts, il demande à tout le monde de sortir de la maison. Oui, tout le monde dehors parce que la vibration négative des gens était trop forte pour ébranler la foi des parents. Jésus a voulu rencontrer dans l’intimité la fille de Jaïre en présence de ses parents et de ses disciples Pierre, Jacques et Jean pour une parfaite communion de foi. Dans le processus de guérison, la foi est aussi communautaire. Le miracle s’opère parce que la famille, la communauté garde la foi et demande à Jésus de venir au secours  de la personne. La personne a besoin de s’entourer de gens de foi pour l’aider dans son processus de guérison sinon sa vibration énergétique s’affaiblit par les personnes ombragées qui ne laissent pas passer la lumière de Jésus dans leurs paroles et dans leurs actes. Aujourd’hui, au nom de Jésus, nous pouvons nous aussi imposer nos mains sur les malades pour leur guérison. Jésus a donné tout pouvoir à ses disciples de faire des miracles eux aussi. Avons-nous la foi en l’imposition des mains? Jésus, verbe incarné, a toujours fait des miracles par sa Parole. Sa Parole est agissante dans nos vies. Il dit à la jeune fille : «  Talitha koum » et la fille s’est réveillée. Demandons à Jésus de mettre sa Parole sur nos lèvres pour que nous aussi nous puissions en communion avec le Christ réveiller, libérer les autres par nos paroles et nos actes.

Quant à la femme en perte de sang, sa démarche de foi a aussi porté fruit parce qu’elle a cru en Jésus. Elle a cru dans la bonté qu’elle voyait en Jésus, dans la lumière qui émanait de Lui, dans la sainteté qui imprégnait même son vêtement si bien qu’elle a voulu toucher au moins son vêtement pour être guéri. Effectivement, quand elle a pu toucher le vêtement de Jésus, elle était guérie de son mal parce qu’une force était sortie de Jésus pour toucher cette femme dans toutes les fibres de son corps. Tout de suite Jésus a voulu rencontrer la personne qui l’a touché. Jésus ne voulait pas laisser cette femme dans la honte. Il ne pouvait laisser son geste inaperçu mais voulait la mettre dans la lumière aux yeux de tous. Il voulait rencontrer cette femme de foi qui l’a touché. Il voulait rencontrer son regard pour lui donner confiance en elle et la réhabiliter dans la société, lui redonner sa dignité. Quand Jésus eut parlé à la femme, il lui dit avec amour : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guéri de ton mal. » Frères et sœurs dans le Christ, n’ayons pas peur d’aller vers Jésus, de toucher sa croix. Il dit à chacun, chacune de nous : «  Ne crains pas. Crois seulement. » Faisons-nous tout petit à ses pieds et écoutons sa voix qui nous dit à nouveau : «  Ma fille, mon fils, debout, réveille-toi, lève-toi. Je suis avec toi tous les jours. Tu as du prix à mes yeux et je t’aime.  »

Merci Jésus pour ta présence dans ma  vie.
Prends mes mains dans tes mains
pour qu’elles deviennent  des  mains  qui apportent
guérison et paix dans le cœur de mes frères et sœurs.

Seigneur Jésus, merci de venir chez moi
Pour me guérir de mon mal.
Puisse ton regard d’amour pénétrer le mien
Afin que je puisse regarder les autres comme toi.

Seigneur Jésus, merci pour ton Esprit de guérison.
Revêt-moi de ton esprit de compassion afin que
Je puisse Te rencontrer dans mes frères et sœurs et
M’élever avec eux en esprit de vérité et de bonté.

Karine

En vérité, en vérité, je vous le dis…

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 5, de 24 à 47 (Traduction du Chanoine Crampon)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle, et n’encourt point la condamnation, mais il est passé de la mort à la vie.

En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront.

Car comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même;

Et il lui a aussi donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme.

Ne vous en étonnez pas; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix

Et ils en sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie; ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de condamnation.

Je ne puis rien faire de moi-même. Selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

Si c’est moi qui rends témoignage de moi-même, mon témoignage n’est pas véridique.

Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu’il rend de moi est véridique.

Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité.

Pour moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage; mais je dis cela afin que vous soyez sauvés.

Jean était la lampe qui brûle et luit, mais vous n’avez voulu que vous réjouir un moment à sa lumière.

