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Toute la création crie la soif de sa Présence

Toute l’existence en appelle sans cesse à la manifestation de Dieu.

Comment se fait-il alors que notre époque semble ne plus en avoir besoin, prétendant même pouvoir se passer de Dieu pour mieux se concentrer sur l’atteinte de son propre bonheur?

Et pourtant, chaque brin d’herbe, chaque parcelle de vie, chaque germe d’humanité crie le manque de sa pleine Présence

Toute la soif et la faim du monde peuvent se résumer à un appel à la manifestation de sa Générosité. Non pas que Dieu n’ait pas déjà tout donné, en sa propre chair et en son propre sang, à l’ensemble de la création, mais plutôt que nous, ayant spécifiquement été choisis entre tous les êtres vivants pour offrir ce que nous avons reçu, n’avons pas encore nous-mêmes incarné pleinement cette infinie Prodigalité.

Tout manque criant dans le monde nous rappelle à cette mission, à offrir à notre tour son intarissable Abondance.

Toute quête de biens, d’affection, de reconnaissance, d’intensité ou de capacité peut se ramener à l’appel que chacun d’entre nous porte, au plus profond de lui-même, de manifester son Don.

Et enfin toute forme de spiritualité et de solidarité se résume avant tout à offrir nous même ce que nous aurions voulu recevoir.

Nous en sommes chaque jour témoin, du meilleur de toute sa conscience et de sa bonne volonté, l’être humain ne parvient pas à se convertir et à se retourner de lui-même. L’élastique du retour à ses propres préoccupations égocentriques est trop puissant, il reste persuadé qu’il lui faut avant tout lutter pour obtenir ce dont il croit cruellement manquer.

Et pourtant, ce qui est impossible aux hommes n’est pas impossible à Dieu.

Oui, mais alors comment en appeler à un Dieu qui semble s’être perdu dans les brumes des cogitations humaines, à tel point que nous ne parvenons même plus à prier?

Une chose demeure intacte, son Verbe incarné, sa Parole.

Dieu nous en fait la promesse de toutes sortes de façons, l’écoute de sa Parole ne reste pas vaine : …ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission (Isaïe 55,10-11),

Comment écouter sa Parole? En l’accueillant, en la méditant et en la partageant bien sûr. Mais pour que sa Parole Lui revienne pleinement en ayant « accompli sa mission », nous sommes inévitablement appelés à en devenir le témoin vivant.

Une des façons de le faire est de témoigner de ce que nous avons entendu. Non pas pour prétendre dire quelque chose qui n’aurait pas encore été déjà dit, mais plutôt en geste d’action de grâce, pour que sa Parole porte fruit et se signe au sein de notre propre expression.

De façon assez surprenante, le seul fait de témoigner de ce que nous entendons à l’écoute de la Parole ouvre à de toutes nouvelles perspectives. Des dimensions insoupçonnées surgissent de façon inattendue, et se révèlent tour à tour un nouveau sens, une vérité et une profondeur auxquels la simple écoute ou lecture ne nous avait jamais donné accès.

Un seul conseil : Essayez-le!

Je suis la voix de celui qui crie dans le désert

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Évangile de Saint-Jean, premier chapitre, de 19 à 28

Et voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu? » 
Il confessa, il ne nia pas, il confessa : « Je ne suis pas le Christ. » 
Ils lui demandèrent : « Qui es-tu? Es-tu le prophète Élie? » Il répondit : « Je ne le suis pas. »  – «  Es-tu le Prophète annoncé? » Il répondit : « Non. »
Alors ils lui dirent : « Qui es-tu? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même? » 
Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l’a dit le prophète Isaïe. »
Or ceux qu’on lui avait envoyés étaient des Pharisiens.
Et ils l’interrogèrent, et lui dirent : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète? »

Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas; 
il vient après moi et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »
Cela se passait à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait.

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COMMENTAIRES

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« Je suis la voix  de celui qui crie dans le désert. » La voix entendue du dedans, qui appelle, qui transforme, qui éclaire, qui réjouit.  Cette voix de l’Esprit du Christ en nous qui nous permet de témoigner du grand Amour dont nous sommes aimés et avec lequel nous pouvons aimer.

Fernande

Moi ce qui m’émeut c’est la simplicité de Jean-Baptiste. Est-ce que j’aurais pu être aussi simple et humble si j’avais été à sa place? Me connaissant, j’aurais essayé de raisonner, d’expliquer et même de parlementer. C’est un homme qui connait le silence du désert, moi je ne connais que le bruit de la ville. Peut-être bien que si j’acceptais de me plonger dans l’eau du Jourdain, il y aurait un peu plus de silence dans ma tête.

