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« Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11-18))

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Illustration inspirée de peintures traditionnelles

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 10, 11-18

En ce temps-là,
Jésus déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même. »

Quelle liberté infinie sans cesse à l’œuvre chez le Fils de la Vie… Liberté à l’œuvre aussi chez toute personne qui devient brebis du Bon Pasteur… Lui dont nul ne prend la vie puisqu’Il l’a donnée de lui-même: Il nous invite à Le suivre sur ce chemin du Don qui rend libre et que nul ne peut nous enlever.

Marie-Hélène 

Plusieurs choses m’interpellent dans ce passage.

D’abord, c’est si bon de relire qu’aucun loup (donc aucune épreuve, blessure, tempête ou faute) ne pourra faire peur à mon berger !

Ça me touche que mon berger donne sa vie pour moi, sa petite brebis fragile.

Me frappe aussi aujourd’hui : « je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau ».

brebis-2C’est tellement mystérieux, pour nous, à cette époque, comment le don total de soi peut conduire autre part qu’à la mort (à tout le moins celle de l’ego)! Ce que Tu nous enseignes, Seigneur, par le don de Ta vie, est tellement révolutionnaire, et vient complètement chambouler toute logique: c’est en donnant, et même en se donnant qu’on reçoit! Ça me rappelle la prière de saint François d’Assise.

De tout cœur, merci Seigneur d’être mon berger! Stp, donne-moi le courage et la force de me donner sans compter, confiante que c’est le chemin vers la Vie en abondance !

Solane

« S’IL VOIT VENIR LE LOUP, IL ABANDONNE LES BREBIS ET S’ENFUIT; LE LOUP S’EN EMPARE ET LES DISPERSE. »

Bien moi, j’ai peur des loups. À ce qu’on dit ce sont des carnivores, ils aiment la chair et abattent leurs proies pour se nourrir.

Mais le loup mentionné dans cette lecture peut être vu différemment et être aussi dangereux. Il y a mes loups intérieurs, ceux qui mangent toutes les connaissances que j’ai acquises sur la vie de Jésus en semant le doute; il y a le loup du jugement qui est nourri par ce que je lui mets sous la dent –  « le petit chaperon rouge »  rougirait de sa galette. Le loup de la culpabilité vient saboter tout ce que j’avais acquis de paix, de joie, dans mon quotidien. Et encore le loup de la comparaison qui m’amène beaucoup de déceptions et me rend envieuse, et alors j’hésite à pousser mes énergies à sauver mes brebis.

Cependant je pense bien que mes brebis ont encore confiance en moi, elles voient ma faiblesse, mais aussi ma grande générosité. Elles aussi se permettent de sortir pour vérifier leur sécurité, elles m’aident à partager la confiance et se voient dignes de  revenir débordantes  de désirs, de projets et de confiance. Seigneur, prends mes brebis sur tes épaules, console-les et fortifie-les par l’assurance que TU ES LE BON PASTEUR ….

Mariette

Seigneur, je t’en prie, toi notre bon pasteur, notre vrai berger…

Conduis-nous toujours toi-même, et ne nous  laisse pas suivre un faux berger.

Fais-toi connaitre et reconnaître malgré notre aveuglement.

Fais-nous entendre et écouter ta voix malgré notre surdité.

Et par la vie que tu donnes pour nous, donne-nous de nous donner entièrement par toi, avec toi et en toi.

Amen

Michaël

….

brebis-jesusJésus est le bon berger, le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Il connait ses brebis et ses brebis Le connaissent comme lui connait le Père et le Père le connait. Ses brebis savent qu’Il est dans le Père et le Père est en Lui et qu’Il est Amour et miséricordieux. Elles reconnaissent sa voix et Le suivent par amour. Les brebis font confiance au bon berger parce qu’elles savent qu’Il part à leur recherche et sera toujours là pour les accueillir après avoir fait fausse route dans les vallées de la mort. De plus, Jésus donne sa vie pour les autres brebis qui sont en dehors de son enclos parce qu’Il veut aussi les sauver de la mort. Il veut les sauver de tout ce qui enferme l’homme et la femme dans un carcan, dans une spirale de mort qui empêche l’être humain de resplendir dans sa dignité de fils et fille de Dieu. Jésus a la certitude que les brebis qui sont en recherche de leur route et qui ont soif d’amour, de justice et de paix écouteront sa voix qui ne rejoint que le cœur. Ce passage de Jean remet l’être humain au centre de la mission de Jésus. Il est envoyé par son Père pour nous faire goûter l’amour incommensurable de Dieu et sa miséricorde. Jésus est inclusif parce qu’Il veut que tous aient la vie en abondance comme l’a voulu son Père, notre Père. Il va jusqu’au bout de l’Amour pour nous rassembler en un seul corps et un seul esprit. Jésus entre dans la logique du Père qui ne veut perdre aucun de ses enfants parce qu’il y a un seul troupeau et un seul pasteur. Tous ceux et celles qui reconnaissent en Jésus le Fils de Dieu et qui écoutent sa voix entrent en communion avec le Père, le Fils et l’Esprit. Ceux et celles qui ont fait une expérience avec le Christ ressuscité connaissent le Père pour sa bonté divine et Le remercient d’avoir envoyé son Fils pour nous délivrer de la mort spirituelle qui n’est autre qu’une rupture du lien d’amour qui nous unit au Père et à  l’Univers visible et invisible.

Jésus, Toi le bon berger,
Tu as donné ta vie pour nous ramener au bercail de l’Amour.
Merci Jésus pour la gratuité de ton amour.
Ne permets pas que les mercenaires de notre monde viennent
Nous détourner de ton regard d’amour et miséricordieux.

Jésus, Toi le bon pasteur,
Ouvre grandes nos oreilles
Pour que nous puissions être à l’écoute de Ta Parole et
Reconnaître ta voix qui nous appelle à te suivre
Dans l’amour, la paix et la joie.

Karine

….

On sait que tout être humain porte en soi la crainte d’être abandonné. Heureusement, l’enfant qui reçoit les soins et l’affection dont il a besoin dès sa naissance peut bâtir assez de confiance en soi et en l’autre et s’affranchir du sentiment d’abandon.

brebis-1Pour nous dire à quel point il nous porte dans son cœur, Jésus se présente comme le bon pasteur qui n’abandonne jamais son troupeau.  À l’encontre du mercenaire prêt à s’enfuir devant le danger, le vrai berger reste au poste de garde, prêt à payer de sa propre vie pour sauver ses bêtes. Nous ne sommes jamais abandonnés. Quelle chance que les premiers disciples nous aient transmis ce visage de Jésus!

Il y a plus dans ce récit de Jean : Jésus « connaît » ses disciples comme le vrai berger connaît chacune de ses brebis. Qui n’aspire à être connu-e, compris-e de celui ou celle qu’on aime? C’est l’une des expériences humaines les plus comblantes d’être ainsi connu-e et reconnu-e pour qui je suis vraiment. Or les premières communautés qui se réunissaient au nom de Jésus attestent de cette parole fondatrice : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ».

J’entends aussi cette autre parole de Jésus : « Comme le Père me connaît et que je connais le Père… » Est-ce à dire que cette forme divine d’intimité, liée à la connaissance réciproque, serait aussi accessible entre Jésus et nous? Et accessible même à tous ceux et celles qui ne le connaissent pas encore, dont Jésus dit : « Il faut que les conduise… et elles écouteront ma voix »? Quelle perspective sans limite pour nourrir nos aspirations à l’amour et au don de soi dans la réciprocité!

