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Voici ta mère

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 19, de 17 à 30

 Et ils prirent Jésus et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire, en Hébreu Golgotha.
C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, car le lieu où Jésus avait été crucifié était près de la ville, et l’inscription était en hébreu, en grec et en latin.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : “Roi des Juifs”; mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs”. »
Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une pour chacun d’eux. Ils prirent aussi la tunique; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : « Ils se sont partagé mes habits; ils ont tiré au sort mon vêtement. » C’est bien ce que firent les soldats. 
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. »
Il y avait là un vase plein de vinaigre; les soldats en remplirent une éponge, et l’ayant fixée au bout d’une tige d’hysope, ils l’approchèrent de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

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Commentaires

18-seul-demeure-ce-point

Malgré de nombreuses heures de contemplation de cette scène, tout ce que j’ai pu en dire a sonné faux.
Seul demeure ce point douloureux de silence, aux pieds du Verbe fait chair que j’ai moi-même crucifié, prié de se taire.
Fils de Dieu, Il demande pourtant mon pardon à son Père et me donne sa Mère à fin qu’elle me lave et me redresse.
Que demeurent ici la gratitude et le silence tant que l’Amour Vérité ne reprendra pas la parole.

Pierrette

 18-regard-vers-souffance

Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui. 

Alors cloué sur une croix, laissant de côté toute la souffrance, Seigneur, par amour, déjà tu embrassais et faisait tienne notre condition humaine, notre condition d’êtres fragiles, de pécheurs. Sur la croix, tu tournes encore et encore ton visage vers la souffrance des autres, de ceux que tu aimes. Et plein de ce regard d’Amour, tu confies celle qui t’as portée en son sein, et fut ton premier disciple à Jean, le disciple que tu aimais.

Oui tu es le chemin, la vérité et la vie!

Seigneur, donne-moi de Te suivre toujours, de pouvoir porter toujours, même au cœur des pires tempêtes, mon regard vers la souffrance de mes frères et sœurs. Et de leur apporter un peu de Ta tendresse, de Ton amour, de Ton réconfort. Et stp donne-moi d’embrasser totalement, à ta suite, ma condition fragile, et de porter ma croix. Amen.

Solane

 

« Jésus dit …j’ai soif  » Après avoir parcouru le chemin menant au Golgotha et que la croix fut érigée, la dernière soif s’empara de Jésus, la soif de l’amour comme s’il avait encore quelque chose à dire sur l’amour du pardon, de l’accueil, des gestes d’humilité. Il a même bu le vinaigre présenté, fallait-il que sa soif soit intarissable. Jésus moi aussi je te présente peut être pas du vinaigre à boire, mais des gestes amers, manques de foi et de générosité, jugements désagréables, des soifs qui étouffent. Seigneur recouvre-moi de ta tunique sans couture qui représente ton chef d’œuvre de vie. Père, au nom de Jésus regarde avec compassion toutes soifs qui se manifestent en moi, fais-toi le soldat qui me donne à boire. Amen.

Mariette   

 18-o-jesus

Je me rends en Golgotha avec Jésus et je me suis laissée habiter par Ses paroles : « Voici ta mère », « J’ai soif », « Tout est accompli ».

« Voici ta mère ». Comme disciple du Christ, je laisse résonner la voix de Jésus en mon cœur. Je ne peux ignorer Marie, sa mère, ni l’effacer dans le décor de ma vie. Jésus me parle et j’accepte de prendre Marie chez moi, dans mon cœur pour l’aimer et la chérir. Sans le OUI de Marie je n’aurais pas connu son Fils qui m’a fait découvrir l’Amour inconditionnel de Dieu pour chacun et chacune de nous. Au supplice de la croix, Jésus nous a confié sa mère qui intercédera pour nous comme elle l’a fait aux Noces de Cana.

« J’ai soif ». Jésus, l’eau vive, nous demande à boire comme Il en a demandé à la samaritaine. Ce qui me frappe dans ce passage c’est qu’il n’y avait pas d’eau mais du vinaigre pour offrir à Jésus. Était-ce la coutume? De toute façon, je me plais à croire que Jésus avait soif  d’unifier son peuple à son Père. Il avait soif d’ouvrir les yeux de son peuple pour qu’Il voie la gloire de Dieu sur la terre des vivants. Il avait soif de nous faire goûter le bonheur d’être la fille, le fils bien-aimé du Père et goûter à la miséricorde de Dieu. Il avait soif de l’avènement du royaume de justice et de paix.

« Tout est accompli ». Jésus remit l’esprit content d’avoir mené le bon combat en allant jusqu’au bout de sa mission sous la mouvance de l’Esprit.  Il a formé ses disciples pour continuer la route et a hâte de les rencontrer à nouveau à la résurrection. La mort de Jésus sur la  croix n’est que le tremplin d’une vie nouvelle. En fixant notre regard sur la croix, nous puisons notre force en Jésus, le serviteur souffrant, qui peut nous alléger de nos fardeaux et de nos souffrances.

Ô Marie, toi la mère de mon sauveur,
Conduis-moi à ton Fils Jésus pour la gloire de Dieu.
Apprends-moi à écouter la voix du Seigneur et
À dire « oui » à son projet d’amour
Pour moi et pour l’humanité entière.

Ô Marie, debout au pied de la croix,
Aide-moi à partager avec ton fils Jésus
Mes souffrances, mes peines et mes deuils.
Apprends-moi à accueillir le pardon de ton Fils et
La grâce de vie nouvelle qui surgira de mes épreuves.

Ô Jésus, Toi le roi des rois,
Le Seigneur des seigneurs,
J’ai soif de Toi. J’ai soif du Dieu vivant.
Viens étancher ma soif de t’aimer plus que tout
Et d’aimer mes frères et sœurs comme tu nous as aimés.
Viens Jésus me combler par Ta présence.
Donne-moi ta paix et ta joie.

Karine

 

En lisant ce texte de la crucifixion de Jésus, voilà ce qui résonne en moi :

Comme l’autorité représentée par les grands prêtres qui sont à la « tête » du peuple juif, ma tête peut aussi choisir de crucifier Jésus… pour rester maître à bord.

Comme les soldats dont la fonction est d’obéir aux ordres de la « tête », j’ai une nature qui « n’en fait qu’à sa tête »  tant que je ne choisis pas Dieu comme mon seul maître et seigneur.

Être soldat au service de la tête ne m’empêche pas de prendre ma part des « vêtements »  en partage de Jésus et de m’emparer de ce qui me plait selon ma nature, comme par exemple de vouloir bénéficier du  Jésus faiseur de miracle… ou encore du Jésus maître de sagesse, mais son vêtement sans couture tissée tout d’une pièce de haut en bas – la tunique tout Amour de son incarnation – ne peut être divisé; on le reçoit tout entier ou pas du tout. De plus, on ne peut s’en emparer; c’est la providence qui le donne. Encore faut-il l’accepter… car recevoir l’amour véritable, celui qui se partage sans être partagé, n’est pas sans conséquences. Qui adhère à cet Amour sans division est appelé par le fait même à se donner inconditionnellement à ce don tout Amour… jusqu’à donner sa propre vie.

Mais là, on sort de l’ordre de la nature pour entrer dans l’ordre de la grâce. De soldat, on passe au « disciple que Jésus aimait », à celui qui dit oui inconditionnellement à l’Amour Christique… car si Jésus aime tous et chacun sans exception, tous ne sont pas prêts à se donner à Son Amour.

Jean est le seul de ses disciples qui a suivi Jésus jusqu’à la croix, qui a dit oui à Son Amour sans condition. Jésus peut alors  lui donner sa propre mère, non pas selon la nature mais selon la grâce, Marie étant celle-là même par qui toutes grâces surabondent. Jésus donne aussi Jean à sa mère pour y être enfanté en membre à part entière du corps de Son Fils.