Claire

Qu’est-ce que cela veut dire « Aplanissez le chemin du Seigneur »? Qu’est-ce qu’il faut aplanir? Je n’avais jamais compris cette phrase, ni essayé de la comprendre avant aujourd’hui.

Maintenant que je m’y arrête, je me dis qu’il doit bien y avoir des montagnes qui bloquent le chemin. Qu’est ce qui est massif, escarpé et rend périlleux le parcours?

La dureté de mon cœur, les fausses hauteurs de ma prétention à tout savoir et à vouloir contrôler, les remparts derrière lesquels je me protège? Quoi d’autre encore à aplanir pour lui céder la place?

Marc

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Je suis la voix de celui qui crie dans le désert..

Le désert est un endroit tellement grand et vaste …que si on est seul perdu en plein milieu, personne ne pourras nous entendre si on crie… Il n’y a pas d’eau, pas de nourriture pas de chemin…

On se sent ainsi, en nous, comme un désert,
quand Dieu n’est pas dans notre vie.

Jean est venu préparer la venue, la voie pour celui qui va venir après …Jésus.

Jean est la voie, la voix…
de celui qui vient,
de celui qui crie…

Jean nous demande de croire au fils de Dieu
Il nous dit que Jésus nous entendra car
celui qui croit, est entendu quand il crie (prie), et, même s’il était au milieu du désert.

Celui qui croit, trouvera son chemin, même s’il est au milieu du désert.. son chemin sera éclairé, sa route sera belle …(aplanie) car le Seigneur en prendra soin.

Quitte ton désert, par le chemin que Dieu te montrera.
Bois à la source de vie qui ôte la soif et qui apaise.
Écoute la voix de celui qui crie dans le désert
va vers des verts pâturages…

Dany

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Merci, Jean le baptiste, d’avoir osé crier dans le désert. Loin de Jérusalem, dans un lieu qui semble si aride et dépourvu de toute vie !

Oui, j’ai tant besoin qu’on ose encore et encore venir jusqu’au plus profond de mes sécheresses du cœur, et qu’on m’invite à aplanir mes chemins si rocailleux !

Non pour plaire ou répondre à un quelconque système de règles, ou pour entrer dans le moule de la ‘normalité’, de la performance, ou de tout autre exigence d’un jugement ou d’un regard extérieur.

Mais plutôt pour justement être libérée de ces chaînes, de toutes ces fausses idoles qui m’enferment et m’empêchent de reconnaître et d’embrasser mon Seigneur, bien présent, ici, aujourd’hui, dans chaque être vivant. Au cœur de ma vie.

Oui, merci pour cette humilité, qui m’invite, à ta suite, à oser approcher, et pénétrer dans les déserts les plus arides, pour partager cette espérance. En paroles ou même simplement par une présence, un réconfort, une invitation à goûter la joie du don.

Solane

Dieu le Père, désespéré de nous voir obstinés à tenter de transformer en paradis la prison que nous avons bâtie au sein de son Royaume, songe à nous envoyer son fils
pour nous rendre à l’évidence : nous sommes prisonniers, esclaves de nos propres idées. Toutefois, « il sait de quoi nous sommes pétris », durs à apprivoiser. Il décide alors d’envoyer d’abord Jean pour qu’il nous appelle, qu’il nous prépare à entendre ce que nous ne voulons pas entendre. Jean s’en va au désert sous l’inspiration du Saint-Esprit, il lui prête sa voix et se charge de plonger, dans l’eau courante du Jourdain, tous ceux qui viennent à lui. C’est ainsi, par les mains de Jean, que les oreilles, les yeux, l’intelligence, le goût, le toucher, l’odorat sont nettoyés et préparés à entendre la Parole du Fils « qui vient après ».
Et c’est ainsi que nous a été révélé par quel processus, en l’absence de Jean Baptiste, nous sommes amenés à saisir la main tendue pour sortir du cachot et de la torture.
Puissions-nous nous méfier(ne pas nous fier) des conclusions que nous tirons de ce que nos yeux voient, nos oreilles entendent, etc… !

Tête de linotte

 

Qui es-tu? Que dis-tu de toi-même? Jean répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert…Moi, je baptise dans l’eau… » Jean devait se définir auprès des prêtres et des lévites. Il se définit à partir de sa mission. Il reconnait qu’il n’est pas le Christ mais celui qui doit préparer son chemin. Quelle humilité! Il reconnait que le baptême d’eau n’est qu’un rituel de purification mais celui qui doit venir baptisera avec le Saint-Esprit et le feu.