Au-delà de toutes les voix qui sollicitent notre attention, arrêtons-nous en communauté pour mieux entendre et accueillir la voix du vrai Pasteur afin de mieux nous imprégner de sa connaissance et de son amour. Une écoute qui change la vie, sans doute, et nous rendra plus attentifs à celles et ceux qui, dans la vie ordinaire ou dans la détresse, espèrent être connus et reconnus à la manière du bon Pasteur.

Gisèle

….

Je sais que tu m’aimes. Moi qui était perdue, moi qui m’était complètement égarée sur des sentiers escarpés loin de tes chemins de berger, moi qui avait quitté depuis longtemps le troupeau, moi qui tremblante de peur me cachait dans les anfractuosités rocheuses, moi qui avait oublié jusqu’à ton existence.

Toi, tu t’es souvenu de moi, ou plutôt tu ne m’as jamais oubliée, me gardant sans cesse dans ton cœur. Tu n’as jamais cessé de me nourrir de ton amour, même si je me suis révoltée contre toi et tout le troupeau, voulant agir à ma guise et selon ma propre  boussole. Tu m’as tendrement laissé m’éloigner, respectueux de ma volonté, m’accordant toute la liberté que je réclamais. Plus encore, tu m’as accompagnée fidèlement sur les routes, veillant sur moi, prenant diverses formes pour me prévenir du danger, offrant la source à mon gosier desséché, la touffe d’herbe à mes entrailles affamées, et le répit lorsqu’à bout de force je m’écroulais sur le sol.

Mieux que quiconque, je sais la grandeur de ton amour. Dès le premier bêlement de détresse tu m’as entendue, tu as arrêté ton pas, tu as levé ton regard et tu as tendu l’oreille. Au second appel, tu t’es mis en marche. Et depuis tu n’as cessé de veiller, épiant le moindre signe de ma part, jusqu’à ce que tu me retrouves.

brebis-3Comment te dire l’immensité de ma reconnaissance ? En mon cœur je n’ai jamais cessé d’être la brebis qui tend de tout son être vers tes lèvres, vers le miel de ta parole, la frêle brebis qui repose sur ton propre cœur, à l’écoute de son battement réconfortant, ainsi que celle qui se repose sur ton épaule entre chaque gambade dans tes prés et pâturages.

Et pourtant je t’ai tenu tête comme un vieux bouc endurci, je t’ai délibérément tourné le dos, je t’ai trahi dans mes pensées et paroles, je me suis éloignée de toi et emprunté les sentiers de mort.

Dans ton océan d’amour, tu m’as déjà pardonné avant que je te le demande. Depuis je n’ose bouger, je garde ma tête dans la poussière à tes pieds, sachant que le loup n’est jamais loin, sachant que le mouton noir en moi n’attend qu’une seule pensée de ma part pour reprendre son bras de fer.

Quoi dire d’autre que je t’aime, …mais cela, c’est encore toi qui me l’as dit le premier!

Signé : ta brebis égarée

tel que rapporté par Nénuphar

 

 « À vous d’en être les témoins » (Lc 24, 35-48)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, chapitre 24, 35-48

En ce temps-là,
les disciples qui rentraient d’Emmaüs
racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, 
lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte,
ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi !
Touchez-moi, regardez :
un esprit n’a pas de chair ni d’os
comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole,
il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire,
et restaient saisis d’étonnement.
Jésus leur dit :
« Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara :
« Voici les paroles que je vous ai dites
quand j’étais encore avec vous :
“Il faut que s’accomplisse
tout ce qui a été écrit à mon sujet
dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit :
« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom,
pour le pardon des péchés, à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

« Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures… »

Voilà un fait: Jésus n’étant plus « de corps » parmi nous, l’est d’esprit: ainsi chaque jour pour qui le veut bien, Il s’invite « à demeure », conviant cœur et intelligence à entrer dans la découverte des Écritures: une lettre d’Amour et de sens à nulle autre pareille qu’il nous offre comme en direct, dans un cœur à cœur renouvelé au fil de nos jours. 

Marie-Hélène 

pierreRaconter ce qui s’était passé sur la route et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux.

La route, c’est mon aujourd’hui où le Christ vient à ma rencontre. Et sur cette route tant de signes qui laissent transparaître sa présence invisible. Quelle joie de  rencontrer un frère, une sœur, une communauté, pour parler de Lui!  C’est une réponse à  son appel:  À vous d’en être les témoins.

Fernande

Comme les disciples, je reste saisi d’étonnement devant le corps du Christ ressuscité, n’osant pas encore y croire, la joie encore en veilleuse, et surtout sans mots, sans paroles pour dire l’indicible…

Nénuphar

 

apotres-1

Je comprends si bien la crainte
et la frayeur des disciples ! 

Comment Te reconnaître, Seigneur, en ce monde, en nous ?

Comment ne pas être bouleversés, envahis que nous sommes par ce flot incessant de pensées et d’idées qui déforment ton visage, et nous arrachent à Ta paix, à Ta présence?

S’il te plait, donne-nous, Seigneur, de pouvoir voir Tes mains et Tes pieds !

Donne-nous de pouvoir Te toucher !

Donne-nous la foi. Donne-nous Ta paix !

Solane

« À vous d’en être témoins. » Quelle mission Tu m’as confié, en serais-je capable? Attester ta réalité, témoigner de ta présence dans l’Eucharistie, te retrouver sur le chemin d’Emmaüs, quand ceux qui t’ont côtoyé ne t’ont pas reconnu immédiatement, sinon à la fraction du pain. Ça prenait du sensible, ils ont vu la manière de ce geste  familier et ils ont  cru.

Seigneur, moi aussi je suis sur ce chemin d’hésitation; donne- moi le pain de ta résurrection, afin que je puisse  partager les propos que révèle la livre de la Parole avec mes compagnons de route. DONNE-MOI QUELQUE CHOSE À MANGER.

Mariette

jesus

« À vous d’en être les témoins. »

Oui, il nous appelle à être témoins de Sa Résurrection, de Sa Vie, de Son Amour, de Sa Lumière, de Sa Miséricorde, témoins de Sa Présence en chacun en vérité. En vérité, parce que nous ne pouvons pas témoigner de Sa Présence dans le mensonge; si nous ne reconnaissons pas Sa Présence en nous-même et en notre prochain, en chaque prochain sans exception, nous ne sommes pas ses témoins en vérité. Si nous n’aimons pas comme il nous a aimés, nous ne sommes ni ses disciples ni ses témoins.

Nous ne pouvons pas non plus être ses témoins sans aller « proclamer l’Évangile à toute la Création » comme il l’a demandé… et à « toute la création », c’est à toute la création sans exception, les frères et sœurs de notre humanité mais aussi le brin d’herbe sur le chemin, le rayon de soleil et la goutte d’eau dans lequel il se reflète, le chant de la grenouille et le souffle sans cesse redonné…

Seigneur, je ne peux être ton témoin si tu ne vis en moi, si je ne vis en toi…

Alors je t’en prie, comme tu l’as fait pour les apôtres, soit présent au milieu de nous… et surtout fais-toi reconnaitre bien vivant, bien incarné, afin que je cesse de te prendre pour un esprit qui n’a pas de chair ni d’os…

Michaël

Avant sa crucifixion déjà , Jésus nous a demandé de croire à son incroyable et souvent obscure parole. Croire sans expliquer. Croire ce que nos yeux ne voient pas, nos oreilles n’entendent pas, nos mains ne touchent pas et ouvrir ainsi l’intelligence du coeur, réceptacle du royaume des cieux.