Jésus sait alors que tout est accompli, mais il affirme cet accomplissement seulement après avoir bu de ce vin-aigre du monde qui ne peut et ne pourra jamais apaiser aucune soif… d’autant plus que Jésus est lui-même la source qui seule comble toute soif.

Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

Il semble que selon le texte original, ce qui est traduit ici par « il remit l’esprit » peut aussi bien être traduit par « il donna l’Esprit » ou « il livra l’Esprit », ou encore « il transmit l’Esprit ». Donc, après avoir accompli tout ce qui devait être accompli en nous donnant sa mère afin qu’elle devienne notre mère, Jésus nous transmet aussi l’Esprit afin que nous puissions renaître de l’eau et de l’Esprit (JN 3, 1-8).

 Michaël

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Au fur et à mesure que nous partageons tous ensemble cette pratique hebdomadaire d’écoute des Évangiles, je me rends compte que les paroles disent beaucoup plus que ce pourquoi elles semblent avoir été dites sur le moment même.

Dieu ne s’impose pas, il tend la main, laissant à l’être humain le libre choix d’aller plus loin. Qu’Il apparaisse sous forme de Père ou de Fils bien-aimé, Il reste discret dans son expression verbale. Ses paroles peuvent même sembler dans certains cas anodines ou limitées à un contexte spécifique, et pourtant elles recèlent une révélation infinie en leurs profondeurs.

À l’heure même de rendre l’esprit et de passer à son Père, certains auraient pu s’attendre à ce que Jésus livre au travers de ses dernières paroles l’essentiel de son message, ou encore une parole universelle d’espérance ou de foi, tel que l’aurait sans doute fait un sage ou un maître.

Or, selon St-Jean, les dernières paroles que Jésus a dites avant de constater que tout était achevé, sont celles qu’il a adressées à sa mère et au disciple qu’il aimait.

« Femme, voici ton fils. »
et
« Voici ta mère »

On peut se demander en quoi ces paroles viennent signer l’accomplissement de la venue du Messie en notre monde…

D’aucuns n’y ont vu que des paroles sans importance, comme des instructions terre à terre en fonction d’un arrangement ne concernant que Jean et Marie.

Et si ces « instructions » laissées à Jean et Marie au pied de la croix étaient en fait une invitation à toute personne aimant Jésus, à toute personne aimée de Jésus-Christ, de prendre Marie pour mère?  Et ce particulièrement aux jours les plus sombres, lorsque face à la croix toute foi et toute espérance semblent s’être évanouie.

J’en suis témoin, cette filiation à la Mère de notre Sauveur est d’un immense secours, spécialement quand nous semblons avoir perdu les chemins du retour du fils prodigue vers le Père.

Toujours selon St-Jean, les tous derniers mots de Jésus, avant de signifier que tout est accompli, sont « J’ai soif ». C’est la même parole qu’il a dit à la Samaritaine, sur le bord du puits. Au premier contact, ces deux mots semblent être l’expression primaire d’un besoin tout à fait humain. Les badauds de passage, les curieux en visite et même certains savants n’y verront sans doute rien de plus.

Et pourtant ces mêmes deux mots, pleinement accueillis au plus creux du cœur, ont inspiré des fleuves de tendresse chez certaines âmes contemplatives. Non seulement par compassion pour Jésus, l’agneau de Dieu livré sur la croix, mais aussi parce que ces deux mots révèlent pleinement la soif de Dieu Lui-même, l’immense soif de Dieu pour notre amour. Lui qui accepte encore aujourd’hui de boire la coupe du vinaigre que nous lui servons quotidiennement, en substitut de l’eau claire de nos âmes purifiées, en pauvre remplacement du vin de Son amour.

Découvrir en notre propre chair et existence que Dieu nous aime pleinement est une grâce infinie. Découvrir avec notre cœur que Dieu lui-même a soif de notre amour est l’accomplissement infiniment bienheureux de ce que cette grâce sème en nous.

Nénuphar

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140622-voici-ta-mere

Voici votre roi  

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 19, de 01 à 16

Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête, et  ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Puis s’approchant de lui, ils disaient : « Salut, roi des Juifs! » Et ils le giflaient.
Pilate sortit encore une fois et dit aux Juifs : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Jésus sortit donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre; et Pilate leur dit : « Voici l’homme! »
Lorsqu’ils le virent, les grands prêtres et les gardes s’écrièrent : « Crucifie-le! Crucifie-le! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une Loi, et d’après cette Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » 
Lorsque Pilate entendit ces paroles, il fut encore plus effrayé.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu? » Mais Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et que j’ai pouvoir de te crucifier? »
Jésus répondit : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, si cela ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. »
Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient, disant : « Si tu le relâches, tu n’es point ami de César; quiconque se fait roi, se déclare contre César. »
En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus dehors; il le fit asseoir sur une estrade en un lieu dit le Dallage, en hébreu Gabbatha.
C’était la Préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »
Mais ils se mirent à crier : « À mort! À mort! Crucifie-le! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons de roi que César. »
Alors il le leur livra pour être crucifié.

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Commentaires

17-combien-de-fois

En voulant manipuler Pilate pour le pousser à crucifier Jésus, les juifs affirment :

« Nous n’avons de roi que César. »

Alors voilà que sans le vouloir, ils affirment en fait la vérité… car choisir de mettre à mort Jésus, c’est obéir avant tout au pouvoir du monde, à l’usurpateur. Et comme Jésus l’a dit lui-même, « Nul ne peut servir deux maîtres… »

Aujourd’hui encore, combien de fois cherchons-nous à mettre à mort Jésus en chacun de nous, précisément parce que nous préférons obéir à ce qui a pouvoir apparent sur un monde éphémère… plutôt que de s’en remettre à Dieu en qui est la vie, l’amour et la lumière éternellement?

Michaël

 

 » Pilate sortit encore une fois…je vous l’amène dehors…Jésus sortit donc dehors…Pilate entra et dit à Jésus, d’où es-tu ? »…Pilate amena Jésus dehors pour proclamer son pouvoir… à la lecture de ce texte de l’évangile je remarque que Pilate s’énerve beaucoup. « Prenez-le vous-même » est sa recommandation, il veut se dégager du geste de vie ou de mort. Lorsque Pilate est à l’intérieur du prétoire il n’a pas à montré son pouvoir aux Juifs, c’est comme s’il entrait dans son cœur avec Jésus,qu’il est plus tendre …d’où es-tu? On dirait qu’il veut en connaitre d’avantage sur cet homme. Quand je regarde ce texte et que je veux bien y réfléchir, sortir dehors c’est être à l’extérieur de moi-même, de mes sentiments, de l’amour de Jésus, mais il demeure silencieux comme devant Pilate. Il est patient et il me fait comprendre que je n’ai aucun pouvoir si cela ne m’avait été donné de Dieu. Père, au nom de ton Fils Jésus, accorde moi la grâce de rester à l’intérieur de mon cœur à tout jamais.

Mariette  

 17-presence-de-jesus

À travers les trois lectures qui nous font assister à l’arrestation de Jésus et à la suite des interrogations qu’il subit,  je frémis de voir que l’on peut être mis en présence de Jésus
sans le rencontrer.  Nous avons la possibilité de refuser la Vie, la Vérité, l’Amour qu’il offre à tous en mettant, entre Lui et nous, l`écran de nos attachements et idées préconçues.

Lorsque les grands prêtres juifs font amener Jésus à eux ce n’est pas pour l’interroger, le connaître, le juger, mais bien pour obtenir sa mise à mort sans en prendre la responsabilité. Jésus est déjà l’ennemi, celui qui dérange l’ordre conservé par les autorités religieuses. La peur les aveugle.

Où donc se loge le conservateur en moi, que veut-il conserver? Le pouvoir, l’image, le confort, les idées, les habitudes, le secret du pécheur ? Son monde à lui ? La peur va-t-elle fermer les portes des sens à double tour ? Seigneur, délivre-nous d’un tel malheur.

