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Tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce

parabole-invites-noces

Pour les enfants

Certaines paroisses impriment le dessin de la semaine et invitent les enfants à le colorier. Cette semaine, nous avons expressément créé un dessin à leur intention pour illustrer la parabole des invités à la noce. Utilisez le fichier pdf des contours en noir et blanc disponible à la fin de l’article pour l’imprimer.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,1-14. 

Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. 
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. 
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. ‘
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; 
les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. 
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. 
Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. 
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. ‘
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. 
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, 
et lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ‘ L’autre garda le silence. 
Alors le roi dit aux serviteurs : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. ‘
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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COMMENTAIRES

Le Père nous invite au repas de noces, à cette intimité avec Jésus dont l’amour seul peut combler notre soif d’aimer. Qui que nous soyons, les mauvais comme les bons, l’AMOUR nous attend.  Et si notre vocation était d’aller aux croisées des chemins, rappeler à tous ceux que nous rencontrons, l’AMOUR qui les attend au dedans.

Fernande

Dans cette parabole des invités au repas de noces, la grande majorité d’entre nous avons été touchés, frappés, ou à tout le moins intrigués, par l’histoire de l’homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Les commentaires suivant livrent une belle réflexion de l’ensemble des participants sur le  même sujet.
À lire!

4-demande-amitie

…Et lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ‘ L’autre garda le silence.

Face à la demande d’amitié du Seigneur, qu’elle est ma réponse?  Es-ce que je garde le silence,  ou si je suis prêt à entrer en dialogue avec Lui?  Comment entrer dans la noce, sans nous laisser revêtir dans un cœur à cœur, sans communion, sans relation d’amitié avec Lui?

Sylvie

Ce texte aux premiers abords semble dur. Mais moi j’y vois là une incitation à revoir les manières dont je réponds à des invitations. Est-ce que j’y vais parce que je ne peux faire autrement? Est-ce que j’y vais sans me préparer pour (en guenilles) le cœur en lambeaux? Est-ce que j’ai à cœur de répondre à une invitation en tenant compte de la personne qui invite. En respectant sa culture, ses manières de faire, ses attentes  de m’avoir gentiment invitée?

Jocelyne

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   » Voila mon repas est prêt nous dit le roi  « les invitations se font mais personnes n’a le temps d’y aller. Moi aussi je suis  tellement occupé, que souvent je décline des invitations parce que ma salle intérieure est occupée avec des passants de rue, mauvais ou bons peu importe, ils s’en trouvent aussi qui ne sont pas digne…Mais moi, suis-je digne de m’approcher au repas offert par le Roi ? C’est évident qu’il n’y avait aucun d’entre eux vêtu convenablement pour le repas de noce, comment se fait-il que celui qui était sans vêtement de noce aie été sorti violemment? Est-ce de la même violence que nous  sortons  Jésus de notre vie, des salles publiques, sans égard à ce qu’il est?  J’ai vraiment  de la difficulté à comprendre le message, comment faut-il que je sois vêtu pour être admise à la noce, faut-il être dépouillé de tout…tout…tout, ai-je bien saisi? Seigneur donne- moi un vêtement qui t’appartient, je le porterai avec amour…!

Mariette     

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!!! Le déroulement de cette parabole apparait clair et logique jusqu’à l’apparition de « l’homme qui ne portait pas le vêtement de noce » et qui, interrogé, garde le silence.
Qui est-il ? Il ne fait pas partie des nantis, premiers invités qui, attachés à leurs pouvoirs et à leurs biens, s’imaginent indépendants de leur roi; ni des envieux qui maltraitent les serviteurs, ni de la masse des derniers invités reconnaissants et vêtus de l’habit de noce.
Il est l’imposture qui a fait un pas de trop : dans le royaume ses proies sont hors de sa portée, elle ne fait plus illusion, « les pleurs et les grincements de dents » l’attendent ! ? Sous l’imposture démasquée, y a-t-il encore quelqu’un pour grincer des dents et pleurer ?

« Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » Est-ce dire que les volontaires sont peu nombreux ?

Pierrette

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Qui donc, n’aurait pas le goût d’aller au repas de noces ?

Sommes-nous à ce point préoccupé, et stressés et perdus dans nos préoccupations, nos peurs et nos pensées, que nous avons même oublié l’essentiel, et même le goût de joindre la fête, de participer à la Joie des époux ?

Comment puis-je passer tout à côté, perdue que je suis, hantée par mes pensées, peur et désirs, par le passé, le futur, et tout le brouhaha du quotidien ?

Et si je me réveille, et que je me rends à la noce, quel est ce vêtement que je n’ai pas revêtu ? Seraient-ce toutes ces préoccupations que j’ai emportées, incapable de m’en séparer le temps de la fête, par peur qu’elles ne disparaissent, qu’elles se résolvent d’elles-mêmes, à leur façon, ou simplement, par peur de perdre le contrôle ?

Et si j’osais le vêtement blanc tout simple ?  Si j’osais dire oui, Seigneur, je veux venir au repas de noces, et laisser à la porte tous mes bijoux, toutes ces parures qui m’encombrent tant, pour me revêtir de l’essentiel, et prendre part à Ta Joie, et la laisser m’emplir le cœur et me nourrir !

Merci Seigneur de m’aider à tout t’abandonner ce qui m’encombre et prendre part à ton festin.

Solane

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Comme dans cette parabole, je reconnais malheureusement que moi aussi je donne priorité à toutes sortes de choses qui m’empêchent trop souvent de répondre à l’invitation de participer aux noces divines.

Et lorsque j’y réponds, j’ai bien peur d’être comme l’homme qui ne porte pas l’habit de noce, en ce sens que je me retrouve là comme en étant ailleurs, ni vraiment présent, ni vraiment recueilli, vêtu de tous mes vieux vêtements habituels –  tissés de mes divisions – plutôt que du vêtement de noce de l’union avec le Fils, de la communion à Son Corps Glorieux.

