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« Aimez-vous les uns les autres » (Jn 15, 1-8)

Jn_15_1-8_aimez-vous

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 15, 9-17

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Comme le Père m’a aimé,
moi aussi je vous ai aimés.
Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements,
vous demeurerez dans mon amour,
comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père,
et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite.
Mon commandement, le voici :
Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis
si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs,
car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ;
je vous appelle mes amis,
car tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi,
c’est moi qui vous ai choisis et établis
afin que vous alliez,
que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure.
Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande :
c’est de vous aimer les uns les autres. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

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Réaliser que c’est Dieu qui m’a choisie…
pour que je porte un fruit qui demeure…
Alors que tout passe et meurt…
Ce n’est pas un « selfie »…

Et encore, réaliser que tout ce que je demande à Dieu au nom de Jésus, Il me le donnera…
Cercle relationnel ouvert:
Prier devient ma vie…

Ma RELATION à Dieu change TOUT: je suis une « choisie », « telle quelle »: c’est ainsi qu’il m’a voulue, point final.
On passe aux  « vraies choses »…

Il me respire, je suis « sa choisie », dans la foi, l’espérance et l’amour… Pour diffuser Sa vie!

Marie-Hélène 

aimez-vous-6C’est vrai, Seigneur, je ne t’ai pas choisi… car comment te choisir, moi qui ne te connaissais pas. Tu m’as appelé par mon nom… et tu m’as rappelé encore et encore… jusqu’à ce que je reconnaisse ta voix, jusqu’à ce que moi aussi je t’appelle par ton nom… et que je te rappelle encore et encore.

C’est maintenant par ton nom que je marche en toi qui es le chemin;
c’est avec ton nom que je touche à la lumière, toi qui es la vérité;
c’est en ton nom que je garde souffle, toi qui es la vie.

Et quand je demande en ton nom, voilà que je te reçois,  toi avec Père et le Saint Esprit;
quand  je cherche avec ton nom, voilà que je te trouve, toi qui es tout en tout;
quand je frappe par ton nom, voilà que tu ouvres mon cœur, toi qui es amour incarné.

Alors seulement je peux obéir à ton commandement de nous aimer les uns les autres, de nous aimer comme tu nous as aimé.

Michaël

« C’est de vous aimer les uns les autres », phrase on ne peut plus claire mais combien difficile à réaliser.

Je crois qu’il faut d’abord s’aimer soi-même pour pouvoir aimer ceux qui m’entourent. De là, la difficulté. Ce n’est pas parce que l’on est une famille que c’est automatique de s’aimer, et que l’amour déborde de toute part, non.

Jésus m’invite dans ce texte à savoir reconnaitre mes faiblesses et mes exigences parce que je ne compte que sur moi pour évaluer le degré d’amour que la personne mérite.  Comme je  le sais : le jugement a la première place devant mon tribunal  de commandements, je ne laisse pas assez de temps aux plaidants. Pourtant ce sont ces occasions qui m’aident à hausser mon taux de tolérance pour ne pas dire mon amour envers ces personnes et, par le fait même, donner le témoignage d’avoir été choisie par mon Père, me dit Jésus…

Mariette

 …

aimez-vous-1« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. »
Que la surabondance d’amour, fruit de cette vie sans cesse donnée, reçue et redonnée, soit le rempart contre le cloisonnement et le « garder pour soi » que fabriquent la peur, l’ignorance et l’avidité.
« Elles écouteront ma  voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner,  j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau. »
Seigneur Jésus, bien que je sache  et croie que ta Parole est vérité, elle s’évanouit avant d’atteindre la porte verrouillée de la charité. Prends pitié de la faiblesse, envoie les gardiens de ta Parole. Qu’au simple son de ta voix toute porte soit déverrouillée et que bondisse vers Toi la multitude de tes brebis, désormais incorruptibles.

Pierrette

aimez-vous-3Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite.
Mon commandement, le voici :
Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés.

Rien de moins populaire en cette époque !
Et pourtant, je sais qu’au plus profond de chacun brûle cet appel à aimer. À aimer chaque être, sans distinction. Sans peur ni armure. Au-delà des barrières.

Cette soif m’habite au plus profond. De même que cette certitude de ne pas être capable, de ne pas être à la hauteur de cet Everest que représente pour moi l’amour. L’amour de chaque personne et de chaque être qui m’entoure. Cet amour pur, vivifiant, qui mène à Toi Seigneur.

