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La paix, avec ou sans Dieu?

paix-avec-ou-sans-dieuNotre troisième question: Est-ce que la paix entre les peuples, cultures et religions est-elle possible entre les hommes, sans l’aide de Dieu?

Certains prétendent que ce sont les religions qui engendrent les conflits. Qu’en est-il véritablement? Est-ce la religion en elle-même qui pousse à l’extrémisme ou est-ce l’interprétation qu’en font les hommes?

Comment atteindre cette paix? Quelle est le chemin pour réconcilier les humains entre eux?

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Témoignages et commentaires reçus :

Pour moi, c’est simple, l’amour  véritable – c’est-à-dire autre chose qu’un sentiment personnel plus ou moins éphémère – est impossible à notre nature coupée de Dieu… car c’est Lui seul qui aime chacun de nous, en nous et au travers de nous, de cet amour inconditionnel et transfigurateur… et donc porteur de paix.

Michaël

Il me semble qu’à l’extrême, sans Dieu qui nous rassemble au-delà de nos divisions, sans Dieu qui nous invite à un dépassement de nous-mêmes, il n’y a plus que des individus. C’est ultimement du chacun pour soi, chacun selon son point de vue subjectif. Entre le détournement des appartenances religieuses afin de justifier des intentions belliqueuses et le tous contre tous quand il n’y a plus rien de signifiant pour nous réunir, que nous reste-t-il?

La paix ne vient pas de soi, l’histoire des civilisations tend malheureusement à le prouver.

Sortir l’homme de ses tendances à l’exploitation et à l’abus de pouvoir paraît surhumain.

Et si la paix nous est « surhumaine », qui d’autre que le Créateur pourra nous livrer en surabondance cette surhumanité?

Nénuphar

Je ne vois pas comment quelque chose pourrait se faire sans l’aide de Dieu. Si nous sommes croyants nous savons que Dieu est dans tout et partout, en plus ce serait idiot de ne pas lui demander de l’aide, une aide totalement gratuite!!!

Dieu est notre père ou mère et il est amour inconditionnel. Si nous croyons en lui et dans son amour c’est sur qu’il faut lui demander de l’aide.

Je crois en Dieu et je crois qu’il nous aide même si nous ne lui demandons pas. Je crois vraiment qu’il agit pour notre bien et à long terme même si nous ne comprenons pas maintenant le pourquoi dans le moment même.

Je ne crois plus beaucoup dans l’être humain. Malheureusement, je vois que plus que le temps passe, celui-ci devient de plus en plus égoïste et centré sur lui même. Je ne lui crois pas capable de pouvoir négocier en regardant le bénéfice de l’ensemble planétaire. Donc, je ne vois pas comment la paix pourrait se faire sans l’aide de Dieu.

Rosa

La paix! C’est tellement tout! Et pourtant, on la menace, on la piétine même, pour assouvir nos rêves ou nos désirs… pour le pouvoir ou encore pour faire comme le voisin…

Tellement triste que l’humain doive étirer l’élastique jusqu’à ce que tout éclate, avant de réaliser à quel point cette paix est au coeur de tout.

Elle est le terreau favorable à l’émergence de la Vie!

Et c’est d’abord en chacun de nous que ce trésor est été semé.

Aussi, notre Seigneur Jésus est venu nous l’apporter : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. »

Cette grâce qui nous est accordée est bien fragile ! Il faut l’arroser, la nourrir, la protéger et l’entourer de soins pour qu’elle demeure en soi, et aussi et surtout pour pouvoir la partager.

Or les mille et un engagements, rêves, obligations, soucis, défis et souffrances qui nous sont donné de vivre au quotidien sont autant d’occasions de grandir… et sont aussi trop souvent l’occasion de laisser assombrir cette paix si précieuse qui nous habite.

Et alors, plus je m’agite, plus elle s’évapore, laissant place au stress, angoisse, conflit…

Plus j’essaie de reprendre les choses en main, de maîtriser la situation pour retrouver la paix, c’est comme si en fait je ne faisais qu’alimenter l’agitation…

Comme si la paix, si précieuse, ne pouvait être conditionnée ou enfermée dans une boîte. Ou obtenue par la simple volonté, en criant ciseau.

Comme si elle avait besoin d’être désirée, partagée, entretenue… priée aussi. Surtout.

Comme si on doit inviter notre Seigneur, le grand semeur de paix, à venir la ré-insuffler en nous, en notre humanité.

La paix ne peut exister en dehors de Dieu. Non pas cachée dans les nuages ou enfermée dans ses églises, elle est bel et bien incarnée en son temple vivant : au cœur de l’être humain.

Seigneur, donne-nous de veiller, et de faire grandir cette fragile semence de paix que tu as semée en nous. Fais de moi, fais de nous des artisans de Ta paix.

Solane

La paix sans Dieu est impossible. Seul l’amour divin peut la favoriser. Même avec Dieu, la paix n’est pas pour demain. Ceux qui combattent Dieu peuvent-ils vouloir la paix qui viendrait de Dieu?