Pour moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir, ces œuvres mêmes que je fais, rendent témoignage de moi, que c’est le Père qui m’a envoyé.

Et le Père qui m’a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n’avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face.

Et vous n’avez point sa parole demeurant en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu’il a envoyé.

Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle;

Or, ce sont elles qui rendent témoignage de moi; et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie.

Ce n’est point que je demande ma gloire aux hommes.

Mais je vous connais, je sais que vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu.

Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; qu’un autre vienne en son propre nom, et vous le recevrez.

Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul?

Ne pensez pas que ce soit moi qui vous accuserai devant le Père; votre accusateur c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.

Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a écrit de moi.

Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles? »

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Commentaires

Ce dernier passage de l’Évangile de St-Jean a suscité toute une réflexion!

Pour certains, c’est le chemin d’espérance qui se démarque des paroles de Jésus:

« Qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle. »

Jésus et Dieu, le Père, ne font qu’un. Jésus vient habiter parmi nous, il demeure avec nous. Il veut remplir notre cœur de l’Amour qui l’habite. Ces Paroles nous indiquent le chemin qui mène au Père et à la vie éternelle avec Lui. C’est Lui, le Chemin véritable qui nous conduit à la vie éternelle.

Il vient aujourd’hui encore dans notre humanité en proie à la division et à la souffrance qui sévit dans notre monde. Il veut marcher avec nous sur ces chemins rocailleux et blessants parfois comme il l’a fait quand il portait sa croix. Il nous fait entendre sa Parole qui nous invite à mettre notre foi en Lui, à pardonner et à nous abandonner en toute confiance au Père. Avec Lui, nous pourrons passer ces écueils et vivre dans la Paix véritable car il est et demeure toujours avec nous. La joie naîtra alors même si tout semble dire le contraire.

Saint François d’Assise disait à son confrère Léon, alors qu’ils venaient de traverser une nuit de marche dans la pluie, qu’après avoir frappé à la porte d’un de ses couvents, ils ne furent pas reconnus et laissés à la porte tout trempés, il disait à son confrère: « Voilà la Joie parfaite! »

Alain

Plusieurs autres participants se  questionnent sur le jugement et la condamnation :

Pierrette retient de ce riche extrait les « graves accusations qui nous sont adressées, non pas pour nous anéantir mais pour nous éclairer ». Elle se demande « Ne suis-je pas encore parmi les morts si croire en Dieu le Père c’est entendre et mettre en pratique la parole du Fils?  Suis-je croyant en Dieu le Père si je me soucie du lendemain et de ma réputation ? Puis-je croire au Père et vivre comme un orphelin désorienté? »

Lire la suite sur la page de Pierrette

Nénuphar cherche à comprendre l’origine du jugement et de la condamnation pour découvrir, grâce aux paroles des Évangiles, qu’ils appartiennent davantage à la condition humaine qu’à Dieu :

Si Dieu le Père en lui-même ne juge pas, le jugement se révèle par la condition de l’homme pécheur, de même que le sentiment de culpabilité et l’appel au pardon qui s’ensuivent. Et c’est donc en tant que « fils de l’homme » que le Christ se voit remettre le pouvoir de juger. Tandis que c’est à titre de Fils du Père que Jésus se voit remettre le pouvoir de pardonner et d’accorder la vie.

Lire l’ensemble du texte sur la page de Nénuphar

Une autre participante, Mariette, s’inquiète de la possibilité que la miséricorde devienne trop permissive, et se sent rassurée du fait qu’une justice soit annoncée :

« Et ils en sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie; ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de condamnation. »

Quand on nous parle de la grande miséricorde de Dieu ça me donne l’impression que tout est permis, mais la justice semble avoir aussi son droit au jugement  – « une petite douceur qui atteint mon âme »…………

Dans le même texte … « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; qu’un autre vienne en son propre nom, et vous le recevrez »…..moi ça me dérange dans ma foi quand un autre se faufile par ses dires ridiculisant, parfois en voulant garder la paix je ne dis mot, donc je cède, je me sens faible

Mariette  

Karine, qui a accepté de contribuer régulièrement à l’écoute des Évangiles, nous partage sa vibrante expérience de la rencontre personnelle, intime et aimante avec Jésus-Christ, une résurrection de vie qui efface le jugement et la condamnation :

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui a rencontré personnellement Jésus en son cœur ne juge ni ne condamne parce qu’il comprend Tout grâce à l’amour et la compassion. Il est passé de la mort à la vie. Il pose un regard de compassion sur les personnes et les évènements.