Ressuscité, Il s’annonce en disant : « La paix soit avec vous ! » comme s’Il disait : « Ne laissez pas s’agiter le vieil homme.  Je suis avec vous, écoutez, voyez, touchez, partagez avec moi votre repas. Sachez que je suis vivant et dites-le.

Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Le doute est devenu impossible et la foi affermie, prête à œuvrer sous la conduite du Saint Esprit.

Que le vieil homme expire et ressuscite dans le corps du Christ !

Pierrette

apotres-2

 « La paix soit avec vous ! » dit Jésus à ses disciples.

Il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures et leur dit « à vous d’en être les témoins. » Ce  passage d’évangile s’adresse à chacun, chacune d’entre nous qui avons fait l’expérience avec le Christ ressuscité. Saint Paul disait : «  Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile. » La rencontre avec le Ressuscité est une expérience personnelle qui nous donne la paix intérieure et une nouvelle compréhension des Écritures. Cette rencontre nous donne aussi la joie de témoigner de ce que nous avons vu et entendu.  Enracinés dans la foi en Jésus-Christ et dans les Écritures les apôtres nous ont transmis la certitude de la résurrection. Il n’y a plus de doute dans leur esprit et dans leur cœur parce que  Jésus est bien vivant au milieu d’eux. C’est une certitude qui va au-delà de l’intellect. De par notre expérience spirituelle avec le Christ nous continuons la mission des apôtres qui est d’annoncer l’Évangile et de témoigner la paix et la joie que le Seigneur nous a transmis par sa présence et par le don de l’Esprit. Nous sommes tournés vers le Christ parce que nous sommes ressuscités avec Lui. Nous vivons par Lui et en Lui afin de faire advenir son royaume de justice et de paix. Oui, le Christ est vraiment ressuscité. Nous en sommes témoins. A toi qui es encore dans le doute, Jésus te dit : Crois seulement et tu verras la gloire de Dieu.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Augmente en nous la foi.
Fais tomber le voile de nos yeux
Pour que nous puissions Te voir et comprendre les  Écritures.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Délivre-nous des tentations de ce monde
Pour que nous puissions  garder
La paix et la joie intérieure dont tu nous as comblés.

Karine

Jésus est là, c’est vraiment Lui. L’impensable se produit. Jésus le confirme : voyez mes mains et mes pieds ; venez déjeuner; rappelez-vous les Écritures; c’est vous les témoins. Et la joie s’empare de la communauté des disciples réunis, eux qui cherchaient à comprendre ce qui est arrivé aux disciples d’Emmaüs venus les trouver.

À partir de ce moment, le rayonnement de la communauté va dépendre aussi de la foi de chacune, chacun.

Jésus, tu viens raviver notre foi, ma foi.
Tu m’invites à voir, à entendre, à comprendre, à te reconnaître, à prendre le relais.
Tu secoues mes doutes.
Tu m’invites à passer de l’intelligence au cœur pour mieux partager ton être et ta mission.
Tu ouvres pour moi les Écritures afin que je puisse y reconnaître tes traces, toi l’aboutissement des siècles d’alliance de Dieu avec ton peuple. Toi, le point charnière de notre histoire.

Avec toi, le Vivant, je veux sortir des prisons …
qui m’empêchent de reconnaître ta voix, et celle de tes témoins;
qui me privent de la joie de te savoir si uni au Père et à l’Esprit;
qui me font hésiter à dire ton nom, en privé ou en public, alors que je pourrais rendre compte de tout ce que tu m’as donné si gracieusement.
Augmente ma joie de croire que tu es vivant, le Vivant!

Ainsi de ma personne tu te serviras pour que je témoigne du dynamisme qui jaillit de ta vie de Ressuscité, cette vie que tu es venu partager avec tous les humains.

Julie

jean

 

« Cesse d’être incrédule » (Jn 20, 19-31)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 20, 19-31

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Nous sommes souvent Cénacle, verrouillé. On a peur. De dire notre foi.

Jésus vient, quand même on lui barre les portes.
Il te donne des preuves de son amour et te demande juste de croire.

Jeannot

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Jésus était là au milieu d’eux.
Jésus est ici au milieu de nous.

Empruntant notre cœur pour aimer, nos yeux pour admirer, nos oreilles pour écouter,  nos lèvres pour bénir, notre voix pour chanter, nos paroles pour consoler, nos mots pour pardonner, nos mains pour aider, nos bras pour embrasser.

Il est au milieu de nous, lui, le Ressuscité, le Vivant, qui désormais a la capacité de vivre en nous.

Fernande

« OR L’UN DES DOUZE, THOMAS, N’ÉTAIT PAS AVEC EUX QUAND JÉSUS ÉTAIT VENU. » 

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Je l’aime ce Thomas, il me ressemble. Le doute nous habite et ce n’est pas facile de toujours confirmer sa foi en se portant à la défense de ses convictions dans un monde rempli d’agressivité contre la religion catholique. Si Thomas a pu exprimer son malaise devant ses frères, pourquoi ne pourrais-je pas moi aussi allonger mes réflexions et demander à Jésus : montre-moi tes blessures, fais-moi rencontrer des apôtres ardents qui ont reconnu tes plaies à travers la souffrance vécue dans le monde. Seigneur, si les clous ont pu soutenir ton Corps en Croix, comment ne me serait-il pas possible de te porter au bout de mes bras et de te présenter à tous ceux qui m’entourent et leur dire : « Voici Celui qui vous aime, Il est ressuscité! »  ….Alléluia…Alléluia

Mariette

 

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« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Si je me mets dans la peau de Thomas, qu’est-ce qui se vit dans ma tête?

C’est que je ne veux pas me faire avoir. Je ne veux pas croire à l’impossible avant que cet impossible me soit confirmé. Je veux des preuves avant de croire en toute confiance.

Je veux être certain que les bras de la foi en lesquels je suis à la veille de m’abandonner entièrement ne vont pas se dérober et que je vais retomber, seul, dans le néant.

Oui j’ai peur, oui je doute, oui je maintiens mes réserves, et pourtant dans mon cœur je ne demande qu’à être libéré de la peur, qu’à être délivré du doute.

Je suis celui qui tarde, celui qui tient la main aux sceptiques et à tous les entêtés qui s’accrochent à leurs maigres convictions et poussières de savoir.

Et oui, je l’ai vu, de mes propres yeux vu, Lui le Vivant! J’ai touché son corps de ressuscité, j’ai mis mon doigt dans la marque des clous, et j’ai mis la main dans son côté.

Tout cela je l’ai fait, et je témoigne que c’est la vérité, aussi vrai que je m’appelle Thomas.

Me croirez-vous à votre tour? 

Nénuphar

….

« Cesse d’être incrédule »

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On dirait que Thomas est campé sur ses positions et que personne ne peut l’influencer. Les autres disciples ont commencé à croire que Jésus est vivant en entendant le récit de Pierre et de Jean, qui l’ont eux-mêmes entendu des femmes… Une chaîne de la parole s’est formée, mais elle ne suffit pas à Thomas pour qu’il donne son adhésion. Il suit son propre chemin. Il prend le risque de poser ses propres conditions.

Thomas a résisté, mais devant Jésus en personne, il ne peut plus camper sur ses positions. Une vraie rencontre a lieu entre lui et Jésus, et cela change tout. Sans cette expérience personnelle, il ne peut pas avancer. Et Jésus condescend à respecter Thomas dans son parcours de croyant, tout en lui disant : cesse d’être incrédule. Il le rejoint sur son terrain pour le libérer de cette sorte de foi qui demande des preuves, qui n’ose pas s’aventurer sur le terrain du risque : le risque de croire que le Vivant est là, parmi nous.