Je pense que la paix annoncée par Jésus est une paix intérieure. Il ne s’agirait pas d’une paix dans la société ou entre les nations. Les humains préfèrent être les plus forts qu’être les plus paisibles. La force n’est pas seulement physique. Les catholiques d’un même diocèse n’arrivent même pas à faire la paix entre eux, comment penser que les humains y arriveront ?
Je pense que ceux qui engendrent les conflits sont les différences. Les religions ne constituent qu’une des différences à l’origine d’un conflit. Les religions servent surtout à rendre morale une agression. Je pense que le Coran contient des sourates qui favorisent les conflits. Je ne trouve pas d’équivalents dans le judaïsme ou le christianisme. Je ne connais pas les autres religions. Cette simple opinion ne favorise pas la paix avec ceux qui pensent que j’ai tort. Et si je ne l’exprime pas, je ne serai pas en paix avec moi-même.

La paix intérieure peut être atteinte par notre propre conversion (changer ses pensées). Il suffit de se rapprocher du Créateur, pour ceux qui y croient encore, ou de laisser entrer l’Esprit en soi. Pour réconcilier les humains, il suffit de soumettre nos volontés à la volonté de notre Seigneur. C’est plus facile à dire qu’à faire.

Pour arriver à la paix, il faut peut-être mourir.

Gilles Guibord

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Au cours de chaque Messe nous sommes appelés à nous souhaiter les uns aux autres que la paix « du Christ » soit avec nous. Nous sommes appelés à la recevoir et à la donner dans la joie. Or cette possibilité s’accomplit-elle ? Cette Paix, fille de l’Amour qui règne au sein des personnes divines, trouve-t-elle ma porte d’entrée grande ouverte quand elle s’offre à moi et la porte de sortie également ouverte lorsqu’elle s’élance vers mon prochain ? C’est à chacun de répondre à cette question, sachant que la Paix du Christ ne peut que se donner sans rupture et sans compter.

Elle n’est pas un gâteau dont chacun pourrait prendre sa part, l’emmener chez soi et lui donner une place pour le repos de « ma » tête. Traiter de la sorte la Paix du Christ, c’est la voir refluer vers l’entrée et passer ailleurs, laissant derrière elle une maison condamnée à n’avoir rien à donner. N’ayons donc pas peur de laisser libre passage à la force tranquille de ce fleuve pacifiant. Prêtons une oreille attentive à la Parole qui annonce sa venue, afin qu’elle nous trouve debout sur le seuil au moment où elle surgira à l’horizon.

Pour les croyants en Dieu il y a donc un premier donateur à invoquer pour que sa volonté soit faite comme Il la promet.

Mais pour les croyants en l’absence de toute création voulue, établie avant eux, pour eux, sur quoi et avec quoi peuvent-ils bâtir une œuvre pacifiante?

Qui sera le premier donateur? …?

En fait il m’est impossible de concevoir la possibilité qu’existe une incroyance telle qu’elle  ne cache et ignore une croyance mystérieuse en une vérité transcendante et absolue bien qu’innommée.

Pierrette

De quelle paix s’agit-il? De quel Dieu parlons-nous?

La paix dans l’abondance, dans la prospérité c’est possible, mais est-elle une paix durable? Il existe dans l’être humain un tel désir de croissance et d’accomplissement que la possibilité de posséder toujours davantage peut conduire un individu, un clan, une nation à vouloir s’approprier le bien du voisin. Commencent les tensions, les rivalités, les divisions à l’intérieur du groupe humain. Les luttes peuvent aller jusqu’au mépris de la vie et de la dignité humaine des autres.

Une instance externe ou une autorité supérieure est alors nécessaire pour rétablir la paix dans la justice, par des échanges d’égal à égal. Mais se reconnaître dans la réciprocité, dans une même filiation humaine, implique au moins implicitement que nous venons d’une même Source à l’origine de la vie, une Source qui peut inspirer des comportements favorables à  la paix.

Les sociétés qui privilégient le partage, le bien-vivre, conçoivent le bien commun comme un don du Créateur : ce qu’il a donné gratuitement à tous doit profiter à tous. C’est une vision qui favorise la paix en établissant que tous appartiennent à  une même humanité.

Deux visions du monde

Si des guerres ont eu lieu au nom de la religion, hélas il y en eut, c’était aussi au nom d’une volonté d’hégémonie politique. Elles relèvent d’une vision du monde dite hiérarchique, symbolisée par une échelle : les uns sont meilleurs que les autres, leur culture est plus raffinée que celle d’un autre peuple, leur économie plus performante est due à leur intelligence supérieure, la vie des animaux est moins importante que celle des humains et on peut en disposer à son gré. Même mon credo a plus de valeur que le tien.

Une autre vision du monde représente un cercle où tous les êtres sont distincts mais interdépendants. Tous ont droit au chapitre, et tous ont la responsabilité de participer au bien commun. Nul n’est supérieur aux autres, nul n’est exclu. Les cercles de guérison, de résolution de conflits contribuent à sortir des impasses au nom de valeurs reconnues par une majorité. En ce sens des biblistes décrivent les disciples de Jésus de Nazareth comme une communauté de disciples égaux réunis autour d’une table ronde, où nul ne peut revendiquer la première place.