Ce passage m’interpelle parce que nous vivons dans une société qui valorise beaucoup le savoir, l’avoir, le pouvoir et le paraître. Quand nous sommes confrontés à cette question : « qui es-tu? » tout de suite nous sommes portés à répondre par ce que nous faisons, le poste que nous occupons etc. mais jamais par la mission qui nous habite. La culture de notre société ne nous a pas habitué à vivre à partir de notre mission d’être parce qu’il faut faire rouler l’économie du marché, vivre pour la consommation et passer à côté de notre mission première. Nous laissons parfois les autres nous définir et nous fléchissons aux valeurs du marché pour se créer un chemin de réussite sociale au détriment de notre vie spirituelle. Nous devons consciemment nous redéfinir et répondre à cette question qui vient nous chercher de l’intérieur : Qui es-tu? Que dis-tu de toi-même? C’est peut-être aller à contre-courant de répondre : « Je suis la voix de Jésus qui marche avec les pauvres, la voix des sans voix, la voix des chômeurs, la voix des sans abris, la voix des prisonniers,  la voix de la planète Terre etc.

Ô Jésus, trace-moi mon chemin de liberté
Qui me conduit à Toi et à ma mission d’être.

Ô Jésus, donne-moi Ton regard
Qui  vient chercher  le meilleur en chaque être humain.

Ô Jésus, façonne-moi à Ton écoute du cœur
Qui transcende les préjugés et valorise l’âme en peine.

Ô Jésus, prête-moi Ta voix
Qui  libère et sécurise les personnes en détresse.

Ô Jésus, insuffle-moi  Ton Esprit-Saint
Qui donne la vie en abondance.

Ô Jésus, revêt-moi de Ton humanité
Qui m’unit au cosmos et à tous les êtres humains.

Karine

 

Jean-Baptiste est un homme envoyé de Dieu (Jean 1, 6) qui vient annoncer que le Logos de Dieu s’est fait chair en la personne de Jésus. Il est un prophète qui a su discerner la présence de Dieu parmi les humains. Il a vu et il rend témoignage : Jésus est le Fils de Dieu (Jean 1, 34). Il exhorte les gens à se convertir. Puis il s’efface pour laisser toute la place à la Lumière qu’est Jésus. « Jean est présenté comme le témoin idéal du Christ et, davan­tage, comme le modèle du prédicateur, de l’apôtre et du mission­naire chrétien, dont la défense et la confession de foi rendent possible pour d’autres l’accès à la foi au Christ johannique, et qui accepte de s’effacer lui-même, de renoncer à lui-même de­vant la vérité confiée à sa parole (cf. 3, 30; 5, 35s.) ». Christian PAYOT, « L’interprétation johannique du ministère de Jean-Baptiste », Foi et vie 68 (1969) p. 36.

Fabrique St-Samuel

 

Saint Jean Baptiste, lorsqu’il crie dans le désert, crie dans ma conscience « inhabitée », endormie sous quantité de préceptes et d’idoles « sans vie ». Ce cri me réveille et me propose de me débarrasser de tout ce « fatras » en m’immergeant dans « l’eau du fleuve, eau courante « qui emporte ce qui est mort. Ce faisant, il « aplanit le chemin » dans ma conscience pour que Celui qui vient, qui est Vie et Vérité, puisse passer et œuvrer.

Qui est Jean le Baptiste ? Il dit précisément : « Je suis « la Voix » de celui qui crie dans le désert ». Il n’est pas celui qui crie. Il donne sa voix à Celui qui vient après lui, cet inconnu dont la discrète majesté est telle que Jean Baptiste ne s’accorderait même pas la dignité de dénouer sa sandale, sa joie est d’ouvrir le chemin à l’Opérateur en avertissant : « préparez-vous ». Il klaxonne dans la « ville encombrée » pour que puisse passer celui qui vient annoncer la Vérité que la raison humaine ne peut comprendre, à moins qu’elle ne commence par croire et s’ouvrir à l’incroyable. Ce faisant, l’homme accède à une nouvelle vie, illimitée.

Pierrette

 

En Jean, Dieu fait Grâce… en Marie, lorsque lui-même (Jean) est encore à l’intérieur des eaux matricielles de sa mère Élisabeth.

Lors de la visitation de Marie à sa cousine Élisabeth enceinte de Jean, ce dernier est à la fois comblé de la Grâce de Marie et éveillé de la présence de Jésus en Marie. Dès cet instant, Jean devient le témoin de Jésus; Il prépare le chemin pour que Jésus puisse trouver une ouverture sur la terre, dans les cœurs; il témoigne de Celui qui Est; il Le reconnaît et Le fait connaître.
Pourtant il est dit un peu plus loin qu’il ne Le connaissait pas, et effectivement il ne Le connaissait pas selon le monde, selon une connaissance extérieure… mais il Le connaît par l’intérieur, de l’intérieur de cette matrice où il l’a rencontré.