En fait, écrivant ces lignes, je me rappelle que le plus grand obstacle à l’amour des autres est mon regard, qui me croit incapable et indigne de ce don si grand.
Et je sais que je ne suis pas la seule à porter cette blessure.

S’il te plaît seigneur, donne-nous de plonger, d’oser nous aimer les uns les autres, quelle que soit la force ou l’ampleur de nos blessures. D’oser juste plonger, comme un petit enfant maladroit qui offre des pissenlits à sa maman, même s’ils sont pleins de boue, ou couverts de fourmis. Cherchant juste à offrir son cœur. Sans se poser des questions.
Seigneur donne-nous de porter du fruit. Pour que Ta joie soit en nous. Amen.

Solane

aimez-vous-7L’amour ne se commande pas. Pourtant Jésus demande à ses disciples: « Aimez-vous les uns les autres. » Il le dit juste avant son départ, comme pour laisser le meilleur de son expérience à ceux et celles qu’il aime. L’amour reçu du Père l’a tellement nourri, structuré, qu’il insiste: aimez-vous « comme » le Père m’a aimé. Et encore: aimez-vous les uns les autres  « comme » je vous ai aimés.
Un amour qui s’approche tout en laissant à l’autre sa liberté. En laissant à l’autre la chance d’offrir quelque chose à partager. Rien n’est plus difficile à vivre chez les pauvres que de ne pas être en mesure, par exemple, d’inviter quelqu’un à manger parce que le budget est trop restreint.
Cependant, Jésus nous parle d’autre chose: offrir sa personne, rien de moins. Il dit: « Il  n’y a pas de plus grand amour que celui qui se dessaisit de sa vie par amour pour ses amis. » Il fait appel à l’ami, pas au serviteur qui fait son devoir mais n’entre pas en relation vraiment. Heureusement, je peux compter sur l’Esprit pour m’apprendre à aimer comme Jésus nous aime, entre nous et avec lui.

Gisèle

Comment m’as-tu aimé Seigneur?

Tu m’aimes au-delà de mes plus grandes colères, Tu m’aimes même lorsque je te suis infidèle, Tu m’aimes même lorsque je suis aveugle et sourde à ton Amour, Tu m’aimes même lorsque je t’ai oublié, Tu vois la beauté de mon être, la vérité de mon coeur même lorsque je me crois perdue. C’est ainsi que tu veux que j’aime mon prochain? Comme tu m’aimes, donne-moi d’accueillir mon prochain sans le juger. Comme tu m’aimes, donne-moi d’ouvrir les bras dès que mon prochain s’approche de moi.  Comme tu m’aimes, donne-moi de voir le cadeau de ta présence chez mon prochain. Comme tu m’aimes, donne-moi de reconnaitre mon prochain comme moi-même.

Mariette-Renée

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Comment cela pourra-t-il se faire Seigneur,
puisque nous ne sommes pas aimantes?

Tu ne cesses de nous demander, de nous commander, de nous supplier : « Aimez-vous les uns les autres !»

Tu nous connais, nous sommes tes brebis indisciplinées, fragiles, inconstantes et malheureusement souvent infidèles, nous sommes de celles qui s’égarent souvent et se perdent en chemin, de celles qu’il te faut aller rechercher à répétition.

Nous aimer les uns les autres, comment cela pourra-t-il se faire? Nous sommes promptes au jugement, à la comparaison, à la jalousie, à l’égocentrisme, à la rancune et à la médisance.

Nous sommes tellement impulsives, réactives, colériques, et si peu souvent réellement à l’écoute de l’autre, si peu dans l’empathie et la compassion pour ce que chacune d’entre nous vit.

Alors comment cela pourra-t-il se faire, nous aimer réellement les uns les autres, comme tu nous à aimés, jusqu’à donner notre vie?

Impossible pour nous.

Mais puisque toi tu peux tout, et comme c’est toi qui nous a choisies, tu peux encore nous surprendre, nous guérir, nous transfigurer, nous ressusciter de notre état de pécheur, et nous rendre aimantes, cela, nous le croyons.

Seigneur, qu’il en soit fait ainsi, tel que tu nous le demandes, tu es notre berger et nous sommes tes brebis, rends-nous aimantes!