Et que répondre à Celui qui m’appelle « mon ami » en me demandant  comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce?  …puisque n’étant à l’écoute que de moi-même, je ne L’entends tout simplement pas.

Alors oui, je me retrouve aussitôt pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres… non parce que Dieu me punit en me fermant sa porte, mais parce que moi-même je n’entre pas vraiment. Or il n’y a pas d’entre-deux : ou je lui donne mon cœur et ma vie et donc je suis enfin libéré, délié, paré de mon habit de noce pour m’unir à Lui, ou je ferme la porte à Son Amour… et à la vraie liberté. C’est l’un ou c’est l’autre!

Les noces se font en totale conscience, présence et liberté… ou ne se font pas. Je ne peux m’unir à Lui inconsciemment, comme malgré moi.

Ce n’est ni le mérite ni aucune autre de nos qualités qui font que nous sommes partie intégrante de la noce… mais c’est notre oui, entier, authentique et fidèle.

Il y a ceux qui refusent carrément l’invitation et il y a ceux qui, à la croisée des chemins, entrent dans la grâce de ce oui marial… mais pour celui qui dit oui à l’invitation, mais sans amour, c’est-à-dire sans son habit de noce, il ne peut rester dans l’intimité de l’intérieur, et se jette lui-même dans ce monde du dehors où il n’y a que « des pleurs et des grincements de dents ».

Michaël

Dans cette parabole, Jésus nous dit que le  royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. J’imagine que les premières invitations sont lancées d’abord à ceux qui partagent le même rang social que le roi. Ils ont refusé de venir au repas de noce. L’invitation du roi est lancée plusieurs fois mais les invités s’inventent toujours des excuses pour ne pas venir aux noces de son fils. Ils ne veulent tout simplement pas rencontrer le roi ni célébrer les noces.  Alors le roi demande à ses serviteurs d’inviter tous ceux qu’ils vont rencontrer sur leur chemin, les mauvais et les bons, pour le repas de noce. Ces personnes devraient être surprises d’une telle invitation et sont sûrement excités de rencontrer le roi. Ils ne vont pas manquer cette occasion unique de rencontrer le roi pour célébrer les noces de son fils. Ils sont invités au repas de noce et c’est tout un honneur d’être considéré digne de prendre part à cette fête.

Dire oui à cette invitation c’est d’abord accepter de s’habiller le cœur pour rencontrer le roi et son fils, communier à l’esprit des noces, partager et faire partie des convives qui seront là pour manger et  festoyer ensemble.  Les convives réunis, le roi entra pour les voir, les saluer à tour de rôle. Mais voilà qu’il rencontre un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : « Mais comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de noce mon ami? »

L’homme ne put répondre, il garda le silence. Cet homme m’intrigue parce qu’il me fait penser à Judas, le traitre. Il est là mais le cœur n’y est pas.  Cet intrus est peut-être là juste  pour se faire voir ou défendre ses intérêts, pour espionner ou médire du roi et de son fils. Il représente tous ceux et celles qui viennent au repas de noce pour des motifs autre que  la rencontre, le partage, la communion des cœurs. Dieu nous invite au repas de noce, est-ce que le cœur est au rendez-vous? N’avons-nous pas une obligation d’inviter tout le monde, sans exception, à ce repas de noce? Sommes-nous prêts à rencontrer le Roi et son Fils? Voulons-nous vivre la communion des cœurs, être une présence vivifiante pour partager ensemble ce repas de noce?

Père très bon,
Tu nous invites tous à Ta table.
Quelle bénédiction!
Revêt-nous du vêtement de noce
Qui habille nos cœurs pour aller à Ta Rencontre.

Père très bon,
Tu nous invites chaque jour au repas de noce.
Montre-nous le visage de ton fils Jésus et
Fais-nous communier à son esprit de partage et de paix.

Père très bon,
Tu nous connais et tu pénètres nos pensées.
Délivre-nous de tout mal et
Saisi-nous de ta Présence
Quand le cœur n’est  plus au  rendez-vous.

Karine

Que peut vouloir bien dire « porter le vêtement de noces »?

En écoutant à l’intérieur de moi, j’ai l’impression que porter le vêtement de noces, dans ce cas-ci, c’est de prendre entièrement part aux épousailles de son fils.

Il est dit au début de la parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. » Mais il ne nous est pas dit avec qui le fils se marie. Il est bien l’époux, mais qui est l’épouse?

Et si l’épouse, c’était moi, et aussi mon frère, ma sœur, mon prochain, toute l’assemblée des invités qui est conviée à reconnaître dans le Fils de Dieu l’époux? Alors la parabole prendrait un tout autre sens

Jésus ne se présente-t-il pas lui-même comme étant « l’époux », cet époux que l’on célèbre et en compagnie duquel ses amis n’ont point besoin de jeûner?

« Porter le vêtement de noces » signifierait dès lors beaucoup plus qu’assister aux noces de quelqu’un d’autre. Cela signifierait de participer aux repas des noces à part entière, c’est-à-dire en tant qu’épousée et à titre de premier invité au banquet de l’amour. Car quel serait le sens de ces noces et de ce banquet d’abondance si ce n’est pas pour y célébrer un grand mariage, par amour et pour l’amour? Par amour pour l’époux et par amour pour le Père, puisque come nous le dit son fils : « celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Quand est-ce que je ne porte pas l’habit de noces? Il me semble que c’est chaque fois que je me crois tout seul, étant dès lors convaincu que je ne peux compter que sur moi-même pour assurer ma propre survie.  Dès cet instant, je ne perçois plus que ma propre personne et mes propres intérêts. Je ne me reconnais plus comme invité au banquet. J’arrive presqu’en voleur à la table, remplissant mes bras de tout ce dont je peux m’emparer et puis je m’enfuis à toutes jambes.