Pour le dire brièvement, il me semble que la paix est davantage réalisable lorsque nous nous reconnaissons égaux devant Dieu. Il est alors possible d’établir des règles communes. Autrement, la tentation de s’autoproclamer Dieu et de commander en maître peut resurgir à tout moment dans l’histoire humaine, comme on le voit en ce moment avec des individus qui fomentent des actes de destruction d’autres humains. Comme si, à diverses époques, nous devions redécouvrir l’existence du Mal et du Malin.

En 1963, le bon pape Jean XXIII a publié une encyclique sur la paix alors que le monde divisé en deux blocs vivait la « guerre froide ». Il a misé sur l’aspiration à la paix profondément inscrite dans le cœur humain pour affirmer que la guerre n’est plus un moyen de résoudre des conflits. Il préconisait le dialogue institutionnel en créant des instances de coopération internationale. Plus important encore, il affirmait que « le fondement de toute société bien ordonnée et féconde, c’est le principe que tout être humain est une personne… » (Pacem in terris, no 9).

La personne humaine est sacrée. Jésus de Nazareth nous l’a révélé, lui qui était en relation unique avec le Dieu qu’il appelait Père, père miséricordieux. Il est permis de penser qu’en suivant son exemple, en entrant en relation avec ce Dieu, l’amour l’emportera sur la guerre, et la domination fera place au service mutuel désintéressé.

Gisèle

L’humanité au cœur blessé a beaucoup évolué dans le temps. Dans ma culture, j’ai appris que les premiers habitants vivaient en paix et heureux avec la nature et entre eux. Puis est venue la colonisation avec Christophe Colomb. Dans la Bible, Dieu a toujours exhorté son peuple à faire la paix. Caïn a tué Abel par jalousie et Dieu lui avait demandé : « où est ton frère? » Les dix commandements, les dix paroles de Vie nous sont données comme un guide pour  arriver à faire la paix entre nous. Dans la nouvelle alliance, Jésus nous a montré le chemin le plus efficace pour y arriver. Il disait à Nicodème qu’il fallait naître de nouveau, naître d’eau et d’esprit pour voir le royaume de Dieu. Voir le royaume de Dieu, goûter à l’amour de Dieu, adorer Dieu de tout son cœur et de toute son âme pour aimer son prochain est une grâce à demander. Cette nouvelle naissance, ce réveil spirituel dont parle Jésus est à la portée de tous puisqu’Il nous a promis l’Esprit-Saint pour guider nos vies et Il nous a laissé sa paix. Une paix que le monde ne peut donner. Faire la paix entre nous est un chemin de croissance spirituelle et humaine qui commence par chacun, chacune de nous avec la grâce de notre Seigneur.

La notion de paix est bien plus que l’absence de guerre entre les peuples, les cultures et les religions. Nous pouvons constater beaucoup de violence dans les relations interpersonnelles. La violence de nos jours est banalisée dans les relations familiales, dans les relations socio-économique, culturelle et religieuse. Elle est aussi banalisée dans les gestes d’intimidations à l’école et envers tout ce qui est différent, dans le langage vulgaire,  dans les  dialogues dénigrants, dans les rapports sexuels, dans les films et jeux vidéo très violents, les publicités à la télévision etc.  Pour faire face à cette montée de violence sur cette terre, nous devons interpeller toutes les instances responsables et aussi nous interpeller entre nous. La paix est un chemin, un processus intérieur qui favorisera des lois et des politiques qui entretiennent la paix et l’harmonie sociale entre les peuples, les cultures et les religions. Il nous faut faire la paix avec soi-même, avec Dieu et avec les autres pour que la paix soit bien réelle dans nos sociétés.

La paix avec soi 

La paix commence d’abord par soi. Le chemin pour y arriver c’est faire la paix avec son passé familial, culturel et religieux. Nous portons tous un bagage familial, culturel et religieux qui nous a écorchés et qu’il  faudrait déposer pour continuer sur le chemin de la fraternité avec un cœur léger. Quel héritage voulons-nous laisser à nos générations futures? Il nous faut faire un grand ménage intérieur pour liquider cette violence intérieure qui nous coupe du divin, de la fraternité et de la nature. Apprenons à nos enfants à cultiver la paix et chercher le bien commun. Commençons par un simple désir de vouloir la paix et disons le mantra : joie, paix, amour jusqu’à qu’il devienne une réalité dans nos vies.

La paix avec Dieu

Ne pas reconnaître le divin en soi et dans la nature, c’est vivre sa vie de son propre chef sans accueillir cette force intérieure qui nous pousse à communier à ce qu’il y a de plus grand que nous, l’univers visible et invisible. Reconnaître et accepter que nous faisons partie d’un TOUT est déjà une intégration de cette paix et de cette harmonie qui se déploie dans la nature. Faire la paix avec Dieu, c’est entrer en relation avec le cosmos et reconnaître le divin en chacun, chacune de nous. Faire la paix avec Dieu, c’est être en révérence à la création que Dieu nous appelle à garder dans toute sa splendeur pour les générations futures. Faire la paix avec Dieu c’est vouloir communier à sa paix, sa joie et son amour pour Le voir et l’honorer en chacun, chacune de nous. En disant au Seigneur « que ta volonté soit faite », nous Lui laissons toute la place pour diriger nos vies et nous conduire sur le chemin de la fraternité malgré nos différences.