Nenuphar, au nom de quelques brebis égarées

aimez-vous-2Jésus dit à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » Saint Jean nous révèle l’essence même du message de Jésus. Ce qui fait la joie du disciple du Christ c’est son amour pour Dieu et son prochain. Le disciple du Christ ne peut pas embrasser la logique du monde qui ne jure que par les pulsions humaines en niant notre divinité. La logique de Dieu c’est la gratuité de l’Amour. Un amour qui se donne dans la tendresse et la miséricorde. Jésus nous invite à aller vers nos frères et sœurs dans la gratuité. La gratuité de l’amour nous garde dans l’humilité et dans l’action de grâce. La logique du « donnant-donnant » par contre nous conduit à la déception, la tristesse, l’amertume, la colère, la vengeance parce que notre frère, notre sœur ne répond pas toujours à notre attente et à l’amour humain, l’amour intéressé et jetable  qu’on veut lui donner.  Jésus nous invite à demeurer dans son amour pour que nous puissions aimer comme Lui nous a aimés. Nous avons besoin de cette grâce divine pour aimer comme Dieu. Nous avons besoin de revêtir le Christ pour aimer et servir comme Lui.  La fraternité, la solidarité ouvrent notre cœur à cet amour divin mais si nous ne sommes pas branchés sur Jésus, notre geste reste superficiel et ne portera pas de fruit.  Si nous sommes déçus après avoir posé un geste d’amitié, de fraternité, de solidarité et de service, nous devons retourner à la Source divine pour nous abreuver afin que notre cœur ne se ferme à tout jamais. Dieu seul peut nous renouveler de l’intérieur parce qu’en Lui nous  trouvons la force de pardonner et de recommencer dans la joie à donner la vie en abondance. Un amour qui ne nous élève pas vers notre Créateur, vers l’Amour divin  et ne nous met pas dans l’action de grâce se perd dans l’ego et nous entraîne à redorer notre image pour notre propre gloire. L’Amour divin se donne une journée à la fois dans l’humilité et dans la joie. Allons chaque jour à la Source et prenons le temps de communier et de demeurer dans l’amour de Jésus afin qu’Il nous abreuve et nous renouvelle de son Amour infini.

Ô Jésus, mon amour,
Merci de nous aimer comme ton Père t’a aimé.
Pétris-nous de ton amour miséricordieux et
Aide-nous à demeurer dans ton amour.

Ô Esprit du Dieu vivant
En nos cœurs descends.
Ouvre nos cœurs à la gratuité de l’amour et
Donne-nous la joie d’aimer comme Jésus nous a aimés.

Karine

Vous vous lamenterez

vous-vous-lamenterez

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 16, de 16 à 23

Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez. »
Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là :
Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez, et puis : “Je m’en vais auprès du Père” ? »
Ils disaient : «  Que signifie cet « encore un peu de temps »? Nous ne savons ce qu’il veut dire. »
Jésus connut qu’ils voulaient l’interroger et leur dit : « Vous vous questionnez entre vous sur ce que j’ai dit :
Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez.
En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, tandis que le monde se réjouira; vous serez affligés, mais votre affliction se changera en joie.
La femme, lorsqu’elle enfante, est dans la souffrance parce que son heure est venue. Mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de ses douleurs, dans la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde.
Vous aussi, vous êtes maintenant dans l’affliction; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie.
En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Père, il vous le donnera en mon nom.

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Commentaires

« Encore un peu de temps vous me verrez et encore un peu de temps vous ne me verrez plus« ….  Seigneur c’est comme si tu voulais jouer à la cachette avec moi. Je ressens l’intensité de ta présence et soudain plus rien, une douleur s’empare de moi, tel un accouchement,  je m’inquiète, reviendra-t-il dans la joie d’une naissance qui fait grandir mon âme dans la sérénité et la vérité, avec la promesse que nul ne ravira ta présence Seigneur?….

Mariette 

 

« Tout ce que vous demanderez à mon Père, il vous le donnera en mon nom. » Est-ce que tu crois cela mon âme? Crois-tu cela que cet homme venant de Dieu et entièrement donné à Dieu a réparé par le don de son propre corps, de sa propre vie, ce lien brisé de filiation à notre propre Père? Crois-tu cela que par la grâce de son seul nom, ta propre demande et celle du Père se trouvent à nouveau réunies, en un même amour, en une même volonté?