Lorsque Pilate, qui représente le pouvoir romain, civil, est sollicité pour porter un jugement sur Jésus, il l’interroge et tente de le connaître. La « rencontre face à face  » a lieu et si Pilate ne parvient pas à sauver Jésus auquel il ne voit rien à reprocher, Pilate lui-même se voit atteint par l’aube d’une vérité qui dépasse son entendement de guerrier romain. Sa mise en échec se révèle salvatrice. L’humilité lui est offerte, la perte du savoir acquis est amorcée au profit d’une révélation continue, vivante.

Où se loge en moi celui qui ne juge pas sans se voir connu, sans abri ? Qui déverrouille la porte du cachot de celui-là ? Seigneur, donne-nous Marie pour Mère à fin que chacun de nous soit mené à ta « rencontre ».

Pierrette

 17-demandons-nous-a-jesus

Les personnages de ce passage d’évangile me fascinent parce que j’y vois la réalité du monde politique et spirituel. Je regarde Pilate, les grands prêtres, les gardes, la foule et bien entendu Jésus qui sait que son pouvoir n’est pas de ce monde. Pilate se lave les mains sous la pression populaire. Combien de fois sommes-nous témoins de scènes injustes sans pour autant lever le petit doigt pour empêcher l’irréparable? Les grands prêtres qui sont les docteurs de la loi mettent tout en œuvre pour faire condamner Jésus et ses disciples en s’appuyant sur la loi de Moïse. N’agissons-nous pas souvent comme eux parce que nous possédons le savoir infuse et refusons toute idée ou vision nouvelle qui vienne questionner notre façon de faire ou de concevoir le monde? Les gardes, eux, ont pour fonction d’exécuter les ordres de leur chef. Ne sommes-nous pas des fois comme des automates qui exécutent les directives de nos patrons sans dire un mot même si ce que l’on nous demande va à l’encontre de nos valeurs, de notre conscience? La foule comme toujours suit la tendance des médias populaires. Sommes-nous assez critique des nouvelles reçues à travers les médias? Prenons-nous le temps de nous informer et d’analyser les événements pour mieux exercer notre jugement à la lumière de l’évangile? Finalement nous avons Jésus, le Fils de Dieu, le verbe incarné. Il est seul au milieu de cette tempête. Il n’a plus d’amis, de disciples pour l’entourer en ce moment crucial de sa vie d’homme. Confiant et serein, Il décide d’aller jusqu’au bout de sa mission en misant sur l’amour de son Père. Il ne craint rien parce qu’Il sait que son Père lui donnera la force intérieure pour passer à travers ce calvaire et qu’Il ressuscitera pour la plus grande gloire de Dieu. Sommes-nous des fois dans des situations où nous nous faisons intimider, harceler, humilier…? Demandons-nous à Jésus de nous porter au moment de nos épreuves? Où puisons-nous notre force de résilience? Laissons-nous habiter par l’Esprit de Dieu qui ne connait ni vengeance, ni haine?

Ô Jésus, Toi qui a marché sur nos chemins avec un cœur aimant et miséricordieux
Aide-nous à fixer nos regards sur ta vie et ton enseignement
Garde nos mains dans ta main et illumine nos pas.
Aide-nous à garder le silence quand c’est nécessaire
Afin de céder la place à ta présence divine.
Donne-nous la paix intérieure qui neutralise le chaos et
Aide-nous à miser sur l’Esprit-Saint et sur l’Amour du Père
Pour accomplir notre mission.

Karine

 

Chaque fois que je lis ce passage crucial des Évangiles, je ne peux m’empêcher de constater à quel point ce drame, apparemment vieux de plus de deux milles ans, demeure entièrement d’actualité.

Combien de fois par jour, cette crucifixion du juste et du vrai se produit-elle en moi et en l’ensemble de l’humanité?

Combien de fois les clameurs de la foule en mon âme s’écrient « Nous n’avons de roi que César », quand, oubliant Celui qui a donné sa vie dans l’humilité pour sauver l’être humain, j’accorde toute mon attention aux puissants, aux brillants, aux performants et aux intelligents de ce monde?

Combien de fois même la simple raison, calquée sur la logique et la bienséance du monde, a-t-elle-même refusé à l’enfant en moi, l’élan spontané de se reconnaitre de la même filiation paternelle que celle de Jésus, pointant et jugeant cet élan comme s’il était prétentieux et déplacé? Comme si de toutes façons, selon les règles implicites du monde, personne n’a le droit d’exprimer publiquement son amour filial à Dieu sans risquer d’être jugé, condamné et exclu, ou au minimum de passer pour un fou. Alors que manifestement nous sommes ultimement tous enfants de Dieu, tous appelés prendre le chemin du retour vers la maison paternelle, tous conviés à célébrer la joie du fils prodigue au travers des ces retrouvailles intimes avec notre Père. Celui-là même que Jésus nous a appris à nommer, à prier et à aimer.

Et le plus triste dans ce drame universel qui se rejoue en boucle à chaque instant, ce n’est pas que nous, le peuple de Dieu, soyons encore assujettis aux rois ou aux puissants de ce monde, puisque cela se fait avec la permission du Créateur, reflétant en quelque sorte notre état d’humanité dominée et en appel de libération. Le plus triste et désolant, c’est cette trahison répétée qui se produit à chaque fois que je doute, à chaque fois que je cherche à relativiser le rôle de Mon Sauveur dans le monde, à chaque fois que dans ma liberté intérieure je mets Jésus de côté pour mieux affirmer mes propres lumière, mes propres intérêts et ma propre prétention de « royauté », en plaçant le petit moi sur le trône du royaume de ma propre vie.

Au plus crucial de ce drame universel, Jésus révèle cette imposture au moyen d’une seule parole, celle qu’il dit à Pilate : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, si cela ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. »

Seigneur, éloigne-moi de toute tentative de jugement de ce qui se passe en ce monde, fasse que je passe moins de temps à dénoncer les Pilates de la planète, oubliant que pendant ce temps ma propre âme te trahit en cachette. Que je puisse remettre au monde et à César ce qui selon les apparences leur appartient, mais surtout que je n’oublie jamais de te remettre et de remettre à Dieu ce qui lui appartient en propre, c’est à dire la totalité de ma vie!

Nénuphar

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140615-voici-votre-roi

Mon royaume n’est pas de ce monde

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 18, de 28 à 40

Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour ne pas se souiller et pouvoir manger la Pâque.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme? »
Ils lui répondirent : « Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. »
Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »
Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans le Prétoire; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs? »
Jésus répondit : « Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu fait? »
Jésus répondit : « Mon royaume n’est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, les miens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Tu es donc roi? » Jésus répondit : « Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »
Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau pour aller  vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.
Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs? »
Alors tous crièrent de nouveau : « Non, pas lui, mais Barabbas! » Or, Barabbas était un brigand.

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Commentaires

16-visage-de-dieu

Cet extrait d’évangile nous met devant un procès : des autorités et Jésus. La dureté et la douceur.  L’accusation non fondée et l’innocence.  Jésus, dont l’autorité ne repose pas sur la violence, choisit de ne pas s’imposer.  Il est là, reflet des traits de Dieu : tendre, miséricordieux, plein d’amour et de fidélité.

Et moi, qui suis-je son enfant, qui porte ses traits.  Quel visage de Dieu est-ce que je reflète dans le monde? Quel témoignage est-ce que je rends à la vérité de mon être? Moi qui suis la fille bien-aimée d’un Père qui n’est que tendresse.