J’imagine la joie de Thomas et la ferveur qu’il mettra à proclamer qu’il a vu son Seigneur vivant. Il a renoncé à exiger des preuves, il s’est recentré sur la personne de Jésus, il s’est mis à l’écoute de l’expérience de foi de toute la communauté pour en découvrir la riche diversité. Merci, Thomas, d’avoir reconnu ta difficulté à croire, elle nous indique désormais le chemin à suivre.

Julie

« La paix soit avec vous ! »  Ô mon âme, quand laisseras-tu cette parole opérer en toi ce qu’elle profère !  Ô mon âme, quand tu prononces cette parole, te souviens-tu au nom de qui ?  Et lorsque tu entends « Recevez l’Esprit Saint », laisses-tu descendre cette demande jusqu’au coeur fidèle et fertile ou laisses-tu le vent l’emporter comme un vain bavardage ?

Ô mon âme,  est-ce Thomas qui t’habite, as-tu besoin de voir et toucher pour croire, entendre, réaliser et te soumettre enfin à l’Esprit de Vérité ?
Ou abrites-tu la peur que cet Esprit t’emprisonne au lieu de te rendre libre et envoyée ?
Ou encore, attachée à ton indignité, tu demandes mais ne peut recevoir la Parole qui guérit, la Parole qui pardonne ? As-tu donc barricadé ton coeur ?

Ô mon âme, sais-tu qui te questionne ainsi ? Est-ce le même que celui qui ordonne : « Bénis le Seigneur ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être » ?

Ô mon âme, appelle sans relâche comme tu es appelée et ouvre ton coeur à l’impression : « La paix soit avec vous ! », « Recevez l’Esprit Saint ».

Pierrette

jesus

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Avoir la vie en son nom… c’est recevoir la vie en son nom à lui, Jésus… qui veut dire « Dieu Sauve », lui à qui a été donné le Nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers…

 Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes.
Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,
afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers,
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens » Chapitre 2 (AELF)

Avoir la vie en son nom… c’est communier à Jésus qui est présent en son nom… lui, le Verbe Incarné… comme il est aussi présent dans sa Parole Vivante, dans son Eucharistie, et en en chacun de nous.

Avoir la vie en son nom… c’est avoir la vie grâce à lui, de sa part, comme partie de sa vie, sarment de sa vigne, comme membre à part entière de son corps… en priant et agissant par et en son nom, le gardant sans cesse en soi-même… et le révélant au cœur de tout corps.

Michaël

la pierre a été enlevée du tombeau (Jn 20, 1-9)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 20, 1-9

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;
c’était encore les ténèbres.
Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre
et l’autre disciple,
celui que Jésus aimait,
et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple
pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble,
mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre
et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ;
cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.
Il entre dans le tombeau ;
il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus,
non pas posé avec les linges,
mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple,
lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

______

COMMENTAIRES

Elle voit.   Elle court.
Entre les deux, la pierre enlevée.
Quelle est cette pierre enlevée de mon cœur depuis que j’ai commencé mon carême, depuis que j’ai entendu l’invitation de revenir à Dieu?
Quel est ce VIVANT que je rencontre aujourd’hui, celui qui est pour moi, chemin de vie, source de joie?

Fernande

 …

tombeau-vide-2

« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. » (Jean 20, 1-9)

Enlevé de son tombeau,
n’est-il pas vivant ailleurs?
Mais où donc?

Ne le cherchons pas parmi les morts, puisqu’Il est vivant: là où l’on souffre, là où l’on lutte pour plus de justice et d’équité.

Là où l’on marche au lieu de ramper; là où l’on doit quitter maison, terres et tout, en raison de guerres qui affligent ici et là notre monde dérouté;

là aussi dans les prisons, celle d’Asia Bibi et de tant d’humains enfermés en raison de la folie barbare;

oui vivant, Il visite jusqu’à celle de nos cœurs qui aspirent à sa Vie, à Sa Liberté…

Car « selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Marie-Hélène

ILS COURAIENT TOUS LES DEUX, MAIS LE PREMIER ARRIVÉ N’ENTRA PAS

…….parfois il m’arrive de courir pour connaitre davantage ce qui arrive à la vie de Jésus surtout en ces temps forts de la passion.  Mais une fois arrivé, la crainte s’empare de moi parce que je ne suis pas digne d’entrer dans ce grand mystère, et que ma vie doit s’accorder avec ce récit de foi, d’espérance et d’amour. J’ai devant moi toutes les preuves qu’Il est bien ressuscité, les bandes sont là enroulées attendant que je les porte en tant que sauvé et apôtre du Christ. Comme j’aimerais dire d’une façon aussi convaincante que ce disciple   » IL VIT ET IL CRUT « . Seigneur, il faisait encore nuit lorsqu’ils ont constaté que la pierre n’y était plus, accorde moi  cette lumière d’un ressuscité afin que je puisse éclairer à tout jamais ceux qui m’accompagne dans ce même cheminement.

Mariette

Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

tombeau-vide

C’est tellement grand! Ça dépasse tellement TOUT ce qu’il nous est possible d’imaginer ou de comprendre! Comme Jean, Simon-Pierre, et les autres apôtres, il ne me serait JAMAIS venu à l’esprit que notre maître devait traverser tous ces événements, ces ténèbres les plus profondes et des plus noires pour renverser la mort et faire triompher la Vie dans toute sa splendeur, et l’éclatante lumière et chaleur de l’Amour!!!

Cet Amour qui triomphe mais sans jamais s’imposer. Cette certitude si douce et si réconfortante que quelle que soit l’épreuve, la Lumière n’est jamais loin, l’Amour a déjà tout embrassé, il est au bout de tout, vient à bout de tout, et est au cœur de tout.

En ce jour, je suis remplie de gratitude, Seigneur, pour l’immense grâce d’avoir pu recevoir et accueillir cette petite semence de Ta Présence et de Ta Parole et de Ton Amour dans mon cœur. Merci de passer encore et encore chaque jour par ces sœurs et frères de cœur, mère, père, grand-mères et grand-pères, et aussi chacune des personnes que tu mets sur ma route. Pour me révéler Ta Présence et me faire connaître Ton visage.

De tout cœur, je veux m’offrir à toi et te demander de faire de moi aussi une semence qui témoigne de Ta présence, de Ton Amour, de ta compassion. Si non en paroles, par toute ma vie !

Solane

À la lecture de ce récit, une question s’est posée :  Aux côtés de quels personnages suis-je ?

– Du côté de ceux auxquels Jésus fait peur ?  Attachés à l’ordre établi, au pouvoir, aux privilèges qu’il confère, à l’héritage, à la propriété;  la Parole de Jésus leur est insupportable. Ils trouvent en cette Parole une justification pour mettre à mort Celui qui la profère, tout en évitant que le peuple, toujours versatile, se retoune contre eux : Tous les moyens sont bons pour que la loi de l’amour ne prévale pas.

– Aux côtés des indignés, ceux qui jugent de tout d’après leur propre idéal et qui ne voient, dans le geste de la femme qui honore Jésus en versant sur lui le parfum le plus précieux, qu’un flacon de « grand prix » versé en pure perte par une femme écervelée ?

– À côté de la femme fervente, absorbée toute entière par la louange du Seigneur qui ne cesse de jaillir en elle ?

