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« Silence, tais-toi ! » (Mc 4, 35-41)

silence-tais-toi

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre  4, 35-41

Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule.
Le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Pourquoi êtes- vous si craintifs, n’avez-vous pas la foi?  Seigneur, nous manquons vraiment de foi, nous sommes si pleins de crainte, aide-nous.

Sylvie

Passons sur l’autre rive, sans crainte.
Telles sont nos vies.  Des passages.
De nos façons de penser, de voir, de faire.

De nos certitudes, de nos acquisitions.
Du dehors au dedans.

Passons sur l’autre rive ne sachant pas ce qui nous attend
sauf la certitude qu’il faut passer.
Et un jour, sur l’autre rive,
mes yeux verront le Christ,
Celui que j’ai cherché dans le soir et sur les vagues du temps.

Fernande

Jésus encore nous invite :
« Passons sur l’autre rive. »

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Pour cela, quitter la cohue, se retrouver avec Jésus dans la nuit alors que « survient une violente tempête » et nous, bousculés de toutes parts… Lui « dort sur le coussin à l’arrière »…

Ça brasse vraiment dans le bateau/monde. Et puis? Lui parler, garder le contact: « nous sommes perdus; cela ne te fait rien ? »

Lui, réveillé, menaçant le vent, dira à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tombe, voilà un grand calme. Puis Jésus de me/nous dire :

« Pourquoi être si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Jésus dans la foi, Présence Absolue, immédiate: « même le vent et la mer lui obéissent  »

Jésus, Présence Réelle dans la foi, donne-nous de nous recentrer sans cesse en Toi, de quitter la cohue des inquiétudes pour trouver en Toi ce « grand calme » créateur, source de notre juste place parmi les tiens!

Marie-Hélène

Je suis le vent qui rugit.
Je suis la mer qui se déchaîne.

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Nous sommes les éléments de la nature indomptables, incontrôlables pour l’homme.
Mais quand le Fils de l’homme se dresse entre ciel et terre sur la barque, il nous rend dociles au moyen d’une seule parole.

Par quel miracle ce Jésus parvient-il à nous soumettre, nous les indociles?

Parce qu’il est lui-même soumis à son Père, le Créateur de toute vie.

Nénuphar

… 

jesus« Silence, tais-toi. »   C’est ce que je voudrais entendre dire de Toi, Seigneur. Viens calmer toutes les peurs qui me jettent hors du navire par des vagues énormes. Je me sens secouée en tous sens, je perds ma direction, ordonne-leur le silence, ça fait mal dans tout mon être.

Oui, je me reconnais dans ces quelques mots « femme de peu de foi ». C’est Toi qui peux tout, pas moi. Ce n’est sûrement pas ce que tu attends de moi, vivre dans un tourbillon d’illusions, mais accorde-moi la grâce de Te reconnaitre dans cette barque où Tu dors en attendant que je te réveille. « Il se fit un grand calme.» La moitié de l’année est derrière moi, plusieurs vagues m’ont poussée à me dépasser, à risquer.

Seigneur je te rends grâce de surveiller ma barque à présent que je t’ai réveillé.

Mariette

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »

Question cruciale pour mesurer ma foi véritable. Ma confiance en Dieu est inconditionnelle et entière ou elle n’est pas. Je ne peux pas avoir confiance à moitié, ni même à 99%, car s’il y a une petite faille dans la confiance que je Lui donne, la foi ne peut être agissante. S’il y a un tout petit manque d’adhésion, un petit doute ou une petite résistance, c’est comme vouloir de tout mon cœur donner la main… mais ne pas le faire à cause d’un petit 1% d’hésitation. Le 1% est alors plus fort que le 99% parce que le résultat est que je ne donne pas la main. Que ce soit une grosse chaine ou un fil de soie qui me retient, le résultat est le même.

Seigneur, je crois… mais viens au secours de mon manque de foi, je t’en prie! Je ne peux rien sans toi.

Michaël

C’est dans la joie et la confiance que nous nous embarquons « avec Jésus » pour atteindre l’autre rive. Nous ne voulons plus quitter cet homme qui nous parle de son Père, qui nous décrit son royaume, qui nous prie de faire nôtre ce royaume, avec lui, en lui. Nourris par sa Parole, toute autre nourriture nous laisse affamés.

barqueToutefois, tant qu’Il est parmi nous, qu’il mange avec nous, qu’il dort à nos côtés, nous demeurons enfantins. Que survienne, tandis que Jésus dort à l’arrière, le déchainement des éléments, le cri et la plainte du vent, le soulèvement agressif des vagues de la mer, aussitôt l’effroi nous brise, nos corps tremblent, nous sommes perdus dans un océan de ténébreuses images d’à venir qui oblitèrent notre foi naissante tant que, sous le bruit de notre imploration, le Fils ne sort pas de son paisible sommeil et ne prononce pas, devant la mer et pour toute agitation, sa parole pacifiante : « Silence, tais-toi ! » et son interrogation étonnée : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Il faudra la Crucifixion, la Résurrection et la Pentecôte avant que la foi et l’amour du Fils nous soient intimement offerts et que nous puissions témoigner, de génération en génération, de la Vérité qui ne tombe pas sous le sens commun.

« Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Pierrette


vagues-5Flots agités, reflets des préoccupations qui me prennent d’assaut lorsque je veux me mettre en prière, vous êtes si révélateurs de la place que je prends, au lieu de me centrer sur Celui qui est le maître à bord.

Ce même jour où nous lisons ce récit de Marc, saint Paul dit que le « Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour tous ».