Pour me rendre compte un jour que ces bras et ces jambes ne me servent plus à rien, qu’en dehors de la communion libératrice avec l’époux, je suis paralysé, les « pieds et poings liés » par mes propres peurs et convoitises. Dans la colère de me sentir pris à mon propre piège, je « grince des dents » et je pleure sur mon infortune.  Je suis comme un sarment qui voudrait ne vivre que par et pour lui-même, en dehors du Cep qui donne vie à l’ensemble de la vigne. Je me dessèche sans porter de fruits.

Nénuphar

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Dessin à copier, à tracer ou à colorier

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Voici ta mère

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 19, de 17 à 30

 Et ils prirent Jésus et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire, en Hébreu Golgotha.
C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, car le lieu où Jésus avait été crucifié était près de la ville, et l’inscription était en hébreu, en grec et en latin.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : “Roi des Juifs”; mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs”. »
Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une pour chacun d’eux. Ils prirent aussi la tunique; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : « Ils se sont partagé mes habits; ils ont tiré au sort mon vêtement. » C’est bien ce que firent les soldats. 
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. »
Il y avait là un vase plein de vinaigre; les soldats en remplirent une éponge, et l’ayant fixée au bout d’une tige d’hysope, ils l’approchèrent de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

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Commentaires

18-seul-demeure-ce-point

Malgré de nombreuses heures de contemplation de cette scène, tout ce que j’ai pu en dire a sonné faux.
Seul demeure ce point douloureux de silence, aux pieds du Verbe fait chair que j’ai moi-même crucifié, prié de se taire.
Fils de Dieu, Il demande pourtant mon pardon à son Père et me donne sa Mère à fin qu’elle me lave et me redresse.
Que demeurent ici la gratitude et le silence tant que l’Amour Vérité ne reprendra pas la parole.

Pierrette

 18-regard-vers-souffance

Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui. 

Alors cloué sur une croix, laissant de côté toute la souffrance, Seigneur, par amour, déjà tu embrassais et faisait tienne notre condition humaine, notre condition d’êtres fragiles, de pécheurs. Sur la croix, tu tournes encore et encore ton visage vers la souffrance des autres, de ceux que tu aimes. Et plein de ce regard d’Amour, tu confies celle qui t’as portée en son sein, et fut ton premier disciple à Jean, le disciple que tu aimais.

Oui tu es le chemin, la vérité et la vie!

Seigneur, donne-moi de Te suivre toujours, de pouvoir porter toujours, même au cœur des pires tempêtes, mon regard vers la souffrance de mes frères et sœurs. Et de leur apporter un peu de Ta tendresse, de Ton amour, de Ton réconfort. Et stp donne-moi d’embrasser totalement, à ta suite, ma condition fragile, et de porter ma croix. Amen.

Solane

 

« Jésus dit …j’ai soif  » Après avoir parcouru le chemin menant au Golgotha et que la croix fut érigée, la dernière soif s’empara de Jésus, la soif de l’amour comme s’il avait encore quelque chose à dire sur l’amour du pardon, de l’accueil, des gestes d’humilité. Il a même bu le vinaigre présenté, fallait-il que sa soif soit intarissable. Jésus moi aussi je te présente peut être pas du vinaigre à boire, mais des gestes amers, manques de foi et de générosité, jugements désagréables, des soifs qui étouffent. Seigneur recouvre-moi de ta tunique sans couture qui représente ton chef d’œuvre de vie. Père, au nom de Jésus regarde avec compassion toutes soifs qui se manifestent en moi, fais-toi le soldat qui me donne à boire. Amen.

Mariette   

 18-o-jesus

Je me rends en Golgotha avec Jésus et je me suis laissée habiter par Ses paroles : « Voici ta mère », « J’ai soif », « Tout est accompli ».

« Voici ta mère ». Comme disciple du Christ, je laisse résonner la voix de Jésus en mon cœur. Je ne peux ignorer Marie, sa mère, ni l’effacer dans le décor de ma vie. Jésus me parle et j’accepte de prendre Marie chez moi, dans mon cœur pour l’aimer et la chérir. Sans le OUI de Marie je n’aurais pas connu son Fils qui m’a fait découvrir l’Amour inconditionnel de Dieu pour chacun et chacune de nous. Au supplice de la croix, Jésus nous a confié sa mère qui intercédera pour nous comme elle l’a fait aux Noces de Cana.

« J’ai soif ». Jésus, l’eau vive, nous demande à boire comme Il en a demandé à la samaritaine. Ce qui me frappe dans ce passage c’est qu’il n’y avait pas d’eau mais du vinaigre pour offrir à Jésus. Était-ce la coutume? De toute façon, je me plais à croire que Jésus avait soif  d’unifier son peuple à son Père. Il avait soif d’ouvrir les yeux de son peuple pour qu’Il voie la gloire de Dieu sur la terre des vivants. Il avait soif de nous faire goûter le bonheur d’être la fille, le fils bien-aimé du Père et goûter à la miséricorde de Dieu. Il avait soif de l’avènement du royaume de justice et de paix.

« Tout est accompli ». Jésus remit l’esprit content d’avoir mené le bon combat en allant jusqu’au bout de sa mission sous la mouvance de l’Esprit.  Il a formé ses disciples pour continuer la route et a hâte de les rencontrer à nouveau à la résurrection. La mort de Jésus sur la  croix n’est que le tremplin d’une vie nouvelle. En fixant notre regard sur la croix, nous puisons notre force en Jésus, le serviteur souffrant, qui peut nous alléger de nos fardeaux et de nos souffrances.