Les personnes  qui ont fait le bien et qui ont une conscience éveillée connaissent une résurrection de vie parce que  la rencontre intérieure avec Jésus, l’intimité avec Jésus, les propulsent dans la lumière. Elles deviennent des êtres illuminés par l’Esprit de Dieu, des êtres de lumière.

Lire la suite sur la page de Karine

Quand à Michaël, comme d’autres fois, il reprend plusieurs versets un à un, cherchant à entendre leur sens profond, pour finalement se rendre compte qu’ils disent tous la même vérité.

« En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. « 

Oui, ceux qui entendront sa voix vivront, car sa voix – verbe incarné – s’incarne jusque dans la mort… et sa voix est vie qui donne Vie.

Lire l’ensemble du témoignage sur la page de Michaël

Un autre commentaire nous rappelle la nécessité d’écouter la Parole, ce qui est en quelque sorte le leitmotiv central de notre site :

Beaucoup entendent la Parole, mais l’écouter est une chose différente.

“ Faites tout ce qu’Il vous dira “ Il faut écouter.

“ Écoutez- le “ C’est le Père qui le dit. Alors il faut écouter pour agir.

Alleluia.

Ronald

Et enfin un tout simple cri de cœur :

Je crois en toi le Christ et je te remercie de tout cœur ton sacrifice, ton amour pour nous tous. Je ne demande que de te suivre et de te servir, selon la volonté du Père.

Je t’aime

Rosa

Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père

Ci-dessous le nouvel extrait d’Évangile à écouter et commenter…

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 5, de 10 à 23

Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri: « C’est le sabbat, il ne t’est pas permis d’emporter ton grabat. »

Il leur répondit:  » Celui qui m’a guéri m’a dit: Prends ton grabat et marche. »

Ils lui demandèrent: « Qui est l’homme qui t’a dit: Prends ton grabat et marche? »

Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était; car Jésus s’était esquivé, grâce à la foule qui était en cet endroit.

Plus tard, Jésus le trouva dans le temple et lui dit: « Te voilà guéri; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire. »

Cet homme s’en alla, et annonça aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.

C’est pourquoi ils persécutaient Jésus, parce qu’il faisait ces choses le jour du sabbat.

Mais Jésus leur dit: « Mon Père agit jusqu’à présent, et moi aussi j’agis. »

Sur quoi les Juifs cherchaient encore avec plus d’ardeur à le faire mourir, parce que non content de violer le sabbat, il disait encore que Dieu était son père, se faisant égal à Dieu. Jésus reprit donc la parole et leur dit:

En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu’il voit faire au Père; et tout ce que fait le Père, le Fils aussi le fait pareillement.

Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, qui vous jetteront dans l’étonnement.

Car comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, aussi le Fils donne la vie à qui il veut.

Le Père lui-même ne juge personne, mais il a donné au Fils le jugement tout entier,

afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé.

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Merci, vous avez généreux dans vos réponses, nous en avons reçu une dizaine suite à la publication de ce dernier passage de l’Évangile!

Pour commencer, quelques courtes interventions de nouveaux participants :

Prend ton grabat, ce qui fait ta misère humaine. Ce qui te met a l’écart des autres humain. Jésus nous guéri de tous nos enfermements. Prend ta vie en main, il n’y a pas un temps défini pour appeler l’homme à la vie. Ses hommes de culte ne savaient plus, leur culte bien organisé en avait oublié la vie l’amour. J’aime beaucoup la relation Père et Fils. Ce qui me frappe. Ce lien d’amour et de confiance suscite la vie et l’amour à travers toutes nos blessures. Suis-je au travail pour susciter la vie?

Angélo (France)

j’aimerais bien me départir de mon grabat car il est lourd à porter mais sécurisant tout à la fois.

Il renferme toutes sortes de contradictions que j’ai peine à évaluer,  le doute et la certitude se côtoient et j’en « arrache  » comme disaient les vieux.  Je vais relire les extraits de l’évangile proposé pour l’intégrer davantage, ça va m’éclairer…………….

Mariette

L’être humain en situation de besoin ou non est plus grand que le sabbat.

L’attention à l’autre qui est proche et qui a besoin de mon assistance ou de mon encouragement peut sembler plus difficile que de pratiquer le sabbat.