Comme les disciples qui n’avaient pas encore compris quel maître les avait appelés, je suis retenue captive de mon enclos intérieur. Je tremble en pensant à ce que je pourrais perdre alors que je suis aux côtés de Celui à qui le Père a tout confié. Je ne le vois pas parce que je suis prise dans mon petit monde qui manque d’ouverture, en proie aux ombres menaçantes de la mort. Comme les disciples, je crie : aie pitié de moi qui suis en danger de périr!

Collectivement, nous sommes captifs des craintes qui naissent de nos appétits indomptés, qui créent tant d’inégalités et de remous sur la surface de la terre et tant d’agitation sur les mers. Si nous voulons que personne ne soit rejeté à la mer par manque de compassion – comme cela arrive à tant de migrants –  il nous faut ensemble tourner nos regards vers le Christ ami des humains, qui nous a laissé son Esprit et révélé à quel point le Père veut le salut de toutes et tous.

Christ, apprends-nous en te regardant comment apaiser les flots agités de nos passions, pour que la traversée d’une rive à l’autre soit un chemin de vie et non de mort.

Gisèle

….

vagues-1Fatigué après avoir parlé à la foule toute la journée, Jésus dit à ses disciples le soir venu : « Passons sur l’autre rive. »  Au lieu de trouver repos dans leur barque, voilà qu’une nouvelle réalité leur fait face. La mer commence à s’agiter, la barque se remplit d’eau, une tempête violente vient ébranler la foi des disciples pendant que Jésus était assoupi. Ayant pris peur, les disciples réveillent Jésus en lui disant : « Maître, nous sommes perdus; cela ne te fait rien? » Dans leur désarroi, Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs? N’avez-vous pas encore la foi? » Avec son calme habituel, Jésus parla au vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi! » Jésus parle avec autorité. Une autorité qui apaise, qui libère de la peur et de la crainte. Surpris de voir que même le vent et  la mer lui obéissent, les disciples se demandaient entre eux mais « qui est-il donc celui-ci? »

En faisant la relecture de notre histoire de vie, nous pouvons marquer le temps où Jésus nous a demandé de passer sur l’autre rive. En faisant le grand saut dans le vide, la tempête nous fait peur et ébranle notre foi. Comme Jésus est bien présent dans nos vies, nous allons à Lui en disant comme les premiers disciples : « Seigneur, nous sommes perdus; cela ne te fait rien? » C’est dans ce cœur à cœur avec Jésus où nous lui avouons notre peur, nos incertitudes, nos doutes et notre découragement que Jésus se fait le plus proche de nous pour nous rassurer en nous disant : « Pourquoi êtes-vous si craintifs? N’avez-vous pas encore la foi? »

La Foi, oui, la foi, comme cette petite graine de moutarde qui nous fait soulever les montagnes de nos vies. Quand nous laissons Jésus prendre toute la place dans notre vie et nous lui faisons confiance, son Esprit vient toujours paver le chemin.  Dans un moment de grâce, Il vient nous apaiser même au milieu de la tempête. Il nous donne sa Parole qui nous libère de la peur et de la crainte. Si nous demeurons dans son amour et sa paix, nous voyons comme par enchantement qu’Il nous donne une force spirituelle, une grâce spéciale, pour lâcher prise sur nos situations chaotiques.

Sa Parole vient nous transformer de l’intérieur et changer notre perception de la réalité. D’un regard tout neuf, nous voyons que la tempête nous a apporté son lot de malheur et de bénédictions que nous embrassons à cœur joie. Surpris par notre attitude de paix intérieure, nous avons comme une certitude que Jésus était bien présent au milieu de nous. Il nous donne une assurance qu’Il sera toujours là dans les bons et les mauvais moments de notre vie. Il renouvelle notre foi en nous donnant une nouvelle espérance, une confiance dans l’avenir. Dans un éclat de joie et dans un élan d’amour nous nous demandons : « qui est-il donc ce Jésus qui a le pouvoir de transformer notre vie en une danse agréable à ses yeux? Oh, qu’il est bon notre Seigneur Jésus-Christ! En goûtant sa bonté dans nos vies  nous dansons de joie  en témoignant de ses merveilles.

Quand le vent souffle fort dans nos vies, Seigneur,
Nous crions vers Toi en toute humilité et tu viens à notre secours.
Merci, Seigneur, pour ta présence rassurante.

Quand nous faisons face au raz-de-marée, Seigneur,
Tu nous dis : « Soyez sans crainte. »
Merci, Seigneur, de nous porter dans tes bras avec amour.

Quand nous sommes ébranlés par la peur, Seigneur,
Tu nous ramènes à notre être intérieur où tu fais ta demeure.
Merci, Seigneur, de rallumer en nous la flamme de la foi.

Karine

Commentaire des illustrateurs

vagues-7Dans ce dessin, nous avons voulu illustrer la mer en furie soulevée par des vagues révoltées, enroulées et repliées sur elles-mêmes, à l’image de notre agitation mentale lorsque les pensées tourbillonnent dans leur propres obsessions. Sous l’ordre impératif de Jésus, les vagues se calment et accueillent la lumière pacifiante venant du ciel.