En Jean, Dieu fait grâce à tous et chacun… en Marie, dans les eaux du baptême.

Comme Jean, dans les eaux matricielles, reçoit véritablement Vie de la présence de Jésus incarné en Marie, il (Jean) baptise dans les eaux du Jourdain afin que tous s’ouvrent à Celui qui baptise dans  l’Esprit Saint, de cet Esprit qui donne Vie à la vie, Vie sans ombres ni contraire, Vie qui fait enfant de Dieu.

Jourdain, en son sens étymologique, voudrait dire « descendre »… comme les eaux matricielles qui sont les eaux de la descente, de l’incarnation, de la naissance. À Nicodème, qui vient Le voir dans la nuit (de l’intérieur?), Jésus dit :
« En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu… » (Jn 3,5)

Cela se passait à Béthanie, dont la racine « Beth », espace intérieur, maison, évoque aussi la matrice qui donne naissance… ou renaissance.

Michaël

« Qui êtes-vous ? » C’est cette question, venant des prêtres et des lévites venus de Jérusalem, qui me questionne.

Comment se fait-il que ce soit les prêtres, les hommes de connaissance, les hommes chargés de transmettre la parole de Dieu, les hommes qui indiquent les balises du chemin, les bâtisseurs du temple, qui posent cette question à Jean-Baptiste.

Ne leur revenait-il pas, justement à eux, les guides du peuple, de reconnaître en Jean le Baptiste un serviteur sincère de Dieu, à l’égal de tous les prophètes qui ont annoncé sa Vérité et dont ils transmettent la Parole?

Pourquoi les docteurs de loi, scribes et prêtres ne sont-ils pas d’abord venus écouter ce que Jean-Baptiste avait à dire? Les habitants de Ninive n’avaient-ils pas écouté et accueilli le message de Jonas le jour même où il est entré dans la ville, un parfait inconnu à leurs yeux, parce qu’ils avaient reconnu la parole de Dieu?

Jean-Baptiste prêchait jour après jour et beaucoup le suivaient. Pourquoi les prêtres n’ont-ils pas pris la peine de venir l’écouter avant de le questionner? Pourquoi viennent-ils demander à Jean le Baptiste ce qu’il dit de lui-même, plutôt que d’interroger Dieu ou les Saintes Écritures à son sujet?

Cela me donne l’impression que les prêtres de Jérusalem n’étaient pas attentifs au Dieu présent, au Dieu qui inspire les prophètes, continuant à agir à chaque instant. Ils se reposent sur ce qu’ils connaissent des écritures et de l’histoire du peuple hébreux en demandant si Jean-Baptiste en est une des figures connues tel qu’Elie.

Puis les « représentants officiels » de Dieu viennent demander au serviteur de Dieu ce qu’il dit de lui-même. Et  le serviteur de Dieu, Jean-Baptiste, répond en serviteur, non en se définissant selon son propre point de vue, mais bien en transmettant ce qu’il a appris de Dieu lui-même à son sujet : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert ».

Et par la-même il vient révéler la vérité de l’humanité : la voix de Dieu n’est pas entendue, elle est pareille à la voix qui « crie dans le désert », c’est-à-dire qu’elle annonce l’appel à la véritable conversion mais que presque personne ne semble là pour l’entendre, parce que les hommes ont déserté l’espace de cet appel. C’est comme si l’amphithéâtre de la Parole de Dieu est devenu vide, désertique. Et puisque la Parole de Dieu est vérité sur tous les plans, non seulement Jean-Baptiste est la voix de celui qui crie dans le désert d’une humanité ayant déserté la fécondité de la Parole, mais il est également au sens littéral et physique la voix de celui qui crie dans le désert puisqu’il vivait seul et qu’il prêchait dans des contrées désertiques.

Jean-Baptiste répète bien, à la suite le prophète Isaïe, « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert », et non « je suis celui qui crie dans le désert », confirmant ainsi son rôle de serviteur, sa fonction de prête-voix, d’annonceur public au service de la Vérité qui cherche à se faire entendre.

Quand Jean-Baptiste dit « Moi je baptise dans l’eau », J’entends qu’il indique que son modeste rôle est d’inviter chacun à reconnaître sa condition de pêcheur (dans le sens de l’ignorance de la présence de Dieu et de l’Esprit). Pour moi, en s’immergeant complètement dans l’eau, tel que baptisait Jean-Baptiste, le baptisé vit l’expérience de la non-respiration, les eaux le séparant de la libre respiration. Il se reconnait dès lors comme non encore né à la Vérité de Dieu, en appel à cette nouvelle naissance.