Ô Marie, toi la mère de mon sauveur,
Conduis-moi à ton Fils Jésus pour la gloire de Dieu.
Apprends-moi à écouter la voix du Seigneur et
À dire « oui » à son projet d’amour
Pour moi et pour l’humanité entière.

Ô Marie, debout au pied de la croix,
Aide-moi à partager avec ton fils Jésus
Mes souffrances, mes peines et mes deuils.
Apprends-moi à accueillir le pardon de ton Fils et
La grâce de vie nouvelle qui surgira de mes épreuves.

Ô Jésus, Toi le roi des rois,
Le Seigneur des seigneurs,
J’ai soif de Toi. J’ai soif du Dieu vivant.
Viens étancher ma soif de t’aimer plus que tout
Et d’aimer mes frères et sœurs comme tu nous as aimés.
Viens Jésus me combler par Ta présence.
Donne-moi ta paix et ta joie.

Karine

 

En lisant ce texte de la crucifixion de Jésus, voilà ce qui résonne en moi :

Comme l’autorité représentée par les grands prêtres qui sont à la « tête » du peuple juif, ma tête peut aussi choisir de crucifier Jésus… pour rester maître à bord.

Comme les soldats dont la fonction est d’obéir aux ordres de la « tête », j’ai une nature qui « n’en fait qu’à sa tête »  tant que je ne choisis pas Dieu comme mon seul maître et seigneur.

Être soldat au service de la tête ne m’empêche pas de prendre ma part des « vêtements »  en partage de Jésus et de m’emparer de ce qui me plait selon ma nature, comme par exemple de vouloir bénéficier du  Jésus faiseur de miracle… ou encore du Jésus maître de sagesse, mais son vêtement sans couture tissée tout d’une pièce de haut en bas – la tunique tout Amour de son incarnation – ne peut être divisé; on le reçoit tout entier ou pas du tout. De plus, on ne peut s’en emparer; c’est la providence qui le donne. Encore faut-il l’accepter… car recevoir l’amour véritable, celui qui se partage sans être partagé, n’est pas sans conséquences. Qui adhère à cet Amour sans division est appelé par le fait même à se donner inconditionnellement à ce don tout Amour… jusqu’à donner sa propre vie.

Mais là, on sort de l’ordre de la nature pour entrer dans l’ordre de la grâce. De soldat, on passe au « disciple que Jésus aimait », à celui qui dit oui inconditionnellement à l’Amour Christique… car si Jésus aime tous et chacun sans exception, tous ne sont pas prêts à se donner à Son Amour.

Jean est le seul de ses disciples qui a suivi Jésus jusqu’à la croix, qui a dit oui à Son Amour sans condition. Jésus peut alors  lui donner sa propre mère, non pas selon la nature mais selon la grâce, Marie étant celle-là même par qui toutes grâces surabondent. Jésus donne aussi Jean à sa mère pour y être enfanté en membre à part entière du corps de Son Fils.

Jésus sait alors que tout est accompli, mais il affirme cet accomplissement seulement après avoir bu de ce vin-aigre du monde qui ne peut et ne pourra jamais apaiser aucune soif… d’autant plus que Jésus est lui-même la source qui seule comble toute soif.

Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

Il semble que selon le texte original, ce qui est traduit ici par « il remit l’esprit » peut aussi bien être traduit par « il donna l’Esprit » ou « il livra l’Esprit », ou encore « il transmit l’Esprit ». Donc, après avoir accompli tout ce qui devait être accompli en nous donnant sa mère afin qu’elle devienne notre mère, Jésus nous transmet aussi l’Esprit afin que nous puissions renaître de l’eau et de l’Esprit (JN 3, 1-8).

 Michaël

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Au fur et à mesure que nous partageons tous ensemble cette pratique hebdomadaire d’écoute des Évangiles, je me rends compte que les paroles disent beaucoup plus que ce pourquoi elles semblent avoir été dites sur le moment même.

Dieu ne s’impose pas, il tend la main, laissant à l’être humain le libre choix d’aller plus loin. Qu’Il apparaisse sous forme de Père ou de Fils bien-aimé, Il reste discret dans son expression verbale. Ses paroles peuvent même sembler dans certains cas anodines ou limitées à un contexte spécifique, et pourtant elles recèlent une révélation infinie en leurs profondeurs.

À l’heure même de rendre l’esprit et de passer à son Père, certains auraient pu s’attendre à ce que Jésus livre au travers de ses dernières paroles l’essentiel de son message, ou encore une parole universelle d’espérance ou de foi, tel que l’aurait sans doute fait un sage ou un maître.

Or, selon St-Jean, les dernières paroles que Jésus a dites avant de constater que tout était achevé, sont celles qu’il a adressées à sa mère et au disciple qu’il aimait.

« Femme, voici ton fils. »
et
« Voici ta mère »

On peut se demander en quoi ces paroles viennent signer l’accomplissement de la venue du Messie en notre monde…

D’aucuns n’y ont vu que des paroles sans importance, comme des instructions terre à terre en fonction d’un arrangement ne concernant que Jean et Marie.

Et si ces « instructions » laissées à Jean et Marie au pied de la croix étaient en fait une invitation à toute personne aimant Jésus, à toute personne aimée de Jésus-Christ, de prendre Marie pour mère?  Et ce particulièrement aux jours les plus sombres, lorsque face à la croix toute foi et toute espérance semblent s’être évanouie.

J’en suis témoin, cette filiation à la Mère de notre Sauveur est d’un immense secours, spécialement quand nous semblons avoir perdu les chemins du retour du fils prodigue vers le Père.

Toujours selon St-Jean, les tous derniers mots de Jésus, avant de signifier que tout est accompli, sont « J’ai soif ». C’est la même parole qu’il a dit à la Samaritaine, sur le bord du puits. Au premier contact, ces deux mots semblent être l’expression primaire d’un besoin tout à fait humain. Les badauds de passage, les curieux en visite et même certains savants n’y verront sans doute rien de plus.