 

M’aimes-tu? 

m-aime-tu

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 21, de 15 à 25

Lorsqu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : «  Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. »
Il lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? » Pierre lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit :
« Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? » Pierre fut peiné de ce qu’il lui eût dit pour la troisième : « M’aimes-tu? », et il lui dit : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis.
En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. »
Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre devait glorifier Dieu. Et après avoir ainsi parlé, il lui dit : « Suis-moi. »
Pierre, s’étant retourné, vit venir derrière lui le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus et avait dit : « Seigneur, qui est celui qui va te livrer? »
Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il? »
Jésus lui répondit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? Toi, suis-moi. »
Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Pourtant, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? »
C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai.
Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses; si on les écrivait une à une, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

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COMMENTAIRES

Lorsqu’ils eurent mangé, Jésus  lui dit pour la troisième fois, « Pierre m’aimes-tu ? » Seigneur je ne compte plus les fois que t’aurais pu douter de mon amour et me demander « Mariette m’aimes-tu ? » Tu sais bien Seigneur que j’t’aime ….
« Ah oui ?, alors suis-moi! »… Oups …c’est là que je ne réponds pas toujours à la mission d’amour que tu me proposes, sous divers prétextes je te dis non,  c’est trop Seigneur je ne suis pas capable, je te le dis pas clair de même, mais ça ressemble à un refus. Seigneur pardon pour toutes ces lâchetés, je ne sais pas où tu m’amènes et l’insécurité m’empêche de poser des actes d’abandon, de confiance, et comme Pierre, moi aussi je suis vraiment peinée et j’aimerais bien à nouveau manger à la même tablée que tous ceux et celles qui te suivent avec joie….

Mariette

23-oui-je-t-aime-seigneur

« M’aimes-tu? », et il lui dit : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis

Il est vrai, Seigneur, que tu connais toutes choses. Et moi aussi, à priori je me questionne : mais pourquoi tu demandes par trois fois à Pierre s’il t’aime ? Est-ce pour lui permettre de se l’entendre dire, et peut-être même aussi pour sentir en lui cet appel à un Amour engageant ?

Oui, je t’aime Seigneur! Et stp, permets-moi aussi d’être ton ouvrière. D’être ta messagère, d’être tes mains qui réchauffent, réconfortent et transmettent ton Amour;
Et aussi qui donnent sans compter;
Stp donne-moi un cœur qui se donne entièrement, et qui est le reflet de Ta charité.
Donne-moi d’être ton sourire, qui est aussi accueil et chaleur sans fin;
Donne-moi d’être tes oreilles, qui écoutent sans juger, avec Ton Amour et Ta compassion;
Donne-moi Tes mots qui encouragent, encensent et sont porteurs de Vie.

Oui, merci Seigneur de me donner de Te reconnaître et de T’aimer en chacune et chacun de mes frères et sœurs, et de chercher sans cesse à œuvrer à Ton Royaume, ici et maintenant, sachant très bien que je ne puis absolument rien accomplir seule, et que j’ai tant besoin de Toi !

Solane

 

 

À trois reprises Jésus demande à Simon Pierre s’il l’aime et trois fois ce dernier lui répondit: « OUI, Seigneur, tu sais bien que je t’aime. »

Lors de sa passion, Jésus lui avait prédit qu’avant que le coq chante deux fois, Simon Pierre le renierait trois fois.

D’un côté j’aimerais comprendre ce que le chiffre trois signifie ici.

D’un autre, ceci me fait réaliser que même si nous aimons profondément quelqu’un et même si nous donnons notre vie à une personne ou une œuvre, nous pouvons lui tourner subitement le dos si nous avons peur. La peur nous domine malgré tout l’amour et la dévotion que nous pouvons sentir pour Dieu et son œuvre. Oh, mon Dieu libère-nous de la peur!!!

Rosa

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En lisant ce texte, ce qui me frappe particulièrement, ce sont deux choses. La première, c’est la phrase de Jésus lorsqu’il parle à Simon-Pierre, et qu’il lui dit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? Toi, suis-moi. »  C’est le « Toi, suis-moi » qui m’a touché particulièrement. J’entends là, le lien personnel que Jésus nous offre. Toi, pas l’autre, pas les autres, mais bien toi, toi-même, suis-moi.

Peu importe son lien à l’autre, aux autres, il nous offre à chacun, à moi, une relation personnelle, unique et qui plonge jusqu’au cœur de mon être. C’est pour moi parfois difficile à croire et encore moins à laisser vivre en moi. Pourtant, dans mon cœur, c’est ce à quoi j’aspire le plus, cette relation personnelle, qui me voit, de laquelle je ne peux pas me dérober, devant laquelle je suis nue, vue dans toutes mes imperfections, surtout celles que je ne suis même pas prête à reconnaitre et à voir, Lui il les voit, il m’aime telle que je suis. C’est d’une telle évidence certainement, mais pour moi c’est d’une telle puissance, d’une telle force, que ça m’émeut profondément. Je reconnais là l’Amour. Lui il aime ce que je ne peux pas encore aimer de moi-même….Il est plus grand que moi, Il est mon Père, et mon Seigneur. Dans ce texte c’est l’une des choses qui m’a touchée. J’espère de tout mon cœur, comme Jean, d’avoir la certitude que Jésus m’aime. Une part de moi le sait, mais la part mondaine prend beaucoup de place et le nie constamment. Pourtant, je reconnais que même cette négation, de laquelle j’ai honte, mon Seigneur la voit, la reconnait et m’aime au-delà de ce qui m’empêche de m’ouvrir à son Amour.