Bon sabbat tout de même!

France

Honorer le Fils, c’est honorer le Père. Qui est ce Jésus qui ose  guérir un homme le jour du sabbat?   Les gens  ont en tête le respect de la loi qui est gravé  dans l’intellect. Jésus par son approche nous renvoie à notre cœur.  Il nous ouvre à la Vie, à l’Esprit. Jésus a dit : Je suis la Vie. Nous ne pouvons pas arrêter l’énergie de la Vie. Ce qui est le plus important c’est de donner la Vie. La seule Loi qui doit dicter notre conduite c’est  l’amour du prochain.

Si on honore Jésus qui donne la Vie comment ne pas honorer le Père qui a créé l’univers visible et invisible. Par Jésus, nous connaissons le Père qui est  Amour, Vie, Paix et Joie. A chaque fois que nous vivons d’amour et transmettons cette énergie d’amour, de vie, de paix et de joie nous honorons le Fils, le Père et l’Esprit qui ne font qu’Un.

Karine

Ci-dessous quatre extraits de textes plus longs de personnes qui se sont engagées à participer d’une manière régulière au processus d’écoute des Évangiles (cliquez sur les liens pour lire l’ensemble du texte)  

Voici comment la miséricorde, apportée par Jésus au nom de son Père, est montrée du doigt comme une insulte au Seigneur et comme un danger pour l’ordre apporté par la loi révélée à Moïse. La mise en croix est déjà à l’horizon : Le grabataire qui, sur l’ordre de Jésus, s’est levé, a pris son grabat et s’est mis en marche, est maintenant accusé par les docteurs de la loi : « C’est le Sabbat, il ne t’est pas permis d’emporter ton grabat » !

Lire la suite sur la page de Pierrette

…Mais au fond, ce que je veux dire c’est que Jésus parle le langage du cœur et de l’amour. Il est parfois difficile de le comprendre avec les notions de bien et de mal, les notions de dualité que nous avons intégrées avec le mental ordinaire. On ne peut l’entendre qu’avec le cœur, avec la certitude que Dieu nous aime et qu’il nous veut et qu’il cherche à nous libérer.

Lire la suite sur la page de Mariette-Renée

Le Père a aussi toute liberté de donner fonction entière au Fils… et si le Père donne le jugement tout entier au Fils, c’est parce qu’en Lui-même, en tant que Père, Il ne juge personne, tous faisant partie intégrante de Son Amour infini et inconditionnel… mais en Son Fils le jugement est donné afin de sortir le monde de son inconscience, de sa confusion et de son mensonge. Et en ce sens le Fils devient effectivement signe de division…

Lire la suite sur la page de Michaël

Quoi dire?

Comme les autres passages de cet évangile, ces quelques lignes sont si riches que l’on pourrait passer des jours à les lire, à les méditer et à les contempler, sans que la floraison de sens ne s’atténue, les nouvelle révélations y bourgeonnant,  éclatant les unes après les autres dans toute leur luminosité. Devant une telle prodigalité de signifiance, je me retrouve immanquablement coi, réduit au silence, paralysé, incapable du moindre mot.

Lire la suite sur la page de Nénuphar

Lire aussi ci-dessous les contributions qui nous sont parvenues sous forme de commentaires (Si vous ne les voyez pas apparaitre, veuillez cliquer ici) :

Lève-toi, prends ton grabat et marche

Ci-dessous le nouvel extrait d’Évangile à écouter et commenter…

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 5, de 1 à 9

Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.

Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il y a une piscine qui s’appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques.

Sous ces portiques étaient couchés un grand nombre de malades, d’aveugles, de boiteux et de paralytiques. Ils attendaient le bouillonnement de l’eau.

Car un ange du Seigneur descendait à certains temps dans la piscine, et agitait l’eau. Et celui qui y descendait le premier après l’agitation de l’eau, était guéri de son infirmité quelle qu’elle fut.

Là se trouvait un homme malade depuis trente huit ans.

Jésus l’ayant vu gisant et sachant qu’il était malade depuis longtemps, lui dit:

« Veux-tu être guéri? » Le malade lui répondit: « Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine dès que l’eau est agitée, et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. »

Jésus lui dit  » Lève-toi, prends ton grabat et marche. »

Et à l’instant cet homme fut guéri; il prit son grabat et se mit à marcher. C’était un jour de sabbat.