Fernande

16-qui-est-ce-barabbas

 » Non pas Lui,  mais Barrabas,  un brigand à ce qu’on dit « .  A chaque fois que j’ai l’occasion de  lire ou d’entendre ce texte, je me sens comme au temps de la semaine Sainte, faisant la lecture partagée de ce texte à l’un des offices. C’est comme si je le condamnais moi même et ça m’amène à réfléchir profondément, à savoir si mon choix se dirige toujours sur Jésus. Qui est ce Barrabas qui vient s’infiltrer dans mes pensées et veut piller  mon cœur. Père, au nom de ce Jésus qui à été mis aux enchères par Pilate contre Barrabas, accorde moi la grâce de toujours te choisir…

Mariette

 

Je voudrais bien commenter mais je ne sais pas comment… je ne sais pas si je comprends le pourquoi de la rage des gens qui ont livré Jésus à Ponce Pilate pour que celui-ci ordonne sa mort. On ne peut pas juste souhaiter la mort de quelqu’un juste de même, quelqu’un qui n’a jamais fait de mal à personne. S’il a dérangé quelqu’un, ce serait les commerçants dans le temple, mais à part de cela qui d’autre? Et on n’allait pas le tuer pour cela, n’est-ce pas? En plus, ceux qui l’ont livré ont préféré libérer un bandit à la place de libérer Jésus. Pourquoi tellement de rage? Ceci me rappelle la rage qui fait que des familles tuent leurs filles lorsqu’elles n’acceptent pas les lois des hommes… les fameux « crimes d’honneur », des filles qui se font lapider ou bruler vivantes juste « parce que… »

 Rosa

 16-soif-entendre-voix

 « Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité.  Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » 

La Vérité.
Tant d’efforts pour la cacher, tant de fois;
pour la contourner, et l’oublier à tout prix!

Cette Vérité, Ta Vérité seigneur, celle qui éclaire, et est source de vie, celle qui me fait me reconnaître comme enfant de Dieu, et qui m’invite à devenir moi-aussi témoin de cette Vérité, et porteuse de cette Lumière, de cet Amour au-delà de toute logique, ou de tous ces jeux et commissions de ce monde.

Seigneur, donne-moi toujours d’écouter Ta Voix et Ta Vérité ! Donne-moi de ne pas la fuir ou la contourner par facilité. Rappelle-moi toujours que je suis de la vérité et que j’ai soif d’entendre ta voix !

Solane

16-verite-mystere

 « Mon royaume n’est pas de ce monde… »

« Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »

À force de vouloir chercher la vérité avec les yeux du monde, c’est-à-dire avec un regard tout extérieur, on la perd de vue… car le royaume de la vérité n’est pas de ce monde. Et si par l’Esprit Saint on peut toucher et communier à la vérité dans son intégrité, dès qu’on tente de l’analyser, on la fragmente… et on la perd, car la vérité divisée n’est déjà plus vérité. Le mensonge commence dans ce regard du monde qui cherche à tout démystifier pour mieux expliquer. La vérité, elle, inclut inévitablement une part de mystère, insaisissable pour le regard discursif.

Seigneur Jésus-Christ, toi qui es venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, étant toi-même la Vie, la Voie et la Vérité… je t’en prie, augmente en nous la foi comme adhésion à ton mystère, afin que malgré toutes nos résistances et nos réticences, nous écoutions ta voix… qui nous libère de nos attachements maladifs aux apparences extérieures et mensongères. Amen

Michaël

 

Là où Jésus (Vérité par sa présence même) passe, ligoté ou pas, les bonnes consciences sont ébranlées.

Au sortir de chez Hanne et Caïphe, dont le pouvoir religieux est maintenant menacé, Jésus est mené sous la juridiction du pouvoir public exercé par Pilate qui, dénué de préjugé religieux, tente en vain de demeurer blanc en montrant Jésus innocent devant la foule grandissante, en dehors du Prétoire  :  « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation ».

Trop tard.

La foule, anonyme comme toutes les foules, porte déjà en elle toutes les peurs, lâchetés, hypocrisies, mensonges, fuites, ingratitudes des puissants et des riches; plus toute l’ignorance des accablés. La condamnation en elle prend naissance sans que l’on sache qui l’a, le premier, semée ! Celui-là n’est-il pas lui-même foule, innommable. Foule fondatrice des éphémères consensus.

Pilate demeure abîmé. Se souvient-il, maintenant de ce qu’il n’a pas entendu tout-à-l’heure?  Jésus ne disait-il pas :

« Si mon royaume était de ce monde, les miens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici. »
« Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »

Et se souvient-il de sa dernière question à lui, question à laquelle il a, avec la désinvolture de celui qui croit savoir, renoncé à entendre la réponse : « Qu’est-ce que la Vérité »?

Aperçoit-il que si ces paroles avaient pénétré son âme, le Pilate qu’il connaissait serait mort et Pilate l’inconnu serait né ? Mais cette heure-là n’était pas encore venue pour lui. Jésus ne libère qu’en temps voulu. Jésus lui-même ne meurt-il pas qu’en temps voulu par le Père ?

Qu’en est-il alors de nos surdités et de nos aveuglements ? Prions les uns pour les autres à fin que notre heure ne tarde pas trop mais en tous les cas, qu’elle vienne.

Pierrette

 

« Mon royaume n’est pas de ce monde. »  En effet, si Jésus était de ce monde Il aurait combattu avec ses disciples pour qu’Il ne soit livré aux Juifs. Quand on embrasse l’Évangile et  on essaie de marcher dans les pas de Jésus on saisit mieux le sens de son message.  Jésus, par son exemple, prêche la non-violence. Pour Lui, la résolution de ce conflit qui l’oppose aux grands prêtres ne passe pas par les armes. Il a une mission à accomplir et décide de se révéler à Pilate : «  Je suis né et je suis  venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité.  Quiconque est de la vérité écoute ma voix. »Dans notre  monde moderne la question de Pilate est d’actualité : Qu’est-ce que la vérité? Qui croire? Que croire? Comment être dans le monde et dire comme Jésus ne pas être de ce monde?

Pour nous chrétiens qui avons reçu la grâce de l’Esprit et qui écoutons Sa voix, nous osons dire la vérité qui nous a été révélé: Jésus est le Fils de Dieu et nous sommes en Lui et par Lui les filles, les fils bien-aimés du Père, Notre Père, qui a créé l’Univers. Nous ne sommes pas de ce monde qui insécurise et crée des inégalités sociales et des injustices sur cette terre. Nous embrassons les valeurs de l’Évangile qui favorisent la justice et la paix. Imprégnés de la grâce de Dieu, nous transcendons les clichés de ce monde qui  divisent et encouragent les rapports de domination entre les personnes, les  peuples et avec la nature.   Un jour à la fois, nous essayons de revêtir le Christ par notre  compassion, notre bonté et notre amour pour les plus démunis. Nous croyons que nous faisons partie de la Création qui a besoin d’être honoré et respecté dans ses plus petites créatures.

Ô Esprit du Dieu vivant,
Détourne mon regard sur moi-même
Pour que j’accueille la grâce divine.
Révèle-Toi en mon cœur Jésus,
Toi, l’unique Seigneur, la vérité et la vie.
Raffermis ma foi dans mes moments d’incertitude.
Ô Jésus, Toi qui a les paroles de la vie éternelle
Ne permets pas que l’esprit de ce monde m’arrache de ton amour et de ta paix.
Donne-moi le don de discernement pour que je puisse saisir ton message et
Rendre témoignage à la vérité.
Aide-moi à faire  Ta volonté en tout temps
Pour la plus grande gloire de Dieu.

Karine

 

Pilate lui dit : « Tu es donc roi? » Jésus répondit : « Tu le dis, je suis roi. »

Extraordinaire passage des Évangiles, dans lequel la véritable royauté de Jésus-Christ est révélée.

Le peuple élu, les hébreux, ce peuple en longue marche vers le véritable royaume (celui qui ne se corrompt pas), expérimente une fois de plus la domination du pouvoir du monde.

Les juifs, qui avaient été libérés de la tyrannie de Pharaon par la main de Dieu, est à nouveau gouverné par les puissants de ce monde. Ils attendent avec ferveur le Messie, le nouveau Moïse qui les libéra du joug de l’envahisseur étranger. Celles et ceux qui ont reconnu le Messie en Jésus espèrent qu’il restaurera la royauté d’Israël.