Et pourtant ces mêmes deux mots, pleinement accueillis au plus creux du cœur, ont inspiré des fleuves de tendresse chez certaines âmes contemplatives. Non seulement par compassion pour Jésus, l’agneau de Dieu livré sur la croix, mais aussi parce que ces deux mots révèlent pleinement la soif de Dieu Lui-même, l’immense soif de Dieu pour notre amour. Lui qui accepte encore aujourd’hui de boire la coupe du vinaigre que nous lui servons quotidiennement, en substitut de l’eau claire de nos âmes purifiées, en pauvre remplacement du vin de Son amour.

Découvrir en notre propre chair et existence que Dieu nous aime pleinement est une grâce infinie. Découvrir avec notre cœur que Dieu lui-même a soif de notre amour est l’accomplissement infiniment bienheureux de ce que cette grâce sème en nous.

Nénuphar

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Voici votre roi  

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 19, de 01 à 16

Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête, et  ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Puis s’approchant de lui, ils disaient : « Salut, roi des Juifs! » Et ils le giflaient.
Pilate sortit encore une fois et dit aux Juifs : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Jésus sortit donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre; et Pilate leur dit : « Voici l’homme! »
Lorsqu’ils le virent, les grands prêtres et les gardes s’écrièrent : « Crucifie-le! Crucifie-le! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une Loi, et d’après cette Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » 
Lorsque Pilate entendit ces paroles, il fut encore plus effrayé.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu? » Mais Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et que j’ai pouvoir de te crucifier? »
Jésus répondit : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, si cela ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. »
Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient, disant : « Si tu le relâches, tu n’es point ami de César; quiconque se fait roi, se déclare contre César. »
En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus dehors; il le fit asseoir sur une estrade en un lieu dit le Dallage, en hébreu Gabbatha.
C’était la Préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »
Mais ils se mirent à crier : « À mort! À mort! Crucifie-le! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons de roi que César. »
Alors il le leur livra pour être crucifié.

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Commentaires

17-combien-de-fois

En voulant manipuler Pilate pour le pousser à crucifier Jésus, les juifs affirment :

« Nous n’avons de roi que César. »

Alors voilà que sans le vouloir, ils affirment en fait la vérité… car choisir de mettre à mort Jésus, c’est obéir avant tout au pouvoir du monde, à l’usurpateur. Et comme Jésus l’a dit lui-même, « Nul ne peut servir deux maîtres… »

Aujourd’hui encore, combien de fois cherchons-nous à mettre à mort Jésus en chacun de nous, précisément parce que nous préférons obéir à ce qui a pouvoir apparent sur un monde éphémère… plutôt que de s’en remettre à Dieu en qui est la vie, l’amour et la lumière éternellement?

Michaël

 

 » Pilate sortit encore une fois…je vous l’amène dehors…Jésus sortit donc dehors…Pilate entra et dit à Jésus, d’où es-tu ? »…Pilate amena Jésus dehors pour proclamer son pouvoir… à la lecture de ce texte de l’évangile je remarque que Pilate s’énerve beaucoup. « Prenez-le vous-même » est sa recommandation, il veut se dégager du geste de vie ou de mort. Lorsque Pilate est à l’intérieur du prétoire il n’a pas à montré son pouvoir aux Juifs, c’est comme s’il entrait dans son cœur avec Jésus,qu’il est plus tendre …d’où es-tu? On dirait qu’il veut en connaitre d’avantage sur cet homme. Quand je regarde ce texte et que je veux bien y réfléchir, sortir dehors c’est être à l’extérieur de moi-même, de mes sentiments, de l’amour de Jésus, mais il demeure silencieux comme devant Pilate. Il est patient et il me fait comprendre que je n’ai aucun pouvoir si cela ne m’avait été donné de Dieu. Père, au nom de ton Fils Jésus, accorde moi la grâce de rester à l’intérieur de mon cœur à tout jamais.

Mariette  

 17-presence-de-jesus

À travers les trois lectures qui nous font assister à l’arrestation de Jésus et à la suite des interrogations qu’il subit,  je frémis de voir que l’on peut être mis en présence de Jésus
sans le rencontrer.  Nous avons la possibilité de refuser la Vie, la Vérité, l’Amour qu’il offre à tous en mettant, entre Lui et nous, l`écran de nos attachements et idées préconçues.

Lorsque les grands prêtres juifs font amener Jésus à eux ce n’est pas pour l’interroger, le connaître, le juger, mais bien pour obtenir sa mise à mort sans en prendre la responsabilité. Jésus est déjà l’ennemi, celui qui dérange l’ordre conservé par les autorités religieuses. La peur les aveugle.

Où donc se loge le conservateur en moi, que veut-il conserver? Le pouvoir, l’image, le confort, les idées, les habitudes, le secret du pécheur ? Son monde à lui ? La peur va-t-elle fermer les portes des sens à double tour ? Seigneur, délivre-nous d’un tel malheur.

Lorsque Pilate, qui représente le pouvoir romain, civil, est sollicité pour porter un jugement sur Jésus, il l’interroge et tente de le connaître. La « rencontre face à face  » a lieu et si Pilate ne parvient pas à sauver Jésus auquel il ne voit rien à reprocher, Pilate lui-même se voit atteint par l’aube d’une vérité qui dépasse son entendement de guerrier romain. Sa mise en échec se révèle salvatrice. L’humilité lui est offerte, la perte du savoir acquis est amorcée au profit d’une révélation continue, vivante.

Où se loge en moi celui qui ne juge pas sans se voir connu, sans abri ? Qui déverrouille la porte du cachot de celui-là ? Seigneur, donne-nous Marie pour Mère à fin que chacun de nous soit mené à ta « rencontre ».