L’autre chose qui me frappe, c’est lorsque Jésus dit à Simon-Pierre essentiellement que lorsqu’il était jeune, il se vêtait de lui-même, mais lorsqu’il sera vieux il tendra les bras et on l’amènera là ou il ne veut pas aller. J’entends que pour mourir à soi, Jésus nous demande de nous laisser guider là ou nous n’irions pas de notre plein gré dans notre jeunesse, c’est à dire mu par les habitudes et les automatismes. Il nous demande de nous abandonner à Lui et de nous laisser guider. Je crois que c’est en laissant travailler Sa parole en moi qu’Il saura que j’accepte de me laisser guider par Lui.

Mariette-Renée

 

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Seigneur, soit loué pour ces dernières questions et paroles adressées à Simon-Pierre, et que soit loué aussi ton apôtre Jean qui nous les a transmises.

Dorénavant la question « M’aimes-tu ? », posée trois fois de suite, nous est adressée à tous, dans le secret de notre face à face avec Toi.
La magnifique réponse finale de Pierre : «Toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime» est la réponse d’un homme pardonné, guéri du reniement proféré trois fois dans la maison du grand prêtre juif, celui qui voulait ta mort.
J’avoue m’être sentie indigne d’une telle réponse et avoir cherché à y mêler de l’incertitude. Quel orgueil bien caché ! N’est-ce pas justement cette réponse de Pierre qui est pleine de gratitude et d’humilité ? N’est-ce pas Toi, Jésus, qui nous aime le premier ? N’est-ce pas par Toi que nous naissons à la possibilité non seulement d’aimer mais de « dire » « Je t’aime » ?

Trois fois questionné, Pierre est aussi trois fois ordonné : «Pais mes agneaux», «Sois le pasteur de mes brebis», «Pais mes brebis».  Prendre soin de ce qui nous est confié, n’est-ce pas être porté par Ta miséricorde? N’est-ce pas en te suivant que nous allons «là où ne voudrions pas aller seuls ?»  Sans Toi, nous ne pouvons rien faire, rien aimer. Chaque jour nous le montre.

Enfin, tu mets un terme à notre inutile curiosité les uns vis-à-vis des autres lorsqu’à la question de Pierre : «Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il?», tu nous rends à nous-mêmes et devant toi : «Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi».

« Toi, suis-moi » est donc ta dernière parole adressée à nos oreilles, avant ton ascension et la première que tu as prononcée après ton baptême.
Que nos cœurs y soient sensibles à chaque instant.

Pierrette

 

23-tu-m-as-appele-seigneur

Par trois fois Jésus demanda à Pierre : « M’aimes-tu? » Il fut peiné la troisième fois et répondit : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime. » Le Seigneur connait les talents de Pierre et Il sait qu’il possède les dons spirituels pour devenir le pasteur de ses brebis. Pierre a un charisme bien à lui, c’est pourquoi Jésus lui révèle sa mission. Il s’étonne de ce choix et demande à Jésus  pourquoi ne pas avoir choisi son disciple préféré. Jésus lui répondit ce n’est pas de tes affaires Pierre, « Toi, suis-moi. » Décidément, on est appelé et choisi pour une mission.

Jésus prend le temps de conscientiser Pierre par sa question : «  m’aimes-tu? ». Pour la mission qu’Il lui confie Pierre doit se dessaisir de lui-même. C’est l’Amour de Jésus qui sera sa seule motivation. Il fera tout pour la plus grande gloire de Dieu. Sa mission n’est pas de se glorifier lui-même ni de se mettre à l’avant-scène pour attirer les honneurs du monde  mais  bien pour suivre les traces de Jésus dans le service et l’humilité. Désormais, Pierre ne pourra plus agir de par lui-même mais sera conduit par l’esprit du  Seigneur qui le mènera là où il ne voudra pas aller.

Tu m’as appelé Seigneur : me voici.
Me voici pour faire ta volonté.
Me voici devant toi avec un cœur ouvert et  disponible
Pour t’aimer et te servir à travers mes frères et sœurs.
Donne-moi la  sagesse du cœur pour discerner tes voies.
Dessaisi-moi de mon ego pour que je sois docile à l’Esprit-Saint.
Viens embraser  mon cœur de ton amour
Pour que je sois fidèle à vivre que pour toi et par toi.

Karine

Pierre qui avait affirmé à Jésus qu’il était prêt à le suivre jusqu’à donner sa vie pour lui… le renie trois fois de suite quelques heures plus tard. Et pourtant Pierre était sincère dans son amour pour Jésus. Mais il semble que l’amour don total de soi – agapè en grec, ne peut s’acquérir par soi-même. Il appartient en propre à Dieu seul – Trinité Une – qui le transmet par grâce à tous les membres rassemblés en Son Corps… et à qui bon Lui semble.

Lorsque que Jésus demande à Pierre trois fois de suite : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? », il emploie (dans le texte original grec) le verbe agapè les deux premières fois, mais Pierre répond à chaque fois : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime » avec le verbe philia qui est un amour solidaire et fidèle basé sur l’estime et l’amitié. En cela Pierre répond honnêtement, selon sa nature.

La troisième fois, Jésus semble se mettre à son niveau en posant la question avec le verbe philia sans que Pierre ne semble entendre la différence.

À chaque fois cependant, Jésus convie Pierre à être le berger de son troupeau, comme si cet amour humain philia – malgré ses limites – est  suffisant pour ouvrir cœur à l’Esprit Saint qui transmet l’Amour don inconditionnel de soi, agapè, sans lequel Pierre ne pourrait être Pasteur de l’Église naissante.