Si, à l’appel du Seigneur, la tête a fait obstacle et a dit Non, je suis à côté des peureux et des indignés.
Si, à l’appel du Seigneur, le cœur a été atteint et a dit Oui, je suis au lieu de l’Amour et de l’offrande, à côté de la femme au parfum.

Pierrette

J’essaye de m’imaginer ce que Marie-Madeleine a pu vivre :

J’avais peur.

J’ai toujours eu peur de l’obscurité et il faisait encore noir.

Et pourtant je me sentais poussée à sortir dans la nuit, et à marcher dans l’obscurité jusqu’à sa tombe. Je ne voulais pas rester seule, je ne voulais pas laisser mon Seigneur seul.

Je ne voyais pas grand-chose, ou du moins autre que la voute étoilée et les pâles lueurs à l’horizon qui annonçaient le retour de la lumière.

Faut croire que même la lune était en deuil, elle s’était retirée sous son voile. Peut-être que comme moi, elle se cachait du regard des hommes, ne voulant pas montrer ses yeux rougis par les larmes.

C’est pleine de crainte que je marchais sur le sentier et mes pas étaient ralentis par les roches auxquelles mes pieds se frappaient.

J’arrivai enfin à l’approche des massifs de pierre dans lesquels la tombe avait été creusée.

La faible lumière du jour naissant éclairait les escarpements humides et en faisait ressortir le relief.

C’est alors que je vis…

… la tombe ouverte!

La pierre avait été enlevée. Il n’apparaissait plus qu’un trou béant qui semblait déboucher sur un immense mystère.

Malgré la pénombre, je sus immédiatement que le tombeau était vide. Le Seigneur n’y était plus.

tombeau-vide-3

J’étouffai un cri.

Malgré la surprise et l’effroi, je ne pus réprimer un pincement furtif de joie dans mon cœur.  Comme si intuitivement j’étais déjà convaincue que le Seigneur ne pouvait rester enfermé entre quatre murs de pierre.

Des paroles d’espérance entendues auprès du Seigneur me soufflaient : « À Dieu rien n’est impossible, même l’inéluctabilité de la mort peut être vaincue.

Puis immédiatement la raison retrancha cette folie et je m’entendis murmurer pour moi-même : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Puis je courrai rapporter la nouvelles aux hommes.

Nénuphar

Le récit de Saint-Marc, réduit aux faits; me porte à voir que, devant un fait énigmatique qui heurte notre besoin de cause raisonnable, nous passons par plusieurs étapes :

– Sans approche, vu de loin, conclusion rapide et la plus plausible, annoncée comme vérité :
Marie-Madeleine, à la vue de la pierre enlevée, conclut et annonce « On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé » !

– À l’approche
_: naissance de l’interrogation, mort de la conclusion hâtive :
Le disciple que Jésus aimait *s’approche de l’entrée*du tombeau, se « penche »et voit les linges posés à plat, il s’interroge sur le sens possible de ce qu’il voit.

– Chercher
, voir tout ce qui est nécessaire à la mise en lumière espérée :
Pierre entre dans le tombeau, voit ce que Jean (l’autre disciple) n’a pas vu et ne peui rien conclure encore.

– Entrer de nouveau et éclairer
les faits avec les fruits de l’interrogation.
Jean, à la suite de Pierre, entre aussi  et, éclairé par les Écritures et la Parole de Jésus, il voit et il croit _*(que Jésus est ressuscité).

La foi permet à la raison humaine d’être éclairée par la Parole divine et de voir ce que seule elle ne peut voir. Que le Seigneur ne nous permette ni d’oublier ses dons, ni d’oublier d’en rendre grâce.

Pierrette

….          

tombeau-vide-5Ces quelques versets résonnent en moi comme le passage d’un regard à l’autre, comme le retournement en soi, et même un double retournement… en Lui, par Lui et avec Lui.

Il y a d’abord Marie Madeleine qui se rend au tombeau avant que les ténèbres fussent dissipées; elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau et court prévenir Pierre et Jean, croyant que le corps de Jésus a été enlevé.

Les deux apôtres courent ensemble au tombeau et Jean arrive le premier et voit les linges posés à terre mais il n’entre pas…

« Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau; il voit les linges posés à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part dans un autre endroit.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. »

Il n’est pas dit ici que Jean crut d’après le fait qu’il ne vit plus Jésus… mais plutôt d’après ce qu’il vit…

Mais qu’est-ce que Jean vit pour croire ainsi? S’il vit la même chose que Pierre, il vit :

les linges posés à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part dans un autre endroit.

C’est donc qu’il y avait quelque chose d’inusité dans cette scène… et qui déjà l’avait retenu en arrêt à l’entrée du tombeau? Est-ce que les linges étaient posés comme si Jésus avait disparu sans déranger en rien les linges qui l’entouraient? Le suaire qui avait recouvert sa tête était-il roulé avec un soin particulier en cet autre endroit? Mystère!

Mais il semble en tout cas que le regard de Jean s’ouvre à une lumière nouvelle, puisque juste après il écrit :

« Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Michaël

Les esprits scientifiques cherchent encore une réponse à ce tombeau vide et se demandent où sont passés les ossements de Jésus. C’est bizarre, vraiment bizarre, cette disparition. Avec la grâce qui nous a été donné, nous, les chrétiens de ce monde, nous donnons une réponse du cœur qui est celle de la Foi.  Marie-Madeleine et les disciples de Jésus nous ont légué l’héritage de la foi en Jésus ressuscité. C’est une grâce et une  certitude que nous avons expérimenté dans notre vie. OUI, Jésus est vraiment ressuscité. Les disciples de Jésus ont compris l’Écriture à partir de la résurrection de Jésus. Ils sont les témoins vivants de sa résurrection et deux mille ans plus tard nous confirmons ce que les disciples ont vu et entendu parce que Jésus est bien vivant dans notre vie et notre monde. Nous sommes les témoins du Christ.  Jésus se fait Présent tous les jours de notre vie et Il continue de frapper à nos portes dans nos moments d’égarement. Restons à l’écoute des Écritures pour que l’esprit de lumière et de vérité nous  ouvrent les yeux du cœur. Demandons à Jésus la grâce de la résurrection pour que nous puissions Le Rencontrer en nos cœurs et dans nos prochains et que sa sainte Paix  puisse nous revêtir d’humilité. Célébrons la Vie du Ressuscité et partageons la joie de Pâques.

Jésus, tu es vraiment le Fils du Dieu vivant.
Viens illuminer notre vie et notre monde
En ce matin de Pâques.

Jésus, Toi qui es ressuscité d’entre les morts
Fais rouler la pierre de nos tombeaux qui
Nous empêche de donner la vie en abondance.

Jésus, Toi, la lumière de Pâques
Viens réveiller le cœur du monde et saisir de Ta lumière
Ceux et celles qui sont sous le pouvoir du diable.

Jésus, Toi, l’Amour de notre vie
Donne-nous la Paix que le monde ne peut donner.
Fais de  nous des agents de paix, d’espérance et d’amour.

Le Seigneur est vraiment ressuscité, Alléluia!

tombeau-vide-4

Où vas-tu Marie-Madeleine?
Je vais au tombeau voir celui que mon cœur aime.

Qui te roulera la pierre?
Je ne sais pas. Je veux être proche de mon Seigneur.
Mais… dis donc, la pierre a été enlevée du tombeau!

Qu’as-tu vu Marie-Madeleine?
Simon-Pierre, viens vite, vite,
On a enlevé le Seigneur de son tombeau.
Mais, je vois les linges et le suaire roulé à sa place.
L’autre disciple entra au tombeau :
Il vit et il crut.