Pierrette

 17-demandons-nous-a-jesus

Les personnages de ce passage d’évangile me fascinent parce que j’y vois la réalité du monde politique et spirituel. Je regarde Pilate, les grands prêtres, les gardes, la foule et bien entendu Jésus qui sait que son pouvoir n’est pas de ce monde. Pilate se lave les mains sous la pression populaire. Combien de fois sommes-nous témoins de scènes injustes sans pour autant lever le petit doigt pour empêcher l’irréparable? Les grands prêtres qui sont les docteurs de la loi mettent tout en œuvre pour faire condamner Jésus et ses disciples en s’appuyant sur la loi de Moïse. N’agissons-nous pas souvent comme eux parce que nous possédons le savoir infuse et refusons toute idée ou vision nouvelle qui vienne questionner notre façon de faire ou de concevoir le monde? Les gardes, eux, ont pour fonction d’exécuter les ordres de leur chef. Ne sommes-nous pas des fois comme des automates qui exécutent les directives de nos patrons sans dire un mot même si ce que l’on nous demande va à l’encontre de nos valeurs, de notre conscience? La foule comme toujours suit la tendance des médias populaires. Sommes-nous assez critique des nouvelles reçues à travers les médias? Prenons-nous le temps de nous informer et d’analyser les événements pour mieux exercer notre jugement à la lumière de l’évangile? Finalement nous avons Jésus, le Fils de Dieu, le verbe incarné. Il est seul au milieu de cette tempête. Il n’a plus d’amis, de disciples pour l’entourer en ce moment crucial de sa vie d’homme. Confiant et serein, Il décide d’aller jusqu’au bout de sa mission en misant sur l’amour de son Père. Il ne craint rien parce qu’Il sait que son Père lui donnera la force intérieure pour passer à travers ce calvaire et qu’Il ressuscitera pour la plus grande gloire de Dieu. Sommes-nous des fois dans des situations où nous nous faisons intimider, harceler, humilier…? Demandons-nous à Jésus de nous porter au moment de nos épreuves? Où puisons-nous notre force de résilience? Laissons-nous habiter par l’Esprit de Dieu qui ne connait ni vengeance, ni haine?

Ô Jésus, Toi qui a marché sur nos chemins avec un cœur aimant et miséricordieux
Aide-nous à fixer nos regards sur ta vie et ton enseignement
Garde nos mains dans ta main et illumine nos pas.
Aide-nous à garder le silence quand c’est nécessaire
Afin de céder la place à ta présence divine.
Donne-nous la paix intérieure qui neutralise le chaos et
Aide-nous à miser sur l’Esprit-Saint et sur l’Amour du Père
Pour accomplir notre mission.

Karine

 

Chaque fois que je lis ce passage crucial des Évangiles, je ne peux m’empêcher de constater à quel point ce drame, apparemment vieux de plus de deux milles ans, demeure entièrement d’actualité.

Combien de fois par jour, cette crucifixion du juste et du vrai se produit-elle en moi et en l’ensemble de l’humanité?

Combien de fois les clameurs de la foule en mon âme s’écrient « Nous n’avons de roi que César », quand, oubliant Celui qui a donné sa vie dans l’humilité pour sauver l’être humain, j’accorde toute mon attention aux puissants, aux brillants, aux performants et aux intelligents de ce monde?

Combien de fois même la simple raison, calquée sur la logique et la bienséance du monde, a-t-elle-même refusé à l’enfant en moi, l’élan spontané de se reconnaitre de la même filiation paternelle que celle de Jésus, pointant et jugeant cet élan comme s’il était prétentieux et déplacé? Comme si de toutes façons, selon les règles implicites du monde, personne n’a le droit d’exprimer publiquement son amour filial à Dieu sans risquer d’être jugé, condamné et exclu, ou au minimum de passer pour un fou. Alors que manifestement nous sommes ultimement tous enfants de Dieu, tous appelés prendre le chemin du retour vers la maison paternelle, tous conviés à célébrer la joie du fils prodigue au travers des ces retrouvailles intimes avec notre Père. Celui-là même que Jésus nous a appris à nommer, à prier et à aimer.

Et le plus triste dans ce drame universel qui se rejoue en boucle à chaque instant, ce n’est pas que nous, le peuple de Dieu, soyons encore assujettis aux rois ou aux puissants de ce monde, puisque cela se fait avec la permission du Créateur, reflétant en quelque sorte notre état d’humanité dominée et en appel de libération. Le plus triste et désolant, c’est cette trahison répétée qui se produit à chaque fois que je doute, à chaque fois que je cherche à relativiser le rôle de Mon Sauveur dans le monde, à chaque fois que dans ma liberté intérieure je mets Jésus de côté pour mieux affirmer mes propres lumière, mes propres intérêts et ma propre prétention de « royauté », en plaçant le petit moi sur le trône du royaume de ma propre vie.

Au plus crucial de ce drame universel, Jésus révèle cette imposture au moyen d’une seule parole, celle qu’il dit à Pilate : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, si cela ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. »

Seigneur, éloigne-moi de toute tentative de jugement de ce qui se passe en ce monde, fasse que je passe moins de temps à dénoncer les Pilates de la planète, oubliant que pendant ce temps ma propre âme te trahit en cachette. Que je puisse remettre au monde et à César ce qui selon les apparences leur appartient, mais surtout que je n’oublie jamais de te remettre et de remettre à Dieu ce qui lui appartient en propre, c’est à dire la totalité de ma vie!

Nénuphar

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Mon royaume n’est pas de ce monde

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 18, de 28 à 40

Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour ne pas se souiller et pouvoir manger la Pâque.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme? »
Ils lui répondirent : « Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. »
Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »
Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans le Prétoire; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs? »
Jésus répondit : « Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu fait? »
Jésus répondit : « Mon royaume n’est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, les miens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Tu es donc roi? » Jésus répondit : « Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »
Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau pour aller  vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.
Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs? »
Alors tous crièrent de nouveau : « Non, pas lui, mais Barabbas! » Or, Barabbas était un brigand.