Or Jésus ne répond pas à cet espoir, et même si la filiation du Messie est reconnue comme remontant au roi David,  il ne s’annonce pas comme le nouveau roi-prophète.

En fait, la véritable consécration de Jésus se révèle au moment même où selon le monde et les apparences il va tout perdre : sa vie, ses pouvoirs à titre de Fils bien aimé de Dieu, ainsi que son apparente gloire ou réputation parmi les juifs. Alors qu’il va être dénudé et cloué sur le bois de la croix, signe d’extrême humiliation en ces temps, alors qu’il sera apparemment abandonné de tous, et même, selon ses propres mots, de son Père.

C’est au moment précis où il se retrouve captif, les mains liées, sachant qu’il sera mis à mort, en face à face avec le représentant de l’empire de ce monde, qu’il reconnait : « Tu le dis, je suis roi. »

C’est devant l’empereur romain,  auquel les enfants d’Abraham sont alors assujettis, qu’il affirme sa véritable royauté. Mais le plus extraordinaire, c’est que ce n’est pas Jésus lui-même qui lui souffle cette vérité, c’est Pilate qui insiste, en demandant à cet homme captif qui ne porte aucun signe de royauté ni de pouvoir « Es-tu le roi des Juifs? », et en allant envers et contre tous jusqu’à faire inscrire cette fonction royale en toutes lettres au sommet de la croix de Jésus.

Au travers de ces paroles et de ce geste, le pouvoir de ce monde reconnaît la royauté de Jésus sur son peuple. Mais c’est le peuple élu qui rejette son véritable roi en lui préférant le roi des brigands, Barabbas. Ce peuple choisit  celui qui s’impose par la force afin de se servir au détriment des autres, plutôt que celui qui vient humblement servir et offrir sa vie en rançon pour les siens.

Une chose m’apparait incontournable, au-delà de ce qui appartient à l’histoire, nous sommes toutes et tous profondément concernés par cette trahison. Nous faisons intérieurement toutes et tous partie de ce peuple  qui a été choisi depuis la nuit des temps par Dieu, et de toute évidence la grande majorité d’entre nous continue à crier devant les puissants de ce monde : « Non, pas lui (Jésus), mais Barabbas! »

Nénuphar

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140608-royaume-pas-de-ce-monde

Pourquoi me frappes-tu?

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 18, de 13 à 27

Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe qui était grand prêtre cette année-là.
Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple. »
Cependant Simon-Pierre suivait Jésus avec un autre disciple. Ce disciple, étant connu du grand-prêtre, entra avec Jésus dans la cour du grand-prêtre,
tandis que Pierre se tenait près de la porte, en dehors. L’autre disciple, qui était connu du grand-prêtre sortit donc, parla
à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre.
Cette servante, qui gardait la porte, dit à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme? » Il dit : « Je n’en suis point. »
Les serviteurs et les gardes avaient fait un feu de braise parce qu’il faisait
froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait aussi avec eux, et se chauffait.
Le grand-prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.
Jésus lui répondit : « J’ai parlé ouvertement au monde; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai rien dit en secret.
Pourquoi m’interroges-tu? Demande à ceux qui m’ont entendu ce que je leur ai dit; eux, ils savent ce que j’ai enseigné. »
À ces mots, un des gardes qui se trouvait là donna une gifle à Jésus en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand-prêtre? »
Jésus lui répondit : « Si j’ai mal parlé, fais voir ce que j’ai dit de mal; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? »
Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe
Or Simon-Pierre se tenait là et se chauffait.
On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples? » Pierre le nia et dit : « Je n’en suis point. »
Un des serviteurs du grand-prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, lui dit: « Ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin? »
Pierre nia de nouveau, et aussitôt un coq chanta.

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Commentaires

 » N’es-tu pas toi aussi un des disciples de cet homme « …. Aujourd’hui si la question m’était posée par une personne qui se moque de Jésus et de l’Eucharistie, qu’est-ce que je répondrais? Aurais-je le courage  de dire que j’aime Jésus et sa parole ou si la peur me ferait renier ce que je possède de plus précieux. On dit que Pierre se réchauffait près du feu… physiquement son corps avait besoin de chaleur car il venait d’abandonner son Jésus, et souvent un  froid glacial nous envahit lors d’une trahison ….. Mais je suis fière qu’on me reconnaisse en  disant …toi aussi tu es l’amie de Jésus …. ça rallume le feu du cœur. Père, au nom de Jésus je t’offre le pauvre disciple que je suis, que j’aie l’ardeur du partage de ton amour…..

Mariette

 

« N’es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme? »

Cet homme Jésus, Fils de Dieu, notre frère, qui aujourd’hui nous dit: «Soyez en paix! »  Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Ayant dit cela, Jésus souffla vers eux et leur dit : «Recevez l’Esprit Saint. »  Cet Esprit qui, en nous, est paix sereine pour que demeurions Ses disciples et dire avec Lui, humblement, devant des paroles ou des comportements agressifs : «Si j’ai mal parlé, explique moi ce que j’ai dit de mal;  et si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? »   Ainsi l’amour l’emporte sur la violence et le royaume de paix grandit.

Fernande

 

 « Si j’ai mal parlé, fais voir ce que j’ai dit de mal; mais si j’ai bien
parlé, pourquoi me frappes-tu? ».
Combien de fois en étant enfant nous avons reçu des gifles pour avoir répondu à nos parents de la sorte. Je sens encore leurs mains dans mes joues. Et le pire est qu’après la gifle nous ne comprenons pas plus où est l’erreur.

Pierre nia 3 fois, et aussitôt un coq chanta. Pierre le disciple choisi de Jésus sur qui allait se fonder son église, le nie 3 fois de suite. Et nous, combien de fois allons le nier? Est-ce que notre peur est plus forte que notre croyance et la joie de suivre le créateur? J’espère sincèrement que non… mais je suis faible aussi…

Rosa

 15-en-te-reniant-j-oublie

C’est fou comme la fragilité imprègne tout notre être! Combien de fois dans une journée, dans une heure même, le cœur peut vaciller, et faire un virage à 360 degrés pour un oui ou pour un non. Telle une girouette au gré des vents. Comme nous sommes frileux et sensibles aux jugements des autres! Et pourquoi? Pourquoi, Seigneur, cette difficulté à te reconnaître comme notre Seigneur, et même, et surtout, à reconnaître devant nos amis, notre famille, nos collègues, ou nos communautés, que tu es notre Seigneur ?

En Te reniant, j’oublie, Seigneur, que je me renie d’abord moi-même. Trop souvent, le regard des autres, et même mon propre regard peut venir instantanément tout chambouler, et prendre les commandes de mon navire, jetant tout par-dessus bord. Et amenant souvent, sans le savoir, une tempête intérieure… Plutôt que d’être le phare qui transmet Ta Lumière au cœur des tempêtes de notre monde!

Seigneur, je te demande pardon pour ce coq qui a chanté tant de fois, sans même que je ne me réveille. Merci Seigneur de me donner ton Esprit. Stp, donne-lui de m’insuffler cette force de toujours, en toutes circonstances, te remettre entièrement le gouvernail de mon navire. Et de reconnaître que oui, je suis ta disciple, et que c’est toi la source de ma joie profonde. Stp donne-moi de Te louer à chaque instant pour Ton Souffle sur mes voiles, sachant que tu me mèneras toujours à bon port. Que tu me mèneras à Toi et à Ton Père.

Solane

 

Le reniement de Pierre… trois fois de suite, alors qu’il en avait été prévenu par celui-là même qu’il renie, par celui-là qu’il avait reconnu comme le Messie… ce reniement de Pierre vient me rappeler douloureusement ma faiblesse et mon inconstance face au regard du monde.

Ce reniement de Pierre vient toucher en moi cette tentation de ne pas vouloir être associé à celui-là qui n’est pas dans les bonnes grâces du monde. Il est tellement plus confortable d’être du côté de la majorité, car prendre part pour ce qui est méprisé et rejeté, c’est déjà être soi-même méprisé et rejeté.