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Voici les réponses de Pierrette, Michaël et Nénuphar que nous avons reçues à propos de ce dernier passage de l’Évangile selon St-Jean :

Dis seulement une Parole…

La guérison accomplie par Jésus à la piscine de Béthsada attire notre attention sur l’espérance maintenue avec une incroyable persévérance par l’infirme qui, depuis 38 ans, attend d’être plongé dans l’eau agitée par l’ange du Seigneur.

Il n’est pas dit que cet homme appelle à l’aide. C’est Jésus qui, le « voyant gisant et sachant qu’il était malade depuis longtemps » lui pose la question  : « Veux-tu être guéri? » et, à sa réponse, « Je n’ai personne pour me jeter à l’eau », il reçoit cet ordre immédiat : « Lève-toi, prends ton grabat et marche », ordre aussitôt suivi d’obéissance.

Cet infirme est donc guéri par la Parole. Depuis 38 ans il s’est vu debout et marchant en sortant de l’eau et maintenant il marche sur Parole. On imagine sa stupéfaction.

Nos paralysies, aveuglements, surdités, toutes désolations et faiblesses intérieures ne peuvent-elles, avant même le baptême d’eau, être guéries par la Parole ?

« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dit seulement une Parole et je serai guéri ».  Faudrait-il même attendre cette Parole pendant 38 ans ?

Pierrette

l’Amour qui relève

La guérison dans la piscine dont il est question ici n’est pas en contradiction avec l’Esprit de Dieu (puisqu’il est dit que c’est un ange du Seigneur qui œuvre)… mais elle semble impersonnelle, étant offerte à qui saura en saisir l’occasion, entrainant même une sorte de compétition… (?)

Jésus, au contraire, ouvre lien de personne à personne… dans une relation d’amour incarnée qui transcende notre monde naturel. Cela ne veut pas dire que la providence du Seigneur ne peut guérir au travers de moyens intermédiaires offerts au monde… comme par cette piscine de Jérusalem. Cependant lorsque c’est Jésus qui guérit, l’être en est transcendé à tous les niveaux… ce qui n’enlève en rien le libre arbitre et d’ailleurs, avant d’agir, Jésus demande au malade s’il veut être guéri… non pas d’une guérison par des moyens prévisibles offerts à notre portée, mais d’une guérison qui transcende et redresse. Et par après la personne guérie reste toujours libre de se détourner de Jésus…

 » Lève-toi, prends ton grabat et marche. »

Pourquoi cette parole que l’on retrouve ailleurs dans l’Évangile?

Justement parce que l’Amour qui guérit est Verbe Incarné qui relève, redresse, redonne verticale :

« Lève-toi »

Jésus nous convie aussi à ne pas délaisser – et même à embrasser – notre partie horizontale, notre « grabat » qui nous tenait « allongés » :

« Prends ton grabat »

Autrement dit, il nous demande de « porter notre croix »…

…puis Il nous envoie en avant, en Son Œuvre… en Son Nom :

« Et marche! »

Michaël

Pourquoi prendre son grabat?

La première chose qui m’interpelle dans ce passage, c’est à quel point la raison, que l’on pourrait aussi appeler l’esprit du monde, et de l’autre côté le souffle de l’Esprit venant de Dieu, ne « pensent » pas de la même manière.

Jésus, voyant un malade et sachant toute l’ampleur de sa misère, lui demande : « Veux-tu être guéri? ». Question dont il connait très bien la réponse mais qui semble formulée précisément pour que le malade puisse exprimer quels sont, selon lui, les conditions de sa guérison.

Le malade répond donc que les conditions qu’il rencontre ne lui permettent pas de guérir. Il ne répond pas directement à la question que le Christ lui pose, ce qu’il aurait pu faire tout simplement en disant : Oui, je veux guérir. Il explique plutôt les raisons pour laquelle la guérison ne lui est pas accessible. Il se présente ainsi comme étant doublement victime, victime de sa maladie d’une part, et également victime du fait qu’il ne peut accéder à la guérison en raison de son handicap : « je n’ai personne pour me jeter dans la piscine dès que l’eau est agitée, et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi ».

Selon la compassion humaine, le bon Samaritain passant par là se serait sans doute arrangé pour accompagner le malade afin de l’aider à le jeter dans la piscine réparatrice au moment opportun.

