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«Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait.» (Mc 14, 1-15)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 14, 1-15

La fête de la Pâque et des pains sans levain
allait avoir lieu deux jours après.
Les grands prêtres et les scribes
cherchaient comment arrêter Jésus par ruse,
pour le faire mourir.
Car ils se disaient :
« Pas en pleine fête,
pour éviter des troubles dans le peuple. »

Jésus se trouvait à Béthanie,
dans la maison de Simon le lépreux.
Pendant qu’il était à table,
une femme entra,
avec un flacon d’albâtre
contenant un parfum très pur et de grande valeur.
Brisant le flacon,
elle lui versa le parfum sur la tête.
Or, de leur côté, quelques-uns s’indignaient :
« À quoi bon gaspiller ce parfum ?
On aurait pu, en effet, le vendre
pour plus de trois cents pièces d’argent,
que l’on aurait données aux pauvres. »
Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus leur dit :
« Laissez-la !
Pourquoi la tourmenter ?
Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi.
Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous,
et, quand vous le voulez,
vous pouvez leur faire du bien ;
mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours.
Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait.
D’avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement.
Amen, je vous le dis :
partout où l’Évangile sera proclamé
– dans le monde entier –,
on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Jésus leur dit :
« Laissez-la !
Pourquoi la tourmenter ?
Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi…
Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. »

Dans chacune de nos vies, n’y a-t-il pas de ces tournants décisifs qui engagent librement toute la personne?

Geste de DON en pure folie…  Qui change non pas tant Jésus, mais celle/celui qui l’accomplit… De l’ordre d’un « Oui » total et libre, une sorte de « saut qualitatif » qui signe un Amour transformant…

« Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. »

Marie-Hélène

« ETRE COMME LE PARFUM, TRÈS PUR ET DE GRANDE VALEUR. »

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Seigneur, comment peux-tu en connaitre la grande valeur si tu ne viens pas me briser pour en reconnaitre tout l’arôme. J’ai peut-être l’air d’un contenant comme tous les autres contenants, mais je suis fragile, difforme, aux couleurs fades, un contenant qu’on est tenté de tasser d’un coup de pied.

Mais toi, Seigneur, prends-moi dans tes mains, regarde attentivement ce flocon, dis… tu me reconnais, je suis ton enfant qui a perdu l’odeur de ton amour, je me suis laissée emballer par des paroles qui n’avaient aucune saveur et sinon regretté mon essence.

Jésus, en ce temps de carême, moi aussi j’aimerais parfumer ton Corps par des gestes et paroles tellement odorantes pour que l’univers entier perçoive ton approche en disant : ça sent la paix, l’amour, la miséricorde, la bienveillance, le pardon, et me faire dire « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait… »

Mariette  

Comme on est vite à juger ceux qui sont différents et que l’on est vite à les marginaliser de nos sociétés. Ces gens bizarres, ceux qui étonnent, ceux qui dérangent, par leur simplicité, mais aussi par leurs gestes soudains, portés par un élan du cœur plein de tendresse, d’empathie, de vérité et d’amour.

Ces gens, comme cette femme qui a osé répandre le parfum sur les pieds de Jésus, sont nos guides. Merci Seigneur pour ces anges que tu envoies à notre rencontre pour nous enseigner le chemin qui mène à toi.

Merci de me donner de les imiter, d’écouter et de suivre les antennes de mon coeur, que cela paraisse complètement farfelu, ou que cela vienne bousculer les rêves, idées ou projets plus « sérieux », qui viennent logiquement sembler répondre à un projet plus grand. Donne-moi de simplement souhaiter te rendre grâce, te louer et te servir en tout temps.

Solane

Pendant que certains n’attendent que la mise à mort du corps de Jésus et son ensevelissement, cette femme – dont le cœur a été ouvert par Jésus – le glorifie plutôt en répandant sur lui un parfum précieux, et ce faisant, par son amour plutôt que par son savoir, elle le prépare à cette descente au tombeau qui ouvre tous les tombeaux, libérant non seulement nos âmes, mais aussi nos corps ensevelis sous le poids de nos divisions et autres savants calculs.

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Ce corps de Jésus que l’on continue à vouloir ensevelir à tout prix en ne retenant de lui qu’une idée, une philosophie, une morale, une sagesse, un symbole… voire un précieux parfum, c’est aussi nos propres corps que nous ensevelissons encore et toujours, car sans l’incarnation réelle et tangible de l’Amour de Dieu, quel est le corps qui peut rassembler tous les corps divisés – comme autant de membres dispersés – en un seul corps, non séparés et pourtant non confondus, et ainsi les rebrancher à l’Arbre de Vie?

Michaël

Seigneur pourras-tu dire cela de moi un jour; « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait? » Ai-je le courage de poser des gestes qui me viennent du coeur mais qui sont à l’encontre du « bon sens », de l’ordre établi? Ai-je le courage, tout comme cette femme l’a eu, d’agir parfaitement selon mon coeur sans me conformer au monde, en faisant fi des opinions des autres? Et plus courageux encore, de faire fi de ce qui semble juste dans le regard du monde? Comme cette femme qui apparemment gaspille beaucoup d’argent en versant le parfum sur la tête de son Seigneur, elle aurait pu le donner aux pauvres…Seigneur permet que j’entende sans filtre l’élan de mon coeur et que sans tarder et sans peur, je le mette à exécution. Je te demande pardon pour toutes les fois ou j’agis comme ceux qui s’indignent et se conforment aux lois du monde en oubliant de Te servir le premier.

Merci pour cette femme qui éternellement verse le plus précieux parfum sur ta tête pour glorifier son Seigneur!

Mariette-Renée

Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait

Cette fois, à Béthanie, Jésus n’est pas chez ses amis Lazare, Marthe et Marie, mais l’un des invités chez Simon le lépreux. Dans ce milieu-là, on sait que certains complotent pour faire arrêter Jésus, surtout depuis qu’il a ressuscité Lazare. Sa tête est mise à prix. Une odeur de mort rôde alentour mais on n’en parle pas.

Cette femme qui entre chez Simon va briser le silence en brisant le vase d’un parfum très précieux. Qui est cette femme « qui vint » chez Simon? Quelle que soit sa réputation – peut-être une exclue elle-même – elle a compris intuitivement que cet homme n’est pas comme les autres. À sa manière elle ose parler de sa mort prochaine, de la menace qui pèse sur lui. Jésus enchaîne, ouvre la bouche pour reconnaître qu’elle dit vrai, que son geste de don est sur le bon registre… tandis que les autres opinent sur ce qu’il eut mieux valu faire avec cette pièce de grande valeur. Oui, « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait ». Par son geste, sans un mot, elle crie : ouvrez vos yeux, ouvrez vos cœurs et vous saurez qui est cet homme!

Comme ces invités qui invoquent la valeur de l’aumône en faveur des pauvres, nous nous situons souvent au registre des bonnes intentions et des bonnes pratiques alors qu’il nous est demandé de faire un saut dans la foi pour reconnaître qui est Jésus dans notre histoire humaine.

Aujourd’hui, à Béthanie, Jésus vit consciemment l’approche de sa mort. Il pressent qu’on ne le suivra pas dans la tourmente; plusieurs qui l’ont suivi et admiré quand il donnait des signes de sa puissance vont s’abstenir de plaider en sa faveur lorsqu’il sera contesté, accusé.  Suis-je « avec lui » dans la peine comme dans les beaux jours? Suis-je en voie de passer au registre de la compassion qui dépasse le convenu, les apparences pour ouvrir mon cœur et m’approcher de celui ou celle qui attend d’être libéré de la solitude et de la dépendance? Puis-je prendre dans mon cœur ces chrétiens persécutés dans le monde pour prier avec eux, faute de pouvoir être à côté d’eux pour partager leur peine et leur combat?

Quand je vois une maison s’ouvrir pour accueillir un jeune en danger, ou une municipalité accueillir une résidence pour des ex-détenus en période de transition, je me dis que l’amour est plus fort que la peur, et que ces gestes d’accueil valent plus que tout l’or du monde. Autant que le parfum que cette femme a répandu sur Jésus.

Gisèle

Pourquoi ai-je fait cela? Qu’est-ce qui m’a poussée à prendre ce parfum de grand prix et à en verser tout le contenu sur la tête de cet homme appelé Jésus de Nazareth? Aucune pensée, aucune raison ne peut justifier cette folie aux yeux du monde.

Et pourtant c’était impérieux, il fallait que je le fasse, et rien ni personne aurait pu arrêter la volonté qui m’animait à ce moment là.  Je l’ai fait, ou plutôt, ce geste a voulu se faire au travers de moi, bien au-delà de mon propre vouloir.

Oui, tout, tout ce flacon de parfum d’une valeur inestimable a voulu être versé sur la tête de celui qui a tout, tout, tout donné. Cela, je ne l’ai véritablement su que plus tard. Mais la présence à laquelle j’obéissais sur le moment même le savait très bien, même si moi, pauvre petite servante, je ne l’avais pas encore compris.

Nénuphar

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Ce passage d’évangile vient mettre en lumière la place du discernement dans nos choix de  vie. Ce qui est important ici, Jésus nous le rappelle, c’est l’amour. Cette femme n’est pas un disciple de Jésus mais voilà qu’elle sentait le besoin de montrer son affection envers Jésus en lui versant du parfum hors prix sur sa tête. C’était sa façon à elle de lui dire : « je t’aime. » Encore une fois l’argent est omniprésent dans nos vies et nous devons toujours discerner pour en faire un bon usage. « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous » dit Jésus.

Des fois il nous est difficile de ne pas penser à notre mission, notre travail en délaissant ceux et celles qui partagent notre vie. Concilier travail-famille-amis devient un casse-tête au quotidien quand il s’agit de  donner du temps aux personnes qui nous sont chères. Combien de fois les parents doivent sacrifier le temps passé en famille pour répondre aux besoins de leur mission, de leur travail  ou pour joindre les deux bouts afin de gagner un bonus pour satisfaire les besoins de la famille.