Alléluia! Le christ est ressuscité.
Frères et sœurs dans  le Christ,
Croyons-nous à la Bonne Nouvelle de la résurrection?

Oui.  Nous croyons en Jésus de Nazareth. Il est vraiment ressuscité.
Après le baptême de Jean,
Dieu lui a donné l’onction de l’Esprit-Saint.
Là où il passait, il faisait le bien et guérissait
Tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable
Car Dieu était avec lui.

Oui. Notre point d’ancrage c’est le Christ.
Nous sommes ressuscités avec Lui.
Nous sommes les témoins vivant de son amour.
Le Seigneur a été Présent dans notre vie,
Il l’est encore aujourd’hui,
Il le sera jusqu’à la fin de nos jours et
Il nous a chargés d’annoncer
La  Bonne Nouvelle sur la terre des vivants.

Frères et sœurs dans le Christ
Crions de joie pour le Seigneur! Allons, acclamons-Le!
Oui. Le Christ est ressuscité. Alléluia!
Célébrons la Fête pascale, la victoire de l’Amour
Non pas avec de vieux ferments,
Mais avec l’Esprit de Jésus ressuscité d’entre les morts.

Frères et sœurs dans le Christ
Revêtons-nous d’humilité et marchons en présence du Seigneur.
Recherchons les réalités d’en haut, l’Amour divin.
Entrons dans la danse de la liberté et de  la Vie.
Soyons tout accueil et  miséricordieux.
Partageons  notre pain quotidien dans  la justice et la vérité.
Devenons une pâte nouvelle qui enrichie le monde
Avec la joie  et la paix du Ressuscité.

Joyeuses Pâques à chacun, chacune 

Karine

«Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait.» (Mc 14, 1-15)

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 14, 1-15

La fête de la Pâque et des pains sans levain
allait avoir lieu deux jours après.
Les grands prêtres et les scribes
cherchaient comment arrêter Jésus par ruse,
pour le faire mourir.
Car ils se disaient :
« Pas en pleine fête,
pour éviter des troubles dans le peuple. »

Jésus se trouvait à Béthanie,
dans la maison de Simon le lépreux.
Pendant qu’il était à table,
une femme entra,
avec un flacon d’albâtre
contenant un parfum très pur et de grande valeur.
Brisant le flacon,
elle lui versa le parfum sur la tête.
Or, de leur côté, quelques-uns s’indignaient :
« À quoi bon gaspiller ce parfum ?
On aurait pu, en effet, le vendre
pour plus de trois cents pièces d’argent,
que l’on aurait données aux pauvres. »
Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus leur dit :
« Laissez-la !
Pourquoi la tourmenter ?
Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi.
Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous,
et, quand vous le voulez,
vous pouvez leur faire du bien ;
mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours.
Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait.
D’avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement.
Amen, je vous le dis :
partout où l’Évangile sera proclamé
– dans le monde entier –,
on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

________

COMMENTAIRES

« Jésus leur dit :
« Laissez-la !
Pourquoi la tourmenter ?
Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi…
Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. »

Dans chacune de nos vies, n’y a-t-il pas de ces tournants décisifs qui engagent librement toute la personne?

Geste de DON en pure folie…  Qui change non pas tant Jésus, mais celle/celui qui l’accomplit… De l’ordre d’un « Oui » total et libre, une sorte de « saut qualitatif » qui signe un Amour transformant…

« Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. »

Marie-Hélène

« ETRE COMME LE PARFUM, TRÈS PUR ET DE GRANDE VALEUR. »

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Seigneur, comment peux-tu en connaitre la grande valeur si tu ne viens pas me briser pour en reconnaitre tout l’arôme. J’ai peut-être l’air d’un contenant comme tous les autres contenants, mais je suis fragile, difforme, aux couleurs fades, un contenant qu’on est tenté de tasser d’un coup de pied.

Mais toi, Seigneur, prends-moi dans tes mains, regarde attentivement ce flocon, dis… tu me reconnais, je suis ton enfant qui a perdu l’odeur de ton amour, je me suis laissée emballer par des paroles qui n’avaient aucune saveur et sinon regretté mon essence.

Jésus, en ce temps de carême, moi aussi j’aimerais parfumer ton Corps par des gestes et paroles tellement odorantes pour que l’univers entier perçoive ton approche en disant : ça sent la paix, l’amour, la miséricorde, la bienveillance, le pardon, et me faire dire « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait… »

Mariette  

Comme on est vite à juger ceux qui sont différents et que l’on est vite à les marginaliser de nos sociétés. Ces gens bizarres, ceux qui étonnent, ceux qui dérangent, par leur simplicité, mais aussi par leurs gestes soudains, portés par un élan du cœur plein de tendresse, d’empathie, de vérité et d’amour.

Ces gens, comme cette femme qui a osé répandre le parfum sur les pieds de Jésus, sont nos guides. Merci Seigneur pour ces anges que tu envoies à notre rencontre pour nous enseigner le chemin qui mène à toi.

Merci de me donner de les imiter, d’écouter et de suivre les antennes de mon coeur, que cela paraisse complètement farfelu, ou que cela vienne bousculer les rêves, idées ou projets plus « sérieux », qui viennent logiquement sembler répondre à un projet plus grand. Donne-moi de simplement souhaiter te rendre grâce, te louer et te servir en tout temps.

Solane

Pendant que certains n’attendent que la mise à mort du corps de Jésus et son ensevelissement, cette femme – dont le cœur a été ouvert par Jésus – le glorifie plutôt en répandant sur lui un parfum précieux, et ce faisant, par son amour plutôt que par son savoir, elle le prépare à cette descente au tombeau qui ouvre tous les tombeaux, libérant non seulement nos âmes, mais aussi nos corps ensevelis sous le poids de nos divisions et autres savants calculs.

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Ce corps de Jésus que l’on continue à vouloir ensevelir à tout prix en ne retenant de lui qu’une idée, une philosophie, une morale, une sagesse, un symbole… voire un précieux parfum, c’est aussi nos propres corps que nous ensevelissons encore et toujours, car sans l’incarnation réelle et tangible de l’Amour de Dieu, quel est le corps qui peut rassembler tous les corps divisés – comme autant de membres dispersés – en un seul corps, non séparés et pourtant non confondus, et ainsi les rebrancher à l’Arbre de Vie?

Michaël

Seigneur pourras-tu dire cela de moi un jour; « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait? » Ai-je le courage de poser des gestes qui me viennent du coeur mais qui sont à l’encontre du « bon sens », de l’ordre établi? Ai-je le courage, tout comme cette femme l’a eu, d’agir parfaitement selon mon coeur sans me conformer au monde, en faisant fi des opinions des autres? Et plus courageux encore, de faire fi de ce qui semble juste dans le regard du monde? Comme cette femme qui apparemment gaspille beaucoup d’argent en versant le parfum sur la tête de son Seigneur, elle aurait pu le donner aux pauvres…Seigneur permet que j’entende sans filtre l’élan de mon coeur et que sans tarder et sans peur, je le mette à exécution. Je te demande pardon pour toutes les fois ou j’agis comme ceux qui s’indignent et se conforment aux lois du monde en oubliant de Te servir le premier.

Merci pour cette femme qui éternellement verse le plus précieux parfum sur ta tête pour glorifier son Seigneur!

Mariette-Renée

Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait

Cette fois, à Béthanie, Jésus n’est pas chez ses amis Lazare, Marthe et Marie, mais l’un des invités chez Simon le lépreux. Dans ce milieu-là, on sait que certains complotent pour faire arrêter Jésus, surtout depuis qu’il a ressuscité Lazare. Sa tête est mise à prix. Une odeur de mort rôde alentour mais on n’en parle pas.