La paix avec les autres

Faire la paix avec les autres c’est honorer le divin en chacun, chacune. Le chemin de paix intérieur nous conduit vers les autres avec une énergie de paix. L’amour ne fait de tort à personne. Si je suis dans l’amour, il n’y a plus de place pour que mes pulsions de mort prennent le dessus. Le chemin pour arriver à cette paix intérieure n’est autre qu’une grâce à demander. Le réveil spirituel nous entraîne dans l’amour cosmique et une liberté intérieure. L’autre n’est plus une menace à notre existence ou à notre réussite mais il est un frère à aimer. Il est à aimer non parce qu’il le mérite à cause de ses œuvres mais tout simplement poussé par l’esprit du Christ nous l’embrassons comme Lui avec ses qualités et ses limites. Notre nouvelle naissance dans le Christ nous fait voir la vie non pas à partir de notre logique humaine mais avec la logique du Christ qui nous conduit vers la gratuité. La création devient alors l’expression de l’extravagance de l’amour.  Rempli de cet amour incommensurable, rempli de cette abondance de VIE nous sommes propulsés  vers les autres non pas parce qu’ils nous apportent quelque chose qui comble nos besoins égoïstes mais plutôt débordant de paix et d’amour  nous entrons dans une dynamique de rencontre  qui nous fait voir le divin se révéler sous ses multiples facettes. Si nous allons vers les autres que  par intérêt égoïstes il n’y a pas de rencontre vraie mais plutôt un échange de service utilitaire. Soyons conscients de nos motivations intérieures quand nous allons vers les autres. Recherchons  le visage de Dieu en allant vers les autres et laissons Dieu nous rencontrer dans le quotidien de nos vies en toute simplicité. Changeons nos regards et voyons plus loin que notre enveloppe corporel et notre bagage socio-économique, culturel et religieux.  Demandons la grâce du pardon. Là où il y a l’offense disons comme Jésus : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Sur le plan social et économique, les gouvernements ont un rôle à jouer pour créer l’harmonie entre son peuple et les peuples. La paix sociale, la justice sociale se construisent à travers les actions des gouvernements pour bâtir une société juste et équitable. Quand c’est la loi du plus fort ou la loi de la jungle qui prime alors on s’autodétruit comme société et comme peuple de la terre. Quand les hommes et les femmes appelés à gouverner ne sont pas nés de nouveau, ils embrassent la logique de l’exploitation, de domination qui déshumanise l’être humain.

Sur le plan culturel, quand chaque groupe se voit supérieur ou inférieur à l’autre nous constatons aussi une déshumanisation d’un groupe par un autre puisque l’effet miroir nous montre notre laideur, la bête en nous que nous voulons détruire, rabaisser et humilier. La haine de l’autre nous dit le degré de notre souffrance, de notre déshumanisation.

Sur le plan religieux, notre image de Dieu nous dit si nous adorons un Dieu Amour ou un Dieu vengeur, guerrier. Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu dans le don de l’Amour. Les blessures de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte nous conduisent à une fausse conception de Dieu. Si nos leaders religieux ne sont pas nés de nouveaux ils nous renvoient l’image d’un faux Dieu qui ne nous ouvre pas à l’Amour mais à la division, à la  peur, à la vengeance et la haine. Nous sommes tous pécheurs et si l’un de nos membres nous entraîne dans une fausse conception de Dieu, notre âme se voit atrophié par la haine. Sous l’emprise de la chair, la communauté ne fait que transmettre de génération en génération l’image d’un Dieu punitif, vengeur et guerrier. La vérité nous rendra libre dit Jésus, d’où l’urgence de nous mettre à son école pour Le laisser nous transformer à son image et à sa ressemblance. La rencontre de notre Seigneur, Jésus, est la porte de sortie d’une spirale de violence intérieure. Si la religion nous divise et est porteur de malheur c’est qu’elle est sous l’emprise de la chair. Sous l’emprise de l’Esprit, la religion nous donne des ailes de liberté, de fraternité, de justice et de paix. Sous l’emprise de l’Esprit nous sommes tous des frères qui cherchons le bien commun, le bien-être de la communauté dans un esprit de compassion et de service.

Voici venir des jours meilleurs où chacun, chacune prend conscience que  la paix commence par soi-même dans nos relations de tous les jours. Si je suis dans un rapport de dominant-dominé la paix n’est pas possible. Quand je m’intéresse à toi en terme marchand i-e du donnant-donnant la paix n’est pas possible. Quand je vais vers l’autre parce qu’il sert mes intérêts, la paix n’est pas possible. Quand l’autre devient une menace à notre survie, la paix n’est pas possible. Tout est dans le regard que je pose sur l’autre. Quand j’accuse toujours l’autre pour mon malheur, la paix n’est pas possible. La paix devient une réalité quand le voile tombe de nos yeux pour ne voir la beauté du monde et la richesse de notre diversité. La paix devient une réalité quand on voit les multiples facettes du visage de Dieu à travers le monde. La vraie paix est synonyme de joie et de liberté intérieure. Qui connaît la paix recherche la communion fraternelle et universelle.