Lors de la descente de l’Esprit Saint à la Pentecôte, Pierre s’en retrouve effectivement complètement transformé, affermi, inspiré…

Même sans avoir accès aux lumières du texte original grec, la question trois fois répétée de Jésus, avec ce seul verbe aimer qui en français traduit toutes les formes d’amour, résonne comme un appel à un amour transcendant. Trois fois… peut-être parce que Pierre a renié trois fois Jésus… mais peut-être aussi pour questionner l’amour de Pierre selon différents niveaux d’être… (?) …et lui révéler par le fait même la condition sine qua non pour accomplir sa mission de « pierre » sur laquelle il veut bâtir Son Église : l’amour, l’amour et encore l’amour… sans lequel la foi n’est rien.

Pierre, de lui-même – et malgré son amour fidèle et sincère pour Jésus – ne peut aimer de cet Amour Christique.

Lorsque Jésus est fait prisonnier, Pierre, laissé à lui-même, ne peut résister à la peur… et c’est uniquement cette peur qui lui fait renier Jésus devant ceux qu’il perçoit comme menaçants.

En se séparant de Dieu… qui est Amour, l’homme s’est aussi séparé de cet Amour… qui est Dieu. Dès ce moment-là nait la peur, cette peur que rien, jamais, ne guérit tout à fait, peu importe les formes et les compensations qu’elle prend, si ce n’est la ré-union avec Dieu Tout Amour.

En s’incarnant, Jésus vient pour guérir l’homme, le sauver de cette séparation mortelle.

En mourant sur la croix, Jésus se fait trait d’union entre l’homme et Son Père.

En ressuscitant, Jésus ouvre déjà ici et maintenant nos petites vies éphémères à Sa Vie Éternelle, nos amours limités et divisés à Son Amour Inconditionnel, et nos lumières porteurs d’ombres à Sa Lumière Transfiguratrice.

Lorsque Jésus dit à Pierre…

« En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas »

… il révèle que Pierre donnera effectivement sa vie pour son Seigneur… mais non pas de lui-même, par lui-même… mais par la grâce de l’Esprit Saint qui le fera devenir lui aussi un trait d’union entre la terre et le ciel.

Michaël

Aime!

S’il fallait résumer tout l’Évangile de Saint-Jean en un mot, je choisirais celui-là.

Et s’il fallait résumer l’essentiel du message de Jésus en un mot, ce serait encore celui-là

Le soir de sa passion, il dit à ses disciples :

« Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13,34)

Oui, j’entends le commandement, mais il m’est impossible d’aimer mon prochain si je ne me reconnais pas déjà totalement aimé en partant. Et je ne peux me reconnaître entièrement aimé si je ne me retourne pas vers Celui de qui tout l’amour vient.

Pour moi, croire, aimer et adhérer ne font qu’un. Je suis comme un petit enfant, soit je saute dans ses bras, soit je lui tourne le dos, distrait par mes petits jeux au point d’en oublier sa présence. Jésus demande à Simon-Pierre : « M’aimes-tu? » Ce qui est pour moi aussi une certaine façon de demander : Me reconnais-tu comme seule et unique source d’amour?

Au travers de Jésus, le verbe aimer s’incarne pleinement, dès lors l’être humain peut aussi pleinement aimer. D’où la question « M’aimes-tu (pleinement) ? » M’aimes-tu à la mesure de l’amour avec lequel je t’aime au point de donner ma vie pour toi ?

C’est comme si Jésus me disait : en m’aimant, en recevant mon amour dans la gratitude, tu viens amener ma paix, la paix de celui qui se sent totalement aimé, et tu offres cet amour en pain de réconciliation : « Pais mes brebis »

En revenant sur la question « M’aimes-tu? », elle m’apparaît centrale à toute existence. Chaque être, autant face à Dieu que face à l’autre, ne cesse de demander, d’une façon ou d’une autre : « M’aimes-tu? »

Plus loin l’Évangile de Saint-Jean se termine sur la phrase :

« Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses; si on les écrivait une à une, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait. »

J’aime cette mention parce qu’elle me semble incontournablement véridique.

L’action du verbe de Dieu, même si elle laisse des traces visibles dans le monde, ne peut être limitée à ces traces et est nécessairement immensément plus « grande » que ce que l’on peut en apercevoir ou que l’idée que l’on peut s’en faire!

Comme Dieu est infini dans son essence et ses manifestations, il en est nécessairement de même pour la nature et les actions de son Fils.

Par amour et miséricorde pour notre condition, Dieu s’est incarné au travers de Jésus Christ dans l’infiniment petit, dans une humble vie humaine, au sein d’un modeste peuple, auprès de quelques brebis égarées.

En symétrie inverse à son absolue royauté, gloire et puissance, Dieu à choisi de prendre forme non comme l’un des grands et forts de ce monde, mais sous la condition d’un tendre agneau soumis, jusqu’à se laisser sacrifier par amour pour les siens.

Jésus, à qui était offert (par le malin) le pouvoir de devenir le souverain de l’ensemble du monde, a choisi l’extrême humilité et modestie d’accomplir en tout point la volonté de son Père, pour l’amour et la gloire de celui-ci. Ce minuscule règne d’à peine trois années terrestres, entouré de quelques fragiles disciples choisis parmi les plus démunis et pêcheurs, cachait nécessairement quelque chose de beaucoup plus grand, grandeur qui s’est effectivement révélée par la suite.

Comme le Seigneur nous l’a confié, le royaume de Dieu est « semblable à un grain de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »  Marc 4.30-32

Nous avons vécu concrètement cette immensité qui se révèle à partir du plus petit, au fil de la lecture de l’Évangile de Saint-Jean, au cours de la dernière année. Souvent quelques mots se sont révélés d’une richesse de sens inépuisable une fois que ces mots ont été semés dans le terreau de nos cœurs.