Cette femme qui entre chez Simon va briser le silence en brisant le vase d’un parfum très précieux. Qui est cette femme « qui vint » chez Simon? Quelle que soit sa réputation – peut-être une exclue elle-même – elle a compris intuitivement que cet homme n’est pas comme les autres. À sa manière elle ose parler de sa mort prochaine, de la menace qui pèse sur lui. Jésus enchaîne, ouvre la bouche pour reconnaître qu’elle dit vrai, que son geste de don est sur le bon registre… tandis que les autres opinent sur ce qu’il eut mieux valu faire avec cette pièce de grande valeur. Oui, « ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait ». Par son geste, sans un mot, elle crie : ouvrez vos yeux, ouvrez vos cœurs et vous saurez qui est cet homme!

Comme ces invités qui invoquent la valeur de l’aumône en faveur des pauvres, nous nous situons souvent au registre des bonnes intentions et des bonnes pratiques alors qu’il nous est demandé de faire un saut dans la foi pour reconnaître qui est Jésus dans notre histoire humaine.

Aujourd’hui, à Béthanie, Jésus vit consciemment l’approche de sa mort. Il pressent qu’on ne le suivra pas dans la tourmente; plusieurs qui l’ont suivi et admiré quand il donnait des signes de sa puissance vont s’abstenir de plaider en sa faveur lorsqu’il sera contesté, accusé.  Suis-je « avec lui » dans la peine comme dans les beaux jours? Suis-je en voie de passer au registre de la compassion qui dépasse le convenu, les apparences pour ouvrir mon cœur et m’approcher de celui ou celle qui attend d’être libéré de la solitude et de la dépendance? Puis-je prendre dans mon cœur ces chrétiens persécutés dans le monde pour prier avec eux, faute de pouvoir être à côté d’eux pour partager leur peine et leur combat?

Quand je vois une maison s’ouvrir pour accueillir un jeune en danger, ou une municipalité accueillir une résidence pour des ex-détenus en période de transition, je me dis que l’amour est plus fort que la peur, et que ces gestes d’accueil valent plus que tout l’or du monde. Autant que le parfum que cette femme a répandu sur Jésus.

Gisèle

Pourquoi ai-je fait cela? Qu’est-ce qui m’a poussée à prendre ce parfum de grand prix et à en verser tout le contenu sur la tête de cet homme appelé Jésus de Nazareth? Aucune pensée, aucune raison ne peut justifier cette folie aux yeux du monde.

Et pourtant c’était impérieux, il fallait que je le fasse, et rien ni personne aurait pu arrêter la volonté qui m’animait à ce moment là.  Je l’ai fait, ou plutôt, ce geste a voulu se faire au travers de moi, bien au-delà de mon propre vouloir.

Oui, tout, tout ce flacon de parfum d’une valeur inestimable a voulu être versé sur la tête de celui qui a tout, tout, tout donné. Cela, je ne l’ai véritablement su que plus tard. Mais la présence à laquelle j’obéissais sur le moment même le savait très bien, même si moi, pauvre petite servante, je ne l’avais pas encore compris.

Nénuphar

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Ce passage d’évangile vient mettre en lumière la place du discernement dans nos choix de  vie. Ce qui est important ici, Jésus nous le rappelle, c’est l’amour. Cette femme n’est pas un disciple de Jésus mais voilà qu’elle sentait le besoin de montrer son affection envers Jésus en lui versant du parfum hors prix sur sa tête. C’était sa façon à elle de lui dire : « je t’aime. » Encore une fois l’argent est omniprésent dans nos vies et nous devons toujours discerner pour en faire un bon usage. « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous » dit Jésus.

Des fois il nous est difficile de ne pas penser à notre mission, notre travail en délaissant ceux et celles qui partagent notre vie. Concilier travail-famille-amis devient un casse-tête au quotidien quand il s’agit de  donner du temps aux personnes qui nous sont chères. Combien de fois les parents doivent sacrifier le temps passé en famille pour répondre aux besoins de leur mission, de leur travail  ou pour joindre les deux bouts afin de gagner un bonus pour satisfaire les besoins de la famille.

Jésus prend plaisir aux gestes du cœur et Il nous rappelle l’essentiel : tous les petits gestes d’amour que nous pouvons faire pendant que la personne est encore proche de nous, bien vivante au milieu de nous, faisons-les de tout cœur. Alors, n’attendons pas la mort pour encenser, embaumer de parfum et de fleurs nos proches et amis. Prenons le temps pour vivre l’instant présent dans l’amour. Demandons à Jésus de nous conduire vers les valeurs qui nous élèvent vers son humanité et divinité.

Merci Jésus de nous ramener à l’amour.
Aide-nous à fixer notre regard sur Toi
Afin que  nous puissions t’aimer à travers nos prochains.

Mon Seigneur et mon Dieu,
Donne-nous la grâce du discernement.
Ne permets pas que l’argent soit le moteur de notre vie.
Donne-nous la paix du cœur qui nous sécurise et
nous délivre des tentations de ce monde.

 

Karine

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Mc 9, 2-10)

Un nouvel extrait des Évangiles à écouter et à commenter…

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( Illustration inspirée d’icônes traditionnelles )

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, chapitre 9, 2-1

En ce temps-là,

Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants,
d’une blancheur telle
que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse,
et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole
et dit à Jésus :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
De fait, Pierre ne savait que dire,
tant leur frayeur était grande.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,
et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »
Soudain, regardant tout autour,
ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne,
et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d’entre les morts ».

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
________

COMMENTAIRES

« L’amour de mon père! Comme il m’aimait! » 

Hier, j’étais avec une personne de 98 ans.  Lors de la conversation, je lui demandai ce que la vie lui avait appris. Un court moment de silence. Puis son visage devint tout rayonnant.  Elle me dit: « L’amour de mon père! Comme il m’aimait! »
La transfiguration, si c’était cela?  Cette étincelle de lumière qui laisse pressentir la joie d’une présence qui m’a aimée et ne m’abandonnera pas. Surtout au creux de mes dépouillements.

Fernande

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le »

Se peut-il que dans chacunE de nos vies, ait lieu pareil moment décisif…

Que Jésus m/nous emmène seul à l’écart…

Qu’Il se manifeste?

Et que je/nous demeurions fermement attachés à sa Parole?

D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement pour la suite des choses ici-bas dans la foi?

Aujourd’hui et chaque jour, « Écoute-le… »

Marie-Hélène

jesus

« …ILS DESCENDIRENT DE LA MONTAGNE « 

…la montagne est une élévation du sol. Jésus a ressenti le besoin de faire la rencontre  avec Pierre, Jacques, et Jean au sommet de la montagne pour être dans une  liberté complète de contemplation et m’inviter à devenir moi-aussi « élévation »pour rendre grâce au Transfiguré. Dans ces moments d’éclatement lumineux, je voudrais me camper près de Lui, mais la nuée me couvre et m’incite à écouter ce Fils Bien-aimé, même si je ne comprends pas toujours le message. Seigneur, je bénis tout le lumineux que tu déposes en moi et je te dis merci.

Mariette

jesus-transfEn ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.

À priori, le récit de la transfiguration peut ressembler beaucoup à une histoire de pêche, ou encore aux histoires de fin de soirée entre copains, où les mélanges d’alcool, d’euphorie, ou même de désespoir et d’incompréhension nous plongent un peu dans un état second.