La Paix où es-tu?

Je cherche la paix sur ton visage mon frère.
Je cherche le visage du Seigneur sur cette terre.
Qui me montrera le visage du Seigneur?

Sainte paix, en nos cœurs descend.
Fais-nous entrer dans le silence qui pacifie notre âme.
Enveloppe-nous de ta fragrance de paix.

Paix, sainte paix, toi qui donne la vie,
Rassemble-nous dans la diversité.
Désarme-nous de notre suffisance et
Fortifie-nous dans la fraternité.

Sainte paix, fais-nous un clin d’œil de charité.
Vois, mon frère, vois ma sœur,
La paix nous fait signe.
Regarde-moi mon frère, regarde-moi ma sœur
Pour que je puise la paix dans ton regard.

Paix, sainte paix, ouvre nos lèvres
Pour que nous puissions donner Vie à l’univers.
Paix à toi mon frère, paix à toi ma sœur.
Que la paix nous unisse à jamais pour le bien commun.

Sainte paix, ravive la flamme de nos mains
Propulse-nous vers les autres avec un cœur sans frontières.
Aide-nous à partager nos dons et nos ressources
Pour que tu  puisses habiter dans nos cœurs et nos maisons.

Dieu de la Paix, donne-nous ta paix.
Extirpe de nos cœurs toute forme de violence.
Donne-nous le regard qui invite à la paix et
À la communion des cœurs sur la planète entière.

Dieu de l’Amour, transfigure-nous par ton amour.
Saisi-nous de cet amour qui nous rend tous frères.
Fais-nous vibrer au rythme de ton cœur pour que
Nous puissions aimer comme Toi.

Dieu de la joie, transporte-nous dans ton royaume.
Fais tomber le voile qui obstrue ton visage de lumière.
Danse avec nous la valse de la liberté intérieure
Pour que nous puissions entraîner le monde
Dans une symphonie de joie intérieure.

Dieu de la paix, Dieu d’Amour et de joie,
Faites tomber une pluie de bénédictions sur
Notre planète Terre afin que nos pas
Nous conduisent vers le chemin de Ta Paix.

Karine 

 

M’aimes-tu? 

m-aime-tu

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 21, de 15 à 25

Lorsqu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : «  Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. »
Il lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? » Pierre lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit :
« Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? » Pierre fut peiné de ce qu’il lui eût dit pour la troisième : « M’aimes-tu? », et il lui dit : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis.
En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. »
Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre devait glorifier Dieu. Et après avoir ainsi parlé, il lui dit : « Suis-moi. »
Pierre, s’étant retourné, vit venir derrière lui le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus et avait dit : « Seigneur, qui est celui qui va te livrer? »
Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il? »
Jésus lui répondit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? Toi, suis-moi. »
Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Pourtant, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? »
C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai.
Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses; si on les écrivait une à une, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

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COMMENTAIRES

Lorsqu’ils eurent mangé, Jésus  lui dit pour la troisième fois, « Pierre m’aimes-tu ? » Seigneur je ne compte plus les fois que t’aurais pu douter de mon amour et me demander « Mariette m’aimes-tu ? » Tu sais bien Seigneur que j’t’aime ….
« Ah oui ?, alors suis-moi! »… Oups …c’est là que je ne réponds pas toujours à la mission d’amour que tu me proposes, sous divers prétextes je te dis non,  c’est trop Seigneur je ne suis pas capable, je te le dis pas clair de même, mais ça ressemble à un refus. Seigneur pardon pour toutes ces lâchetés, je ne sais pas où tu m’amènes et l’insécurité m’empêche de poser des actes d’abandon, de confiance, et comme Pierre, moi aussi je suis vraiment peinée et j’aimerais bien à nouveau manger à la même tablée que tous ceux et celles qui te suivent avec joie….

Mariette

23-oui-je-t-aime-seigneur

« M’aimes-tu? », et il lui dit : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis

Il est vrai, Seigneur, que tu connais toutes choses. Et moi aussi, à priori je me questionne : mais pourquoi tu demandes par trois fois à Pierre s’il t’aime ? Est-ce pour lui permettre de se l’entendre dire, et peut-être même aussi pour sentir en lui cet appel à un Amour engageant ?

Oui, je t’aime Seigneur! Et stp, permets-moi aussi d’être ton ouvrière. D’être ta messagère, d’être tes mains qui réchauffent, réconfortent et transmettent ton Amour;
Et aussi qui donnent sans compter;
Stp donne-moi un cœur qui se donne entièrement, et qui est le reflet de Ta charité.
Donne-moi d’être ton sourire, qui est aussi accueil et chaleur sans fin;
Donne-moi d’être tes oreilles, qui écoutent sans juger, avec Ton Amour et Ta compassion;
Donne-moi Tes mots qui encouragent, encensent et sont porteurs de Vie.

Oui, merci Seigneur de me donner de Te reconnaître et de T’aimer en chacune et chacun de mes frères et sœurs, et de chercher sans cesse à œuvrer à Ton Royaume, ici et maintenant, sachant très bien que je ne puis absolument rien accomplir seule, et que j’ai tant besoin de Toi !