Les Évangiles contiennent certainement tout ce qui est nécessaire pour que le fidèle soit atteint par la Parole et que fleurisse sa véritable grandeur d’âme et de cœur. Ceci dit, ce qui est relaté dans le texte ne constitue sans doute que la toute petite partie visible de ce qui s’est passé dans tout l’univers lorsque la mort a été vaincue au travers de l’incarnation, de la vie, de la crucifixion, de l’ensevelissement et de la résurrection de Jésus.

De la même façon que les vagues visibles à la surface de la mer cachent des profondeurs océaniques insoupçonnées,

Ce que confirme le disciple que Jésus aimait quand il nous souffle à l’oreille que Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses, et que si on les écrivait une à une le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

Merci Saint-Jean de me rappeler le fait que je ne vois qu’une infime partie de la vérité, et particulièrement à chaque fois que je suis tenté de me faire une idée réductrice de la vie de Jésus.

Nénuphar

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Venez manger

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 21, de 1 à 14

 

Après cela, Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Simon-Pierre, Thomas appelé Didyme, Nathanaël, qui était de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples se trouvaient ensemble.
Simon-Pierre leur dit : « Je vais pêcher. » Ils lui dirent : « Nous y allons, nous aussi, avec toi. » Ils sortirent donc et montèrent dans la barque; mais ils ne prirent rien cette nuit-là.
Le matin venu, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger? » Ils lui répondirent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils le jetèrent donc, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il mit son vêtement, car il était nu, et se jeta dans la mer.
Les autres disciples revinrent avec la barque, en tirant le filet plein de poissons; Ils n’étaient pas bien loin de la rive, à deux cents coudées environ.
Une fois descendus à terre, ils virent un feu de braise sur lequel on avait disposé du poisson et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » 
Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se déchira pas.
 Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approche, il prend le pain et le leur donne; il fit de même du poisson.
Ce fut la troisième fois que Jésus se manifesta à ses disciples depuis qu’il avait ressuscité d’entre morts.

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COMMENTAIRES

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Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était Jésus. Sur nos rivages, où le quotidien nous dépose, le Seigneur nous attend aussi au cœur de nos occupations ordinaires.  Il est là.  Lorsque par l’Esprit, notre regard intérieur s’illumine, nous Le reconnaissons dans ces visages étrangers où se cache sa présence.  Encore faut-il consentir, avec confiance, aux passages vers les autres, vers Dieu, vers soi.  Et, oser l’écoute d’une parole de Dieu au creux de nos déceptions.

Fernande

Les disciples savaient que celui qui était devant eux était Jésus. Plusieurs fois dans ma vie j’ai senti comme une vérité, sans le moindre doute que ce qui se passe est telle ou telle chose. C’est magnifique se mettre à l’écoute d’autres choses que d’être à l’écoute de notre mental ou logique!!!

Rosa

 

 » Ils n’étaient pas bien loin de la rive, à deux coudés à peu près.  »  Jésus se tient sur le rivage de ma vie pour me dire, avance, va à la pêche, tout ce que tu attends de la vie est là . Mais Seigneur tu connais mon impatience et mes peurs, le monde c’est comme la mer dans son immensité, son calme, son agitation, pour ne pas dire ses tsunamis, encore faut- il avoir le courage du premier coup de rame, pour la petite barque que je suis. De m’éloigner de la sécurité de la rive et aller côtoyer de gros bateaux qui semblent naviguer dans le bonheur, puisque la pêche leur à été fructueuse, en serais-je capable?  La vague viendrait  frapper ma frêle embarcation comme pour me pousser en eau profonde et me dire : le Seigneur y pourvoira et tu pourras toi aussi allumer le feu.  Mariette, jette ton vieux filet troué par les combats de la vie, jette le encore à droite de ta barque tu seras surprise, il y a encore de bons poissons pour toi. Dans la bible, le poisson symbolise la nourriture, la vie. Père, à ton tour, jette un regard bienveillant sur la petite barque qui essaie de pêcher en haute mer par amour de ton Fils…

Mariette     

 

Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils le jetèrent donc, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.

Je ne sais pas pourquoi, mais cette phrase m’a toujours laissée sceptique.. Non pas parce qu’ils ont trouvé du poisson à droite. Ça me surprend plutôt comment les apôtres ont tout de suite accepté l’invitation d’un étranger à lancer leur filet à droite de la barque, après toute une nuit de pêche infructueuse ! Est-ce la fatigue? Est-ce culturel?

Peu importe. J’admire tellement cette foi, tel le petit enfant qui obéit, et ose essayer encore et encore, sans rechigner… Croyant au possible, même au-delà de toute logique. Seigneur, donne-moi de plonger les yeux fermés dans l’inconnu. Croyant que tu es présent à chaque tournant, et que oui, même mes filets vides après de durs labeurs ne peuvent rien révéler de la grandeur et de l’ampleur du mystère de ton Amour ! Et merci de me donner de rapporter des filets débordants, et de venir manger avec toi.

Solane

«C’est le Seigneur !» Ce cri, jaillit en plein centre de la nostalgie qui règne parmi les disciples, est proféré par «le disciple que Jésus aimait», Jean, entièrement contenu par le cœur de Jésus. Jean, sentinelle des pieds à la tête, celui qui adore le Seigneur exclusivement et demeure dans l’amour infiniment.
«C’est le Seigneur!» Aussitôt, Pierre, le champion de la nostalgie, se jette à l’eau sans attendre.  Autour de lui sûrement le dormeur s’éveille, le distrait se retourne, le penseur entend……….