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Commentaires

16-visage-de-dieu

Cet extrait d’évangile nous met devant un procès : des autorités et Jésus. La dureté et la douceur.  L’accusation non fondée et l’innocence.  Jésus, dont l’autorité ne repose pas sur la violence, choisit de ne pas s’imposer.  Il est là, reflet des traits de Dieu : tendre, miséricordieux, plein d’amour et de fidélité.

Et moi, qui suis-je son enfant, qui porte ses traits.  Quel visage de Dieu est-ce que je reflète dans le monde? Quel témoignage est-ce que je rends à la vérité de mon être? Moi qui suis la fille bien-aimée d’un Père qui n’est que tendresse.

Fernande

16-qui-est-ce-barabbas

 » Non pas Lui,  mais Barrabas,  un brigand à ce qu’on dit « .  A chaque fois que j’ai l’occasion de  lire ou d’entendre ce texte, je me sens comme au temps de la semaine Sainte, faisant la lecture partagée de ce texte à l’un des offices. C’est comme si je le condamnais moi même et ça m’amène à réfléchir profondément, à savoir si mon choix se dirige toujours sur Jésus. Qui est ce Barrabas qui vient s’infiltrer dans mes pensées et veut piller  mon cœur. Père, au nom de ce Jésus qui à été mis aux enchères par Pilate contre Barrabas, accorde moi la grâce de toujours te choisir…

Mariette

 

Je voudrais bien commenter mais je ne sais pas comment… je ne sais pas si je comprends le pourquoi de la rage des gens qui ont livré Jésus à Ponce Pilate pour que celui-ci ordonne sa mort. On ne peut pas juste souhaiter la mort de quelqu’un juste de même, quelqu’un qui n’a jamais fait de mal à personne. S’il a dérangé quelqu’un, ce serait les commerçants dans le temple, mais à part de cela qui d’autre? Et on n’allait pas le tuer pour cela, n’est-ce pas? En plus, ceux qui l’ont livré ont préféré libérer un bandit à la place de libérer Jésus. Pourquoi tellement de rage? Ceci me rappelle la rage qui fait que des familles tuent leurs filles lorsqu’elles n’acceptent pas les lois des hommes… les fameux « crimes d’honneur », des filles qui se font lapider ou bruler vivantes juste « parce que… »

 Rosa

 16-soif-entendre-voix

 « Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité.  Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » 

La Vérité.
Tant d’efforts pour la cacher, tant de fois;
pour la contourner, et l’oublier à tout prix!

Cette Vérité, Ta Vérité seigneur, celle qui éclaire, et est source de vie, celle qui me fait me reconnaître comme enfant de Dieu, et qui m’invite à devenir moi-aussi témoin de cette Vérité, et porteuse de cette Lumière, de cet Amour au-delà de toute logique, ou de tous ces jeux et commissions de ce monde.

Seigneur, donne-moi toujours d’écouter Ta Voix et Ta Vérité ! Donne-moi de ne pas la fuir ou la contourner par facilité. Rappelle-moi toujours que je suis de la vérité et que j’ai soif d’entendre ta voix !

Solane

16-verite-mystere

 « Mon royaume n’est pas de ce monde… »

« Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »

À force de vouloir chercher la vérité avec les yeux du monde, c’est-à-dire avec un regard tout extérieur, on la perd de vue… car le royaume de la vérité n’est pas de ce monde. Et si par l’Esprit Saint on peut toucher et communier à la vérité dans son intégrité, dès qu’on tente de l’analyser, on la fragmente… et on la perd, car la vérité divisée n’est déjà plus vérité. Le mensonge commence dans ce regard du monde qui cherche à tout démystifier pour mieux expliquer. La vérité, elle, inclut inévitablement une part de mystère, insaisissable pour le regard discursif.

Seigneur Jésus-Christ, toi qui es venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, étant toi-même la Vie, la Voie et la Vérité… je t’en prie, augmente en nous la foi comme adhésion à ton mystère, afin que malgré toutes nos résistances et nos réticences, nous écoutions ta voix… qui nous libère de nos attachements maladifs aux apparences extérieures et mensongères. Amen

Michaël

 

Là où Jésus (Vérité par sa présence même) passe, ligoté ou pas, les bonnes consciences sont ébranlées.

Au sortir de chez Hanne et Caïphe, dont le pouvoir religieux est maintenant menacé, Jésus est mené sous la juridiction du pouvoir public exercé par Pilate qui, dénué de préjugé religieux, tente en vain de demeurer blanc en montrant Jésus innocent devant la foule grandissante, en dehors du Prétoire  :  « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation ».

Trop tard.

La foule, anonyme comme toutes les foules, porte déjà en elle toutes les peurs, lâchetés, hypocrisies, mensonges, fuites, ingratitudes des puissants et des riches; plus toute l’ignorance des accablés. La condamnation en elle prend naissance sans que l’on sache qui l’a, le premier, semée ! Celui-là n’est-il pas lui-même foule, innommable. Foule fondatrice des éphémères consensus.

Pilate demeure abîmé. Se souvient-il, maintenant de ce qu’il n’a pas entendu tout-à-l’heure?  Jésus ne disait-il pas :

« Si mon royaume était de ce monde, les miens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici. »
« Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »

Et se souvient-il de sa dernière question à lui, question à laquelle il a, avec la désinvolture de celui qui croit savoir, renoncé à entendre la réponse : « Qu’est-ce que la Vérité »?