Jean-Baptiste affirme implicitement qu’il ne baptise que dans l’eau, et sous-entend que celui qui imposera les mains pour libérer des eaux de l’inconscience et de la condition de pêcheur, celui qui baptisera de l’Esprit et du Souffle vivant en est un autre, qui « vient après lui ». Annonçant ainsi que, sur le chemin de la nouvelle vie, la première étape est d’abord de se reconnaître non vivant, non né à Dieu, pour en arriver ensuite, dans un deuxième temps, à appeler et recevoir le souffle vivant qui réunit et libère de l’enferment sur soi et nous fait renaître à la vérité.

Nénuphar

Au commencement était le Verbe…

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Au commencement était le Verbe…

Ci-dessous le premier extrait de l’Évangile à écouter et à entendre. Nous avons décidé de commencer par l’Évangile de St-Jean, celui-ci invitant particulièrement à l’écoute intérieure de la parole.

Évangile de Saint-Jean, premier chapitre, de 1 à 18

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement en Dieu.
Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,
Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point saisie.
Il y eut un homme, envoyé de Dieu; son nom était Jean.
Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui.
Il n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom.
Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean lui rend témoignage et proclame : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce sur grâce.
Car la loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.
Dieu, personne ne l’a jamais vu; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

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VOS COMMENTAIRES

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Au commencement, une Parole est dite : Parole de vie, Parole de lumière.  Elle est donnée pour révéler le grand amour dont nous sommes aimés, la dignité qui est nôtre. Puis, nourrir et éclairer nos vies. Dieu est! Dans chacun de nos commencements, de nos recommencements, sa Parole nourrit et éclaire. Alors, en Lui, le Christ, nous goûtons une plénitude donnée du dedans.

Fernande

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Dieu a créé tout ce qui existe, Il nous a créé …Il Était …Il Est, Le Verbe, provient du verbe Être …Celui qui Est.

Il Est Vie, Il Est lumière. Grâce à Lui tout est, sans Lui rien n’existe.

Croire en Lui, le suivre, c’est suivre la lumière. La lumière nous éclaire, nous guide. Son Esprit en nous, nous transforme, nous éclaire et nous guide si on l’écoute, si on lui ouvre notre cœur, notre oreille, si non, nous sommes dans la noirceur et nous ne le connaissons pas.

Il est le fils de Dieu, Il Est en son sein, en Lui. Par son Esprit, Il EST en nous. Nous sommes le temple du Christ.

C’est ce que cet Évangile me dit, avant la messe de Dimanche…

Dany

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Dans cette magnifique louange au Verbe qui s’est fait chair par charité, je choisis aujourd’hui : « Car la loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ »

Sans la loi, pas de conscience claire, définie. Pas de réceptacle.
Sans la grâce, pas de souplesse, de vie.
Sans la vérité , pas d’amour.
Sans l’amour qui accomplit la loi ?

Tête de linotte

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Ce qui me touche particulièrement de ce texte, à priori, c’est le coté hermétique de ces paroles. Hermétique puisque révélant l’Essence du monde. Ces paroles » mettent en lumière » ce qui est plus grand que le monde, c’est à dire le début et la cause. Impossible sans la ternir, de « mettre en lumière » la cause du monde. Par contre, ce qui semble hermétique et mystérieux se laisse certainement traverser doucement à force d’écouter avec amour.  Ce qui me frappe après plusieurs relectures plus tranquilles, c’est le fait que ce qui est plus petit que cette Lumière puisse en témoigner et La servir. Jean qui a été envoyé par Dieu pour témoigner de la lumière, « afin que tous croient par lui. »  Encore la compassion divine qui permet que le plus petit témoigne du plus grand, qui permet que le verbe se fasse chair, s’incarne et vive parmi nous. Cette lumière qui est à la fois à l’Essence du monde, se fait toute petite pour que nous la contemplions en silence, comme devant une toute petite flamme, devant laquelle nous devons presque nous retenir de respirer tant est subtile et douce sa lumière. Il nous met à genoux, non pas à genoux devant sa force terrible, mais à genoux comme devant un bébé, comme devant le premier souffle du monde, avec tendresse et douceur.

Renée

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Le prologue de Saint-Jean est de toute beauté.  L’évangéliste nous fait goûter Dieu dans toute sa splendeur et sa plénitude. « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. » Dans le récit de la genèse on voit un  Dieu qui parle. Tout se transforme, tout se crée par Sa Parole. Du chaos, du Big Bang, la lumière jaillit dans les ténèbres.  La Parole de Dieu donne Vie à la création et à l’humanité. « Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. » Tout le cosmos est rempli de Dieu. La présence divine nous est révélée à travers la création. «  En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » La vie est imprégnée de la présence divine.  Dieu est Vie et cette énergie divine nous donne la vie. Nous respirons Dieu à travers la vie elle-même. La vie nous alimente et le souffle de vie nous unit au divin. Malheureusement «  la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. » Tant et aussi longtemps que notre conscience ne soit éveillée à une nouvelle naissance spirituelle nous ne pouvons reconnaître ni accueillir cette lumière divine, cette présence divine dans notre monde et dans notre  vie. C’est une grâce à demander parce que nous ne pouvons pas  voir la lumière divine ni ressentir sa présence sans l’aide de l’Esprit-Saint.