Dans les parties « libres » et « évoluées » de notre monde d’aujourd’hui, on peut se reconnaitre beaucoup de choses, assurément… mais se reconnaitre ouvertement de Jésus n’est définitivement pas dans l’air du temps… et si ce faisant on y perd rarement la vie, on y perd par contre souvent quelques plumes, pour le moins.

Seigneur, je t’en prie, donne-nous de témoigner fidèlement de Toi selon Ton Esprit, de la manière que Toi tu le veux, quand Toi tu le veux, où Toi tu le veux….

Michaël

 

Ce qui s’est passé là, entre quelques personnes, en très peu d’heures et sur un tout petit coin de la planète, est loin d’être un évènement isolé.

Seigneur, pardonnes-nous… Combien de fois par jour, depuis l’aube des temps, nous trahissons d’une manière ou d’une autre le don de ton amour

Avant de t’avoir rencontré, avant que tu te manifestes à nos yeux, nous pouvions encore avoir l’excuse de ne pas savoir ce que nous faisions. Mais maintenant c’est en toute conscience que nous continuons à te renier et à te frapper quotidiennement.

Chaque fois que nous courtisons les princes de ce monde, nous te frappons, chaque fois que nous nous soumettons aux exigences de la vie mondaine, chaque fois que nous te reléguons en arrière-plan,  pour mieux paraître selon les conventions sociales ou par peur d’être rejeté par le monde, nous te renions.

Pardonnes-nous, seul toi peut nous libérer de cette condition de repli et d’enfermement sur nous-mêmes!

Tu as choisi de nous créer libres, nous en avons profité largement, maintenant c’est en toute liberté que nous te prions :

Perce  nos murailles d’indifférence, pénètre dans nos prisons d’autosuffisance, s’il te plait viens nous chercher jusque dans nos derniers retranchements de non-amour!

Nénuphar

 

Si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? dit Jésus. Une introspection nous permettra de prendre conscience que nous sommes des fois comme le grand prêtre qui  gifle ceux et celles qui, tout naturellement font le bien et rendent service à leur prochain. Ces personnes nous dérangent parce que nous ne sommes pas dans la mire de la clientèle qu’on veut séduire. Combien de fois nous nous mettons du côté du grand prêtre quand les gens sont trop zélés pour faire advenir l’avènement du royaume de justice et d’amour? Nous utilisons de grands mots parfois pour les étiqueter et les mettre en quarantaine. Des fois, nous giflons les gens qui se trouvent dans notre cercle d’amis ou dans notre milieu de travail avec des gants de velours soit parce qu’ils ont un charisme qui épate tout le monde, une vision, un talent que nous n’avons pas ou tout simplement parce qu’ils sont différents de nous. Dans le cas de Jésus, Il dérangeait les grands prêtres parce qu’Il se disait Fils de Dieu et faisait des miracles qui libéraient les gens de leur infirmité physique, psychique et spirituelle.

Au moment de l’adversité, les disciples de Jésus ont eu peur de s’associer à Lui et  d’être reconnu comme un adepte de Sa théologie. Quand ça va mal et le danger est imminent  on se retire pour se protéger. C’est une attitude bien normale surtout quand il s’agit de vie et de mort. Il faut être rusé comme le serpent nous dit Jésus. Lui, Jésus,  était arrivé au bout de sa mission mais pas les disciples parce que c’est à eux de poursuivre Sa mission. Ils devaient rester vivants pour propager la Bonne Nouvelle.  Dans notre monde d’aujourd’hui, marcher à la suite de Jésus demande bien de sacrifice et de courage pour ne pas paraître vieux jeu et pas très intelligent. Combien de gens  restent silencieux  ou nient d’être un disciple du Christ pour ne pas offenser les non-croyant qui sont heureux d’affirmer : « Je suis athée. Dieu n’existe pas pour moi ».

Ô Jésus, Fils du Dieu Vivant
Regarde-moi et prend pitié du pauvre que je suis.
Ne permet pas que je me cache devant mes adversaires.
Délie ma langue pour que j’annonce Ta Parole.
Raffermis ma foi pour que j’ose affirmer de  tout cœur et avec joie que
Je suis la fille / le Fils bien-aimé du Père.
Envoie-moi ton Esprit-Saint pour que je proclame ton nom à tout jamais.
Habille-moi de ton manteau de lumière pour que je sois
Un témoin joyeux de l’Évangile,
Un agent de  paix, d’espérance et d’amour.

Karine

 

Je trouve ce témoignage éblouissant et cet éblouissement refuse, depuis plusieurs jours, de se laisser capter par un commentaire.

Assistons de nouveau à la scène :

Il fait nuit, Jésus, les mains liées et entouré de gardes armés, descend du jardin Gethsémani vers la maison du grand prêtre Hanne. Deux disciples le suivent, toujours les mêmes : Pierre, irréfléchi et fougueux; Jean, réfléchi et discret. Ceux-là ne se sentent pas concernés lorsqu’on leur dit qu’ils peuvent s’éloigner.

Arrivés au lieu dit, Jean, (celui dont le nom n’est pas dévoilé dans ce passage), « étant connu du grand-prêtre, entra avec Jésus dans la cour du grand-prêtre », Jean ne sera donc interrogé par personne, ni soupçonné d’hérésie. Il va et vient où il veut tout comme en lui l’ancienne Alliance engendre sans heurt la nouvelle Alliance, l’une éclairant l’autre. Il est le parfait « témoin ».

Simon-Pierre étant resté dehors, Jean dit à la portière de le faire entrer. Aussitôt, tandis que Jésus est interrogé par Hanne, Pierre est interrogé trois fois par les serviteurs :

« N’es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme? » Il dit : « Je n’en suis point. »

« N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples? » Pierre le nia et dit : « Je n’en suis point. »

« Ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin? »

Pierre nia de nouveau, et aussitôt le coq chanta : Aussitôt aussi, Pierre se souvient et se réveille, démuni de toute présomption, accueilli dans l’humilité. Parfait serviteur.

Pendant ce même temps, Jésus, interrogé au sujet de ce qui est déjà connu et giflé par un garde, demande simplement à savoir pourquoi et ne reçoit pas de réponse. L’ignorant qui ne peut répondre est renvoyé à la bienfaisance du silence et Jésus, toujours ligoté, signe apparent du manque de pouvoir, est envoyé à Caïphe, Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple. »

Décidément, le royaume de Dieu est au dedans de nous, Il échappe complètement aux pouvoirs publics.

Quelle allégresse.

Pierrette

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140601-Pourquoi-me-frappes-tu

Remets ton épée dans le fourreau

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Évangile selon Saint-Jean, chapitre 18, de 1 à 12

Ayant ainsi parlé, Jésus s’en alla avec ses disciples de l’autre côté du torrent de Cédron; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait aussi ce lieu, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.  
Judas, menant la cohorte ainsi que des gardes détachés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous? »
Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
Dès que Jésus leur eut dit : « C’est moi », ils reculèrent et tombèrent par terre.
Il leur demanda encore une fois : « Qui cherchez-vous? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. »
Jésus répondit : « Je vous l’ai dit, c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. » 
Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ».
Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malchus.
Mais Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée dans le fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas? »
Alors la cohorte, le tribun et les gardes des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent.

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Commentaires

« Dès que Jésus leur eut dit : « C’est moi », ils reculèrent et tombèrent par terre. »

On ne peut réellement connaitre Jésus que lorsqu’il se révèle lui-même. Alors seulement, on prend conscience de qui Il est vraiment… au point d’en être renversé.