Jésus prend plaisir aux gestes du cœur et Il nous rappelle l’essentiel : tous les petits gestes d’amour que nous pouvons faire pendant que la personne est encore proche de nous, bien vivante au milieu de nous, faisons-les de tout cœur. Alors, n’attendons pas la mort pour encenser, embaumer de parfum et de fleurs nos proches et amis. Prenons le temps pour vivre l’instant présent dans l’amour. Demandons à Jésus de nous conduire vers les valeurs qui nous élèvent vers son humanité et divinité.

Merci Jésus de nous ramener à l’amour.
Aide-nous à fixer notre regard sur Toi
Afin que  nous puissions t’aimer à travers nos prochains.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Donne-nous la grâce du discernement.
Ne permets pas que l’argent soit le moteur de notre vie.
Donne-nous la paix du cœur qui nous sécurise et
nous délivre des tentations de ce monde.

 

Karine

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Mc 9, 2-10)

Un nouvel extrait des Évangiles à écouter et à commenter…

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( Illustration inspirée d’icônes traditionnelles )

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 9, 2-1

En ce temps-là,

Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants,
d’une blancheur telle
que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse,
et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole
et dit à Jésus :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
De fait, Pierre ne savait que dire,
tant leur frayeur était grande.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,
et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »
Soudain, regardant tout autour,
ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne,
et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d’entre les morts ».

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
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COMMENTAIRES

« L’amour de mon père! Comme il m’aimait! » 

Hier, j’étais avec une personne de 98 ans.  Lors de la conversation, je lui demandai ce que la vie lui avait appris. Un court moment de silence. Puis son visage devint tout rayonnant.  Elle me dit: « L’amour de mon père! Comme il m’aimait! »
La transfiguration, si c’était cela?  Cette étincelle de lumière qui laisse pressentir la joie d’une présence qui m’a aimée et ne m’abandonnera pas. Surtout au creux de mes dépouillements.

Fernande

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le »

Se peut-il que dans chacunE de nos vies, ait lieu pareil moment décisif…

Que Jésus m/nous emmène seul à l’écart…

Qu’Il se manifeste?

Et que je/nous demeurions fermement attachés à sa Parole?

D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement pour la suite des choses ici-bas dans la foi?

Aujourd’hui et chaque jour, « Écoute-le… »

Marie-Hélène

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« …ILS DESCENDIRENT DE LA MONTAGNE « 

…la montagne est une élévation du sol. Jésus a ressenti le besoin de faire la rencontre  avec Pierre, Jacques, et Jean au sommet de la montagne pour être dans une  liberté complète de contemplation et m’inviter à devenir moi-aussi « élévation »pour rendre grâce au Transfiguré. Dans ces moments d’éclatement lumineux, je voudrais me camper près de Lui, mais la nuée me couvre et m’incite à écouter ce Fils Bien-aimé, même si je ne comprends pas toujours le message. Seigneur, je bénis tout le lumineux que tu déposes en moi et je te dis merci.

Mariette

jesus-transfEn ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.

À priori, le récit de la transfiguration peut ressembler beaucoup à une histoire de pêche, ou encore aux histoires de fin de soirée entre copains, où les mélanges d’alcool, d’euphorie, ou même de désespoir et d’incompréhension nous plongent un peu dans un état second.

Le passage me fait penser aussi à nos quotidiens de plus en plus remplis, comme pour nous perdre dans les nuages, et nous engourdir, et nous emmener loin, si loin de notre Seigneur.. Comme pour fuir la vision de la blancheur de ses vêtements resplendissant, de peur qu’ils ne révèlent nos failles. Si profondes, face à Sa grandeur.

Stp, Seigneur, permets moi de toujours chercher Ta face en toute personne, chose ou circonstance. Et de voir Ton vrai visage, ton visage d’Amour étincelant, capable de faire fondre le plus gros des icebergs, de réchauffer et ranimer nos coeurs perdus.

Solane

Par sa transfiguration, Jésus manifeste en son corps la communion de ce qui, en l’homme, avait été séparé… mais en acceptant la crucifixion au prix de sa propre vie, il réunit les branches verticale et horizontale de la croix pour toute la création, ouvrant chemin de résurrection pour chacun d’entre nous.

Seigneur, je t’en prie, que nous soyons dès maintenant transfigurés de ta transfiguration!

Michaël

C’est un moment d’exception que les trois disciples ont vécu. Il y avait tant à voir, à entendre, à recevoir ! Au centre, Jésus, ce maître qu’ils ont décidé de suivre même s’ils le trouvent déroutant à certaines heures. Ici, il n’y a plus de doute possible, ils ont bien entendu la voix qui disait « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ».

jacques

Un tel moment dans une existence ne se présente pas tous les jours. Pour Jésus lui-même, c’est une révélation de son identité profonde. Quelle transparence entre lui et le Père, entre lui et les trois disciples : aucune frontière, mais la vérité de l’être qui se dévoile. Pierre, Jacques et Jean, captez bien cette lumière, prenez-la précieusement en vous, vous en aurez besoin un certain vendredi…

Les jours de lumière nous sont donnés pour tenir bon dans la confiance.

Gisèle

De villages en villages Jésus donne sa Parole à tous et pour tous, il  fait des miracles devant tous et pour tous ceux qui le demandent. Cependant, selon la sagesse divine, certains dons ne se donnent que dans le secret, à quelques uns préparés pour cela, et qui seront chargés de témoigner, de bouche à oreille, en temps voulu par le Seigneur.

C’est ainsi que Pierre, Jacques et Jean sont appelés à voir et à se taire sur ce qui leur a été montré, « jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit ressuscité d’entre les morts« . Alors ils auront à délier leur langue, même s’ils préfèreraient garder le silence. Ils ne sont pas appelés à demeurer en haut de la montagne, dans la joie de la révélation, ils sont ordonnés à l’écoute et à la transmission.

Peut-on écouter si l’on ne se tait pas, » à l’écart sur une haute montagne »et peut-on transmettre si l’on ne « descend » pas vers la multitude ?  Suivre Jésus c’est apprendre ce mouvement, cette grande respiration dans laquelle se taisent nos jérémiades de pécheurs. Peut-on mourir d’amour et se plaindre ou s’effrayer ?

Seigneur, ne nous laisse pas aveugles ni dans l’inimitié devant tes messagers et tes serviteurs.

Pierrette

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Une autre fois, sans aucune prétention, pour mieux vivre cette impressionnante scène de la transfiguration, je me suis permis de me mettre dans la peau de l’un des personnages y assistant, celui du jeune Jean, le disciple que Jésus aimait.

C’est vrai, j’ai eu tellement peur, d’une immense peur irrationnelle et contagieuse devant l’inexplicable, l’inconnu, devant ce qui échappe à toute raison humaine !

Pourquoi nous avait-il amené à l’écart sur la haute montagne? Savait-il qu’il allait ainsi se métamorphoser devant nous, revêtant un manteau de lumière insoutenable ? Savait-il que le parcours du temps serait momentanément suspendu et que sortiraient de cette faille les grands prophètes Moïse et Élie, vivants !

Il faut croire que la condition humaine appréhende avec une grande crainte le surgissement de Dieu dans notre monde terrestre : tous mes poils de pauvre mortel en étaient hérissés. Car, je l’ai compris plus tard, c’était bien en Dieu et par Lui que cela nous apparaissait.

En fait, je l’ai su avec certitude, lorsque m’étant jeté à terre pour me détourner de la lumière intolérable qui m’assaillait, je l’entendis de mes propres oreilles, Lui, Dieu, dire à haute voix :

« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »

Une seule parole, toute amour, tendresse, sollicitude et miséricorde ! Je savais qu’ayant entendu cette unique parole, j’étais désormais sauvé. J’avais touché à l’intangible, j’avais entendu de mes propres oreilles l’incommensurable amour de Dieu le Père pour son Fils, amour tellement immense qu’il nous englobe toutes et tous au-delà de nos différences, écarts et égarements.

Depuis, ces mots, « amour » et « écoute » ne cessent de résonner dans mon cœur. Et quand le doute et la crainte m’assaillent, je tends l’oreille en direction du cœur du Fils bien-aimé, comme un petit enfant se jette sur la poitrine parentale.

Nénuphar

Dans la transfiguration de Jésus sur la montagne, l’évangile de Marc nous raconte que Pierre, Jacques et Jean furent saisi de frayeur par le corps lumineux de Jésus et la blancheur de ses vêtements. Pierre dit à Jésus : «  Rabbi, il est bon que nous soyons ici! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » Dans sa vision Pierre reconnaît que Jésus est un envoyé de Dieu, un prophète. Mais voilà que de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoute-le. »  Jésus n’est pas un prophète comme les autres, Il est le Fils de Dieu. Pierre, Jacques et Jean devinrent les témoins directs de la transfiguration et reçurent  la mission de se mettre à l’écoute de Jésus. Devenir disciple de Jésus, n’est-ce pas d’abord être à l’écoute de sa Parole pour qu’elle prenne racine en nos cœurs et y découvrir l’Amour d’un Père pour ses enfants?  Par le baptême de Jésus, Dieu nous a révélé que Jésus est son Fils bien-aimé en qui Il a mis tout son Amour et par la transfiguration, Il nous demande de nous mettre à l’écoute de son Fils bien-aimé, à  l’écoute de l’Amour et à Son école. L’Amour de Dieu a transfiguré le corps charnel de Jésus en un corps de lumière pour qu’Il accomplisse sa mission. Demandons à Jésus de nous libérer des tentations de  notre corps charnel et de nous vêtir de sa lumière.

pierre

Père très bon,Merci de révéler à l’humanité toute entière ton Fils Jésus.
Merci de nous révéler par ton Fils,
Notre identité de fille et fils de Dieu.
Merci de nous révéler par ton Fils, Jésus, que nous sommes
Tes enfants bien-aimés, frères et sœurs, sur toute la terre.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Conduis-nous au désert, sur ta montagne sainte
fin que nous puissions faire silence pour mieux t’écouter.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Fais tomber le voile sombre de nos yeux
Afin que nous puissions voir avec les yeux du cœur,
Ton amour, ta lumière dans les Écritures et dans toute la création.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Ouvre-nos cœurs à ta Parole et
Mets cette Parole de Vie sur nos lèvres
Afin  que nous puissions illuminer le monde.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Renouvelle en nous ton Esprit-Saint
Afin que nos corps rayonnent de ta lumière.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Saisi-nous par ta Présence miséricordieuse
Afin que nous puissions révéler au monde
on amour et ta paix.