Aperçoit-il que si ces paroles avaient pénétré son âme, le Pilate qu’il connaissait serait mort et Pilate l’inconnu serait né ? Mais cette heure-là n’était pas encore venue pour lui. Jésus ne libère qu’en temps voulu. Jésus lui-même ne meurt-il pas qu’en temps voulu par le Père ?

Qu’en est-il alors de nos surdités et de nos aveuglements ? Prions les uns pour les autres à fin que notre heure ne tarde pas trop mais en tous les cas, qu’elle vienne.

Pierrette

 

« Mon royaume n’est pas de ce monde. »  En effet, si Jésus était de ce monde Il aurait combattu avec ses disciples pour qu’Il ne soit livré aux Juifs. Quand on embrasse l’Évangile et  on essaie de marcher dans les pas de Jésus on saisit mieux le sens de son message.  Jésus, par son exemple, prêche la non-violence. Pour Lui, la résolution de ce conflit qui l’oppose aux grands prêtres ne passe pas par les armes. Il a une mission à accomplir et décide de se révéler à Pilate : «  Je suis né et je suis  venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité.  Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »Dans notre  monde moderne la question de Pilate est d’actualité : Qu’est-ce que la vérité? Qui croire? Que croire? Comment être dans le monde et dire comme Jésus ne pas être de ce monde?

Pour nous chrétiens qui avons reçu la grâce de l’Esprit et qui écoutons Sa voix, nous osons dire la vérité qui nous a été révélé: Jésus est le Fils de Dieu et nous sommes en Lui et par Lui les filles, les fils bien-aimés du Père, Notre Père, qui a créé l’Univers. Nous ne sommes pas de ce monde qui insécurise et crée des inégalités sociales et des injustices sur cette terre. Nous embrassons les valeurs de l’Évangile qui favorisent la justice et la paix. Imprégnés de la grâce de Dieu, nous transcendons les clichés de ce monde qui  divisent et encouragent les rapports de domination entre les personnes, les  peuples et avec la nature.   Un jour à la fois, nous essayons de revêtir le Christ par notre  compassion, notre bonté et notre amour pour les plus démunis. Nous croyons que nous faisons partie de la Création qui a besoin d’être honoré et respecté dans ses plus petites créatures.

Ô Esprit du Dieu vivant,
Détourne mon regard sur moi-même
Pour que j’accueille la grâce divine.
Révèle-Toi en mon cœur Jésus,
Toi, l’unique Seigneur, la vérité et la vie.
Raffermis ma foi dans mes moments d’incertitude.
Ô Jésus, Toi qui a les paroles de la vie éternelle
Ne permets pas que l’esprit de ce monde m’arrache de ton amour et de ta paix.
Donne-moi le don de discernement pour que je puisse saisir ton message et
Rendre témoignage à la vérité.
Aide-moi à faire  Ta volonté en tout temps
Pour la plus grande gloire de Dieu.

Karine

 

Pilate lui dit : « Tu es donc roi? » Jésus répondit : « Tu le dis, je suis roi. »

Extraordinaire passage des Évangiles, dans lequel la véritable royauté de Jésus-Christ est révélée.

Le peuple élu, les hébreux, ce peuple en longue marche vers le véritable royaume (celui qui ne se corrompt pas), expérimente une fois de plus la domination du pouvoir du monde.

Les juifs, qui avaient été libérés de la tyrannie de Pharaon par la main de Dieu, est à nouveau gouverné par les puissants de ce monde. Ils attendent avec ferveur le Messie, le nouveau Moïse qui les libéra du joug de l’envahisseur étranger. Celles et ceux qui ont reconnu le Messie en Jésus espèrent qu’il restaurera la royauté d’Israël.

Or Jésus ne répond pas à cet espoir, et même si la filiation du Messie est reconnue comme remontant au roi David,  il ne s’annonce pas comme le nouveau roi-prophète.

En fait, la véritable consécration de Jésus se révèle au moment même où selon le monde et les apparences il va tout perdre : sa vie, ses pouvoirs à titre de Fils bien aimé de Dieu, ainsi que son apparente gloire ou réputation parmi les juifs. Alors qu’il va être dénudé et cloué sur le bois de la croix, signe d’extrême humiliation en ces temps, alors qu’il sera apparemment abandonné de tous, et même, selon ses propres mots, de son Père.

C’est au moment précis où il se retrouve captif, les mains liées, sachant qu’il sera mis à mort, en face à face avec le représentant de l’empire de ce monde, qu’il reconnait : « Tu le dis, je suis roi. »

C’est devant l’empereur romain,  auquel les enfants d’Abraham sont alors assujettis, qu’il affirme sa véritable royauté. Mais le plus extraordinaire, c’est que ce n’est pas Jésus lui-même qui lui souffle cette vérité, c’est Pilate qui insiste, en demandant à cet homme captif qui ne porte aucun signe de royauté ni de pouvoir « Es-tu le roi des Juifs? », et en allant envers et contre tous jusqu’à faire inscrire cette fonction royale en toutes lettres au sommet de la croix de Jésus.

Au travers de ces paroles et de ce geste, le pouvoir de ce monde reconnaît la royauté de Jésus sur son peuple. Mais c’est le peuple élu qui rejette son véritable roi en lui préférant le roi des brigands, Barabbas. Ce peuple choisit  celui qui s’impose par la force afin de se servir au détriment des autres, plutôt que celui qui vient humblement servir et offrir sa vie en rançon pour les siens.

Une chose m’apparait incontournable, au-delà de ce qui appartient à l’histoire, nous sommes toutes et tous profondément concernés par cette trahison. Nous faisons intérieurement toutes et tous partie de ce peuple  qui a été choisi depuis la nuit des temps par Dieu, et de toute évidence la grande majorité d’entre nous continue à crier devant les puissants de ce monde : « Non, pas lui (Jésus), mais Barabbas! »

Nénuphar

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