Ô Dieu de la Vie,
Maître de l’univers visible et invisible,
Renouvelle ton Esprit sur toute la création.

Ô Dieu de la Parole,
Toi qui donne Vie à toutes choses,
Mets en mon cœur Ta parole de vie.

Ô Dieu de la Lumière,
Toi qui luis dans  les ténèbres,
Transperce de lumière mes schèmes de pensées aliénantes.

Ô Dieu du Verbe incarné
Qui est, qui était et qui vient chaque jour dans notre vie,
Que tes œuvres sont belles dans les cieux et sur toute la Terre.
Fais que  ma bouche proclame Ta gloire et Ta parole de vie.

Karine

 

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu. »

« Par lui, tout s’est fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. »

« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous,

« Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. »

« Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. « 

Avec ces cinq affirmations, que j’entends également à l’indicatif présent, je peux vivre, aimer, pleurer, prier.

Je ne peux pas m’évader, m’envoler, me séparer, m’enterrer.

J’aspire à être enfant de Dieu, tenu par sa main, éduqué par le tranchant de son amour.

Pierrette

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« Et le Verbe s’est fait chair »…

Cette toute petite phrase me semble être le pivot du retournement de l’ensemble de la création.

Le verbe s’est fait chair, …Dieu tout puissant s’est revêtu de l’extrême vulnérabilité de l’être humain, L’Éternel a pris la condition de mortel, le tout glorieux s’est prêté à l’humiliation, l’infiniment libre s’est fait cloué sur la croix.

Le Père d’abondance a accepté de se retrouver dans un pays de famine, revêtu des haillons du plus démuni, pour tendre la main aux enfants qu’il avait perdus. Il a entendu leurs cris et leurs souffrances, et, loin de se contenter d’attendre qu’ils reviennent par eux-mêmes comme dans l’histoire du fils prodigue, il a aboli la distance qui le séparait de sa progéniture égarée en se faisant lui-même fils bien aimé en pays de mal amour.

Ce qui était séparé, ce qui éloignait la créature du créateur, Dieu l’a réuni, non pas en rappelant la créature en lui-même et en abolissant la forme distincte de cette dernière, mais plutôt en l’aimant d’un tel amour qu’il s’y est incarné.

Mystère des mystères, miracle des miracles, comment est-ce possible? Comment est-ce que l’incorruptible a-t-il pu conserver sa nature parfaite une fois enfoui au plus profond de la chair infiniment corruptible? Comment est-ce qu’un océan d’amour et de compassion a-t-il pu habiter le fragile coquillage d’une humanité divisée sans provoquer son éclatement.

Il aura fallu que cet infiniment grand accepte de plein gré de se faire le plus petit des petits, accueillant la privation, la médisance, le mépris, les faux jugements, les injures, les gifles, les crachats, le rejet et la mise à mort.

La source de toute vie accepte en ce monde chuté de donner sa vie et de mourir pour les siens.

Plutôt que de balayer du revers de la main une humanité ingrate et imbue d’elle-même, Dieu va jusqu’à subir l’affront de l’arrogance de celle-ci pour mieux lui tendre la main au cœur de sa dureté et de son enfermement.

En appel de conversion de l’être humain, afin que celui-ci se donne enfin à plus grand que sa propre finitude et retrouve sa véritable nature divine, Dieu se retourne lui-même dans son immensité et s’offre à infiniment plus petit que lui-même.

Nénuphar

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Ce début de l’évangile de Saint-Jean à l’air d’être important, comme si il avait été écrit pour présenter une synthèse de l’essentiel. Chaque phrase mériterait sans doute que je m’y attarde plus longtemps.

Tout sonne vrai, et pourtant je trouve ce texte un peu abstrait. Peut-être que je cherche encore la phrase qui va me faire tressaillir de joie?

« Et le Verbe s’est fait chair… »

Pour dire la vérité, je ne sais pas tout à fait ce que ça veut dire. Question : Quel verbe?

Tentative de réponse en mon cœur : le verbe Aimer? Si Dieu est avant tout « Être », est-ce que son Verbe ne serait pas avant tout « Aimer »?