Michaël

 

« Alors Simon Pierre qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. » Comme Pierre combien de fois, ai-je coupé l’élan des ceux qui m’entouraient par une attitude de non écoute, « oreille coupée pour eux  » et qui sans le savoir produisait un déséquilibre émotionnel à celui qui aurait voulu exprimer ce qu’il vivait au moment présent. Je ne répondais plus à la vie, j’étais ce Malchus sans son oreille. Père, au nom de Jésus je te demande de bercer dans tes bras tous ceux qui ont été blessés par mon manque d’écoute…….qui cherches-tu Mariette ? ….tu le sais bien  Jésus, c’est  toi …., écoute……..écoute …………

Mariette

 

Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous? » Ça demande beaucoup de courage savoir ce qu’il va nous arriver et ne pas fuir, en plus, d’ouvrir la porte à ce qui doit se passer.

La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas? » Il savait ce qui l’attendait et il n’a jamais cherché à s’en délivre de cela. Même plus, il a vu ceci comme un cadeau, un cadeau qui venait de son Père.

Dieu, sait comment faire bien les choses, car s’il m’avait envoyé à la place du Christ, je me serais sauvé en courant et je me serais caché jusqu’à la mort!!!!

Merci mon Dieu de nous avoir envoyé ton fils unique pour nous sauver! Merci pour ton amour.

Rosa

 

Mais Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée dans le fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas? » 

Comme il est difficile de boire cette coupe !

Cette coupe. Cette croix. Ces souffrances: Tout nous porte à les fuir, à tout faire pour les éviter… à nous-mêmes et à nos proches. Et toi, Seigneur,  plutôt que de laisser tes disciples éloigner la coupe de tes lèvres, tu offres l’autre joue à celui qui te frappe, et tu marche comme l’agneau, tout droit vers l’abattoir. Toi, ayant embrassé entièrement notre condition humaine, tu as aussi fait tienne notre souffrance, et notre angoisse, jusqu’à en suer du sang, jusqu’à mourir sur la croix, pour nous libérer du mal.

Seigneur Jésus, stp, donne-nous d’accueillir nos souffrances. Donne-nous de ne pas nous perdre dans la fuite des croix qui sillonnent nos routes. Stp donne-nous de porter avec toi, et même d’embrasser nos croix, et celles de notre famille, de notre communauté, de notre monde, afin qu’elles deviennent des sources de Vie !

Solane

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« Ils avaient des lanternes, des torches et des armes »

Mais voilà, Celui qu’ils viennent arrêter va de nouveau les déconcerter.
Eux, ils pensaient, imaginaient, en conséquence ils croyaient qu’ils allaient devoir poursuivre un fuyard dans la nuit et peut-être affronter une garde armée. Or ils voient cet homme, Jésus, venir vers eux, « vous me cherchez ? Me voici, laissez toutefois partir mes amis ». « Et toi, Simon-Pierre, ton zèle se trompe de direction : ne dois-je pas obéir à mon Père ? »
Aussitôt il se laisse lier, sans dire que ce n’est pas nécessaire; ni qu’il ira de son plein gré où on le mène.
Rien décidément ne se passe comme d’habitude, plusieurs dans la cohorte sont tombés des nues, par terre, en reculant : Quel est cet homme ?
Judas lui-même sent poindre en lui la détresse de celui qui s’est trompé.

Jésus est si vivant, si présent, qu’en lui les verbes penser, dire, faire ne font qu’un : aimer. Il n’est jamais autre part que dans le Royaume où chacun de nous est reconnu, rencontré, mis en place. Jamais il ne perd ceux qui lui sont confiés. Jamais non plus il n’exige d’être suivi.
Comment donc lui résister ?

Pierrette

 

Un rouleau compresseur composé de Judas, de grands prêtres, de pharisiens et de gardes armés fait une descente dans un jardin secret où les disciples étaient réunis avec Jésus.  Les gardes s’attendaient, j’imagine, à un affrontement sanglant parce que cet homme appelé Jésus, le Nazaréen, méritait la mort. Ce qui est paradoxal dans cet affrontement, c’est que la force intérieure de Jésus a réussi à déstabiliser ses adversaires. Sa simple voix leur fit reculer et tomber par terre: Dès que Jésus leur eut dit : « c’est moi », ils reculèrent et tombèrent par terre. Qui est cet homme qui se livre sans se défendre et qui demande à Pierre de garder son sang-froid et de remettre son épée dans le fourreau? Qui est cet homme qui se laisse mener à l’abattoir comme un agneau? Jésus veut aller jusqu’au bout de sa mission. Il savait qu’Il devait passer par la croix pour renaître et édifier ses disciples. Par la croix, son Père serait glorifié par des générations à venir. Confiant, Jésus trace la voie à ses disciples. La meilleure stratégie pour lutter contre ses adversaires, c’est de s’enraciner dans l’Amour du Père et dans Sa parole. On ne peut arrêter le Verbe qui s’est fait chair, la Parole Vivante, ni non plus enfermer l’Amour derrière les barreaux. Les disciples de Jésus n’ont qu’une seule arme : l’Évangile. Une parole qui annonce, dénonce et libère tous ceux et celles qui sont assujettis par les valeurs, les structures qui déshumanisent notre monde. Pour aller au bout de sa mission, il faut mourir à soi-même et ressusciter avec le Christ. Notre force intérieure dans l’adversité c’est le Seigneur.

Ô Jésus, mon amour,
Quelle force inébranlable!
Quelle douceur face à l’adversité!
Sans Toi, je ne suis rien.
Tu es Seigneur mon bouclier, mon refuge,
En Toi je reste inébranlable.
Garde-moi de tomber dans la vengeance.
Enracine-moi dans ta Parole et dans ton Amour.
Libère-moi de mes peurs.
Rends-moi plus fort dans l’adversité et
Fortifie-moi par Ta Présence.

Karine

 

Une autre phrase de l’Évangile de Saint-Jean qui dit tout en quelques mots : « Remets ton épée dans le fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas? »

C’est un peu comme si Jésus disait à  Simon-Pierre : « Ne dégaine pas ton épée mon ami, le véritable combat auquel je te convie ne se passe pas au dehors. Cesse de croire que tu peux protéger les uns en trucidant les autres. La seule et unique victoire de l’être humain ne s’obtient pas en prenant les armes dans le monde, mais bien en portant sa propre croix dans la foi, l’amour et le pardon. Remets ton épée dans le fourreau, retourne le tranchant de ton arme vers ce qui en toi renie encore son Seigneur. Quand tu auras retranché de toi cette fausse oreille, celle qui croit voir et entendre l’ennemi en dehors d’elle-même, tu m’accueilleras pleinement, il ne subsistera plus d’obstacle entre toi et moi. Alors, mon Père et moi-même nous établirons notre demeure en toi ».

Nénuphar

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140525-Remets ton épée dans le fourreau

Moi en eux, et toi en moi

moi-en-eux

Évangile selon Saint-Jean, chapitre 17, de 12 à 23

Lorsque j’étais avec eux, je les gardais en ton nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, hormis le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie.
Maintenant je vais à toi, et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux la plénitude de ma joie.
Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde.
Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du Mauvais.
Ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.
Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un, comme nous sommes un,
moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.

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Commentaires

 

C’est tellement réconfortant savoir que quelqu’un nous aime et prend soin de nous; que quelqu’un prie pour nous et que Dieu nous aime grâce à Lui. Mais serons-nous « tous un » comme Lui l’est avec le Père? J’en doute, nous vivons dans une époque d’invidualisme tel que l’unité est difficile à atteindre.

Oh, mon Dieu! Donne-moi la sagesse de travailler pour l’unité à la place de le faire pour mon bien-être!

Rosa

 

Seigneur, merci de nous faire tiens, et de semer en nous ta vérité, et de faire de nous tes messagers, tes porteurs d’espoir. Et merci de demander à ton père de nous garder du Mauvais. Et de prier pour nous, et aussi pour ceux et celles à qui tu nous demande de porter ton message, ton amour, ta présence et ta vérité.

Nous en avons tellement besoin! Il est beaucoup plus facile d’être du monde. Et pourtant, c’est paradoxal : tout ce rejet de ta présence vient trop souvent d’un regard brouillé et de la peur, qui empêchent de voir et accueillir ce dont nous sommes tous et toutes assoiffés au plus profond (que l’on en soit conscient ou non…) : TOI, le Verbe, la Vérité et la Vie!