Mon Seigneur et mon Dieu
Aide-nous à vivre dans la joie
Notre identité de filles et fils bien-aimés du Père.

 Karine

Jésus fut tenté par Satan, et les anges le servaient (Mc 1, 12-15)

 Un nouvel extrait des Évangiles à écouter et à commenter…

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 1, 12-15

Jésus venait d’être baptisé.
Aussitôt l’Esprit le pousse au désert
et, dans le désert,
il resta quarante jours,
tenté par Satan.
Il vivait parmi les bêtes sauvages,
et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Jésus vient d’expérimenter la tendresse de son Père: « Tu es mon Fils bien-aimé, celui en qui je me complais ».  Aussitôt vient l’épreuve où se vérifie sa confiance.  Fermement enraciné dans cet amour, Jésus témoigne que désormais Dieu, en Lui, est présent dans notre monde et le sera toujours. « Les temps sont accomplis. »  Au coeur de nos déserts, Dieu marche avec nous et soutient notre amour.

Fernande

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Mc-1_-12-15-desert« Aussitôt l’Esprit le poussa au désert », qu’y a-t-il d’extraordinaire dans le désert, sinon un lieu aride et inhabité, un lieu qui  pourrait me  révéler l’évangile, et croire à la parole ? Serait-ce la façon que Jésus emploierait pour me convertir dans le silence de mon cœur, qui lui aussi ressemble au désert? Là où il y a de la sécheresse, de grands vents qui emportent mes bonnes dispositions, mon cœur qui semble parfois inhabité à cause d’évènements douloureux. À l’occasion, c’est  en toute intimité que la transformation se produit; faut voir que souvent, ces silences de quarante jours permettent de se solidifier devant les tentations, de voir qu’également toutes mes bêtes que j’avais cru éloignées pour toujours viennent rôder dans mon « bol de nourriture».

Ils savent que j’ai faim de Toi, Seigneur, et ils veulent me distraire par toutes sortes de convoitises. Seigneur, baptise-moi à nouveau afin que ta parole soit ma source de vie et devienne  un engagement en signe d’alliance avec Dieu et ma communauté.

Mariette

Aide-moi Seigneur à accueillir les déserts de ma vie

Le désert… ce lieu pour moi si mystérieux, où il me semble que nulle part ailleurs on ne peut voir le soir un ciel si majestueux, aux millions d’étoiles. Cette beauté, ce silence, cet espace à perte de vue. Aride, mais vivant! Vraiment tout ce qu’il faut pour bien perdre tous ses repaires, et, ainsi enfin retrouver une écoute profonde, vraie, et une rencontre avec ce qui nous habite au plus profond.

Et pour croire que « Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.»

Et être prêt à oser répondre à l’invitation que tu nous lances:
«Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

Stp, aide-moi Seigneur à accueillir les déserts de ma vie, même s’ils sont loin de ces contrées lointaines que depuis toujours je rêve d’explorer. Aide-moi à accueillir ces périodes de sécheresse et de perte complète de repaires, avec la foi et la certitude que ce sont les passages privilégiés pour mener à la conversion du coeur, pour retrouver tout ce à quoi aspire mon for intérieur, et permettre la vraie rencontre avec toi, mon Seigneur.

Solane

 …  Mc-1_-12-15-jesus_anges-2

Et m’étant retrouvée sur son chemin… Il m’interpelle…

Jésus nous a ouvert à tous un chemin, lorsqu’investi de l’Esprit Saint, il fut poussé au désert pour un moment long, éprouvant: il vivait là parmi les bêtes sauvages….

Possiblement les mêmes qui menacent aujourd’hui de nous avaler tout rond si l’on n’y prend garde: l’avoir, le savoir et le pouvoir…

Or Jésus Lui, vivant au milieu d’elles, est demeuré entier/intègre, il ne s’est pas laissé entamer ou séduire…

Il avait mieux à faire, puisque « les anges (lui) servaient », à demeurer habité, connecté au divin en lui…

Et m’étant retrouvée sur son chemin… Il m’interpelle… M’ouvre les yeux du cœur: voilà que son Esprit me garde moi aussi, des séductions dévorantes…

Puis… Je reconnais … mes anges!! … « Ils me servent »… à demeurer ancrée dans le Vivant, quoi qu’il arrive, et à discerner les passages où Il me prend la main, car je le suis, de naissance.

Marie-Hélène

 …

« Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

À priori l’ordre à l’air simple, clair et précis mais…

Ô mon Dieu, viens à mon secours!

Tout mon être en appelle à cette conversion… mais comment?

Oui, cent mille fois oui, je veux croire à l’Évangile… mais est-ce que mon bon vouloir suffit?

Je vois bien que ma seule volonté ne sert à rien et que je ne peux rien de moi-même… Alors quelle est notre part puisque tu nous veux libre et participant à ton œuvre de rédemption?

Il est vrai qu’en Marie tu nous montres le chemin : comme elle, nous pouvons dire oui à ton incarnation dans notre corps, dans nos vies, dans le monde…

Oui, par la pratique de tes Sacrements

Oui, par la communion à ta Parole

Oui, par la transmission de ton Évangile

Oui, par la prière et la veille que tu nous demandes sans cesse

Oui, par le pardon… et l’ouverture du regard, des mains et du cœur

Oui, par le renoncement de tout ce qui se met en travers de ton Amour

Oui, par notre participation à ta Croix – Amour incarné qui transfigure le monde

Oui, par le témoignage de ton Œuvre à l’œuvre en nos œuvres

Oui, par l’engagement en ton Église… en obéissance à ton Esprit partout et toujours…

Et le reste, tout le reste t’appartient.

Michaël

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À moi de croire et de reconnaître
que l’Esprit m’accompagne aujourd’hui

Les temps de transition ont toujours été dans ma vie des moments riches en découvertes, prises de conscience des étapes parcourues et des choix à faire ou à refaire.

Après son baptême, Jésus se retire au désert, il est acculé à des choix. Les appels de Jean-Baptiste à se convertir sont-ils la réponse aux questions qu’il se pose, entre autres sur le sort de son peuple assujetti à un pouvoir étranger? Quelle autre voie envisager? « Poussé par l’Esprit » il voulut prendre ses distances des solutions convenues pour entendre la voix du Père. Rejetant les voies extra-ordinaires, les pouvoirs magiques, il expérimente la force de la Parole. Cette Parole, il va l’annoncer sans fard ni trompettes. Jésus est ainsi revêtu de l’autorité spirituelle qui lui permet d’annoncer que le Règne de Dieu est proche. Dans cette apparente simplicité, il change la donne de l’histoire.

Le désert fait penser aux temps de transition que nous traversons dans nos vies. C’est un moment crucial qu’on est tenté de fuir : difficulté d’entrer en soi-même, crainte d’y découvrir une vérité qui fait mal; ou crainte d’entendre un appel plus exaltant mais pour lequel il y a un prix à payer. Entrer seul au désert est trop risqué, allons-y en présence de l’Esprit qui prend soin de nous accompagner. Ce qui viendra nous troubler ou nous décourager relève du mauvais esprit; ce qui est douceur, brise légère, piste d’espérance est la touche du bon esprit, de l’Esprit qui console et réconforte.

Jésus au désert en a fait l’expérience; à moi de croire et de reconnaître que l’Esprit m’accompagne aujourd’hui, comme il accompagne nos petites et grandes communautés humaines et toute l’Église.

Gisèle

 …

Même s’ils tombent, ils se relèveront

Quand Jésus, baptisé par Jean le Baptiste dans le Jourdain, sortit de l’eau, une parole « venue du ciel » Le nomma : « Fils de Dieu ». Parole apte à jeter l’effroi aussi bien que l’espérance. Or cela se fit devant la foule des hommes qui accouraient au baptême de Jean le Baptiste et c’est à ce moment précis que « Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert ». Loin de toute atteinte des hommes mais sous le regard du Père , au-dessus du regard concupiscent de Mc-1_-12-15-malin_facheSatan tapi dans l’ombre, et entouré des bêtes sauvages qui, sous le regard de Jésus peuvent retrouver le lien fraternel qu’elles ont avec l’homme. Saint-Marc signale aussi la présence serviable des anges mais ne dévoile rien d’un dialogue ou d’une lutte qui aurait eu lieu entre Jésus et Satan durant les quarante jours de retrait au désert. Cette préparation à l’annonce publique de l’évangile demeure secrète.

(Comme l’Esprit Saint pousse Jésus au désert, l’Église nous pousse au carême chaque année quarante jours avant Pâques. En limitant la satisfaction de nos cinq sens ( vue, ouïe, goût, odorat, toucher), par l’abstinence, le partage et la prière, nous créons un manque à ne pas combler, un désert à ne pas fuir. C’est le lieu de l’humilité, de la rencontre et l’affinement des sens qui nous font voir ce que nous ne voyions pas, entendre ce que nous n’entendions pas, toucher ce que nous ne touchions pas, goûter ce que nous ne goutions pas, sentir ce que nous ne sentions pas, honorer ce que nous n’honorions pas.,,,,,,,,,,ce qui dormait s’éveille.)