Depuis sa résurrection, Jésus ne se fait reconnaître que par ses disciples mais quand il n’est pas là ils sont désœuvrés. Revenus à leur métier de pêcheurs, leur filet demeure vide tant que Jésus ne les conseille pas et ils ne sont rassasiés que par ce qui leur est servi par Lui. Il va falloir que le Seigneur les quitte pour leur envoyer l’autre Paraclet qui les fera œuvrer.

Cette pauvreté qui a été conférée aux disciples n’est-elle pas celle que nous espérons, nous aussi, offrir à la venue du Seigneur ? Qui peut, de lui-même, ne rien retenir pour soi ?

Pierrette

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Ce qui m’émerveille, c’est que cette troisième et dernière apparition de Jésus aux apôtres dans l’Évangile de Saint-Jean est toute simple. Elle se fait entièrement autour du thème de la nourriture et de l’amour.

Tellement loin des dernières paroles que l’on pourrait s’attendre d’un maître ou guide spirituel à l’égard de ses disciples. On aurait pu croire qu’il leur donnerait quelques conseils, des paroles inspirantes ou encore un dernier rappel de l’essentiel de son enseignement.

Aucunement, dans son autre dimension il se contente seulement de s’enquérir s’ils ont à manger, il leur indique où tendre leur filet et ensuite il les invite à manger. À l’heure de remonter vers le Père, Jésus agit lui-même comme un père débordant d’amour.

Il les appelle « mes enfants », et il leur dit : « Venez manger ».

Tout est accompli, Jésus est devenu lui-même nourriture, pain et vin, et il donne à manger, se donne à manger.

«  Venez manger », tout le monde est invité à la table du Seigneur.

Nénuphar

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Cette scène de la pêche est surprenante. « Le matin venu, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. » Quand le miracle se produisit, le disciple que Jésus aimait a reconnu le Seigneur. Il les a invité à manger et aucun des disciples n’osait lui demander « Qui es-tu? » parce qu’ils savaient que c’était le Seigneur. Ce texte est de toute beauté parce que la certitude des disciples vient de l’intérieur. Oui, il y a eu un miracle pour reconnaître un signe du Seigneur mais c’est du dedans qu’ils ont reconnu le Seigneur. Jésus était bien présent au milieu d’eux. Il ne s’attendait pas à être servi mais prit du pain et du poisson pour les donner à manger. Je veux bien croire que par ce geste Jésus a comblé leur cœur et leur faim par sa présence.

Aujourd’hui encore, Jésus se manifeste dans notre vie. Il est vraiment ressuscité et présent dans notre vie. Les miracles s’opèrent chaque jour et si nous ne sommes pas attentifs et conscients pour les voir nous passons à côté de Jésus sans Le reconnaître et sans entendre sa voix qui nous parle dans le quotidien de nos vies. En faisant la relecture de notre vie nous pouvons voir les empreintes du Seigneur. Jésus continue de se manifester dans notre vie.  Nous pouvons marquer le temps de sa présence et suivre les pas qu’Il a laissés quand Il nous portait dans nos moments de turbulences.

Oh! Jésus, mon amour, merci.
Merci pour ta présence au milieu de nous.
Merci de te révéler dans le quotidien de nos vies.
Rend-nous attentifs aux petits miracles de la vie.
Ne permet pas que nous passions à côté de Toi sans te voir.
Manifeste-toi dans nos communautés de vie et nos assemblées.
Ouvre bien grand nos cœurs, nos oreilles, nos yeux, nos mains
Pour t’accueillir à notre table, dans nos activités et nos corvées.
Allume-nous de l’intérieur pour que nous criions avec joie :
C’est le Seigneur!

Karine

 

Pourquoi les disciples ne reconnaissent-ils pas de façon évidente Jésus ressuscité?

Et même s’ils finissent par savoir que c’est lui à un certain moment, ils ne le reconnaissent pas nécessairement la fois suivante. Ils affirment pourtant que ce n’est pas un fantôme –  même s’il peut apparaître où bon lui semble sans qu’aucun mur ne lui fasse obstacle – et qu’il a un vrai corps qui lui permet de manger et d’être touché.

Qu’est-ce qui a changé en son corps depuis la résurrection?

Lorsque ses proches le reconnaissent, c’est habituellement avec le regard du cœur plutôt qu’avec les yeux de la tête.

Pourquoi est-ce précisément son corps devenu incorruptible qui est maintenant d’apparence inconstante, variable…? Est-ce justement parce qu’il est sorti du règne des apparences?

Avant, son corps défiait déjà les lois naturelles… ou du moins nos limites habituelles, mais il était reconnaissable en tant que Jésus de Nazareth, le fils de Marie et de Joseph… mais là, maintenant, c’est bien lui, et pourtant….

Je n’ai évidemment pas de réponse… mais il y a cependant une évidence :

Jésus ne peut plus être saisi par un regard tout extérieur qui enferme;

il ne peut être reconnu que par un regard qui ouvre sur la vérité qui est au-dedans de nous, au milieu de nous;

pour le voir tel qu’il est, il nous faut faire cet acte de foi qui implique une adhésion directe et totale à sa personne réelle;

son corps glorieux ne peut être enfermé dans une image qui fait appel à une idée ou à la mémoire;

on ne peut le reconnaitre une fois pour toute. C’est à chaque instant qu’il nous faut ouvrir ce regard du cœur qui seul le reconnait.