Là, ma joie montre le bout de son nez. J’ai tant de fois été déçue de l’amour humain (tout en ayant tout attendu de lui, je le reconnais). Cet « amour » humain qui désire et agit avant tout en fonction ses propres intérêts, ce « j’aime » qui se détourne et trahit dès que les choses ne tournent plus à son avantage, ce « je t’aime » qui devient si facilement un « je t’en veux, je te méprise ou je te déteste ».

Si un seul véritable « Je t’aime » sans compromis s’est revêtu d’un corps de chair, je veux le connaître, je désire ardemment le rencontrer et lui dire : « Merci d’être venu en ce monde, je te cherchais partout! Moi aussi je t’aime, et s’il te plaît, apprends-moi à aimer comme toi! »

Jeanne

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Seigneur, ce texte que tu m’invites à lire m’a souvent paru plutôt lugubre parce qu’on y parle du commencement qui dès la première ligne me semble si loin que ça devient inaccessible.

Mais aussi, comme je veux te faire confiance entièrement, je m’accroche dès le début.

J’entends donc que tout était Un et que tu étais en tout, et donc que tu es toujours en tout. Car toi Seigneur, tu ne peux être ailleurs que partout. Par toi, tout à été fait, et rien ne s’est fait sans toi.

Ça me rassure tellement d’entendre ces paroles. Donc, dès le début, j’entends que je ne peux réellement me couper de toi, puisque tu es en tout. Je crois que j’ai si peur de te désobéir, alors que je te désobéis constamment. Je voudrais te servir de tout cœur, avec tout l’amour qui est en moi, j’aimerais le diriger entièrement vers toi.

Mais j’oublie constamment. Et tu me rappelles ici et maintenant que la vie est en toi et que la vie est la lumière des hommes. La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêté. J’entends que même la pire obscurité en moi ne peut t’empêcher de me voir, de me trouver, comme un père qui cherche son enfant perdu.

Il y a un homme venu pour rendre hommage à Dieu, c’est Jean. Ce Jean est en moi aussi donc. Tu as mis un témoin de ta lumière de ta grandeur en moi, et ce témoin c’est Jean, il est le témoin de ta lumière, pour me montrer la vraie lumière que tout homme reçoit en venant au monde.

Mais je ne t’ai pas reconnu, j’ai oublié ta lumière, et c’est pour cette raison que parfois je désespère, j’ai peur de vivre et de mourir.

J’oublie si souvent que tu Es le tissu même de ma vie, de mon être.

Ensuite, une autre chose qui me bouleverse vraiment, c’est le fait que ce verbe s’est fait chair. Comment est-ce possible un tel amour?

Tu acceptes de venir aussi te perdre dans ma condition d’humanité oublieuse, oubliante et même trop souvent ingrate! Des fois je suis tellement bouleversée par le fait que tu te sois fait homme, pour me tendre la main, pour rallumer en tous la lumière de ta présence.

Cet homme, Jésus qui a accepté de porter le manteau lourd de l’humanité, de se mettre bien des gens de sa société à dos, qui a brisé des tabous en accueillant les femmes dans son cercle, qui a accepté de mourir sur la croix, c’est-à-dire de souffrir le martyr pour Te servir. Je sais qu’il n’y a pas une souffrance, une peur qu’il n’a pas sentie ou vécue.

Ça me touche tellement, ça me fait pleurer de savoir que cet amour là est la vérité. C’est si grand que je ne sais pas le voir, mais parfois, je le pressens dans mon cœur. Je suis certaine que si j’entendais vraiment partout en moi combien son amour est grand, combien nous sommes pardonnés, ça lèverait toute lourdeur en moi, je serais légère comme un oiseau et heureuse aussi sans limite.

La Grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Je me sens tellement de gratitude pour ce chemin qu’Il fait en moi, malgré la tiédeur de mes appels.

Mariette Renée

Et pour terminer, voici l’exercice approfondi auquel s’est livré Michaël, en écoutant ce qui résonne en son âme à la lecture de chaque phrase du passage de l’Évangile, l’une après l’autre, et en soulignant ce qui en ressort pour lui, ce qui lui apparaît comme étant sa  « théologie de l’évidence » :

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.

Le Verbe de Dieu, Son Agir, est au cœur de toute création, de tout mouvement, de toute manifestation de Son Amour. Il est à la fois en Dieu (certaines traductions disent « auprès de Dieu » ou « avec Dieu ») – et bien que non séparé de Dieu, il n’est pas confondu en Dieu, sinon Dieu ne serait pas Amour (puisque l’Amour ne pourrait pas circuler entre Dieu et Son Verbe si Dieu et Son Verbe étaient confondus l’un à l’autre) – et à la fois, il est Dieu. Le Verbe est Dieu, et pourtant, tout en étant véritablement Dieu, il n’est pas confondu à lui… Mystère et merveille du Dieu Trinité en Un.