Sorti du désert, apprenant l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » L’arrestation de Jean-Baptiste est donc le premier signe de la victoire de Jésus au désert. Satan s’est retiré, vaincu et sachant que, dorénavant, il ne pourra plus corrompre les hommes qui se fieront au secours de Jésus, Fils de Dieu. Ceux-là pourront choisir librement de traverser le désert vers la délivrance de tout esclavage, en « terre promise ». Ceux-là souffriront mille morts plutôt que de se laisser séduire par les appâts du Tentateur. Même s’ils tombent, ils se relèveront.

Croyons à l’Évangile, qu’il retentisse en nous sans cesse !

Pierrette

Son règne est tout proche. Ne cherchez pas ailleurs

Jésus venait d’être baptisé quand l’Esprit le poussa au désert. À son baptême,  Dieu a révélé  son Fils, Jésus, à son peuple dans le Jourdain en disant : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoute-le. » Quelle révélation! C’est toute une révélation pour l’Homme-Dieu qui a besoin de se retirer au désert pour se dépouiller de lui-même afin de laisser l’Esprit-Saint le pétrir à l’image de son Père. C’est au désert qu’on peut prendre le temps pour être face à soi-même, face à son Dieu afin de se laisser aimer par Lui et comprendre le sens de sa mission.  Révéler l’Amour de son Père au monde est tout un défi quand Satan ne cesse de guetter le petit instant d’égarement de l’ego. Jésus resta quarante jours au désert tenté par Satan et vivant parmi les bêtes sauvages. Il était sous l’emprise de l’Esprit de Dieu, de l’Esprit-Saint, c’est pourquoi Satan et les bêtes sauvages n’ont pas pu l’atteindre. Satan est toujours là pour nous séduire et nous faire dévier de notre mission. Mais centré sur l’Amour de Dieu et la prière, nous ne craignons rien parce que les anges du Ciel viennent à notre secours pour nous aider à apprivoiser nos démons intérieurs et extérieurs. Sous l’emprise de la grâce de Dieu nous pouvons traverser les pires épreuves de la vie et apprivoiser les bêtes sauvages qui nous entourent. Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu. Il disait : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » OUI, les temps sont accomplis parce que Dieu est présent sur Terre en son fils Jésus, son règne est tout proche. Ne cherchez pas ailleurs Celui qui doit venir nous sauver de la mort spirituelle. Il est là, Présent, tout proche de nous. Il se manifeste dans le quotidien de notre vie. Demandons à Jésus de nous ouvrir à l’Esprit de son Père, notre Père, afin de croire à son Évangile d’Amour et de Paix et demandons-lui de nous conduire au désert de son cœur.

 

Mc-1_-12-15-jesus_anges

Un cœur à cœur dans le désert de Dieu

Dans le désert de Dieu il n’y a que silence.
Entrer au désert c’est aller à la rencontre
De Celui que mon cœur aime.
C’est un temps d’écoute et de grâce.
Il m’attend au désert pour Le rencontrer.
Pas besoin de meubler le silence avec des mots.
Il se fait Présent dans le secret
Pour parler à mon cœur :

Mon enfant bien-aimé
Laisse-toi conduire au désert de mon cœur.
Laisse-toi habiter par le silence intérieur.
Laisse-moi te dépouiller du vieil homme et reviens à moi.
Viens, suis-moi au désert, je veux demeurer dans ton cœur.

Ô Esprit du Dieu Vivant
Conduis-moi au désert de ton cœur.
Pétris-moi de nouveau à ton image et à ta ressemblance.
Remplis-moi de ton Amour si doux
Pour que j’apprivoise mes démons intérieurs et
Les bêtes sauvages qui m’entourent.

Mon enfant bien-aimé
Ma grâce te suffit.
Mon royaume est tout proche.
Lève les yeux vers les cieux et
Regarde autour de toi. Je suis la Vie.
Laisse-toi aimer tel que tu es.
Tu as du prix à mes yeux et je t’aime.

Père infiniment bon
Je suis si faible et si lent à croire
Quand les ténèbres m’entourent et
Que tout chamboule autour de moi.
Je t’en prie ouvre mes yeux et augmente ma foi.

Mon enfant bien-aimé
Regarde-moi et laisse résonner ma Parole en ton cœur.
Crois seulement et tu verras la lumière de ton Dieu.
Alors tu marcheras le cœur joyeux vers ma lumière.

Père très bon
Reste avec moi au désert et fortifie-moi.
Libère-moi des biens de la terre et de l’amour marchand.
Fais germer ta Parole de Vie en mon cœur et
Enveloppe-moi de ta lumière divine.

Mon enfant bien-aimé
C’est ma paix que je te donne.
Sois riche de mon Amour divin et
Sois une bénédiction dans la vie de tes frères et sœurs.

Père très bon
Ton désert est plein de tendresse et de miséricorde.
Merci d’être toujours là à mes côtés.
Prends-moi dans tes bras et
Viens demeurer dans mon cœur à jamais.
Que tes paroles soient toujours à mes lèvres et
Que ma bouche proclame ta gloire sur toute la terre.

 

Karine

 

Pour mieux « vivre » l’extrait des Évangiles, je me permets de témoigner au nom de l’un des personnages présents durant les 40 jours au désert :

Je l’ai vu arriver de loin, il marchait tranquillement.

Je l’ai tout de suite senti, ce n’était pas un fils d’homme comme les autres. J’en ai vu des centaines depuis que j’ai quitté ma terre natale. Et je les ai côtoyés de près durant ma captivité. Je n’aurais fait qu’une bouchée de leur faible chair.

Celui-ci est différent. Il s’est assis sans faire de bruit au beau milieu du désert, sans peur ni malveillance envers les bêtes sauvages qui l’entouraient. La vipère et le scorpion ont retenu leur souffle, interloqués :

Qui est cet homme et d’où vient-il?

Il ne porte pas d’arme à sa ceinture. Ses hanches ne sont pas alourdies par ces pièces sonnantes de métal que les hommes gardent sur eux, les faisant valoir lors de leurs marchandages.

Mon flair ne me trompe pas : celui-là n’est pas venu pour lui-même.

Aucune odeur de corruption, il sent davantage cette autre nourriture que les hommes appellent  pain et vin.

Il est resté seul pendant longtemps, s’adressant le jour à la voûte céleste et la nuit au firmament étoilé. Ce fils d’homme sait parler à tout ce qui vit. Il me semble même avoir vu le soleil et la lune prêter tendrement l’oreille.

Et puis, il y a cet « autre » qui est apparu dans le décor. Presque rien, une ombre, mais une ombre jalouse. Virevoltant de ci et de là telle une chauve-souris, cette ombre brumeuse tentait de s’interposer entre l’homme venu d’ailleurs et la mystérieuse présence avec laquelle il dialoguait. J’ai vu ce rusé venir chuchoter je-ne-sais-quoi à son oreille, le flatter, lui susurrer des mots doux. Et chaque fois le malin retournait dans sa cache, non loin de là, ruminant et furieux à la suite de ses échecs.

Assurément un grand combat se tenait là devant mes yeux. Non pas à coup de griffes et de crocs, mais au moyen de quelque chose de plus terrible, de beaucoup plus insinueux.

Il n’était pas seul dans ce combat. De petits messagers ailés semblaient aller et venir entre lui et le ciel. Ils venaient l’encourager et repartaient ensuite pour rendre grâce des victoires contre les brumes malignes qui sans cesse cherchaient à prendre le dessus.

Combien de temps le fils d’homme est-il resté là? Certainement une quarantaine de jours et de nuits.

Je sus que la lutte était terminée lorsque qu’un souffle de réconciliation gagna le ciel et la terre, et que les messagers ailés entonnèrent un grand chant de grâce.

Voilà, je vous rapporte tout ce que j’ai vu.

Moi, la bête carnivore devant laquelle tous s’inclinent, moi le prédateur devant lequel les êtres vivants sont saisis d’effroi, je me suis couché docilement sur le sol. Je suis resté en silence, sans lever la patte ni rugir, tranquille comme un agneau à l’ombre de sa mère.

Mc-1_-12-15-animal_sauvage-

Je signe : Moi, le roi des animaux sauvages, venu de très loin pour rendre hommage au Fils de l’homme et témoigner de ce que j’ai vu à l’ensemble de mes sujets.

Nénuphar

Je le veux, sois purifié

Mc_1_40-45_guerison_lepreux

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 1, de 40 à 45

En ce temps-là,

un lépreux vint auprès de Jésus ;
il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta
et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant :
« Attention, ne dis rien à personne,
mais va te montrer au prêtre,
et donne pour ta purification
ce que Moïse a prescrit dans la Loi :
cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti,
cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle,
de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville,
mais restait à l’écart, dans des endroits déserts.
De partout cependant on venait à lui.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Une fois parti » c’est donc dire que lorsque la décision est prise de partir à la suite de Jésus, des petits miracles m’accompagnent, ma lèpre spirituelle passe par la purification et m’ouvre à répandre la bonne nouvelle  par ma guérison qui en sera un témoignage. Jésus, ne reste pas en périphérie, arrête-toi  au cœur de ma ville  intérieure  afin que j’aie l’audace requise pour discerner les attentes de l’Esprit Saint et la force de les accomplir afin « d’arriver » au cœur de Dieu…

Mariette 

Facilement, je m’identifie au lépreux qui tombe aux genoux de Jésus en lui disant :

« Si tu le veux, tu peux me purifier. »

Oui mais… est-ce que j’ai la foi de ce lépreux?

Seigneur, je crois en toi… mais je t’en prie, viens au secours de mon manque de foi!

Michaël

« Si tu le veux, tu peux... »  Quel est ce vouloir mystérieux de Dieu révélé en Jésus, attentif à cet homme exclu et rejeté de la vie sociale et religieuse par des lois et des tabous?  Que nous soyons frères et sœurs, aimés d’un même amour, porteurs d’une même dignité: enfants bien-aimés d’un Dieu qui n’est que tendresse et compassion.  Alors le rêve de Dieu pour l’humanité peut s’accomplir: un monde uni, inclusif, où chaque personne a sa place.  Et cela dépend de nous.