C’est seulement en Son Royaume qui n’est pas de ce monde – mais au cœur de notre monde – que nous pouvons rencontrer Jésus… à moins bien sûr qu’il le veuille autrement.

Michaël

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ils virent Jésus marchant sur la mer

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 6, de 16 à 27 (Traduction du Chanoine Crampon)

Le soir venu, les disciples descendirent au bord de la mer;

Et étant montés dans une barque, ils traversaient la mer dans la direction de Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.

Cependant la mer soulevée par un grand vent, était agitée.

Quand ils eurent ramé environ vingt-cinq à trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s’approchant de la barque, et ils eurent peur.

Mais il leur dit: « C’est moi, ne craignez point. »

Ils voulurent donc le prendre dans la barque, et aussitôt, la barque se trouva au lieu où ils allaient.

Le jour suivant, la foule qui était restée de l’autre côté de la mer, avait remarqué qu’il n’y avait là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était point entré avec ses disciples, mais que ceux-ci étaient partis seuls.

D’autres barques, cependant, étaient arrivées de Tibériade près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâces, leur avait donné à manger.

La foule donc, ayant vu que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, entra dans ces barques et se rendit à Capharnaüm pour chercher Jésus.

Et l’ayant trouvé de l’autre côté de la mer ils lui dirent:  » Maître, quand êtes-vous venu ici? »

Jésus leur repartit et leur dit:  » En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.

Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera. Car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué d’un sceau. »

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En réponse à la lecture de ce nouveau passage de l’Évangile de St-Jean, plusieurs ont fait le parallèle entre l’agitation de la mer et l’agitation des êtres humains lorsqu’ils sont livrés à eux-mêmes.

Karine souligne justement que quand le vent souffle fort, quand la mer est agitée, nos émotions prennent le dessus, nos perceptions changent la réalité. Voyant Jésus marcher sur la mer, les disciples eurent peur parce qu’ils ne sont plus centrés sur Jésus mais sur leur peur de couler avant que Jésus monte dans la barque. La paix revient dans le cœur des disciples quand ils ont entendu la voix du Seigneur qui leur dit : C’est moi, ne craignez point.

Lire la suite sur la page de Karine

Nénuphar s’attache à décrire la vaine agitation d’une vie menée sans Dieu, et comment le Fils de Dieu ne cesse de nous tendre la main pour nous en sortir :

Pour moi, cette mer agitée, c’est le monde des êtres humains lorsqu’ils ont oublié Dieu, lorsqu’ils ne croient plus qu’en leurs propres capacités, et qu’ils s’agitent dans tous les sens pour maintenir à flot une vie qui n’a plus d’autre raison d’être que sa propre existence, s’enfonçant dès lors irrémédiablement dans les eaux de la mort, se noyant dans le désespoir par manque de respiration, par manque de souffle venu d’en haut.

Lire la suite sur la page de Nénuphar

Michaël témoigne également que dans sa propre vie il ne rencontre qu’agitation et noirceur lorsque c’est la peur qui règne et que Jésus n’est pas invité :

« …ce passage d’évangile évoque en moi le fait maintes fois vérifié que lorsque Jésus n’est pas dans ma vie, cette vie prend allure de mer à traverser, agitée, houleuse, démontée… par grand vent et nuit noire. Jésus peut alors m’apparaître au loin comme une illusion fantomatique plutôt que comme un être vivant bien incarné… «

Lire la suite sur la page de Michaël

Alain voit l’église en la barque malmenée par les flots agités :

La barque qui traverse la mer agitée, représente l’Église. Comme cette barque, l’Église traverse la mer de la vie; elle est souvent ballotée par des courants violents. La mer agitée des épreuves et des menaces menace de l’engloutir à plusieurs reprises dans l’histoire de l’humanité. Mais le Seigneur a promis de veiller sur elle: « Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps », nous a dit Jésus avant de monter au ciel à son ascension.

Lire la suite sur la page d’Alain

Pierrette remarque qu’avec Jésus, le poids des corps, le temps et l’espace sont ignorés par le même fol amour qui, donné à tous, est donné à chacun selon ce qu’il attend, ou entend. Le « miracle » s’adapte à chaque conscience.

Lire la suite sur la page de Pierrette

À propos de la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, Rosa commente : Encore une fois Jésus nous demande de travailler aux trésors spirituels et non matériels. Il nous demande de chercher le Père et de ne pas nous préoccuper de choses quotidiennes. C’est si facile d’oublier ce qui est primordial dans nos vies.

Lire la suite sur la page de Rosa

Jeanne nous revient avec un nouveau témoignage, sur le même sujet que Rosa :

Dans les grandes nuits de désespoir, j’ai bien vu que tu étais là pour moi, tout le temps, à chaque fois. Pourquoi est ce que ta douce et fidèle présence s’estompe-t-elle si vite dès qu’un objet, une situation ou un être vivant éclairé par le soleil du monde surgit? Pareillement à la douce lumière de la chandelle qui disparait dans la luminosité aveuglante du jour?

Lire la suite sur la page de Jeanne

Et enfin une nouvelle participante, Amandine, partage :

Ces parties ont résonné :
la mer, soulevée par un grand vent, était agitée.
Et jésus dit c’est moi, ne craignez point
et la barque, qui aussitôt se trouva au lieu où ils allaient.
Jésus est la barque qui mène d’une rive à l’autre, malgré l’agitation du mental qui soulève de grands vents.
Par jésus qui est lié au père, on reçoit cette nourriture, directement, éternellement.

Amandine

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