La miséricorde divine incarnée en Jésus-Christ procède ici autrement. Elle ne guérit pas le mal en lui attribuant un remède, même si ce remède peut être d’origine divine et offert dans la compassion.

Elle guérit en rebranchant l’humanité malade et chutée à sa véritable raison d’être, en ramenant chaque être humain à son unique Source de Vie. Puisque c’est le verbe de Dieu qui est à l’origine véritable de toute existence, et non l’apparente cause à effet du monde. Dieu crée le monde par un seul et unique verbe en disant « sois! ». Dieu, Celui qui dit de Lui-même « Je suis celui qui suis » manifeste toute la plénitude de son Verbe Être en ordonnant : « Sois! ».

À l’origine de toute manifestation et par la suite de toute cause à effet, il y a la volonté de Dieu de donner la vie au travers de son ordre divin : « Sois! ». C’est un peu comme si Dieu nous disait à chacun d’entre-nous en particulier, Moi qui suis Celui qui suis, je te demande d’Être! Aucune cause à effet de ce monde ne peut passer avant cet ordre divin, celui-ci est antérieur à toute cause.

Pour revenir au dialogue entre le malade et Jésus, il se résume tout entier à une question et à deux réponses, l’une selon la perspective du monde et l’autre selon le regard de Dieu.

Au travers du Christ, Dieu demande au malade ce que celui-ci veut.

Le malade répond qu’il cherche à guérir mais qu’il ne le peut à cause du fait que l’état de sa maladie l’empêche d’avoir accès au remède, révélant ainsi son enchainement à la conditionnalité de la guérison, et à l’illusion de son apparente cause à effet.

Le Verbe incarné de Dieu répond à son tour en faisant disparaître toute condition et tout enchainement au moyen d’un seul mot : « Lève-toi ».

Dieu lui signifie  : Je suis Celui qui suis, Je suis ton véritable Père par lequel tu es à chaque seconde de ton existence. Relève-toi de la fausse vision qui t’enchaine au grabat, au lit de misère et de souffrance, ce mauvais lit de sangles qui t’attache à la perspective horizontale de la cause à effet visible dans le monde. Retrouve la verticalité dans laquelle je t’ai créé et qui te ramène à Moi, cette verticalité en laquelle tu te reconnais comme étant mon enfant bien aimé, et accède ainsi à l’origine de toute manifestation et action dans le monde : lève-toi et marche!

lève-toi et marche! C’est vrai Seigneur. J’étais indigne de te recevoir, enchainé à mon lit de misère et incapable de me jeter dans les eaux réparatrices de la piscine par moi-même, et voilà que d’un seul mot tu me guéris! Loué sois-tu!

Mais dis-moi Seigneur, …pourquoi me demandes-tu de prendre mon grabat? N’en ai-je pas fini avec ce témoin de mon infortune? Ne serait-ce pas une façon de vouloir me retourner par en arrière, de m’attacher à ce qui a été ma condition passée?

 » Lève-toi, prends ton grabat et marche. »

Lève-toi, – c’est fait Seigneur, je suis relevé par ta Grâce.

Marche, – oui Seigneur, je le veux bien, ne fût-ce que te rendre gloire. Mais…

Prends ton grabat, – pourquoi Seigneur?

Pourquoi? Parce que Dieu sauve. Dieu sauve, non pas en nous retranchant de notre condition chutée, mais en nous retournant à l’intérieur même de cette condition de pécheur.

Jésus ne s’est pas retranché de la mort en se dématérialisant et en retournant dans le sein du Père avant d’être crucifié. Le fils de Dieu à vaincu la mort en la convertissant en Vie à l’intérieur même de l’emprise mortelle de celle-ci. Il a fait de la croix, instrument d’enchainement et de mort dans le monde, un instrument de libération et de Vie pour l’éternité.

La croix fait partie du chemin qui mène à la libération, comme le grabat fait partie du chemin qui mène à la guérison.

La première question de Jésus prend dès lors tout son sens :

« Veux-tu être guéri? »

Le Christ répond lui-même à la question qu’il vient de poser :

 » Lève-toi, prends ton grabat et marche. »

Autrement dit, si tu veux réellement guérir, cesse d’attendre que les circonstances soient favorables, cesse d’attendre l’intervention qui soustraira de toi ta condition de malade et pécheur. Relève toi, porte ton grabat comme je porte ma croix, et marche, va de l’avant dans la foi!

Nénuphar