Fernande

desert« Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville,
mais restait à l’écart, dans des endroits déserts.
De partout cependant on venait à lui. »

Ça fait drôle de lire que Jésus restait à l’écart, dans des endroits déserts,  surtout après une scène si touchante de guérison!

Notre Dieu ne cherche pas à en mettre plein la vue ou à épater la galerie, ou même à juste guérir le plus grand nombre possible, pour faire plaisir et permettre que la vie puisse suivre son cours… comme avant…

Si le retrait de mon Dieu au désert peut m’être pénible, un peu comme s’il coupait les liens, ne serait-ce pas en fait, tout au contraire, pour m’inviter au plus intime de mon être? Pour pouvoir entendre et voir à quoi il m’appelle… et peut-être aussi, trouver la foi et l’humilité de plier le genou, et lui demander de me purifier, pour œuvrer à sa suite?

Merci mon Dieu de me donner de te demander de me purifier, vraiment!

Solane

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Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant :
« Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »

Ici, c’est étonnant comme la relation d’intimité avec Jésus apporte une guérison telle et qui engage les deux parties…

Cependant c’est Jésus lui-même qui  « ouvre » à un « tiers » (le social) cette relation pourtant « privée »…

Comme si la prise en compte de la Loi venait inspirer et bonifier l’agir de tous: « De partout cependant on venait à Lui ... »

Ainsi Jésus, tout en accueillant intimement quiconque s’adresse à Lui, marque avec fermeté le territoire intime, tout en retournant chacunE vers la communauté pour un « vivre-ensemble » qui soit reflet de tout un peuple investi de Sa Présence…

Marie-Hélène

C’est immense, c’est l’absolue Bonté!

Devant le lépreux, Jésus est saisi de compassion. J’imagine ce que ça veut dire le fait que Jésus ou Dieu soit « saisi de compassion ». C’est immense, c’est l’absolue Bonté!  Il a donc vu le lépreux et sa misère et Il l’a entendu et Il l’a guéri.  Et nous, pourquoi donc vivons-nous tous tellement de misères et de souffrances, sans sembler être ni vu, ni entendu? Ce qui me touche dans cet Évangile, c’est l’humilité et la confiance entière que le lépreux manifeste devant Jésus. Il tombe à genoux devant Lui et lui dit qu’il sait que Jésus peut le guérir, s’Il le veut.

À mon avis, Il le veut toujours, c’est peut-être nous qui ne savons pas le Lui demander. Devant Lui, il nous faut faire preuve d’humilité totale et d’une grande confiance pour qu’Il nous voie et nous entende. Ici c’est le lépreux qui nous montre comment Dieu peut nous entendre. Il nous entend lorsque nous sommes totalement, entièrement désireux de sa Grâce, humbles et totalement confiants aussi. Ça me fait réaliser que bien souvent mon appel est tiède, et que ce désir puissant d’être libéré de la maladie (du corps ou de l’âme) et cette confiance absolue sont essentiels pour que la prière soit réelle.

Mariette Renée

jesus-lepreux

« Si tu veux… »

Jésus fut « pris de pitié », devant cet homme exclu du fait de sa lèpre. Jésus fut ému, touché aux entrailles comme les évangélistes le notent au moins cinq autres fois. La compassion, cette capacité de ressentir la détresse de l’autre et de vouloir la soulager faisait donc partie de la personne de Jésus.

Qui ne voudrait s’approcher d’une telle personne? C’est bien la grâce à demander, en tombant à genoux aux côtés de ce lépreux anonyme, de pouvoir s’adresser à lui dans les mêmes termes : « si tu le veux, tu peux me purifier ». J’aime bien cette audace qui met Jésus au défi, mais qui reconnaît en même temps sa liberté. « Si tu veux… », c’est l’attitude du mendiant conscient de  dépendre de ce qui lui sera donné. Mais ce suppliant a décidé de faire une démarche, d’aller à la rencontre de celui à qui il donne pouvoir sur sa vie. Or c’est souvent le genre de décision qui coûte le plus : puis-je vraiment prendre le risque de faire entièrement confiance à Dieu au point de remettre mon présent et mon avenir entre ses mains? Pourtant, cet acte de confiance me « purifie » parce qu’il me décentre de moi-même et me fait entrer dans une relation d’amour.

J’imagine la vie de ce lépreux à jamais transformée à partir du moment où il a osé avouer son désir de vivre pleinement dans la communauté dont il était exclu. Il ne pouvait plus se taire! il avait fait l’expérience d’avoir rencontré un homme de compassion.  Que me soit donnée cette faveur d’être compatissante et secourable comme d’autres le furent pour moi. Car notre monde ne connaîtra pas la paix si nous ne faisons pas de la compassion l’ingrédient vital de nos relations, à petite et à grande échelle.

Gisèle

«  et, tombant à ses genoux »

Lu avec les yeux du survol et entendu avec l’oreille blasée, celle qui croit avoir déjà tout entendu; il n’y a pas grand’chose à re-dire dans ce petit récit de Saint-Marc. Mais regardé et vécu on veut le re-voir et le re-vivre pour n’en pas re–venir, tant est révélatrice la parfaite harmonie qui règne entre le geste et la parole :

Un lépreux vint auprès de Jésus ; La lèpre abîme le corps, le ronge, le rend effrayant et repoussant aux yeux de son prochain.

Il le supplia, il se « plie », s’abaisse sous l’autorité de Jésus

et, tombant à ses genoux,
« tombant à genoux aux genoux de Jésus » afin qu’Il se penche (se plie vers), et tourne son regard vers lui,
et il dit,
en homme déjà assagi par les tribulations de sa vie de lépreux :

« Si tu le veux, tu peux me purifier. » « SI »
………tu le veux…….tu peux. La demande est parfaite, sa discrétion déborde d’humilité, de foi, d’espérance et d’amour.

Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha, Jésus répond d’abord par le geste silencieux de la main qui touche et du regard penché vers le suppliant

et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » 
À la sobriété de la demande orale, la sobriété de la réponse orale est exaucement sans délai.

Dans le silence qui suit se fait entendre le commandement auquel, semble-t-il, aucun exaucé n’obéit : « Attention, ne dis rien à personne………..»
Au contraire, la nouvelle se répand avec une telle intensité que les nonchalants et les paresseux eux-mêmes se mettent en route avec les boiteux, les bossus et tous les pécheurs insatisfaits. Peu, espérons-le, se décourageront avant de trouver les lieux où se retire Jésus pour les attendre. Lieux déserts, à l’image du lieu où, depuis sa résurrection il nous attend tous, ni loin, ni près mais au-dedans de nous.

Pour la pécheresse que je suis et qui, grâce à diverses astuces, n’effraie pas mon prochain comme le lépreux mais est aussi entièrement vue par Jésus, la simplicité de ce récit est un modèle à suivre, sans crainte mais dans l’espérance, comme pour tout homme qui se reconnaissant pécheur, reconnaît aussi qu’il ne peut guérir sans la volonté divine et que Jésus est le parfait médiateur de cette volonté.

Puissions-nous être parmi ceux qui cherchent réellement Jésus, les affamés de cette part d’eux-mêmes qui sans cesse manque, ceux-là qui ne prennent pas de repos jusqu’à ce qu’ils le trouvent, au désert qu’ils fuyaient de toutes leurs forces.

Pierrette

outre

Il fut saisi de compassion

Ce passage de l’évangile de Marc est de toute beauté et très riche en expressions du cœur. Il est comme un guide pour tous ceux et celles qui cherchent à nourrir leur vie spirituelle parce qu’il nous donne des attitudes clés pour parvenir à rencontrer Dieu à travers Jésus et à demeurer dans son amour. Marc nous révèle les attitudes de cœur qui font écho dans le cœur de Jésus. Tout d’abord nous avons l’attitude de la Foi : le lépreux vint auprès de Jésus, le supplia et tomba à ses genoux en disant  « si tu le veux, tu peux me purifier ».  Le lépreux reconnait le pouvoir de guérison de Jésus et fait une démarche de foi auprès de Lui avec un cœur sincère; deuxièmement, nous avons l’attitude d’abandon qui est source d’humilité: le lépreux s’abandonne à ses pieds en laissant à Jésus la liberté de le purifier ou pas. Il fait sa demande en toute humilité. En d’autres mots il dit à Jésus : «guéris-moi si tu le veux et que ta volonté soit faite! » Une demande faite en toute simplicité et qui respecte la liberté de Jésus de le guérir ou pas. Troisièmement nous avons l’attitude de Jésus qui est très révélatrice : Il fut saisi de compassion. Une compassion qui n’est autre que l’expression du cœur, le langage du cœur qui se donne avec tendresse et miséricorde.  Jésus étendit la main, le toucha et lui dit « je le veux, sois purifié. » La lèpre le quitta aussitôt. Quatrièmement nous avons l’attitude d’action de grâces : dans le processus de guérison, l’action de grâce est une étape importante voire cruciale parce qu’on connaît un réveil spirituel et on goûte à une nouvelle liberté.  Jésus, sachant cela, commande au lépreux d’aller se montrer au prêtre et de donner ce que Moise a prescrit dans la Loi pour qu’il soit un témoignage pour les autres. Et finalement nous avons le témoignage qui vient avec la louange : une fois parti, l’homme se mit à proclamer et à répandre la bonne nouvelle dans tout son village en signe d’action de grâces pour les bienfaits reçus du Seigneur. Ce lépreux goûte à un bonheur tout neuf, une nouvelle liberté qui le réintègre dans la société. Il ne peut cacher son bonheur même si Jésus lui a demandé de ne rien dire à personne. Un esprit de gratitude, n’est-ce pas le signe tangible d’une guérison intérieure, d’une paix intérieure? Demandons à Jésus d’augmenter notre foi et de nous donner la grâce de l’humilité et de la compassion.