Nénuphar

 

« Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez. »
Cette annonce,faite par Jésus à ses disciples avant sa mort sur la croix, ne la vivons-nous pas sans cesse au long de nos vies de pécheurs?

Combien de fois l’affamé que je suis n’a-t-il pas préféré libérer Barrabas et laissé crucifier, disparaître Jésus ?
Combien de fois Jésus n’est-il pas revenu vers l’affamé que je suis pour m’offrir l’amour passionné de la croix ?

« Vous serez affligés, mais votre affliction se changera en joie »

Combien de fois, avant d’être affligé, ai-je reculé, fermé les yeux et les oreilles devant la Passion de Jésus ?
Combien de fois pourtant, m’a-t-il fait goûter à sa joie ?

Que le brigandage de Barrabas perde son panache, son attrait, sa séduction.
Que nos yeux s’ouvrent sur la paix qu’offre la croix.

Pierrette

 

« Nul ne ravira votre joie. En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. » En effet, quand le Seigneur se fait Présence en notre cœur et dans notre vie, nous connaissons une paix et une joie profonde. Nul ne peut ravir notre joie parce que nous avons l’assurance qu’Il est toujours avec nous même dans nos moments de sécheresse et de grande tempête. Nous devenons adultes dans la foi. Nous ne posons plus de questions qui suscitent un débat intellectuel parce que nous expérimentons sa Présence de l’intérieur. Notre joie ne dépend plus de gratifications extérieures, de ce que nous possédons ou de notre statut social. Jésus nous dit : «Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne ravira votre joie ».  Cette  promesse est véridique et devient une réalité dans notre vie quand nous faisons la rencontre avec Jésus, le Christ Ressuscité. La grâce de Sa rencontre  transforme toute notre vie. Il nous  fait goûter à l’unification de tout notre être avec l’univers entier. Il nous  rassasie de son Amour et nous fait connaître une nouvelle liberté intérieure. Jésus est vraiment ressuscité et bien vivant en nous et dans notre monde. L’Esprit du Seigneur nous conduit quand nous faisons appel à lui et nous savons intuitivement comment répondre à des situations qui, autrefois, nous engageraient vers des chemins ténébreux. Ressuscité avec le Christ nous devenons des enfants de lumière.

Karine

 

Je suis incontestablement de ceux qui aimeraient que l’enfantement ne se fasse pas nécessairement dans la souffrance… non seulement pour la première naissance, mais aussi pour la deuxième, celle-là où il nous faut renaitre de l’Eau et de l’Esprit.

Cela dit…

Je reconnais cette  « chute »  qui me fait verser – ou plutôt m’inverser – dans le gouffre de l’égocentrisme, trou noir sans fond qui absorbe et consomme sans cesse, à jamais insatisfait.

Je reconnais qu’en cet affaissement en soi-même, il est impossible d’en sortir par soi-même.

Je reconnais que, séparé du Dieu Vivant, il n’y a plus que survie dans la peur de perdre et de se perdre.

Je reconnais que je ne peux être sauvé de mon enfermement sans l’Incarnation – et donc la Croix – de Celui qui prend corps dans notre humanité effondrée.

Je reconnais que notre retournement entre les bras de l’Amour Vivant ne peut s’actualiser sans renoncement au petit moi qui se veut pour lui-même en tant qu’entité séparée… en tant que sarment séparé de la vigne. Et c’est précisément là que les douleurs de l’enfantement se logent. Les contractions sont à la mesure de nos résistances, réticences, attachements…

Comme le dit très bien Joseph Ratzinger dans son livre L’enfance de Jésus :

« Dieu est amour. Mais l’amour peut être haï, quand il exige que l’on sorte de soi-même pour aller au-delà de soi. L’amour n’est pas une sensation romantique de bien-être. La rédemption n’est pas wellness, un bain d’auto-complaisance, mais une libération de l’être compressé dans son propre moi. Cette libération a pour prix la souffrance de la Croix. »

Ô mon Dieu, je t’en prie, libère-nous de l’emprise de la peur de perdre cela même qui nous fait nous perdre! Que Ton Amour qui ouvre et dé-couvre nous libère de cette peur qui ferme et enferme! Que par le mystère de Ta Trinité bénie, chaque personne réalise dans la foi que c’est en se donnant inconditionnellement que, loin de se perdre, chacun se retrouve pleinement en son unicité irremplaçable et éternelle. Amen

Michaël

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