Solane

 

 

À trois reprises Jésus demande à Simon Pierre s’il l’aime et trois fois ce dernier lui répondit: « OUI, Seigneur, tu sais bien que je t’aime. »

Lors de sa passion, Jésus lui avait prédit qu’avant que le coq chante deux fois, Simon Pierre le renierait trois fois.

D’un côté j’aimerais comprendre ce que le chiffre trois signifie ici.

D’un autre, ceci me fait réaliser que même si nous aimons profondément quelqu’un et même si nous donnons notre vie à une personne ou une œuvre, nous pouvons lui tourner subitement le dos si nous avons peur. La peur nous domine malgré tout l’amour et la dévotion que nous pouvons sentir pour Dieu et son œuvre. Oh, mon Dieu libère-nous de la peur!!!

Rosa

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En lisant ce texte, ce qui me frappe particulièrement, ce sont deux choses. La première, c’est la phrase de Jésus lorsqu’il parle à Simon-Pierre, et qu’il lui dit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? Toi, suis-moi. »  C’est le « Toi, suis-moi » qui m’a touché particulièrement. J’entends là, le lien personnel que Jésus nous offre. Toi, pas l’autre, pas les autres, mais bien toi, toi-même, suis-moi.

Peu importe son lien à l’autre, aux autres, il nous offre à chacun, à moi, une relation personnelle, unique et qui plonge jusqu’au cœur de mon être. C’est pour moi parfois difficile à croire et encore moins à laisser vivre en moi. Pourtant, dans mon cœur, c’est ce à quoi j’aspire le plus, cette relation personnelle, qui me voit, de laquelle je ne peux pas me dérober, devant laquelle je suis nue, vue dans toutes mes imperfections, surtout celles que je ne suis même pas prête à reconnaitre et à voir, Lui il les voit, il m’aime telle que je suis. C’est d’une telle évidence certainement, mais pour moi c’est d’une telle puissance, d’une telle force, que ça m’émeut profondément. Je reconnais là l’Amour. Lui il aime ce que je ne peux pas encore aimer de moi-même….Il est plus grand que moi, Il est mon Père, et mon Seigneur. Dans ce texte c’est l’une des choses qui m’a touchée. J’espère de tout mon cœur, comme Jean, d’avoir la certitude que Jésus m’aime. Une part de moi le sait, mais la part mondaine prend beaucoup de place et le nie constamment. Pourtant, je reconnais que même cette négation, de laquelle j’ai honte, mon Seigneur la voit, la reconnait et m’aime au-delà de ce qui m’empêche de m’ouvrir à son Amour.

L’autre chose qui me frappe, c’est lorsque Jésus dit à Simon-Pierre essentiellement que lorsqu’il était jeune, il se vêtait de lui-même, mais lorsqu’il sera vieux il tendra les bras et on l’amènera là ou il ne veut pas aller. J’entends que pour mourir à soi, Jésus nous demande de nous laisser guider là ou nous n’irions pas de notre plein gré dans notre jeunesse, c’est à dire mu par les habitudes et les automatismes. Il nous demande de nous abandonner à Lui et de nous laisser guider. Je crois que c’est en laissant travailler Sa parole en moi qu’Il saura que j’accepte de me laisser guider par Lui.

Mariette-Renée

 

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Seigneur, soit loué pour ces dernières questions et paroles adressées à Simon-Pierre, et que soit loué aussi ton apôtre Jean qui nous les a transmises.

Dorénavant la question « M’aimes-tu ? », posée trois fois de suite, nous est adressée à tous, dans le secret de notre face à face avec Toi.
La magnifique réponse finale de Pierre : «Toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime» est la réponse d’un homme pardonné, guéri du reniement proféré trois fois dans la maison du grand prêtre juif, celui qui voulait ta mort.
J’avoue m’être sentie indigne d’une telle réponse et avoir cherché à y mêler de l’incertitude. Quel orgueil bien caché ! N’est-ce pas justement cette réponse de Pierre qui est pleine de gratitude et d’humilité ? N’est-ce pas Toi, Jésus, qui nous aime le premier ? N’est-ce pas par Toi que nous naissons à la possibilité non seulement d’aimer mais de « dire » « Je t’aime » ?

Trois fois questionné, Pierre est aussi trois fois ordonné : «Pais mes agneaux», «Sois le pasteur de mes brebis», «Pais mes brebis».  Prendre soin de ce qui nous est confié, n’est-ce pas être porté par Ta miséricorde? N’est-ce pas en te suivant que nous allons «là où ne voudrions pas aller seuls ?»  Sans Toi, nous ne pouvons rien faire, rien aimer. Chaque jour nous le montre.

Enfin, tu mets un terme à notre inutile curiosité les uns vis-à-vis des autres lorsqu’à la question de Pierre : «Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il?», tu nous rends à nous-mêmes et devant toi : «Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi».

« Toi, suis-moi » est donc ta dernière parole adressée à nos oreilles, avant ton ascension et la première que tu as prononcée après ton baptême.
Que nos cœurs y soient sensibles à chaque instant.