Je te loue Père en Jésus pour tous tes bienfaits.
Donne à tes enfants la grâce de la compassion,
Cette expression du cœur qui voit et qui comprend
La souffrance de l’autre sans la juger.

Ô Jésus, Toi qui ne fais qu’un avec le Père,
Mets en nous un esprit d’abandon, cet esprit qui attend tout de Toi
Afin que nous puissions vivre dans un état de liberté intérieure et de gratitude.
Aide-nous à revêtir l’habit de service et d’humilité.

Ô Jésus, Toi qui as le pouvoir de guérison,
Aide-nous à tendre la main en douceur, sans arrogance,
Détaché de nous-mêmes afin que nous puissions répondre
Aux besoins des plus démunis et des exclus de la société.

Ô Jésus, Toi qui es sorti pour proclamer la Bonne Nouvelle,
Augmente en nous la Foi
Pour que nous puissions avec ta grâce proclamer et répandre
La bonne nouvelle du salut qui apporte l’amour et la paix
Dans le cœur de chacun, chacune qui reconnaît
Que Tu es dans le Père et le Père est en Toi et
Que nous ne faisons qu’UN avec Toi dans l’Esprit qui donne Vie.

Karine

lepreux

Impur

Impur! Impur! C’est le cri que l’on nous demande, à nous lépreux, de lancer en direction de toute personne qui cherche à nous approcher. Impur! Nous sommes impurs, ne nous approchez surtout pas! Vous risqueriez, vous aussi, de devenir impurs à notre contact et de connaitre l’opprobre.

C’est comme si nous portons à même notre chair le poids de tous les péchés du monde, comme si la corruption qui ravage l’humanité se stigmatisait sur notre corps. Même le criminel n’est pas autant pointé du doigt, rejeté, exclu, haï que nous. Il peut encore s’attirer certaines sympathies, et assez curieusement parfois de l’admiration pour avoir osé braver l’opinion des autres en se mettant à dos la collectivité.

La maladie qui nous dévaste est l’une des pires, elle nous retranche de la collectivité, elle nous isole, nous coupe irrémédiablement de l’autre. Nous ne pouvons ni tendre la main ni recevoir les bras qui réconfortent. La vue d’un lépreux inspire la peur, l’horreur, le dégoût et une aversion contagieuse.

Impur, je suis impur! Toutes les nuits, ces paroles résonnaient à mes oreilles et me hantaient.

Et toutes les nuits je m’écriais en pleurant, injuste, injuste!

Injuste parce que je ne suis pas « cela ».

Je ne suis pas ce manteau de pourriture dans lequel le regard des autres m’enferme.

C’est comme les haillons déchirés que l’on nous demande de porter et les cheveux en broussaille que l’on nous force à arborer. C’est un costume. Je ne suis pas cela, ce n’est pas ce que je suis vraiment.

J’en avais la conviction, et pourtant toutes mes prières étaient vaines, et la maladie chaque jour se propageait comme une fatalité, dévorant tous mes espoirs.

J’eu le rêve une nuit à propos d’une femme qui, malgré le fait qu’elle avait beau laver, et relaver avec énergie son vêtement, ne parvenait  jamais à le ramener à sa blancheur. Toute sa volonté et toute sa détermination n’y faisaient rien. Pire, la où le savon était frotté, le vêtement se tachait irrémédiablement, ou même se trouait.

À mon réveil, je compris que l’humanité ne pouvait se guérir de son péché et de sa corruption par sa propre volonté, et qu’il y fallait aussi celle de Dieu.

Peu de temps après, la rumeur parvint à mes oreilles à propos de cet homme qui opérait des miracles, guérissant, non par son savoir ni sa propre volonté, mais bien par celle de Dieu.

Je sus que si telle était « sa » volonté, il pourrait me ramener à ce que je suis véritablement en-dessous de ce vêtement de lépreux. Je cherchai dès lors à le croiser.

Ce qui arriva. Me jetant à ses pieds, je lui criais :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
C’est alors qu’il étendit la main,
me toucha et répondit :
« Je le veux, sois purifié. »

Nénuphar

« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)

Un nouvel extrait d’Évangile à écouter et à commenter…

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Évangile selon Saint-Marc, chapitre 1, de 29 à 39

En ce temps-là,
aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm,
Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean,
dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit,
elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
Jésus s’approcha,
la saisit par la main
et la fit lever.
La fièvre la quitta,
et elle les servait.

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Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal
ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,
et il expulsa beaucoup de démons ;
il empêchait les démons de parler,
parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert,
et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »

Et il parcourut toute la Galilée,
proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,
et expulsant les démons.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Nous avons ici quelqu’un de malade, et à l’arrivée de Jésus, aussitôt on lui en parle, alors Jésus s’approche de celle-ci, la saisit par la main, et la fait lever.

Et nous, lorsque nous avons des malades, est-ce que nous en parlons aussitôt à Jésus?  Je constate ici que la malade ne peut rien faire d’elle-même, ni demander pour elle-même, mais Jésus agit à la demande des gens, s’approche lui-même et la fait lever, la remet en service.

Sylvie

Amène-moi avec Toi
pour m’apprendre à vivre en gratitude
tout au long de ma vie

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Ce texte me frappe tout particulièrement aujourd’hui car je viens de vivre une partie de cet  évangile.

J’ai commencé l’année par une forte fièvre qui m’a fait perdre tout contact avec l’extérieur, et

moi-même, je vous dirais que c’est traumatisant : j’ai pris conscience, après quinze jours de confusion, que je venais de faire une encéphalite aigüe à cause du virus de l’influenza. Le personnel hospitalier est émerveillé de ma réhabilitation. Je suis de retour à la maison sans  aucune séquelle.

Des groupes de prière ont intercédé pour moi au nom de Jésus afin que je retrouve la santé. Le récit de l’évangile continue en nous disant : « Le lendemain Jésus se leva tôt et alla prier au désert».  Amène-moi avec Toi pour m’apprendre à vivre en gratitude tout au long de ma vie à la suite de cet évènement…

Mariette

jesus

Tu apportes la vraie guérison…

Quand on est malade, qu’on reçoit un diagnostic quelconque ou que l’on traverse une épreuve, vite, les gens nous disent de prendre soin de soi, de se reposer, de se chouchouter, de penser à soi et se gâter, pour recouvrer la santé, et surtout une qualité de vie…

C’est drôle, toi Jésus, tu guéris non pas pour permettre aux gens de trouver ou retrouver le confort et pouvoir poursuivre la course folle à la poursuite de rêves et paradis instantanés, et artificiels.

Tu apportes la vraie guérison, celle qui permet de venir offrir ce que l’on a de meilleur, sans éclat. Merci de nous guérir et de nous aider à simplement partager notre cœur et cette face unique de nous qui est à Ton image.

Pour notre plus grand bonheur!

Solane

Aussitôt… aussitôt…
Il y a de ces mots qui expriment l’empressement de l’amour.
Jésus sort.  Il s’approche.  Il saisit.  Il guérit.  Il se lève.  Il s’isole.  Il prie.
Et lorsque le monde cherche à le retenir, il dit: allons ailleurs.
Pourquoi?  Pour proclamer l’Évangile.  Cette réalité d’un amour personnel
qui nous devance et nous accompagne.  Et aujourd’hui, nous en sommes les témoins.

Fernande

À chaque fois que nous servons les autres avec une bonne intention, avec le cœur le  plus pur possible, nous servons Dieu. Et même si celui ou celle qui reçoit ne semble pas apprécier notre don, dans son cœur il y a un espace qui est touché par ce don et cela devient de la bonne semence. Ce don peut être un pardon, un service, un bon mot d’appréciation, enfin tout ce qui vient du cœur. Et Dieu complètera notre don en temps et lieu.

Avons-nous souvent apprécié un don de notre père, de notre mère, d’un parent, d’un de nos professeurs, d’un prêtre ou d’un religieux? Sommes-nous prêts à servir même s’il ne semble pas y avoir d’avantage ou de retour immédiat?

Léopold

Jésus n’est pas venu pour impressionner le monde par ses miracles… ni même pour nous guérir malgré nous, mais il est venu nous appeler à la conversion par notre oui, notre foi et notre ouverture à l’Esprit Saint.

Et quand il nous guérit, c’est pour nous relever du gouffre-origine de toute maladie : il nous guérit de nos replis, de nos divisions, de nos esclavages.

Il est donc « sorti » – sorti du Père – pour proclamer l’Évangile, qui signifie la bonne nouvelle…

Jésus leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »

… pour proclamer la bonne nouvelle de cette conversion qui nous libère de tout usurpateur et nous ouvre à l’Amour rédempteur… car il est sorti du Père, non pour Le quitter, mais pour nous y ramener, pour être le pont vivant entre nous et Notre Père.

Pour cela il se retire souvent en lui-même pour prier…

Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.

… afin de s’ancrer solidement au Père – en lien vivant – en cette nature humaine qu’il a endossée pour nous ouvrir la Voie, la Vie et la Vérité.

Michaël

La belle-mère de Simon était malade,
(Comment je vis, de silence en silence, le récit décrit par ces versets)

« Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. » Pas une parole n’est prononcée.
« La fièvre la quitta, et elle les servait. »  Celle qui était malade, couchée, et avait de la fièvre, est simplement prise par « la main », levée et rendue à sa tâche, dotée d’un grand silence, qui s’impose alors dans les cœurs voisins. Un silence fécond qui vient jusqu’à nous, lecteurs. La fièvre est éteinte, chacun est remis en veille.
Toutefois, la nouvelle se répand et, dans la soirée, parmi les malades qui accourent vers la guérison, se trouvaient des démons auxquels Jésus « ordonnait » le silence avant de les expulser. Ce n’est plus un silence d’ouverture mais un silence de fermeture imposé aux bavards que sont les démons qui sèment la confusion dans nos esprits.