Solane

 

 » Je ne te demande pas de les ôter du monde mais de les garder du mauvais.  » Quand j’étais jeune j’entendais parfois dire par des parents d’un enfant turbulent : « y est pas du monde. » Surement que les parents s’inquiétaient de la conduite de l’enfant qui grandissait et comme tout bon parent, ça voulait dire être  » un » avec la famille. Tout comme on peut lire dans le texte d’aujourd’hui, l’unité  de Jésus avec son Père et moi-même. Jésus, souvent je te demande de protéger mes enfants du mauvais, aujourd’hui les occasions sont nombreuses d’aller au bout de sa liberté, mais je sais que tu es patient et plein de compassion pour chacun de nous et que nous sommes fait pour l’éternité. Père au nom de ton fils Jésus, ne nous laisse nous pas entrer en tentation mais délivre nous du mal…amen…..

Mariette

 

Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde.
Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du Mauvais.
Ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde.
Sanctifie-les dans la vérité :
ta parole est vérité.
Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.

Ceux-là qui se reconnaissent de Jésus-Christ – en pratique et en vérité – ne peuvent en même temps se reconnaitre et être reconnus du monde, même si envoyés dans le monde.

Il y a une incompatibilité totale entre l’esprit du monde et l’Esprit de Dieu; l’un divise pour mieux régner… et « haït » donc l’autre qui réunit pour mieux Aimer.

Impossible de recevoir l’Esprit Saint qui sanctifie dans la vérité tout en étant rempli de l’esprit du monde qui se glorifie dans le mensonge!

Michaël

Il  est question ici de la plénitude de la joie. Nous savions déjà que Jésus veut que nous ayons la vie, et la vie en abondance. Il prie maintenant pour que nous soyons sanctifiés, cela suppose qu’il a veillé sur ses amis et disciples pour qu’ils ne se perdent pas dans le monde. Mais il désire encore beaucoup plus pour eux et pour nous : la prière la plus ardente qu’il adresse au Père veut obtenir que ses disciples soient « un en nous, comme nous sommes un ».

Je me sens toute petite à côté de ce Jésus qui nous livre sa prière la plus intime. Comment peux-tu nous donner accès à ta conversation avec le Père? Comment oses-tu nous faire découvrir que ton désir le plus profond est de nous voir entrer dans le cercle qui va de toi au Père, puis de toi  à nous, dans un mouvement qui nous relie tous ensemble en toi? Laisse-moi entrer dans ce cercle, laisse-moi goûter cette joie de la comm-union. Joie qui peut guérir de toute division, surtout celle que je peux ressentir en moi-même lorsque je souffre de mes propres divisions intérieures. Oui, de la joie en plénitude, pour celles et ceux qui s’approchent de toi en quête d’un bout de pain et d’amitié au sein d’une communauté accueillante.

Ce lien intime fait d’amour et de réciprocité dans l’échange ne se referme pas sur lui-même, puisque Jésus ajoute « afin que le monde croie que tu m’as envoyé ». Il me semble que nous aurons besoin de l’Esprit pour mieux saisir cet autre désir de Jésus.

Gisèle

Nous sommes envoyés dans le monde pour révéler l’Amour du Père à travers les Écritures et notre expérience avec le Christ.  En faisant route avec Jésus,sa grâce nous sanctifie, nous fortifie afin que sa parole soit véridique pour nous et pour tous ceux et celles qui croiront en Lui. Dépouillé du vieil homme, nous devons compter sur les grâces du Seigneur, une journée à la fois, pour accomplir notre mission de propager l’Évangile et d’en témoigner par notre agir dans le monde. Ressuscité avec le Christ nous sommes devenus ses disciples et nous faisons  un avec le Père, le Fils et l’Esprit. Sous la mouvance de l’Esprit Saint nous faisons tout pour la plus grande gloire de Dieu. Cette expérience trinitaire  nous garde dans l’humilité et nous  ouvre au monde pour bâtir le royaume de justice et de paix.  Le disciple du Christ aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme  de toute sa force et de toute sa pensée et son prochain comme Jésus nous a aimés d’un amour inconditionnel et compatissant. Le disciple du Christ demeure dans l’Amour de Dieu et connaît la paix et la plénitude de la joie que Jésus nous a promise. Notre  plénitude de  joie pour la mission vient de Dieu en Jésus.

Karine

 

En relisant depuis le début cette longue supplication de Jésus à son Père, la voix me manque tout à coup, médusée, au milieu d’un sentiment de douleur quasiment colérique. Douleur sèche.
Si Lui, Fils de Dieu dont la foi est parfaite, supplie comme un mendiant à genoux à fin que le Père nous sanctifie tous dans la vérité, d’âge en âge par une succession d’envoyés en Son Nom, comment puis-je demeurer égarée, accrochée à quelqu’idole sans nom, plutôt que d’accourir à la voix de celui qui appelle ? Quelle est cette peur de sortir du nid, de prendre le risque d’avoir à ouvrir mes ailes ? Pourquoi choisir moins de vie au lieu de plus de vie? Quel bandeau sur mes yeux, quelles mains sur mes oreilles, quel interdit de croire à la « plénitude de la joie » ? Quel refus obstiné d’ouvrir les mains ? Qui me fixe au sol et me dit « tu ne sortiras pas d’ici », chez toi ? Et qui vaincra celui-là si ce n’est justement le Fils dont le royaume n’a pas de fin et qui ouvre la porte à celui qui frappe ?
Alors la douleur sèche s’ouvre aux larmes porteuses de joie. Qui voudra garder sa vie la perdra.
N’oublie pas cela, « ô mon âme », « Quel que soit l’état dans lequel tu viens frapper à la porte du royaume, le portier ouvrira sauf, bien sûr, s’il s’agit d’une imposture. L’imposteur est démuni du don de frapper à la porte.

Pierrette

 

« Ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde. »

« Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. »

En résumé, ces deux phrases semblent dire que tout en étant (envoyés) dans le monde, Jésus et ses disciples ne sont pas du monde.

Mais de quel « monde » Jésus parle-t-il?

Selon la définition commune, le monde est un «ensemble des choses et êtres créés»

Selon l’étymologie latine, mundus signifie « ce qui est arrangé, net, pur ». On pourrait donc dire que ce qui a été créé, arrangé et ordonné par Dieu est net et pur, ainsi que Lui-même l’a signifié au moment de la création, avant la chute de l’homme. Dans la genèse, Dieu, à chaque étape de la création de l’univers, « vit que cela était bon ».

Le monde dont parle Jésus semble plutôt être le monde altéré par l’égarement de la conscience humaine, soumis au péché et à la mort.

Si l’être humain n’a d’autre guide que sa propre volonté, dirigée par ses propres aspirations et insécurités, il crée un monde fermé, chuté, qui tire à sa propre fin. Par extension, le monde dont parle Jésus semble aussi être le monde social, construit de toutes pièces selon la logique humaine, et celui encore plus superficiel de la mondanité et du pharisaïsme. C’est de manière plus manifeste ce monde qui « les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde ».

Il apparait une fois de plus que c’est suite au détournement de la raison d’être première de l’être humain que le monde net et pur devient « immonde », « un trou nauséabond relié qui conduit à l’enfer » selon un autre sens attribué au mot latin mundus.

Nous sommes manifestement toutes et tous issus de ce monde chuté, gouverné par le Prince de ce monde, jusqu’à ce que Jésus nous fasse renaître en l’esprit, nous libérant de l’emprise de ce monde et nous ramenant à notre vocation première.

Jésus nous garde dans le nom que le Père lui a donné « Dieu sauve », et de par ce nom aucun de ceux qui lui sont donnés ne sont perdus. Par son intercession il ne cesse de nous sauver à chaque seconde, à chaque pas, étant en nous comme le Père est en lui.

                                                                                                                               Nénuphar

 

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