Pierrette

 

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Par trois fois Jésus demanda à Pierre : « M’aimes-tu? » Il fut peiné la troisième fois et répondit : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime. » Le Seigneur connait les talents de Pierre et Il sait qu’il possède les dons spirituels pour devenir le pasteur de ses brebis. Pierre a un charisme bien à lui, c’est pourquoi Jésus lui révèle sa mission. Il s’étonne de ce choix et demande à Jésus  pourquoi ne pas avoir choisi son disciple préféré. Jésus lui répondit ce n’est pas de tes affaires Pierre, « Toi, suis-moi. » Décidément, on est appelé et choisi pour une mission.

Jésus prend le temps de conscientiser Pierre par sa question : «  m’aimes-tu? ». Pour la mission qu’Il lui confie Pierre doit se dessaisir de lui-même. C’est l’Amour de Jésus qui sera sa seule motivation. Il fera tout pour la plus grande gloire de Dieu. Sa mission n’est pas de se glorifier lui-même ni de se mettre à l’avant-scène pour attirer les honneurs du monde  mais  bien pour suivre les traces de Jésus dans le service et l’humilité. Désormais, Pierre ne pourra plus agir de par lui-même mais sera conduit par l’esprit du  Seigneur qui le mènera là où il ne voudra pas aller.

Tu m’as appelé Seigneur : me voici.
Me voici pour faire ta volonté.
Me voici devant toi avec un cœur ouvert et  disponible
Pour t’aimer et te servir à travers mes frères et sœurs.
Donne-moi la  sagesse du cœur pour discerner tes voies.
Dessaisi-moi de mon ego pour que je sois docile à l’Esprit-Saint.
Viens embraser  mon cœur de ton amour
Pour que je sois fidèle à vivre que pour toi et par toi.

Karine

Pierre qui avait affirmé à Jésus qu’il était prêt à le suivre jusqu’à donner sa vie pour lui… le renie trois fois de suite quelques heures plus tard. Et pourtant Pierre était sincère dans son amour pour Jésus. Mais il semble que l’amour don total de soi – agapè en grec, ne peut s’acquérir par soi-même. Il appartient en propre à Dieu seul – Trinité Une – qui le transmet par grâce à tous les membres rassemblés en Son Corps… et à qui bon Lui semble.

Lorsque que Jésus demande à Pierre trois fois de suite : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? », il emploie (dans le texte original grec) le verbe agapè les deux premières fois, mais Pierre répond à chaque fois : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime » avec le verbe philia qui est un amour solidaire et fidèle basé sur l’estime et l’amitié. En cela Pierre répond honnêtement, selon sa nature.

La troisième fois, Jésus semble se mettre à son niveau en posant la question avec le verbe philia sans que Pierre ne semble entendre la différence.

À chaque fois cependant, Jésus convie Pierre à être le berger de son troupeau, comme si cet amour humain philia – malgré ses limites – est  suffisant pour ouvrir cœur à l’Esprit Saint qui transmet l’Amour don inconditionnel de soi, agapè, sans lequel Pierre ne pourrait être Pasteur de l’Église naissante.

Lors de la descente de l’Esprit Saint à la Pentecôte, Pierre s’en retrouve effectivement complètement transformé, affermi, inspiré…

Même sans avoir accès aux lumières du texte original grec, la question trois fois répétée de Jésus, avec ce seul verbe aimer qui en français traduit toutes les formes d’amour, résonne comme un appel à un amour transcendant. Trois fois… peut-être parce que Pierre a renié trois fois Jésus… mais peut-être aussi pour questionner l’amour de Pierre selon différents niveaux d’être… (?) …et lui révéler par le fait même la condition sine qua non pour accomplir sa mission de « pierre » sur laquelle il veut bâtir Son Église : l’amour, l’amour et encore l’amour… sans lequel la foi n’est rien.

Pierre, de lui-même – et malgré son amour fidèle et sincère pour Jésus – ne peut aimer de cet Amour Christique.

Lorsque Jésus est fait prisonnier, Pierre, laissé à lui-même, ne peut résister à la peur… et c’est uniquement cette peur qui lui fait renier Jésus devant ceux qu’il perçoit comme menaçants.

En se séparant de Dieu… qui est Amour, l’homme s’est aussi séparé de cet Amour… qui est Dieu. Dès ce moment-là nait la peur, cette peur que rien, jamais, ne guérit tout à fait, peu importe les formes et les compensations qu’elle prend, si ce n’est la ré-union avec Dieu Tout Amour.

En s’incarnant, Jésus vient pour guérir l’homme, le sauver de cette séparation mortelle.

En mourant sur la croix, Jésus se fait trait d’union entre l’homme et Son Père.

En ressuscitant, Jésus ouvre déjà ici et maintenant nos petites vies éphémères à Sa Vie Éternelle, nos amours limités et divisés à Son Amour Inconditionnel, et nos lumières porteurs d’ombres à Sa Lumière Transfiguratrice.

Lorsque Jésus dit à Pierre…

« En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas »

… il révèle que Pierre donnera effectivement sa vie pour son Seigneur… mais non pas de lui-même, par lui-même… mais par la grâce de l’Esprit Saint qui le fera devenir lui aussi un trait d’union entre la terre et le ciel.

Michaël

Aime!