Le lendemain, Jésus sortit bien avant l’aube, et se rendit dans un endroit désert, et là il priait, au lieu de rencontre entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, silence encore, d’où jaillissent toutes les premières fécondités. À peine cette arche s’offre-t-elle à nos attentions, que le bruit du monde s’approche à nouveau : « Tout le monde te cherche » disent les disciples à Jésus. Car nous, les êtres humains sommes vite avides de miracles. Nous nous enlisons volontiers dans une quête répétitive de grâces gratuites. Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti ». Après les guérisons du corps, qu’il suffit d’accueillir, vient l’Évangile qui demande notre adhésion, notre totale conversion, notre mise en pratique, notre amour du Verbe fait chair, notre volonté plongée dans celle du Père. Où cela peut-il se faire si ce n’est dans le silence révélateur du coeur de Marie, Mère de Dieu? Là où toute vanité meurt d’inanition.

Pierrette

….

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J’étais couchée, incapable de me lever.
Les fièvres avaient pris possession de mon corps

Pour mieux vivre cette scène, de la guérison de la belle-mère de Simon-Pierre par Jésus, je me suis permis de prendre la plume en son nom :

J’étais couchée, incapable de me lever. Les fièvres avaient pris possession de mon corps, j’étais dans une extrême faiblesse. Mon esprit était tourmenté, j’étais égarée, comme si les douleurs de la maladie prenaient un malin plaisir à m’éloigner loin de moi-même. Ce n’est qu’au travers de denses brumes que j’entendis qu’il y avait du monde à la porte.

En temps normal, j’aurais accouru à la rencontre des visiteurs pour les accueillir. Mais là, c’est comme si je n’étais déjà plus de ce monde, comme si j’aurais presque préféré être morte plutôt que de subir ce tourment.

J’entendis un léger frôlement dans la pièce. Quelqu’un était rentré.

Ce n’était pas la présence de Simon que je connais bien, il est assez vif et on sait tout de suite qu’il est là. Non, c’était quelqu’un d’autre, ou plutôt une autre sorte de présence qui avait de par son seul surgissement changé toute l’atmosphère de la chambre. Un silence s’était créé, comme lorsque l’on s’apprête à écouter quelqu’un dans une assemblée publique. Il me semblait que chaque poussière, et en dedans de moi chaque partie de mon corps, retenait son souffle.

Intriguée, malgré l’étau de mon mal de tête, je ne pus m’empêcher d’ouvrir les yeux. Il devait être quelque part, dans l’ombre de la pièce ou en arrière de moi. C’est alors que, sans l’avoir vraiment décidé, je sentis mon corps se tourner doucement de lui-même vers celui qui était rentré, un peu de façon similaire à la fleur du tournesol lorsqu’elle se tourne vers le soleil.

guerison-belle-mere

Je le vis s’approcher, sortir de l’ombre et me tendre la main sans un mot. Ma propre main partit à la rencontre de la sienne. C’est alors que je sentis un puissant souffle se diriger vers moi. Ce souffle, intangible à mes sens, mais omniprésent dans sa tendre miséricorde, me traversa le corps et en fit sortir des nuages de poussières, de pleurs, de peurs.

J’hésitai un instant. La maladie s’était évaporée comme la rosée au lever du soleil.

Il me prit la main, et sans le moindre effort, mon corps se redressa. J’eus la nette perception d’être libérée, comme si d’immémoriales chaines qui me maintenaient en esclavage, qui me gardaient captive à l’intérieur de mon propre cachot, venaient de sauter.

Je le suivis. J’avais l’impression de revenir de très loin, des limbes ou de quelque labyrinthe souterrain ravagé par la dispersion et la mort. Même mes vêtements semblaient avoir été  lessivés et blanchis. Il me ramena aux miens et je revins tout naturellement à mes fonctions d’hôtesse de la maison, à la différence que, ce n’était plus moi qui servait, mais bien, j’en eus la certitude, sa propre présence au travers de mes mains.

C’est ainsi que je fus guérie, et sauvée, par celui que mon beau-fils Simon me présenta sous le nom de Jésus.

(tel que rapporté par) Nénuphar

jesus-accueil

 

Qui est cet homme qui à son seul toucher,
par sa seule présence, sa seule parole
est capable de guérir tous les maux? 

Cet évangile de Marc nous révèle un visage de Jésus que j’aime beaucoup. Qui est cet homme qui à son seul toucher, par sa seule présence, sa seule parole est capable de guérir tous les maux?  Qui est cet homme qui émane une énergie libératrice autour de lui? Qui est cet homme qui ne se laisse pas faire par les démons et qui les expulse par sa voix? Marc nous le dit clairement dans son évangile. Cet homme, c’est Jésus, le Saint de Dieu. Il est un guérisseur qui n’agit pas de lui-même et ne parle pas en son nom. Son énergie guérissante, sa force  ne vient pas de lui-même mais de Dieu, son Père, notre Père. C’est un homme de prière qui prend le temps de se retirer à l’écart pour prier et se laisser habiter par l’Amour et l’Esprit de son Père. Jésus, le Saint de Dieu, le guérisseur, ne se laisse pas mener ni par la foule ni par ses disciples. Il rappelle à ses disciples le but de sa mission : « Je suis sorti pour proclamer l’Évangile. » Un  évangile qui libère les cœurs et transcende les mœurs, les mentalités, les structures qui aliènent tous ceux et celles qui se laissent toucher par son Évangile, sa Parole de vie. Jésus redonne Vie à tous ceux et celles qui  s’approchent de Lui parce qu’Il communique l’Amour divin. Toute la personne se trouve engagée dans un processus de guérison parce qu’Il libère le cœur, le corps et l’esprit de tout mal. Ce Jésus guérisseur défie toute logique scientifique et médicale. La médecine fait des miracles corporels extraordinaires mais il y a encore une seule chose qu’elle ne nous donne pas : la Paix intérieure. Cette paix que Jésus donne à tous ceux et celles qui ont Foi en Lui, en sa Parole de vie, en sa Miséricorde et son Amour. Jésus guérit notre âme et apaise notre être tout entier. Lui seul peut vraiment nous donner une guérison intérieure. Prenons un temps d’arrêt pour goûter son amour infini et sa miséricorde. Laissons-nous toucher par son Amour afin de lui ressembler et de communiquer cet amour divin qui guérit l’âme et apaise les cœurs. Revêtons-nous de son esprit d’humilité.

Ô Jésus, mon amour,
Enveloppe-moi de Ta présence
Qui m’unifie à l’Esprit de Ton Père.

Ô Jésus, Toi, le Saint de Dieu,
Mets ta main dans ma main et relève-moi.
Donne-moi ton regard d’amour qui sécurise et réconforte.

Ô Jésus, Toi, le guérisseur par excellence,
Embrase-moi de ton feu sacré
Qui pacifie les cœurs et les esprits tourmentés.

Ô Jésus, Toi, la force de vie universelle,
Renouvelle en moi cette énergie de cœur
Pour que je proclame ton Évangile d’amour et de  paix.

Karine

Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?

 

Marc_1_ 21-28Évangile selon Saint-Marc, chapitre 1, de 21 à 28

 

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement :
« Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur
et se demandaient entre eux :
« Qu’est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
Il commande même aux esprits impurs,
et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout,
dans toute la région de la Galilée.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Délivre-moi, Seigneur, de l’esprit impur qui m’habite et fais de moi un témoin de ton amour.

Paul

Seigneur,

Aide-moi à repousser avec fermeté la partie en moi qui me garde totalement dans la peur, dans la non-confiance et dans la tentation. Offre-moi ce pas assuré, des plus engagé vers ce que je choisis de bon, vivant et connecté à Dieu. Une énergie flamboyante et heureuse. Que chacun d’entre nous entende l’appel profond de Dieu et ressente sa protection.

Patricia

Il rejoint, il touche, il rassemble

Jésus enseigne d’un lieu tout intérieur, habité de Dieu, son Père. Il rejoint, il touche, il rassemble, il unifie les forces vives de chacunE au fil de sa Parole; il reconnaît, nomme puis éloigne tout ce qui divise. Son autorité est un feu agissant de l’intérieur comme à l’extérieur…

N’oublions pas qu’il vient et agit ainsi dans le sanctuaire de nos cœurs, unifiant nos forces vives en vue de la Mission et dispersant tout ce qui s’y oppose…

Nous portons un trésor, c’est à nous de contacter Jésus notre Maître Intérieur, de nous déposer souvent en sa présence: il ne manquera pas de nous délivrer chaque jour de ce qui peut mener à la dispersion.

Car Il nous aime et il nous veut « Un/ifiéE, chacunE pour nous accorder à sa Vie abondante.

Marie-Hélène

jesus

« Qu’est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
Il commande même aux esprits impurs,
et ils lui obéissent. »

L’autorité, c’est Jésus qui l’a.  Ça me fait penser au saint curé d’Ars, car ayant écouté dernièrement le film de sa vie sur YouTube, je lui ai entendu dire que les miracles, ce ne serait pas lui qui les ferait, mais Jésus, et aussi sa petite patronne, sainte Philomène.   Et nous qu’en est-il de notre confiance en Jésus, de son autorité sur nos vies, sur ce qui nous arrive? ou le connaissons-nous si mal, que nous croyons qu’il est venu pour nous faire souffrir ou pour nous perdre.  Sommes-nous prêts à lui remettre la gouverne de nos vies, à lui remettre tout pouvoir et toute autorité sur nos vies, en lui disant: Jésus, j’ai confiance en Toi?

Sylvie

Qu’est-ce qui a bien pu tant piquer le malin,
pour qu’il hurle à Jésus:
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ? »

temoins

C’est fou à quel point encore aujourd’hui, notre regard est vite brouillé, et on ne voit plus tout l’Amour, la Tendresse qui nous habite et nous entoure, tout cet Amour inconditionnel de Celui qui nous a donné les paroles de vie, a tout donné, jusqu’à sa vie pour nous sauver. Merci, Jésus, d’être venu révéler ce qui, en nous, et en notre monde, détourne notre regard, notre cœur et tout notre être de son essence, de son sens, de ce qui nous fait vivre!