Il était au commencement en Dieu.

Au commencement il est en (auprès ou avec) Dieu, cela dès son origine; c’est-à-dire qu’il n’est pas venu quelque part dans un après, dans un temps…

Il fait partie de Dieu de toute éternité et ne peut pas en être séparé, cela malgré sa manifestation… son incarnation dans le temps et dans l’espace.

Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.

Le Verbe de Dieu, Sa Parole, est vraiment au cœur de toute action, création, manifestation; il est l’Agir de l’action, le Créateur de la création…

En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,

En lui était la vie; le Verbe – de par sa nature même – ne peut que la contenir puisque la vie est mouvement, circulation, manifestation… et lumière des hommes. En le Verbe est la révélation; en lui est cette vie lumière qui se révèle à l’homme et qui, par le fait même, révèle l’homme à lui-même. Conscience de sa conscience. Intelligence de son cœur. Sa lumière (en dissipant l’ombre) révèle ce qu’Il est – Amour – qui unit et réunit sans confondre.

Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

Sa lumière ne peut être saisie par les ténèbres, et ce dans les deux sens du terme, d’une part parce que les ténèbres ne peuvent comprendre la lumière (car si les ténèbres s’ouvrent à la lumière, elles ne sont plus ténèbres), et d’autre part parce que les ténèbres (n’étant pas) n’ont pas force de saisie ou d’arrêt sur ce qui Est, comme un gouffre sans fond n’a pas force de retenue sur la pierre qui y tombe, n’a pas prise sur ce qui le traverse.

Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

Jean, en son sens étymologique, c’est « Dieu fait grâce ». En Jean, Dieu envoie Sa Miséricorde qui lave de ce qui nous coupe de Sa grâce…

Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui :

Jean vient témoigner de Celui qui Est, de l’Amour Incarné, l’Amour fait Personne, afin que tous puissent le reconnaître et se reconnaître de Lui.

Non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

Jean n’est pas lui-même la Lumière Incarnée… mais il lui ouvre le chemin, il l’annonce et il le désigne, il se met en retrait même… pour la mettre de l’avant, lui rendre témoignage, la rendre visible.

La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.

Le Verbe, Lumière vraie, en s’incarnant dans le monde, éclaire tout homme par l’intérieur.

Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu.

Mais la partie « monde » de l’homme, sa partie extérieure, périphérique, superficielle, ne veut pas reconnaître cette lumière qui éclaire de l’intérieur.

Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

En l’homme, plus la partie vendue au monde du temps est grosse, et plus la fermeture à la Lumière vraie est dominante.

Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,

Mais à la toute petite partie restante, celle qui est souvent rejetée, vulnérable, brisée, tant dans l’homme que dans l’humanité, il est donné de recevoir en elle le Verbe, le reconnaître et croire en son nom, et ainsi basculer…

Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés.

L’être humain se retourne de ce Oui Marial (oui dans l’obéissance inconditionnelle en Dieu, dans la foi et l’humilité) qui enfante enfant de Dieu… enfant du Père… .

Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité.

Le Verbe qui s’Incarne, c’est Son Enfant donné au monde en Son Amour, et Sa Gloire – grâce et vérité – qu’il tient de Son Père… glorifie et révèle le Père.

Jean lui rend témoignage, et s’écrie en ces termes : « Voici celui dont je disais : Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. »

Jean qui baptise, lave cela qui empêche de reconnaitre la Lumière Incarnée… et pour lui rendre témoignage, il enlève tout ce qui se met dans le chemin :

« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l’a dit le prophète Isaïe. » (Jn 1, 23)

Il se fait lui-même tout petit pour redonner l’espace au Verbe Incarné, Lui qui était là avant… de toute éternité.

Et c’est de sa plénitude, que nous avons tous reçu, et grâce sur grâce ;

Tous sans exception, de par son incarnation, nous bénéficions de sa plénitude et de sa grâce… puisqu’Il s’incarne dans notre chair.

Parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

Grâce et vérité ne peuvent venir que de ce Verbe de Dieu Incarné en chacun de nous.

Dieu, personne ne le vit jamais : le Fils unique, qui est dans le sein du Père c’est lui qui l’a fait connaître.

Lui seul, le Fils unique – jamais séparé du Père – nous rassemble, non séparés et non confondus, en un seul corps en Son Corps, et nous fait enfants capables de connaître Dieu le Père… Capax Dei!

Michaël

 

Jesus-Christ

Dieu, personne ne le vit jamais :
le Fils unique, qui est dans le sein du Père
c’est lui qui l’a fait connaître.

(Dessin inspiré d’une icône)