S’il fallait résumer tout l’Évangile de Saint-Jean en un mot, je choisirais celui-là.

Et s’il fallait résumer l’essentiel du message de Jésus en un mot, ce serait encore celui-là

Le soir de sa passion, il dit à ses disciples :

« Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13,34)

Oui, j’entends le commandement, mais il m’est impossible d’aimer mon prochain si je ne me reconnais pas déjà totalement aimé en partant. Et je ne peux me reconnaître entièrement aimé si je ne me retourne pas vers Celui de qui tout l’amour vient.

Pour moi, croire, aimer et adhérer ne font qu’un. Je suis comme un petit enfant, soit je saute dans ses bras, soit je lui tourne le dos, distrait par mes petits jeux au point d’en oublier sa présence. Jésus demande à Simon-Pierre : « M’aimes-tu? » Ce qui est pour moi aussi une certaine façon de demander : Me reconnais-tu comme seule et unique source d’amour?

Au travers de Jésus, le verbe aimer s’incarne pleinement, dès lors l’être humain peut aussi pleinement aimer. D’où la question « M’aimes-tu (pleinement) ? » M’aimes-tu à la mesure de l’amour avec lequel je t’aime au point de donner ma vie pour toi ?

C’est comme si Jésus me disait : en m’aimant, en recevant mon amour dans la gratitude, tu viens amener ma paix, la paix de celui qui se sent totalement aimé, et tu offres cet amour en pain de réconciliation : « Pais mes brebis »

En revenant sur la question « M’aimes-tu? », elle m’apparaît centrale à toute existence. Chaque être, autant face à Dieu que face à l’autre, ne cesse de demander, d’une façon ou d’une autre : « M’aimes-tu? »

Plus loin l’Évangile de Saint-Jean se termine sur la phrase :

« Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses; si on les écrivait une à une, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait. »

J’aime cette mention parce qu’elle me semble incontournablement véridique.

L’action du verbe de Dieu, même si elle laisse des traces visibles dans le monde, ne peut être limitée à ces traces et est nécessairement immensément plus « grande » que ce que l’on peut en apercevoir ou que l’idée que l’on peut s’en faire!

Comme Dieu est infini dans son essence et ses manifestations, il en est nécessairement de même pour la nature et les actions de son Fils.

Par amour et miséricorde pour notre condition, Dieu s’est incarné au travers de Jésus Christ dans l’infiniment petit, dans une humble vie humaine, au sein d’un modeste peuple, auprès de quelques brebis égarées.

En symétrie inverse à son absolue royauté, gloire et puissance, Dieu à choisi de prendre forme non comme l’un des grands et forts de ce monde, mais sous la condition d’un tendre agneau soumis, jusqu’à se laisser sacrifier par amour pour les siens.

Jésus, à qui était offert (par le malin) le pouvoir de devenir le souverain de l’ensemble du monde, a choisi l’extrême humilité et modestie d’accomplir en tout point la volonté de son Père, pour l’amour et la gloire de celui-ci. Ce minuscule règne d’à peine trois années terrestres, entouré de quelques fragiles disciples choisis parmi les plus démunis et pêcheurs, cachait nécessairement quelque chose de beaucoup plus grand, grandeur qui s’est effectivement révélée par la suite.

Comme le Seigneur nous l’a confié, le royaume de Dieu est « semblable à un grain de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »  Marc 4.30-32

Nous avons vécu concrètement cette immensité qui se révèle à partir du plus petit, au fil de la lecture de l’Évangile de Saint-Jean, au cours de la dernière année. Souvent quelques mots se sont révélés d’une richesse de sens inépuisable une fois que ces mots ont été semés dans le terreau de nos cœurs.

Les Évangiles contiennent certainement tout ce qui est nécessaire pour que le fidèle soit atteint par la Parole et que fleurisse sa véritable grandeur d’âme et de cœur. Ceci dit, ce qui est relaté dans le texte ne constitue sans doute que la toute petite partie visible de ce qui s’est passé dans tout l’univers lorsque la mort a été vaincue au travers de l’incarnation, de la vie, de la crucifixion, de l’ensevelissement et de la résurrection de Jésus.

De la même façon que les vagues visibles à la surface de la mer cachent des profondeurs océaniques insoupçonnées,

Ce que confirme le disciple que Jésus aimait quand il nous souffle à l’oreille que Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses, et que si on les écrivait une à une le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

Merci Saint-Jean de me rappeler le fait que je ne vois qu’une infime partie de la vérité, et particulièrement à chaque fois que je suis tenté de me faire une idée réductrice de la vie de Jésus.

Nénuphar

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Nouvelle année liturgique

En ce début de l’Avent, alors que nous célébrons le début d’une nouvelle année liturgique, prions pour que celle-ci nous soit aussi féconde que les partages que nous avons vécus tous ensemble autour de la parole!

À l’écoute des évangiles fera relâche durant toute la période de l’Avent et des fêtes, permettant à chacun de se concentrer sur la richesse spirituelle de ce temps de l’année.

sainte-famille(Illustration d’après une peinture de Fra Angelico)

En vous souhaitant un parcours paisible,
riche en intériorité et en Esprit, inspiré par la Sainte-Famille!

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