Le passage me fait penser aussi à nos quotidiens de plus en plus remplis, comme pour nous perdre dans les nuages, et nous engourdir, et nous emmener loin, si loin de notre Seigneur.. Comme pour fuir la vision de la blancheur de ses vêtements resplendissant, de peur qu’ils ne révèlent nos failles. Si profondes, face à Sa grandeur.

Stp, Seigneur, permets moi de toujours chercher Ta face en toute personne, chose ou circonstance. Et de voir Ton vrai visage, ton visage d’Amour étincelant, capable de faire fondre le plus gros des icebergs, de réchauffer et ranimer nos coeurs perdus.

Solane

Par sa transfiguration, Jésus manifeste en son corps la communion de ce qui, en l’homme, avait été séparé… mais en acceptant la crucifixion au prix de sa propre vie, il réunit les branches verticale et horizontale de la croix pour toute la création, ouvrant chemin de résurrection pour chacun d’entre nous.

Seigneur, je t’en prie, que nous soyons dès maintenant transfigurés de ta transfiguration!

Michaël

C’est un moment d’exception que les trois disciples ont vécu. Il y avait tant à voir, à entendre, à recevoir ! Au centre, Jésus, ce maître qu’ils ont décidé de suivre même s’ils le trouvent déroutant à certaines heures. Ici, il n’y a plus de doute possible, ils ont bien entendu la voix qui disait « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ».

jacques

Un tel moment dans une existence ne se présente pas tous les jours. Pour Jésus lui-même, c’est une révélation de son identité profonde. Quelle transparence entre lui et le Père, entre lui et les trois disciples : aucune frontière, mais la vérité de l’être qui se dévoile. Pierre, Jacques et Jean, captez bien cette lumière, prenez-la précieusement en vous, vous en aurez besoin un certain vendredi…

Les jours de lumière nous sont donnés pour tenir bon dans la confiance.

Gisèle

De villages en villages Jésus donne sa Parole à tous et pour tous, il  fait des miracles devant tous et pour tous ceux qui le demandent. Cependant, selon la sagesse divine, certains dons ne se donnent que dans le secret, à quelques uns préparés pour cela, et qui seront chargés de témoigner, de bouche à oreille, en temps voulu par le Seigneur.

C’est ainsi que Pierre, Jacques et Jean sont appelés à voir et à se taire sur ce qui leur a été montré, « jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit ressuscité d’entre les morts« . Alors ils auront à délier leur langue, même s’ils préfèreraient garder le silence. Ils ne sont pas appelés à demeurer en haut de la montagne, dans la joie de la révélation, ils sont ordonnés à l’écoute et à la transmission.

Peut-on écouter si l’on ne se tait pas, » à l’écart sur une haute montagne »et peut-on transmettre si l’on ne « descend » pas vers la multitude ?  Suivre Jésus c’est apprendre ce mouvement, cette grande respiration dans laquelle se taisent nos jérémiades de pécheurs. Peut-on mourir d’amour et se plaindre ou s’effrayer ?

Seigneur, ne nous laisse pas aveugles ni dans l’inimitié devant tes messagers et tes serviteurs.

Pierrette

jean

Une autre fois, sans aucune prétention, pour mieux vivre cette impressionnante scène de la transfiguration, je me suis permis de me mettre dans la peau de l’un des personnages y assistant, celui du jeune Jean, le disciple que Jésus aimait.

C’est vrai, j’ai eu tellement peur, d’une immense peur irrationnelle et contagieuse devant l’inexplicable, l’inconnu, devant ce qui échappe à toute raison humaine !

Pourquoi nous avait-il amené à l’écart sur la haute montagne? Savait-il qu’il allait ainsi se métamorphoser devant nous, revêtant un manteau de lumière insoutenable ? Savait-il que le parcours du temps serait momentanément suspendu et que sortiraient de cette faille les grands prophètes Moïse et Élie, vivants !

Il faut croire que la condition humaine appréhende avec une grande crainte le surgissement de Dieu dans notre monde terrestre : tous mes poils de pauvre mortel en étaient hérissés. Car, je l’ai compris plus tard, c’était bien en Dieu et par Lui que cela nous apparaissait.

En fait, je l’ai su avec certitude, lorsque m’étant jeté à terre pour me détourner de la lumière intolérable qui m’assaillait, je l’entendis de mes propres oreilles, Lui, Dieu, dire à haute voix :

« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »

Une seule parole, toute amour, tendresse, sollicitude et miséricorde ! Je savais qu’ayant entendu cette unique parole, j’étais désormais sauvé. J’avais touché à l’intangible, j’avais entendu de mes propres oreilles l’incommensurable amour de Dieu le Père pour son Fils, amour tellement immense qu’il nous englobe toutes et tous au-delà de nos différences, écarts et égarements.

Depuis, ces mots, « amour » et « écoute » ne cessent de résonner dans mon cœur. Et quand le doute et la crainte m’assaillent, je tends l’oreille en direction du cœur du Fils bien-aimé, comme un petit enfant se jette sur la poitrine parentale.

Nénuphar

Dans la transfiguration de Jésus sur la montagne, l’évangile de Marc nous raconte que Pierre, Jacques et Jean furent saisi de frayeur par le corps lumineux de Jésus et la blancheur de ses vêtements. Pierre dit à Jésus : «  Rabbi, il est bon que nous soyons ici! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » Dans sa vision Pierre reconnaît que Jésus est un envoyé de Dieu, un prophète. Mais voilà que de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoute-le. »  Jésus n’est pas un prophète comme les autres, Il est le Fils de Dieu. Pierre, Jacques et Jean devinrent les témoins directs de la transfiguration et reçurent  la mission de se mettre à l’écoute de Jésus. Devenir disciple de Jésus, n’est-ce pas d’abord être à l’écoute de sa Parole pour qu’elle prenne racine en nos cœurs et y découvrir l’Amour d’un Père pour ses enfants?  Par le baptême de Jésus, Dieu nous a révélé que Jésus est son Fils bien-aimé en qui Il a mis tout son Amour et par la transfiguration, Il nous demande de nous mettre à l’écoute de son Fils bien-aimé, à  l’écoute de l’Amour et à Son école. L’Amour de Dieu a transfiguré le corps charnel de Jésus en un corps de lumière pour qu’Il accomplisse sa mission. Demandons à Jésus de nous libérer des tentations de  notre corps charnel et de nous vêtir de sa lumière.

pierre

Père très bon,Merci de révéler à l’humanité toute entière ton Fils Jésus.
Merci de nous révéler par ton Fils,
Notre identité de fille et fils de Dieu.
Merci de nous révéler par ton Fils, Jésus, que nous sommes
Tes enfants bien-aimés, frères et sœurs, sur toute la terre.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Conduis-nous au désert, sur ta montagne sainte
fin que nous puissions faire silence pour mieux t’écouter.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Fais tomber le voile sombre de nos yeux
Afin que nous puissions voir avec les yeux du cœur,
Ton amour, ta lumière dans les Écritures et dans toute la création.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Ouvre-nos cœurs à ta Parole et
Mets cette Parole de Vie sur nos lèvres
Afin  que nous puissions illuminer le monde.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Renouvelle en nous ton Esprit-Saint
Afin que nos corps rayonnent de ta lumière.

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant,
Saisi-nous par ta Présence miséricordieuse
Afin que nous puissions révéler au monde
on amour et ta paix.

Mon Seigneur et mon Dieu
Aide-nous à vivre dans la joie
Notre identité de filles et fils bien-aimés du Père.

 Karine