S’il te plait, reste avec nous et permets-nous de toujours nous rendre compte quand le malin veut s’établir en roi et maître. Et surtout, donne-moi la force de t’abandonner mon impuissance, mon incapacité totale de le chasser, et de retrouver Ta paix,  Ton amour, et la joie  du don.

Solane

Nous sommes tous des pêcheurs d’hommes

Nous sommes tous des pêcheurs d’hommes en tant que chrétiens. Et nous interpellons par notre vie, par ce que nous sommes. Nous voulons ouvrir à la vraie vie et certains pensent que  nous voulons les diminuer, enlever ce qu’ils ont alors que nous voulons les aider à enlever ce qui les empêche de vivre vraiment, en toute liberté. Nous aimerions qu’ils aient plus de vie, qu’ils soient fiers de leur dignité humaine voulue par Dieu.

Nous prions qu’ils soient en communion avec nous, avec tous leurs frères et sœurs, avec leur grand-frère, Jésus le Christ. Nous savons que la noirceur ne l’emportera pas parce que c’est la volonté de Dieu que nous  vivions dans l’amour.

Léopold

PAROLES et ACTIONS traversées par le même souffle, celui de l’Amour.

Encore aujourd’hui, ce souffle de Dieu veut traverser notre vie pour que nos paroles et nos actions fassent vivre « de tous les côtés ».

Alors, pourra surgir l’émerveillement ou l’étonnement.

Fernande

Dans le récit de Saint Marc,
Jésus ne confond pas l’homme tourmenté
avec l’esprit qui le tourmente

Chaque fois que l’autorité de Jésus nous est montrée en acte, grande est la joie dans mon coeur. Ce qu’il ordonne ne peut qu’être exécuté car rien n’est caché à son regard et il ne peut donner un ordre qui ne convient pas â la situation où il se trouve. Ses ordres ne sont pas le fruit de longues réflexions, ils émergent de sa constante clairvoyance.
Dans le récit de Saint Marc, Jésus ne confond pas l’homme tourmenté avec l’esprit qui le tourmente. Il ne dit rien à cet homme mais il ordonne à l’esprit impur de sortir de l’homme et de se taire. Pas de longs discours.
C’est à cette autorité que nous nous adressons lorsqu`à la fin de la messe nous demandons à Jésus de dire un seul mot pour notre guérison.
C’est également à cette autorité que nous faisons appel dans le silence de nos chambres.

Pierrette

Le cœur sait reconnaître une voix qui parle vrai

Le cœur sait reconnaître une voix qui parle vrai, c’est ce qui arrive aux membres de la synagogue de Capharnaüm. Le discours de Jésus tranche sur les propos qu’ils ont l’habitude d’entendre, ils en veulent plus… mais voilà le perturbateur à l’œuvre, cet esprit mauvais qui vient détourner l’attention d’une Parole que des croyants essaient d’entendre.

Oh! Que cela ressemble à ce qui se passe en moi lorsque je me laisse entraîner par le fil de mes distractions en apparence anodines, ou lorsque je fais taire une voix qui me dérange. Je suis le terrain d’un combat réel entre le mauvais esprit qui me décentre de mes aspirations profondes, et le bon esprit qui m’attire du côté d’une vie simplifiée, prête à écouter la voix du Seigneur.

Se peut-il que ce combat traverse aussi nos milieux de vie et nos communautés chrétiennes? Lorsque les intérêts particuliers créent des malentendus, des clans, le bien commun est compromis et les initiatives sont paralysées. Comment faire entendre la voix de Celui qui a le pouvoir d’ordonner aux esprits perturbateurs de se soumettre à la Parole qui rassemble?

À la synagogue, Jésus de Nazareth, tu as imposé à un mauvais esprit de faire silence, de « sortir de cet homme » tourmenté. Ta parole a été efficace, elle a mené les témoins de ton geste à se poser des questions. Ton pouvoir de guérison est égal à ton pouvoir de prononcer une parole qui libère, qui ouvre de nouveaux espaces. Apprends-nous à discerner comment agir avec nos  propres démons intérieurs, à compatir avec celles et ceux qui mènent un combat difficile pour se libérer de ce qui les tient captifs.  Toi l’enseignant qui joint la parole aux actes, apprends-nous à intervenir dans nos communautés tiraillées par l’esprit mondain. Toi qui as le pouvoir d’écarter les forces obscures, viens au secours des chrétiens persécutés dans le monde afin qu’ils puissent te célébrer en paix.

Gisèle

esprit-impurOr, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »

On pourrait penser que si on avait la confirmation que ce que dit Jésus est vérité, on aurait foi en lui… et on le suivrait joyeusement. Or ici – et ailleurs dans les Évangiles – il semble bien que l’esprit impur sache très bien qui est Dieu et qui est Jésus… et pourtant  il n’a pas foi en lui, en ce sens qu’il ne lui donne pas sa confiance, son adhésion joyeuse, totale et inconditionnelle.

En fait, il semble que l’esprit impur n’est pas déchu par ignorance, et c’est bien là le drame de l’inversion angélique: refuser l’Amour en toute connaissance, choisir en toute lucidité la séparation, le non-amour, et donc l’enfer de l’enfermement… de la division… et cela, au nom de quoi?

Savoir la vérité ne suffit-il donc pas à vivre la vérité?

En fait, peut-être que cette incertitude de la raison humaine pour ce qui est du domaine spirituel est une grâce… et que de ne pas savoir la vérité de façon certaine, avec notre tête, nous force à ouvrir notre cœur pour la reconnaitre – nous faisant alors renaitre avec elle – et ce faisant nous remembre en cœur à cœur au Corps du Christ, à Sa Présence, Son Amour, Son Agir… (?)

Michaël

Quels sont les chemins de Dieu, quels sont ses mystères?

Voilà que les anciens, les prêtres et les scribes, gardiens de cette parole qui annonce précisément la venue du messie, ne le reconnaissent pas en la personne de Jésus. Et voici que les esprits impurs, qui viennent égarer l’être humain et le détourner de la conversion, reconnaissent triplement Jésus : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »

Une première fois ils le reconnaissent dans sa dimension humaine en l’identifiant par son nom et son lieu d’origine sur terre : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? »

Une deuxième fois, ils reconnaissent sa fonction de salut qui vient libérer l’être humain du péché, de « l’esprit impur », cet esprit dominé par la convoitise et opposant sa propre volonté à celle de Dieu : « Es-tu venu pour nous perdre ? », ou en d’autres mots Es-tu venu pour dissiper les brumes obscures qui s’opposent au salut de Dieu?

Une troisième fois, ils reconnaissent son unique divinité directement issue du Père, ainsi que sa sainteté : Je sais qui tu es : « tu es le Saint de Dieu. »  Ils ne disent pas qu’il est un Saint parmi d’autres, mais bien qu’il est le Saint de Dieu.

Quel être humain, du vivant de Jésus-Christ, même parmi les plus sages et éclairés, a confessé tout cela : Tu es Jésus de Nazareth, celui qui vient nous libérer du péché, le Saint de Dieu.

Pourquoi est-ce que ce sont les esprits impurs et les démons qui crient d’emblée cette vérité à la rencontre de Jésus? « Il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était » Mc 1, 29-39. Peut-être est-ce parce que l’obscurité ne peut que reconnaitre la lumière, puisqu’elle ne peut s’opposer à celle-ci, toute obscurité disparaissant au lever du soleil. Mais les fausses lumières détournées de l’être humain, elles, cherchent à maintenir leur illusoire brillance, même en plein jour.

Seigneur, garde-nous de ces lumières détournées, par trop humaines, qui nous égarent encore plus sûrement que la nuit obscure en manque de ta présence!

Nénuphar

« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? »

Le jour du sabbat, Jésus enseignait avec autorité. L’homme tourmenté par  un esprit impur était déstabilisé par la présence de Jésus. Ce qui est intéressant dans ce passage d’évangile c’est que ce possédé a reconnu la sainteté de Jésus. Il savait qui Il était puisqu’il se sentait menacé, démasqué : «  Que nous veux-tu Jésus de Nazareth?  Es-tu venu pour nous perdre? »  La réaction de cet homme n’est pas bien différente des personnes qui font de la corruption un modèle de gestion. En présence de personnes intègres, désintéressés et compatissantes les gens corrompus se sentent menacés. Ils ont  la difficulté à agir en leur présence par peur d’être démasqués, dénoncés, de changer leur comportement et de retrouver la vue spirituelle. Ils veulent rester dans les ténèbres pour continuer leurs magouilles parce qu’ils agissent sans conscience et veulent rester sous la domination de cet esprit impur. Il en est de même pour les personnes qui ont un comportement non évangélique dans notre entourage et qui se sentent menacées par l’enseignement libérateur de Jésus. L’enseignement de Jésus est nouveau parce qu’il parle avec autorité. L’autorité de Jésus est libératrice. Elle met en lumière la personne soumise à un esprit impur. Sa présence, Sa voix ont le pouvoir d’extirper de toute personne qui s’approche de Lui de tout cœur le malin, la servitude, la détresse, le vide existentiel. Cet évangile de Marc nous invite à nous laisser approcher par Jésus. Laissons-Le nous enseigner, nous imprégner de sa présence, nous pénétrer de sa voix libératrice.

Ô Jésus, Toi, le Saint de Dieu,
Celui qui nous enlève tout esprit impur
Prends pitié de nous pécheurs.

Ô Jésus, Toi, le Saint de Dieu,
Celui qui nous enlève tout esprit impur
Donne-nous Ta paix.

Ô Jésus, Toi, le Saint de Dieu,
Celui qui nous enlève tout esprit impur
Renouvelle-nous de l’intérieur.

Ô Jésus, Toi, le Saint de Dieu,
Celui qui nous enlève tout esprit impur
Montre-nous Ta face de lumière.

Karine